Cinéma, TV & DVD

Queer as Folk (US), saison 1

Queer As Folk (US), saison 1
Queer as Folk (US), saison 1

J’ai toujours dit que je préférais la version UK de Queer as Folk, que la copie américaine n’égalerait jamais l’original de Channel 4. J’ai souvent dit que l’exaspérant Michael Novotny n’aura jamais l’humour de Vince Tyler, que nous aurions beaucoup à gagner si le soporifique Ted Schmidt avait connu le même destin que Phil Delaney, et que le fade Justin Taylor n’aura jamais le charme de Nathan Maloney.

Pourtant, à chaque fois que je revois le dernier épisode de la première saison de Queer As Folk je me dis que cette version américaine a tout de même des qualités. La principale étant de réussir à m’émouvoir avec la fameuse scène du bal de promo sur Save the last dance for me.

L’autre qualité, plus anecdotique, étant la jolie trombine de Blake ;-)

Blake
Blake
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District 9

District 9
District 9

Vous m’excuserez certainement pour ce mauvais jeu de mots, mais District 9 est un OVNI cinématographique, produit par Peter Jackson (Le Seigneur des Anneaux, King Kong) et réalisé par Neill Blonkamp dont il s’agit du premier long-métrage. Je suis allé voir ce film, poussé par quelques critiques positives par-ci et par-là et par le synopsis original :

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre. Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire. Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert. L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9 …

Le cadre de ce long-métrage est donc une uchronie dans laquelle l’Histoire a divergé il y a vingt ans, quand le vaisseau extra-terrestre s’est immobilisé au-dessus de Johannesburg. La première partie du film est excellente : elle nous présente ce cadre original et la mise en scène sous la forme de reportages TV se prête parfaitement à l’exercice. On y découvre une ville de Johannesburg meurtrie par le rejet des extra-terrestres, on visite avec stupeur le fameux District 9 qui ressemble tant aux bidons-villes qui existent malheureusement dans notre réalité. Il est évidemment impossible de ne pas faire le lien entre le traitement des « crevettes » (c’est ainsi que sont surnommés les extra-terrestres dans le film) et la politique d’apartheid appliquée en Afrique-du-Sud de 1948 à 1991. Cette première partie est donc une formidable leçon d’Histoire et d’humanisme, comme c’est souvent le cas avec la science-fiction.

La suite est malheureusement moins réussie, quand l’action prend le pas sur le panorama socio-politique. Les excès de violence et d’hémoglobine ont toujours le même effet sur moi : l’ennui. La destinée du protagoniste principal ne m’a pas franchement intéressé, tant ce personnage m’a semblé antipathique puis ennuyant. Comble du ridicule : les dix minutes pendant lesquelles le « héros » prend le contrôle d’un simili-robot surpuissant, j’y ai plus vu l’assouvissement d’un fantasme du réalisateur qu’un élément déterminant pour le scénario. Entre deux membres arrachés et deux têtes explosées, j’ai tout de même apprécié certains moments plus agréables que d’autres, mais sans jamais retrouver l’intérêt du début. Si je dois retenir un point positif de cette deuxième partie, c’est la capacité du scénariste et du réalisateur à « humaniser » les extraterrestres : dans les dernières minutes du film, je crois que toute la salle se retrouve du côté des « crevettes » contre les méchants humains qui les agressent. Sacré tour de force compte-tenu de la laideur de ces créatures !

En sortant, le bilan était donc mi-figue mi-raisin : emballé par le début, j’ai  finalement été déçu même si le film s’achève sur une touche poétique qui n’est pas désagréable. J’ai un peu l’impression d’avoir vu deux films en un, l’un très fort, l’autre moins intéressant, et je ne sais pas vraiment lequel l’emporte sur l’autre. A revoir, peut-être, lors de sa sortie en DVD pour savoir ce que j’en retiens finalement.

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The September Issue

The September Issue
The September Issue

The September Issue est un documentaire de R.J. Cutler sur Anna Wintour, la rédactrice en chef du célèbre magazine Vogue. On y suit la préparation du numéro de septembre 2007 du magazine par toute la rédaction sous l’oeil d’Anna.

N’étant pas passionné de mode, rien ne me prédestinait à aller voir ce film au cinéma. Mon seul lien avec ce milieu consiste à apprécier Ugly Betty et c’est justement cette série qui m’a poussé à aller voir The September Issue, car j’avais lu que le personnage (défunt) de Fey Sommers dans la série est inspiré d’Anna Wintour. Effectivement, le look de Fey Sommers dans les quelques images d’archives de la série ressemble beaucoup à celui de son modèle vivant (la coupe de cheveux et les lunettes noires, notamment).

Je suis donc allé au cinéma cet après-midi sans a priori, pour découvrir cette femme influente et son équipe. J’ai passé un excellent moment ; c’est suffisamment rare pour être signalé : je ne me suis pas ennuyé une seule seconde pendant l’heure et demie qu’a duré le film. J’ai appris pas mal de choses sur la façon dont est conçu un magazine de mode, par exemple que la rédaction commence à préparer le numéro de septembre cinq mois avant sa parution. J’ai surtout découvert deux femmes incroyables : Anna Wintour bien sûr, mais aussi Grace Coddington, une rédactrice qui est en quelque sorte la deuxième star du documentaire.

Anna Wintour est une reine toute-puissante, despotique, dont l’opinion compte plus que tout autre dans le milieu de la mode ; un « oui » de sa part est c’est le succès assuré, un « non » est c’est la fin du monde pour un créateur ou une rédactrice. J’ai toujours été à la fois impressionné, fasciné et troublé par la façon dont certains individus ont une telle influence sur des milliers voire des millions de personnes et Anna fait partie de ces personnes qui ont un tel pouvoir. La mode est sa vie, elle est élitiste dans son métier mais on sent quand elle parle de ses frères (qui travaillent dans l’humanitaire ou dans le journalisme politique) qu’elle a un peu (mais pas trop) honte de la futilité de ce milieu et de sa profession. C’est LE moment du film où sa carapace de grande prêtresse glaciale craque et qu’elle devient émouvante.

Grace Coddington est une ancienne mannequin qui a réussi une magnifique reconversion comme rédactrice ; je n’y connais pas grand chose mais j’ai l’impression qu’elle a un réel talent pour composer les photos, choisir les décors et les tenues. Ce documentaire la présente en quelque sorte comme l’âme de Vogue, avec Anna Wintour. Il y a quarante ans, c’était une femme splendide qui posait pour les couvertures des plus grands magazines. Aujourd’hui elle a perdu ses atours et on sent beaucoup de nostalgie dans son regard et ses propos. C’est sans doute le « personnage » le plus touchant de ce documentaire.

Les relations ambiguës entre ces deux femmes différentes est peut-être ce qui m’a le plus plu dans le film : Grace se sent parfois humiliée par la façon dont Anna rejette ses idées mais toutes deux ont finalement beaucoup de respect l’une pour l’autre. J’ai aimé entendre chacune dire que la principale qualité de l’autre est de « sentir » la direction que va prendre la mode et d’anticiper les changements, qualité que Grace ne se reconnaît d’ailleurs pas, elle répète plusieurs fois qu’elle a du mal à mettre de côté le passé. C’était une belle coïncidence qui m’a montré que malgré les inévitables tensions chacune reconnaît le talent de l’autre.

Le reste du film est également agréable et souvent drôle. Que penser par exemple de ce collaborateur d’Anna Wintour dont j’ai oublié le nom (Mario ?) qui est pour moi le prototype du lèche-cul qui ne donne jamais son avis personnel et se contente de dire « oui » à tout ce que dit sa patronne. Je crois que c’est Grace qui dit d’ailleurs dans le film « Il n’a pas dit ce qu’il en pensait, de peur de commettre une erreur », sous-entendu : de peur qu’Anna ne soit pas du même avis.

J’ai donc passé un excellent moment en regardant ce documentaire passionnant et fascinant. Je le conseille à tous ceux qui apprécient les personnages plus complexes qu’ils en ont l’air, passionnés de mode ou non. C’est sans doute un portrait des relations humaines plus réussi et juste que certains films « d’auteurs » sortis récemment (qui a parlé d’endives braisées ?).

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Un coeur sauvage

Un coeur sauvage
Un coeur sauvage

Pour occuper cette longue soirée dans la chambre d’hôtel où je me retrouve pour cette nouvelle semaine en déplacement, j’ai regardé Un coeur sauvage, une pièce de théâtre de Christophe Botti, jouée au Tango et éditée en DVD en 2005 par Antiprod. J’avais déjà regardé ce DVD il y a quelques mois et j’avais envie de le revoir depuis ce week-end, je l’avais donc glissé dans ma valise pour cette semaine.

A 17 ans, Mathan trouve qu’il est douloureux d’être soi, douloureux aussi de tomber amoureux, surtout quand cet amour ne ressemble pas aux autres. Entre deux étés, aux côtés de ses amis François et Virginie, il lui faudra découvrir ses désirs, affronter l’homophobie et surmonter sa peur de ne pas être accepté tel qu’il est.

Que dire pour vous donner envie de voir cette pièce sans en raconter tout en détail ? Les dialogues manquent un peu de maturité et sonnent faux à certains moments, la mise en scène est parfois excessive et maladroite, mais la pièce est globalement drôle et touchante. C’est un portrait réussi de trois adolescents : Edouard Collin est irrésistiblement craquant dans le rôle de Mathan ; dans un autre style, Julien Alluguette est très charmant lui aussi dans celui de François ; quant à Violaine Brebion, elle incarne avec beaucoup de justesse une adolescente mi-ingénue, mi-émouvante. On  y parle de l’adolescence, de l’homosexualité et de l’homophobie, de l’amour et de l’amitié en général. Il y a des moments mignons, gentillets, d’autres sont drôles, il y a aussi des scènes très fortes. La pièce comporte également deux passages chantés : Edouard Collin n’a sans doute pas une grande voix et une technique de chant parfaite, mais on pardonne tout à cette gueule d’ange et ces passages sont finalement plutôt agréables.

Bref, je suis passé du rire à l’émotion tout au long de la pièce et j’ai passé un bon moment en la revoyant.

Cinéma, TV & DVD

Juste une question d’amour

Juste une question d'amour
Juste une question d'amour

Décidément ! Peu de temps après avoir redécouvert avec plaisir la version anglaise de Queer As Folk, je continue bien involontairement un cycle sur l’histoire de l’homosexualité à la télévision avec Juste une question d’amour, un téléfilm qui a fait beaucoup pour la visibilité de l’homosexualité en France. Diffusé en prime-time par France 2 en janvier 2000, ce fut l’un des premiers téléfilms (si ce n’est le premier ?) à aborder ouvertement le thème de l’homosexualité à une heure de grande écoute et à trouver son public, avec plus de 6 millions de téléspectateurs lors de sa première diffusion.

On y suit l’histoire d’amour entre Laurent, étudiant en lycée agricole, et Cédric, son jeune maître de stage, ainsi que les relations entre Laurent et ses parents avant et après la révélation de son homosexualité. Le scénario est à la fois banal et plein de finesse, il évite les excès de bons sentiments qu’on retrouve parfois dans ce genre d’histoires, tout en abordant avec subtilité les thèmes de l’acceptation de soi, du coming-out et de l’homophobie. C’est une belle histoire, très bien servie par des comédiens de talent : le très mignon Cyrille Thouvenin dans le rôle de Laurent, le charmant Stephan Guerin Tillié dans celui de Cédric, et surtout l’excellente Eva Darlan, formidable dans le rôle d’Eva, la mère de Cédric.

Presque dix ans après sa première diffusion, ce téléfilm n’a pas pris une ride : j’ai pris beaucoup de plaisir à le revoir ce soir, j’ai été touché par l’histoire et les personnages comme la première fois. C’est un très bon film qui réussit à faire réfléchir sur des thèmes difficiles sans tomber dans la facilité. Une oeuvre à conseiller à tous les jeunes gens qui se posent des questions sur leur sexualité, et à leurs parents.

Ego Trip

Un garçon presque parfait

Un dîner presque parfait
Un dîner presque parfait

M6 diffusait lundi soir la première étape de son Tour de France culinaire qui voit s’affronter les meilleurs candidats de l’émission « Un dîner presque parfait ». Cette semaine, c’est la région « Grand-Est » qui était à l’honneur.

Parmi les participants, l’un d’entre eux a tout de suite attiré mon attention : Grégory. Je l’avais déjà vu et apprécié lors de sa première participation à l’émission et je l’ai retrouvé avec plaisir pour cette sélection régionale. Grégory a une « particularité physique que l’on remarque tout de suite » comme il le dit lui-même dans cet entretien dans Le Progrès. Il a en effet un handicap au bras gauche, ce qui ne l’a pas empêché de passer une à une toutes les épreuves de l’émission et de remporter le droit de représenter sa région lors de la finale nationale.

Ce garçon m’a touché. J’ai moi aussi un handicap « que l’on remarque tout de suite » au bras droit et je me suis un peu retrouvé dans ce jeune homme. Notamment quand il a expliqué pendant l’émission de lundi que son handicap était une motivation supplémentaire parce que cela le poussait à travailler dur pour faire aussi bien que les autres et essayer de faire mieux. Je connais cette impression de devoir se dépasser pour faire ses preuves ; je la vis depuis presque trente ans, d’abord sous l’impulsion de mes parents puis par ma propre volonté.

J’ai surtout beaucoup de respect et d’admiration pour lui, pour sa façon d’assumer son handicap devant les caméras et, sans doute, dans la vie de tous les jours. J’aimerais avoir son aisance et sa capacité à accepter le regard des autres. Même si j’ai le sentiment d’avoir réussi ma vie et d’avoir fait mes preuves, j’ai toujours au fond de moi un certain complexe d’infériorité lié à de mon handicap, une réserve vis-à-vis des autres, une distance que je mets inconsciemment. Et si jamais il m’arrive de l’oublier l’espace de quelques instants, il suffit d’un regard, bienveillant ou malveillant, dans la rue ou dans les transports en commun, pour me rappeler ma « différence ». Oh, je ne me plains pas, ce n’est pas dramatique et j’ai appris à vivre avec. Lundi soir, j’ai juste envié Grégory d’avoir ce courage que je n’ai pas.

La victoire de Grégory lundi soir m’a fait plaisir. Qu’importe si elle a été téléguidée par la production qui voulait en profiter pour diffuser un message positif sur le handicap. L’important pour moi, c’était de voir ce garçon triompher d’une épreuve supplémentaire avec le sourire, et y voir un espoir pour d’autres.

Grégory
Grégory
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Non ma fille, tu n’iras pas danser

Non ma fille, tu n'iras pas danser
Non ma fille, tu n'iras pas danser

Christophe Honoré m’avait enthousiasmé avec Les chansons d’amour. Il m’avait touché avec La belle personne. Il m’a déçu avec Non ma fille, tu n’iras pas danser.

Que dire ? Malgré le talent de Chiara Mastroianni et de Marina Foïs, malgré le charme de Louis Garrel, je me suis ennuyé pendant tout le film, accablé par l’ambiance lourde et pesante. Incapable de me prendre au jeu, je suis passé complètement à côté de l’histoire de Léna et de sa famille. J’ai parfois ri, j’ai parfois été ému, mais je n’ai jamais été emporté. Après les deux derniers bons long-métrages de Christophe Honoré, c’est sans doute ce que je reproche à ce film : m’avoir laissé indifférent.