Comics & BD

Magicien, volume 1 : Apprenti

Magicien, volume 1 : Apprenti
Magicien, volume 1 : Apprenti

Adaptation en comics de la série « Les Chroniques de Krondor » de Raymond E. Feist, ce premier volume présente les mêmes qualités et défauts que le roman dont il est tiré : c’est divertissant mais cela manque d’originalité. Les personnages sont stéréotypés, dignes représentants des clichés des univers médiévaux-fantastiques : le magicien, le guerrier, l’elfe, etc.

Cela se laisse lire, mais difficile d’être vraiment passionné par les aventures de Pug et Tomas, les deux héros de l’histoire.

Magicien, volume 1 : Apprenti

Scénario de Raymond E. Feist, adapté par Michael Avon Oeming et Bryan J. Glass

Dessin de Brett Booth et Ryan Stegman

Milady, ISBN 978-2-8112-0193-7

Note : ★★/☆☆☆☆☆

Livres & Romans

Le jeune soldat

Le jeune soldat
Le jeune soldat

Après Trois coeurs qui m’a beaucoup beaucoup plus, Eric Jourdan nous propose Le jeune soldat, un nouveau roman décrit comme « scandaleux » par l’éditeur sur la quatrième de couverture.

Il y a en effet un parfum de scandale dans ce récit qui tourne autour d’une histoire d’inceste dans une famille issue de la bourgeoisie de province. Il y a aussi l’humanité de François, le personnage principal, le « jeune soldat » du titre. Nous suivons dans ce roman sa rencontre dans des circonstances particulières avec une étrange famille et sa quête pour y trouver sa place.

Ce n’est peut-être pas son plus beau roman, mais Eric Jourdan nous parle de désir, d’amour, et de la peur de vieillir. Comme toujours, il le fait avec talent, passion, et un brin de provocation.

Le jeune soldat, Eric Jourdan

Fayard, ISBN 978-2-720-21527-8

Note : ★★★/☆☆☆☆☆

Cinéma, TV & DVD

Le Refuge

Le Refuge
Le Refuge

Le Refuge est le nouveau long-métrage de François Ozon, un réalisateur que j’ai découvert avec 8 femmes en 2002 et qui m’a ensuite tour à tour séduit et intrigué avec Swimming Pool, Le temps qui reste, ou Ricky.

Mousse et Louis sont jeunes, beaux et riches, ils s’aiment. Mais la drogue a envahi toute leur vie. Un jour, c’est l’overdose et Louis meurt. Mousse survit, mais elle apprend qu’elle est enceinte. Perdue, elle s’enfuit dans une maison loin de Paris. Quelques mois plus tard, le frère de Louis la rejoint dans son refuge.

François Ozon a fait le pari de faire jouer le rôle de Mousse par Isabelle Carré, enceinte lors du tournage. C’est un choix audacieux mais qui me semble réussi ; comme l’indiquent plusieurs personnages, Isabelle Carré est magnifique dans le film. Quant à Paul, le frère de Louis, il est interprété par Louis-Ronan Choisy, également interprète de la très jolie chanson-titre du film. C’est la première fois que je voyais ce comédien au cinéma et j’ai trouvé qu’il apportait beaucoup de charme et de sensualité au personnage ; c’est une belle découverte.

Le film lui-même m’a plu. Malgré quelques longueurs, j’ai été touché par l’histoire et par les personnages. François Ozon s’est attaqué au thème du deuil, un sujet qui ne me laisse jamais indifférent ; cela aurait pu être casse-gueule mais c’est finalement plutôt réussi. Pas d’effusions de larmes, pas de grandes scènes mélodramatiques, pas de longs plan silencieux pour marquer le chagrin, juste des personnages qui se débattent comme ils peuvent après la mort d’un proche.

C’est un film honnête, dans le sens où il dit la vérité sur les sentiments des personnages, sur leurs choix, jusqu’à la fin à la fois surprenante et logique. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais pour ma part je suis heureux de l’avoir vu.

Livres & Romans

Au beau milieu des choses

Au beau milieu des choses
Au beau milieu des choses

Au beau milieu des choses est un recueil de nouvelles de Peter Cameron. C’est une succession de court récits qui permettent à l’auteur (et au lecteur) de réfléchir sur des thèmes comme le couple, le deuil, la famille ou la vieillesse. J’ai trouvé cela très agréable à lire et en même temps très riche, je me suis plusieurs fois arrêté à la fin d’un chapitre pour réfléchir sur les sujets abordés. Le seul bémol que je pourrais évoquer, c’est la fin souvent abrupte des récits, mais je pense que c’est voulu : l’histoire s’arrête souvent en queue de poisson, comme si l’auteur posait les fondations d’une situation sans vouloir la dénouer. C’est parfois frustrant mais l’ensemble est réussi.

Au beau milieu des choses, Peter Cameron

Rivages, ISBN 978-2-7436-1908-4

Note : ★★★★/☆☆☆☆☆

Cinéma, TV & DVD

Complices

Complices
Complices

Attiré par ce film en raison de la présence de Cyril Descours dans la bande-annonce, je suis allé voir Complices cet après-midi et j’en suis sorti conquis. C’est un polar relativement classique mais plutôt réussi.

Dès leur premier regard échangé dans un cybercafé, Vincent et Rebecca se sont aimés. Ils sont jeunes, à peine 18 ans, et regardent la vie avec insouciance.

Pourtant, deux mois plus tard, le corps de Vincent est retrouvé dans le Rhône et Rebecca a disparu.
L’inspecteur Hervé Cagan et sa coéquipière Karine Mangin sont chargés de l’enquête. Alors qu’ils remontent le fil de l’histoire d’amour qui liait à la vie à la mort Vincent et Rebecca, Hervé et Karine se retrouvent confrontés aux failles de leurs propres vies …

Le récit alterne les scènes où Vincent vit son idylle avec Rebecca et celles où Hervé et Karine enquêtent sur sa mort. Ce procédé qui aurait pu être maladroit et lourd est au contraire mis en oeuvre avec brio et permet d’illustrer le contraste entre l’existence pleine de vie de Vincent, et sa mort brutale alors qu’il n’avait que dix-neuf ans.

J’ai lu un certain nombre de critiques qui s’enthousiasment pour la performance de Gilbert Melki et d’Emmanuelle Devos. Pour ma part, je retiens l’interprétation de Nina Meurisse et bien sûr de Cyril Descours, qui apporte tout son charme et son sex-appeal à son personnage. Leur rencontre et leurs débuts, au début du film, sont touchants. Il y a entre eux une tendresse qui apporte beaucoup au film.

Je ne suis habituellement pas un grand fan de polar mais celui-ci m’a plu. Il aborde quelques sujets de société (la prostitution masculine, le célibat) avec habileté sans que cela ne ralentisse un récit adroitement construit. Un bon film, assurément.

Cinéma, TV & DVD

Une petite zone de turbulences

Une petite zone de turbulences
Une petite zone de turbulences

Une petite zone de turbulences est une comédie réalisée par Alfred Lot et mettant en scène Michel Blanc (également co-scénariste et dialoguiste), Miou-Miou, Mélanie Doutey, Gilles Lellouche, Cyril Descours et Yannick Renier. C’est une adaptation d’un roman de Mark Haddon, Une situation légèrement délicate (A spot of bother en VO).

Jean-Pierre, récemment retraité, est hypocondriaque. Anne, sa femme, le trompe avec un ancien collègue de bureau. Sa fille Cathie, divorcée et mère d’un petit garçon de cinq ans, vie avec Philippe, un « brave » garçon, que Mathieu, le frère homo de Cathie, appelle « Bac moins six ».

Quand JP découvre une petite tâche sur sa peau au niveau de sa hanche droite, que Cathie lui annonce qu’elle épouse « Bac moins six », que Mathieu se fait larguer parce qu’il hésite à inviter son amant au mariage de sa soeur et que JP apprend fortuitement que sa femme le trompe, l’équilibre familial implose. Disputes, règlements de comptes, insultes … JP, Anne, Cathie, Mathieu et Philippe ne s’épargnent rien ! Et traversent, ensemble, une petite zone de turbulence …

L’histoire est simple et classique mais le film est diablement efficace : je n’ai pas vu passer le temps, je crois que je n’ai pas passé plus de deux minutes sans rire de bon coeur. On retrouve la patte géniale de Michel Blanc dans les dialogues, excellents et hilarants. Je n’ai pas retenu toutes les répliques drôles, tant il y en avait.

Dans le rôle de Jean-Pierre, Michel Blanc est à nouveau parfait quand il joue l’humour désabusé et cynique. Miou-Miou est également très juste en bourgeoise coincée. Cyril Descours est toujours aussi charmant et attendrissant, deux qualités essentielles pour son rôle dans ce film. Gilles Lellouche interprète magnifiquement le beauf qui débarque au sein d’une famille bourgeoise qui ne l’accepte pas. Seule Mélanie Doutey m’a une nouvelle fois déçue, je regrette chaque fois un certain manque de naturel dans son interprétation.

J’ai passé un très bon moment devant ce film et je le reverrai avec plaisir lorsqu’il sortira en DVD. C’est un vrai plaisir de retrouver une bonne comédie avec des dialogues aussi drôles et fins que ceux-ci : un régal !

Cinéma, TV & DVD

Mr. Nobody

Mr. Nobody
Mr. Nobody

Mr Nobody est un long-métrage du réalisateur belge Jaco van Dormael, principalement connu pour son film Le huitième jour avec Daniel Auteuil et Daniel Duquenne en 1996. A l’affiche de celui-ci, on trouve notamment Jared Leto (My so-called Life, Fight Club, Requiem for a Dream) dans le rôle-titre, Sarah Polley, Diane Kruger, et Linh-Dan Pham, Rhys Jeans, Natasha Little, Toby Regbo et Juno Temple.

Un enfant sur le quai d’une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu’il n’a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d’être vécues.

En 2092, Nemo Nomody a 118 ans et est le doyen de l’humanité et le dernier humain mortel encore en vie, ses congénères étant tous acquis la capacité à déjouer les effets de la vieillesse grâce aux progrès de la science. A l’âge de neuf ans, lors de la séparation de ses parents, il a été confronté au choix terrible du parent avec lequel il voulait vivre. A partir de cette situation cruelle, nous voyons défiler les différents avenirs possibles et donc les vies qui s’offrent à Nemo. Je dois dire que j’ai été séduit par le début du film, mais cela n’a malheureusement pas duré …

Le film nous présente ainsi l’évolution de la vie de Nemo selon plusieurs scénarios, en fonction du choix fondateur (suit-il sa mère ou reste-t-il avec son père ?), de ses choix futurs et du hasard. Nous avons droit à une énième dissertation sur l’effet-papillon, où comment un chômeur brésilien (licensié parce que Nemo lui-même préfère acheter des jeans bon marché) fait cuire un oeuf et provoque par une réaction en chaîne une averse qui efface le numéro de téléphone que Nemo vient d’obtenir d’Anna, la femme dont il est amoureux depuis l’adolescence. Voilà pour situer le niveau du scénario. Il faut ajouter à cela des répliques tout droits sortis d’un soap-opera, une voix-off tout juste capable de clamer de grandes phrases ridicules, et des scènes spectaculaires pour faire plaisir au réalisateur et aux amateurs d’effets spéciaux.

J’ai rarement été aussi déçu par un film. L’idée de départ me paraissait prometteuse mais le film n’est tout simplement pas à la hauteur. Il est très long, mais surtout ennuyeux et rempli de poncifs ; je n’ai pas trouvé de fil conducteur, les scènes s’enchaînant sans logique apparente. Je me suis ennuyé et j’ai parfois laissé échapper quelques rires nerveux devant certaines scènes ou répliques ridicules. A part le début, qui m’a plu, le seul moment à sauver serait l’explication donnée par le vieux Nemo vers la fin, explication aussitôt effacée par un énième et dernier effet narratif sans intérêt. Il me semble que les avis à la sortie du cinéma étaient partagés, tout comme les critiques dans la presse ou par les spectateurs sur les sites spécialisés : certains ont adoré, d’autres se sont terriblement ennuyés. Je fais partie de ces derniers.


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