Ego Trip

L’appendicite

De récents échanges sur Twitter ont fait remonter le souvenir du jour où mes parents ont compris que je préférais les garçons. J’ai eu envie d’en faire un billet.

Eté 1999.

Les vacances entre ma première et ma seconde année à l’IUT. J’avais 19 ans, la vingtaine approchait tout doucement.

Je fréquentais Alexandre depuis quelques mois. Nous étions dans le même groupe à l’IUT depuis le début de l’année mais il nous avait fallu quelques mois pour briser la glace et sympathiser. Il a fallu encore quelques semaines pour dépasser la sympathie, et l’amitié. C’était une relation un peu chaotique, nous ne savions pas trop ce que nous voulions – lui, surtout. Je n’ai pas baissé les bras, peut-être parce que je pressentais déjà que ce garçon allait occuper une place à part dans ma vie.

L’année avait pris fin, nous étions chacun retournés chez nos parents pour l’été. Après une année passée en cité universitaire, le retour « à la maison », même pour deux mois, était difficile. Alexandre et moi restions en contact par téléphone et par courrier. Oui, c’était à l’époque où les mails et Facebook n’avaient pas encore totalement remplacés les lettres. Je m’ennuyais un peu, j’attendais avec impatience les moments où nous pourrions nous appeler. Même si nos discussions tournaient souvent au débat sur l’avenir sur notre relation, c’était agréable de lui parler, cela m’éloignait de ce quotidien qui me pesait chez mes parents.

Une nuit, vers cinq heures du matin, je me suis réveillé en sursaut, avec la sensation d’avoir reçu un coup de poignard dans le ventre. Je ne sais plus si j’ai crié en me réveillant ou si je suis allé réveiller mes parents quand la douleur a persisté, mais je me souviens de mon père, à mon chevet, demandant à ma mère d’appeler le médecin de garde. Je me rappelle aussi de ce médecin – sans doute obsédé par l’hygiène – qui ne voulait pas serrer la main de mes parents. Ce détail m’a marqué, alors que j’aurais dû avoir bien d’autres choses en tête à ce moment-là. Il m’a examiné très rapidement et son verdict fut sans appel : je faisais une crise d’appendicite et je devais être conduit aux urgences.

Mes souvenirs de l’arrivée à la clinique sont assez flous. Je crois que je mélange d’autres souvenirs, le jour où je me suis coupé la langue en recevant une balançoire en plein visage à l’école primaire, celui où j’ai accompagné ma mère après que mon petit frère se soit coupé à travers la porte vitrée du salon. Bref, j’aurais du mal à faire un récit précis de ces minutes passées aux urgences. Je me souviens qu’il y avait peu de monde, que c’était calme. Je crois qu’il faisait un peu froid. Un médecin – un interne ? – m’a examiné et a confirmé le diagnostic du généraliste qui était venu à la maison.

J’allais être emmené au bloc opératoire. Pour la première fois depuis le début de l’adolescence, j’allais être anesthésié. Pour une fois, ce ne serait pas une opération pour mon bras. Ma dernière opération datait de l’été 1992, avant mon entrée en 4ème. Je n’étais pas impatient de retrouver l’aiguille de l’anesthésiste et les bips de la salle de réveil.

Avant d’y aller, je me suis tourné vers mes parents et sans hésiter, j’ai dit :

Il faudrait prévenir Alexandre.

C’est par ces mots que j’ai fait mon coming-out « officiel » à mes parents. Jusque là, c’était un non-dit. C’est par ces mots que mes parents ont définitivement compris. Pourtant, avec le recul, je me dis que ce n’était pas forcément plus clair que tous les indices que j’avais pu laisser pendant des années, consciemment ou non. Peut-être est-ce simplement le fait que je pense à lui, à ce moment-là, dans ces circonstances, qui a rendu la conclusion aussi évidente pour eux.

Je n’ai su la suite que quelques jours plus tard. Ma mère a appelé Alexandre pour le prévenir. Elle a par contre oublié de le prévenir ensuite que l’opération s’était bien passée, quand je m’étais bien réveillé et que tout allait bien. Cela me semblait tellement évident, je n’avais même pas imaginé qu’elle ne l’ait pas fait. Je crois que j’ai récupéré mon téléphone portable deux jours après. Quand je l’ai appelé, Alexandre était affolé. Il venait de passer deux jours sans nouvelles, à s’inquiéter et à imaginer le pire. Je l’ai rassuré. Tout allait bien.

Livres & Romans

Quand souffle le vent du nord

Quand souffle le vent du nord

Daniel Glattauer est un journaliste et écrivain autrichien, né à Vienne au tout début des années soixante. Quand souffle le vent du nord était en 2006 son septième roman publié en allemand, mais c’est seulement le premier traduit dans la langue de Molière, la traduction française venant tout juste d’être édité par Grasset. Au vu de ce que je viens de lire, c’est bien dommage car sa bibliographie recèle sans doute d’autres pépites qui mériteraient de toucher un lectorat plus large.

L’histoire de ce roman m’a tout de suite séduit lorsque j’ai lu la quatrième de couverture dans les rayons de mon agitateur culturel préféré :

Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ?

Leo Leike reçoit par erreur un mail d’un inconnue, Emmo Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s’excuse et, peu à peu, un dialogue s’engage, une relation se noue. Au fil des mails, ils éprouvent l’un pour l’autre un intérêt grandissant.

Leo écrit : « Vous êtes comme une deuxième voix en moi qui m’accompagne au quotidien. »

Emmi admet : « Quand vous ne m’écrivez pas pendant trois jours, je ressens un manque. »

Emmi est mariée, Leo se remet à grand-peine d’un chagrin d’amour. De plus en plus attirés l’un par l’autre, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre …

C’est donc en quelque sorte une version moderne des romans épistolaires très prisés au XVIIIème siècle. Dans celui-ci, nous assistons à la « rencontre » de Leo et Emmi et nous suivons l’évolution de leur relation pendant plus ou moins un an. Dans le fond, c’est une relation qui traverse des étapes relativement habituelles : la découverte, la séduction, les tensions, les grandes déclarations, les pauses, les ruptures, définitives ou non. Là dessus, rien de bien original ni de passionnant. Ca ressemble à un roman d’amour comme tant d’autres. Cela ne s’arrête pas là, heureusement.

La relation de Leo et Emmi est tout de même une drôle de relation, basée sur une distance qui facilite les confidences et les fantasmes les plus fous – érotiques ou simplement sentimentaux. C’est là toute la force de ce re roman, qui pose une question simple : peut-on tomber amoureux d’un correspondant avec lequel on ne communique que par écrit, d’une voix entendue au téléphone ? J’ai ma propre réponse à cette question, mais chaque lecteur y répondre à sa façon, avec son vécu et ses convictions.

Cela fait du bien de lire une histoire d’amour qui sorte des sentiers battus, qui évite les clichés et aborde le sujet avec intelligence. J’ai dévoré le dialogue de Leo et Emmi, impatient de savoir ce qui allait leur arriver, comment cela allait se terminer. Je n’ai pas vraiment été surpris par le dénouement, même s j’ai ressenti un pincement au coeur en tournant la dernière page. J’espère que ceux d’entre vous qui tenteront l’aventure ressentiront la même chose.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

Grasset, ISBN 978-2-246-76501-1

Note : ★★★★/☆☆☆☆☆

Musique

Dorothée à l’Olympia

Dorothée

Ceux qui me suivent sur Twitter ou Facebook ne peuvent pas ignorer où j’étais lundi soir : à l’Olympia, pour assister au retour sur scène de Dorothée. C’était le dernière représentation d’une série de quatre concerts étalés entre samedi soir et lundi soir. J’avais pris des places pour Choubidou et moi dès qu’elles avaient été en vente, j’avais un peu galéré sur le site de réservation pour obtenir de bonnes places mais nous avions finalement obtenu deux sièges très bien placés au neuvième rang, face à la scène.

Dans les semaines et les jours qui ont précédé le concert, j’ai évité de regarder les passages de Dorothée à la télévision, les vidéos des répétitions, d’autant que les échos n’étaient pas très positifs. Je me suis contenté d’acheter le nouvel album de Dorothée quand il est sorti sur iTunes. Il faut bien le dire, je n’étais pas emballé. La première chanson, « Dorothée », est émouvante mais les autres sont de pales copies de ses anciens tubes. Je me demandais finalement à quoi servait cet album, tout à fait dispensable à mes yeux. J’espérais surtout que les intérêts mercantiles de la maison de production n’allaient pas venir gâcher le retour de Dorothée et nos retrouvailles avec elle. J’avais peur, aussi, que le succès et le public ne soient pas au rendez-vous pour cette série de concerts.

Dimanche, les deux compères Cédric Darval de Bayen et Jonathan D ont assisté au concert de l’après-midi. Sur un quelconque site internet, j’avais lu une brève plutôt rassurante sur le concert du samedi soir : l’ambiance était incroyable, le public avait répondu présent et avait passé presque tout le concert debout en chantant avec Dorothée. J’attendais toutefois les impressions de CDdB et Jonathan D avec impatience, un peu anxieux. Le verdict fut finalement sans appel : l’ambiance était excellente, ils avaient passé un très bon moment, comme en témoignent leurs très beaux billets : Voyage en absurdie : être une fan et Dorothée en concert à l’Olympia.

Dorothée

Lundi, j’ai passé toute la journée au bureau à penser au concert. Cela m’a aidé à traverser une rude journée, à me détacher des soucis quotidiens. J’avais hâte d’être à l’Olympia où j’espérais passer une bonne, une très bonne soirée. Bizarrement, la journée est passée très vite, je suis parti du bureau un peu à la bourre, j’ai tout de même eu le temps de passer rapidement chez moi pour déposer mes affaires et grignoter un morceau avant de filer à l’Olympia avec Choubidou.

Dans la salle, alors que CDdB et Jonathan D avaient eu droit au Docteur Klein et à Christophe Rippert, nous avons dû nous contenter d’être assis juste devant Jean-Marc Morandini accompagné de son nouveau sex-toy chroniqueur. Dans un style plus sympathique, j’ai également noté la présence du toujours charmant Cyril Féraud, craquant dans son jean et son sweat à capuche. Hormis ces pseudo-célébrités, le public était assez proche de ce que j’avais imaginé : des trentenaires (ou approchant) qui venaient comme moi retrouver Dorothée après plus de 15 ans d’absence. Seule particularité : un public qui m’a semblé majoritairement gay, ce qui m’aurait sans doute surpris si CDdB ne l’avait pas déjà évoqué dans son magnifique billet (oui, la pub est gratuite aujourd’hui !).

Toute la journée, j’avais été impatient et je m’étais dit qu’il y avait une bonne chance que je sois ému par ces retrouvailles avec Dorothée. Pourtant, je n’étais pas préparé à la vague d’émotion qui m’a envahi dès le début du concert. Dès les premières notes, dès que Dorothée est apparue sur la scène, le masque est tombé et je me suis effondré en larmes, sans comprendre ce qui m’arrivait. Quelques minutes plus tard, il a suffi d’un simple couplet de Rox et Rouky pour que les larmes tombent à nouveau . Je suis resté à fleur de peau pendant tout le concert, je crois avoir pleuré à cinq ou six reprises. Mais ce sont des larmes qui font du bien.

Dorothée

Le programme musical était très bon : l’équilibre entre les grands tubes du passé et les nouvelles chansons était parfait, le concert m’a même permis d’apprécier certaines chansons du nouvel album. Pour me remettre de nos émotions, Jacky, le fidèle complice de Dorothée, l’a rejointe sur scène pour interpréter Qu’il est bête ! : un moment plein d’humour très apprécié un peu avant l’entracte.

Du début à la fin, l’ambiance était incroyable, tout le monde était debout et reprenait les paroles en tapant dans les mains et du pied. Chaque chanson était suivie d’une ovation, de « Dorothée » hurlés par 2000 personnes. J’ai assisté à pas mal de concerts dernièrement mais je n’avais jamais vu une telle ambiance. Je crois que c’est inimaginable et un peu surprenant pour quelqu’un d’extérieur. Qu’importe les grincheux et les moqueurs, tant pis si certains trouvent cela ridicule, j’ai profité à fond de ces trois heures, j’ai chanté, applaudi et tapé du pied comme jamais je ne l’avais fait dans un concert. En rentrant chez moi, je n’avais plus de voix, j’avais mal à la gorge, j’avais les mains rouges à force de les avoir frappées l’une contre l’autre, mais je ne regrettais rien. J’étais heureux, simplement heureux de ce moment passé en compagnie de Dorothée et du public.

Dorothée

Je ne sais pas comment décrire ce que j’ai ressenti exactement ni ce qui s’est passé dans cette salle. Je pense que chacun dans le public est venu pour ses propres raisons, avec sa propre motivation. Moi-même, je ne sais pas vraiment pourquoi je suis venu. Peut-être pour voir enfin Dorothée parce que je n’avais pas eu l’occasion de le faire quand j’étais petit. Je ne sais pas non expliquer l’émotion qui m’a submergé. C’était peut-être un vide dont je n’avais pas conscience mais que j’avais besoin de combler. Il y avait aussi l’émotion de Dorothée elle-même, visible sur son visage. C’étaient des retrouvailles pour elle autant que pour nous, on sentait que les années d’absence avaient été longues de part et d’autre, c’est en tout cas ainsi que j’interprète cette ambiance, cette sorte de communion entre l’artiste et son public. Se retrouver après tout ce temps, c’était beau, c’était magique.

Je pensais retomber en enfance mais j’ai vécu cette soirée avec les yeux de l’adulte que je suis devenu, avec passion et émotion mais pas sans une certaine gravité. Au fond de moi, ces retrouvailles résonnaient comme des adieux, comme de vieux amis qui se sont perdus de vue et qui se retrouvent une dernière fois avant la fin. Mais Dorothée a apaisé mes doutes avec un émouvant « A très bientôt » final accueilli avec ferveur par le public et avec soulagement pour moi. J’ai fait un sacré bout de chemin depuis le temps où je regardais Dorothée à la télévision ; j’ai grandi, ma vie a changé, ceux qui m’accompagnaient alors ne sont plus là. A l’Olympia, face à Dorothée et aux côtés de toute cette génération, j’ai mesuré tout le chemin parcouru depuis l’enfance mais j’ai aussi redécouvert avec plaisir que je n’avais pas totalement changé. Derrière l’adulte que je suis devenu et qui peut sembler froid, le petit Sébastien qui regardait Dorothée avec admiration est toujours là. Ca fait un bien fou de le savoir.

Où sont passées
Les chansons du passé
Ces refrains qui nous faisaient rêver

Où sont partis
Ces copains ces amis
Compagnons de nos tendres années

Où sont passées
Les chansons du passé
Elles sont là blotties dans nos mémoires

Pour enchanter
Pour nous faire chanter
Tous ensemble quelques refrains ce soir

Dorothée

PS : merci à Choubidou pour les photos !

Livres & Romans

Hero

Hero
Hero

Lorsque j’ai découvert le résumé de ce roman de Perry Moore, j’ai été totalement emballé. Le synopis réunit en effet des ingrédients qui ne peuvent que me plaire : un adolescent homosexuel, dont le père – ancien super-héros – est en disgrâce depuis un terrible accident, découvre qu’il possède des super-pouvoirs et rejoint une équipe de jeunes héros alors que leurs aînés sont assassinés les uns après les autres par un mystérieux assassin.

Si j’étais impatient de lire ce livre, j’étais également un peu inquiet car les super-héros ne sont pas un thème très courant dans les romans et j’avais quelques craintes sur le passage du format comics à un texte purement littéraire. Je n’ai pas été déçu. Le rythme du récit est très bien dosé, on passe de scènes d’action dignes des meilleurs comics à des moments plus intimistes sur la vie de Thom, le jeune héros. Si l’histoire n’est pas originale, elle se déroule naturellement révèle même quelques surprises : j’ai par exemple été étonné par l’identité de l’assassin. On retrouve en tout cas des éléments forts des comics : une Ligue de super-héros avec de jeunes super-héros en apprentissage sous l’oeil inquisiteur de leurs aînés, des super-vilains pathétiques. L’auteur s’est amusé à inclure de nombreuses références aux comics les plus connus : l’un des personnages est par exemple une copie quasi-conforme de Superman. Dans le même temps, il détourne aussi quelques clichés mais je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Au-delà du roman de super-héros, c’est aussi un récit touchant sur un adolescent qui découvre sa sexualité, qui découvre aussi l’amour et essaye de se faire accepter par ses proches. C’est parfois un peu naïf mais il y a aussi des scènes plus subtiles comme le premier baiser de Thomas avec un inconnu, loin du cliché que je craignais sur le « grand amour » rencontré dès la première aventure. J’ai trouvé que la relation entre Thom et son père était traitée avec beaucoup de réalisme ; on sent l’affection qui les lie, tout en mesurant leurs différences. Sans angélisme, Hero nous présente la vie d’un jeune homo dans une Amérique qui a encore des progrès à faire en matière de tolérance. Pour ne rien gâcher, d’autres thèmes, comme la maladie et le handicap, sont également évoqués avec des personnages secondaires qui gravitent dans l’environnement du héros.

La fin du roman laisse penser qu’une suite est possible et je serais ravi de poursuivre ma découverte des aventures de Thom et de ses compagnons. Une adaptation en série TV a même été évoquée, j’espère que cela se fera !

Cinéma, TV & DVD

Dragons

Dragons
Dragons

Dragons (How to Train Your Dragon en VO) est le nouveau film d’animation des studios Dreamworks. L’histoire est simple, voire simpliste :

L’histoire d’Harold, jeune Viking peu à son aise dans sa tribu où combattre les dragons est le sport national. Sa vie va être bouleversée par sa rencontre avec un dragon qui va peu à peu amener Harold et les siens à voir le monde d’un point de vue totalement différent.

Je suis allé le voir ce midi, pour me détendre avant de reprendre le travail demain matin et je dois dire que fut terriblement efficace.

Les dessins et l’animation sont superbes, tout à fait dans le style que j’apprécie. Je retiens notamment le premier vol d’Harold à dos de dragon, absolument splendide : j’avais l’impression d’être dans les montagnes russes d’un parc d’attraction. Par contre, je ne peux pas juger la 3D car j’ai fait le choix d’aller le voir en 2D, lassé de payer quelques euros supplémentaires pour des effets sans grand intérêt.

L’histoire n’est pas du tout originale, il n’y a aucune surprise du début à la fin, mais le film est vraiment réussi : rythmé, vraiment drôle, et parfois touchant – en tout cas, certains passages m’ont touché. J’ai bien aimé la relation entre Harold et le dragon, et le « clin d’oeil » à la fin ; ceux qui ont vu le film comprendront ce dont je parle, les autres doivent maintenant se précipiter dans leur cinéma préféré pour comprendre ;-) La relation entre Harold et son père est également intéressante, même si c’est du déjà vu. J’ai moins aimé tout ce qui tournait autour d’Astrid, la jeune fille qui a tapé dans l’oeil d’Harold, même ce genre d’histoire est malheureusement obligatoire dans les films …

J’ai assisté à une séance avec beaucoup d’enfants et je suis toujours émerveillé quand je les entends rire sur certains gags – souvent visuels. C’est un vrai plaisir de voir que le film plaît aux plus petits mais aussi aux moins petits comme moi :-)

Dragons est en tout cas un film à tous ceux qui veulent s’amuser pendant une heure et demie : c’est un vrai divertissement, à la fois beau et drôle !

Cinéma, TV & DVD

Cher John (Dear John)

Cher John
Cher John

Il y a des films qu’il faut éviter d’aller voir sous peine de perdre deux heures de sa vie. Cher John (Dear John en VO) en fait partie. Je suis allé le voir cet après-midi, attiré par la plastique avantageuse de Channing Tatum. J’aurais sans doute dû regarder plus attentivement la bande-annonce et le résumé, qui fait craindre le pire :

Lorsque John Tyree, un soldat des Forces Spéciales en permission, et Savannah Curtis, une étudiante idéaliste, se rencontrent sur une plage, c’est le coup de foudre. Bien qu’appartenant à deux mondes différents, une passion absolue les réunit pendant deux semaines. John repart ensuite en mission et Savannah retourne à l’université, mais ils promettent de s’écrire et à travers leurs lettres enflammées, leur amour ne fait que grandir.

Chaque jour plus inquiète pour la sécurité de son bien-aimé, Savannah s’interroge. Alors que désirs et responsabilités s’opposent toujours plus, le couple lutte pour maintenir ses engagements. Quand une tragédie oblige John à rentrer, les deux jeunes gens se retrouvent face à leurs contradictions. John et Savannah vont découvrir si leur amour peut vraiment survivre à tout …

Dès les premières minutes, le ton est donné : il s’agit d’une comédie sentimentale de la pire espèce. Pour situer le niveau, résumons la première scène : Savannah, que le résumé présente comme une « étudiante idéaliste » mais que je serais plutôt tenté de qualifier de poufiasse écervelée, discute tranquillement avec des amis sur un ponton au bord de l’océan, quand elle fait tomber son sac à main dans l’eau. John, jeune homme musclé qui vient de terminer sa séance de surf, plonge pour récupérer le sac de la demoiselle. Et là, c’est le coup de foudre ! J’exagère à peine …

La suite du film est à l’image de cette première scène : des clichés (« je penserai à toi à chaque fois que je verrai la pleine lune »), de la guimauve, du mélo, les violons, tout y passe. Amanda Seyfried m’a franchement déçu, je la croyais meilleure comédienne que cela ; mention spéciale à la scène où elle exprime, très mal, la surprise quand elle apprend la mort du père de John. Pour rajouter à la déception : Channing Tatum n’est même pas aussi beau que dans mon souvenir … Bien sûr, il est bien foutu, mais il est trop musclé à mon goût et surtout son regard de veau lui enlève tout charme.

Je retiens tout de même deux éléments positifs : l’interprétation réussie du père de John par Richard Jenkins (le père de Nate, David et Claire Fisher dans Six Feet Under), et tout ce qui tourne autour d’Allan, le fils autiste d’un ami de Savannah : c’est un thème intéressant qui aurait mérité d’être plus développé, cela aurait pu sauver le film.

Bref, nous ne sommes que début avril et Cher John est bien placé pour être ma daube de l’année. Cela va être dur de la détrôner … Voilà qui devrait me calmer pendant quelque temps de choisir les films que je vais voir en fonction de l’esthétique de l’acteur qui tient le rôle masculin principal. Du coup, je vais peut-être éviter Remember Me la semaine prochaine malgré la présence de Robert Pattinson …


Vous voulez m’aider ?

Cinéma, TV & DVD

Nuits blanches à New-York (The New Twenty)

Nuits blanches à New-York
Nuits blanches à New-York

Après Un Noël très très gay, je continue ma série de DVD conseillés par Gayclic. Au programme aujourd’hui : Nuits blanches à New-York (The New Twenty en VO). L’histoire moins « gentillette » que celle de Un Noël très très gay :

À New York, cinq amis de fac qui approchent de la trentaine vivent une existence mouvementée et semblent toujours avoir l’insouciance de leurs 20 ans. Leurs tribulations sentimentales et sexuelles sont jalonnées de moments de doute et d’incertitudes. Entre passions, argent, excès et trahisons, parviendront-ils enfin à s’épanouir et à trouver le grand amour ?

Ce film de Chris Mason Johnson (il s’agit semble-t-il de son premier long-métrage) nous propose donc de suivre un groupe d’amis :

  • Andrew (Ryan Locke), qui s’ennuie dans son travail et supporte mal la réussite professionnelle de sa fiancée Julie, décide de donner une nouvelle impulsion à sa vie en créant sa propre entreprise
  • Julie (Nicole Bilderback), sorte de clone du personnage de Lucy Liu dans Ally McBeal, doit résister aux avances de Louie, l’associé antipathique d’Andrew, son fiancé
  • Tony (Andrew Wei Lin) est le frère de Julie et doit lutter contre ses angoisses lorsqu’il apprend que son nouvel amant Robert, dont il tombe epu à peu amoureux, est séropositif
  • Felix (Thomas Sadoski) est le colocataire de Tony ; toxicomane et paumé, il m’a rappelé Billy Chenowith de Six Feet Under
  • Ben (Colin Fickes) est le dernier membre de la bande ; gay et célibataire endurci, il cherche à fois l’amour et sa vocation professionnelle

J’ai apprécié les thèmes abordés, avec beaucoup de maturité et finesse : les doutes à l’approche de la trentaine, la jalousie professionnelle dans le couple, la peur de la maladie, l’adultère, la remise en cause professionnelle. C’est un film très différent de celui d’hier : même s’il n’est pas dénué d’humour, le ton est plus grave. Il n’y a pas forcément de surprise dans l’histoire, mais tout s’enchaîne naturellement et l’heure et demie que dure le film passe très vite. J’ai bien aimé, en tout cas.