Livres & Romans

Une voix dans la nuit

Une voix dans la nuit

Armistead Maupin, écrivain américain et ouvertement homosexuel, est surtout connu pour sa saga Les chroniques de San Francisco (Tales of the City en VO). En 2000, il publiait un roman atypique : Une voix dans la nuit (The Night Listener).

A San Francisco, Gabriel Noone, célèbre écrivain et animateur radio, est dans une mauvaise passe. Son compagnon de dix ans, Jess, vient de le quitter. Alors qu’il se débat dans les affres de ce chagrin d’amour, il entame une relation téléphonique un peu particulière avec un jeune garçon de treize ans. Ce dernier, qui voue un véritable culte à Gabriel, lui fait parvenir un manuscrit bouleversant. Victime de ses parents, maltraité, recueilli par une psychologue de Milwaukee, atteint du sida et en phase terminale de la maladie, Pete devient pour Gabriel une sorte de fils par procuration. Cependant, au fil de leur discussion le doute s’insinue : Pete existe-t-il vraiment ou n’est-il que le fruit de l’imagination de quelqu’un d’autre ?

Le roman est prenant et passionnant mais il prend encore plus de profondeur quand on sait que l’histoire est inspirée de celle qu’Armistead Maupin a réellement vécu lors de l’affaire « Anthony Godby Johnson« . Le personnage de Gabriel Noone est très fortement autobiographique, tout comme l’évolution de ses relations avec son père d’une part, et avec son ex-compagnon Jess d’autre part. Même si ce n’est pas le coeur du récit, j’ai apprécié les réflexions de Gabriel sur sa rupture avec Jess et sa façon de ne pas l’accepter.

On note également quelques allusions sympathiques aux Chroniques de San Francisco, la plus remarquable étant la présence dans l’entourage de Gabriel d’Anna, qui évoque son frère jumeau Edgar et sa mère DeDe Halcyon qui partage toujours sa vie avec D’orothea.

La relation entre Gabriel et Pete est incroyable, dans tous les sens du terme. C’est sur ce duo improbable que repose le récit qui nous permet de suivre l’évolution de leur relation et le chemin emprunté par Gabriel, de la curiosité jusqu’au doute. il est parfois difficile de croire à la véracité des événements que nous raconte Armistead Maupin et tout l’un des intérêts de ce roman est justement de faire le tri entre la réalité et la fiction, et ceci avec deux niveaux de lecture : dans l’histoire elle-même, et en tant que récit autobiographique.

J’avais été conquis par ma première lecture il y a quelques années et cette deuxième lecture ne m’a pas déçu. Entre le thriller psychologique et l’auto-biographie déguisée, c’est un livre très fort sur les relations humaines, sur le mensonge, sur le couple et sur la paternité. C’est l’un des livres qui m’a le plus marqué, l’un de ceux qui j’emmènerais avec moi sur une île déserte.

Une voix dans la nuit, Armistead Maupin

Le Seuil, ISBN 2-02-053058-9

Note : ★★★★★/☆☆☆☆☆

Comics & BD

Batman and Son

Batman and Son

L’album Batman and Son regroupe six numéros du mensuel Batman, écrits par Grant Morrison et illustrés par Andy Kubert. Il se compose de deux parties : la première (qui correspond aux numéros 655 à 658) raconte la rencontre entre Bruce Wayne / Batman – j’espère que cette révélation n’en est une pour personne ;-) – et Damian, le fils que Talia (la fille de Ra’s al Ghul) prétend avoir eu avec lui lors de leur brève aventure plusieurs années plus tôt. Dans la seconde partie (qui compile les numéros 663 à 665), Damian apparaît moins et l’action est centrée sur Batman, hanté par l’apparition d’un ennemi qui lui ressemble étrangement. Enfin, le numéro 666 clôture l’album avec une vision du futur dans laquelle Damian porte désormais le costume de Batman après la mort de Bruce Wayne.

Depuis son apparition dans ce story-arc, Damian Wayne est l’un de mes personnages favoris de la Bat-Family, presque à égalité avec Tim Drake. Ces deux personnages sont d’ailleurs rivaux, puisque Damian considère Tim, que Bruce a adopté, comme un usurpateur. Dans cet album, Damian est un gamin arrogant, violent et dangereux, élevé par la Ligue des Assassins de son grand-père maternel, le sinistre Ra’s al Ghul. Malgré tout, je le trouve attachant dans ses tentatives d’impressionner son père. Sa violence n’est finalement que le fruit de l’éducation qu’il a reçue depuis sa naissance ; comme il le dit lui-même lorsque Batman lui reproche son comportement : « It’s how I was taught ».

La première partie, centrée sur la relation entre Damian et Bruce (et dans une moindre mesure, celle entre Damian et Tim) m’a passionné. La deuxième partie, où Damian est moins présent, m’a moins plu : l’affrontement entre Batman et son double gonflé aux hormones m’a laissé de marbre. Heureusement, l’épilogue, le fameux numéro 666 où Damian Wayne a pris la relève de son père mais n’hésite pas à tuer ses adversaires, remonte le niveau et clôt magistralement l’album.

Au-delà de son intérêt intrinsèque, Batman and Son est une histoire majeure dans l’histoire de Batman puisqu’elle introduit Damian Wayne, qui porte le costume de Robin depuis plusieurs mois maintenant. On remarque notamment que le costume que porte Damian porte lorsqu’il endosse contre l’avis de son père le rôle de Robin, avec la cape et la capuche (on le voit sur la couverture de l’album, ci-dessus) ressemble beaucoup à celui qu’il porte aujourd’hui dans la nouvelle série Batman & Robin. Cet album pose les fondations de l’évolution à venir de la Bat-Family, à suivre dans les prochains albums que je vais lire prochainement et donc je vous parlerai certainement ici.

Ego Trip

Souffler un peu

Pour la première fois depuis lundi, j’ai enfin un peu de temps pour souffler un peu. Je vais en profiter pour vous raconter cette semaine bien remplie, puisque les premiers résultats du sondage que j’ai ouvert au début du mois m’indiquent que ma vie quotidienne vous intéresse.

Professionnellement, cette semaine était importante puisque j’ai commencé à intervenir sur mon nouveau projet. Après plusieurs mois sur une mission sur laquelle je n’ai jamais réussi à trouver mes marques et qui minait complètement mon moral et ma santé, le temps du changement était enfin arrivé. J’appréhendais un peu, parce que comme d’habitude la nouveauté me fait peur, mais aussi parce que je craignais de découvrir que ce n’était pas juste ma mission précédente qui me posait problème, mais mon métier en général.

Après cette première semaine, je n’ai pas encore de réponse définitive mais je peux déjà dire que je me sens plus à l’aise, presque libéré d’un poids. Je sens que cette mission est plus dans mes cordes : c’est un projet difficile, avec un fort enjeu, un planning plus qu’ambitieux, et des journées qui s’annoncent longues et bien remplies, mais bizarrement je m’y sens moins perdu, cela ressemble plus à ce que j’ai l’habitude de faire. Sans oublier le cadre agréable (au pied du Parc André Citroën, dans le XVème : ma première mission dans Paris intra-muros en dix ans de carrière, champagne !) et l’équipe, sympathique et regroupée au même endroit : quel plaisir, après plusieurs années sur des projets avec des équipes découpées et partiellement délocalisées !

Cette semaine et la prochaine, je partage encore mon temps entre mon ancien projet et le nouveau. Mes managers m’avaient proposé de commencer directement à temps plein sur mon nouveau projet mais je ne voulais pas quitter l’ancien comme ça, du jour au lendemain ; même si je n’ai aimé cette mission, je me serais senti trop coupable de partir « comme un voleur ». Je dois dire que ma hiérarchie a été exemplaire dans cette histoire, à l’écoute et compréhensive face à ma situation. J’ai aussi apprécié que ma nouvelle directrice de projet me demande innocemment vendredi soir ce que je pensais de ma première semaine sur le projet. C’est agréable de sentir qu’il y a encore un peu d’humain dans cette boîte qui a beaucoup changé en quelques années.

Vendredi soir, j’ai donc terminé ma semaine de travail sur les rotules, fatigué mais remotivé. Sans repasser par chez moi, j’ai retrouvé directement Choubidou et une amie-collègue à La Défense pour prendre un verre puis filer chez cette amie pour fêter le douzième anniversaire de son fils. Au programme : pizzeria avec une petite vingtaine de personnes puis retour chez la vedette de la soirée et sa mère pour la distribution des cadeaux et le gâteau. Je n’ai plus l’habitude d’être entouré d’autant d’enfants et j’ai mis un peu de temps à m’habituer au niveau sonore qu’ils provoquent mais j’ai passé une très bonne soirée et je me suis bien amusé alors que je connaissais moins de la moitié des invités.

Le lendemain, après une courte nuit, départ direct en voiture pour le dernier cadeau d’anniversaire surprise : une journée au parc animalier de Thoiry avec Choubidou, notre amie, son fils et le meilleur ami de celui-ci, et enfin une autre collègue de Choubidou. Nous avions inventé un faux barbecue à Dreux chez les parents de cette collègue pour faire la surprise aux deux gamins. Ils n’y ont vu que du feu et la surprise fut totale à notre arrivée à Thoiry.

Thoiry

La visite elle-même s’est très bien passée. Sur les conseils d’un autre collègue de Choubidou, nous avons fait le choix inverse de la plupart des visiteurs : nous avons commencé par le parc à pied le matin puis finir la journée avec le parcours en voiture. C’était un choix très judicieux, puisque nous avons pu visiter le parc tranquillement le matin et profiter du tunnel des lions pour nous tous seuls. Nous avons déjeuné dans le décevant self du parc avant de poursuivre la visite du parc à pied avec l’impressionnant goûter des lions malgré la chaleur de plomb sous le tunnel de verre puis un dernier tour du côté des singes, des lémuriens et surtout des félins (guépards, panthères, et tigres).

Après tout ça, il était déjà quatre heures passées et nous avons fait une petite pause rafraîchissante avant de rejoindre notre véhicule pour le parcours en voiture, la principale attraction du parc. Nous avons là encore passé un très bon moment : le parcours est relativement court (trois quarts d’heure pour nous) mais donne l’occasion de voir de près des animaux impressionnants qui font le bonheur des enfants – et des plus grands. C’est vraiment sympathique de voir des girafes juste au bord de la route ou de voir un zèbre s’approcher de la voiture et de le prendre en photo presque à bout portant.

Le soir, après avoir ramené les enfants, nous sommes partis dans le Marais pour un verre en terrasse puis un sympathique restaurant japonais. J’étais tellement fatigué que j’ai préféré rentrer directement après le dîner plutôt que de poursuivre la soirée dans un autre bar puis au Tango. Ce sera pour une prochaine fois !

Le début du week-end a été bien rempli et très agréable, ce dimanche est dédié au repos et à la détente : promenade tranquille, DVD, et blog ;-) Demain, lundi de Pentecôte, j’ai la chance de ne pas travailler, contrairement à Choubidou. Je ne sais pas trop comment je vais occuper la journée, mais je vais bien trouver d’ici là !

Comics & BD

Batman : Under the Hood

Batman : Under the Hood

Under the Hood compile, en deux volumes, les numéros 635 à 650 de la série Batman ainsi que le Batman Annual 25. Ces deux albums reprennent ainsi l’intégralité du story-arc Under the Hood qui a vu le retour de Jason Todd à Gotham City en 2005-2006.

Pour les non-initiés, un bref rappel historique s’impose : Jason Todd était, dans les années 80, le deuxième Robin, succédant à Dick Grayson qui avait pris son indépendance vis-à-vis de son mentor Batman en troquant le costume de Robin pour celui de Nightwing. Jason était un garçon plus instable et impulsif que le premier Robin et il a toujours eu un complexe d’infériorité par rapport à son prédécesseur. En 1988-1989, à l’issue d’un vote historique des lecteurs organisé par téléphone par DC Comics, l’arc A Death in the Family s’achevait par la mort de Jason, victime du Joker.

Quinze ans plus tard, alors que l’arc War Games a isolé Batman de sa « famille » (seul le fidèle Alfred reste à ses côtés), un nouveau venu qui se fait appeler Red Hood tente de concurrencer le Black Mask, le nouveau roi du crime de Gotham City Black, et n’hésite à éliminer de sang-froid ceux qui lui résistent ainsi que ceux qui vendent de la drogue aux mineurs. Très vite, en affrontant Red Hood, Batman reconnaît des techniques qu’il a enseigné à Jason lorsqu’il portait le costume de Robin. Plus tard, il reçoit la confirmation de ce qu’il pressent depuis le début : derrière le masque de Red Hood se cache Jason Todd, son ancien partenaire qu’il croyait mort.

Les deux albums qui composent cet arc nous permettent de suivre l’affrontement entre Batman et Red Hood mais aussi de redécouvrir l’histoire de Jason Todd : comment il a endossé le costume de Robin et surtout comment se fait-il qu’on le retrouve bien vivant aujourd’hui alors qu’il avait été enterré il y a quinze ans ? L’explication elle-même n’a guère d’intérêt, mais c’est intéressant de suivre le parcours de Jason depuis sa « mort » et les raisons de sa rancoeur à l’encontre de Bruce Wayne / Batman. De même, les événements qui se déroulent dans cet arc (hormis, évidemment, le retour de Jason) ne sont pas passionnants ; ce qui l’est, par contre, c’est la relation entre Bruce et Jason, et accessoirement Alfred, toujours l’un de mes personnages préférés de la Bat-family.

Je n’ai pas connu Jason Todd dans le rôle de Robin (je suis plutôt de la génération Tim Drake, le troisième à porter le costume), je sais qu’il n’était pas très populaire auprès des lecteurs, mais j’aime beaucoup ce personnage depuis son retour. Pour moi, c’est intéressant d’avoir à Gotham un ennemi de Batman avec lequel il a une histoire forte et une relation plus complexe que l’affrontement classique en face-à-face.

Pour finir, j’aime beaucoup le clin d’oeil qui consiste à donner à Jason Tood l’identité de Red Hood … identité portée auparavant par son « assassin : le Joker !

Livres & Romans

Le journal intime de Benjamin Lorca

Le journal intime de Benjamin Lorca

Je ne connaissais absolument pas Arnaud Cathrine avant de tomber par hasard sur son roman Le journal intime de Benjamin Lorca sur le présentoir de mon libraire préféré. Le résumé au dos du bouquin m’ayant plu, je l’ai acheté sans trop me poser de question, sur un coup de tête, comme je le fais souvent quand il est question de littérature.

Pour évoquer la mémoire de l’écrivain Benjamin Lorca, deux amis, un frère et une ex-compagne prennent successivement la parole. Quatre voix qui se complètent ou se diffractent, à rebours des quinze années qui nous séparent de sa mort tragique. La découverte d’un journal intime que le disparu a laissé derrière lui ravive en eux la tentation de saisir enfin cet être si fuyant, égaré, insaisissable. Les quatre narrateurs trouveront-ils une quelconque révélation dans ces écrits jamais publiés? L’envers d’une personnalité, la face cachée de Benjamin? Tous ne prendront pas la même décision – trahir ou non cette intimité posthume – mais chacun découvrira en chemin quelques vérités sur lui-même, plus ou moins apaisantes.

Benjamin Lorca, l’écrivain fictif qui donne son nom à ce roman, s’est suicidé en mai 1992. La structure du roman est originale : quatre de ses proches se succèdent pour nous parler de Benjamin, de sa vie, de sa mort, et de leur vie après sa disparition, chaque témoignage se situant de plus en plus loin dans le temps, et donc de plus en plus proche du suicide de Benjamin Lorca.

– 15 ans après : Edouard, éditeur et ancien ami de Benjamin pour lequel il ressent(ait) des sentiments, tente de récupérer le journal intime que celui-ci tenait depuis l’âge de vingt ans, moins pour le publier que pour savoir s’il y apparaît – et ce que l’écrivain y dit de lui.

– 10 ans après : Martin, fils cadet de Benjamin dans l’ombre duquel il a toujours vécu, se souvient de la dernière visite de son frère dans la maison familiale, quelques semaines avec qu’il ne se donne la mort.

– 5 ans après : Ronan, comédien, auteur de théâtre, et « frère spirituel » de l’écrivain, fait la tournée des bars avec un vieil ami de Benjamin, rencontre par hasard Edouard, et se remémore la visite de Martin après la mort de son frère.

– Après : Ninon, ancienne compagne de Benjamin dont elle était restée très proche après leur séparation, nous raconte les jours qui ont suivi la mort de Benjamin et sa décision de lire – ou pas – le journal intime qu’il lui a confié.

Ce roman nous présente quatre personnages, quatre époques, quatre tentatives de faire le deuil d’un ami ou d’un frère, quatre souvenirs d’un homme entouré mais suffisamment seul pour mettre fin à ses jours.

C’est un très bon roman qui m’a « tenu » du début à la fin. L’écriture est agréable et fine, j’y ai retrouvé un côté Philippe Besson avec cette capacité à trouver des mots simples et justes pour décrire les sentiments : la nostalgie, la jalousie, la culpabilité, le choc, le chagrin, les regrets, le tout autour des thèmes du deuil et du suicide. Ce livre m’a donné envie de découvrir les autres romans d’Arnaud Cathrine en espérant y retrouver d’autres émotions avec la même finesse.

Le journal intime de Benjamin Lorca, Arnaud Cathrine

Verticales, ISBN 978-2-07-012824-2

Note : ★★★★/☆☆☆☆☆

Ego Trip

Strasbourg, mai 2010

Toutes les bonnes choses ayant un fin, je suis de retour à Paris après un court séjour à Strasbourg. Si le compte est bon, c’était mon quatrième séjour dans cette belle cité alsacienne. Comme je le disais dans mon billet de mardi, Choubidou et moi y avons des souvenirs forts – plus ou moins heureux, mais forts. Pour nous, ce séjour était en quelque sorte une tentative de redécouverte et de réconciliation avec Strasbourg. Je dois dire que de mon point de vue, c’est réussi.

Tout a commencé tranquillement mardi en milieu de matinée par un départ en TGV de la Gare de l’Est, théâtre pour moi de nombreux départs en Lorraine pour le boulot ces 3 dernières années et que je retrouvais comme touriste pour la première fois depuis longtemps. Le voyage en train s’est déroulé sans encombre ; c’est, il faut le signaler, un vrai plaisir de faire Paris-Strasbourg en moins de deux heures et demie grâce au TGV Est. Une fois arrivés à Strasbourg, nous sommes passés à notre hôtel pour déposer nos bagages et nous sommes repartis très vite : il était déjà treize heures et nos estomacs criaient famine !

Notre premier repas sur place est à placer sous la signe de la loose : à force de tourner partout en ville pour trouver un endroit sympa pour déjeuner léger, nous avons fini au McDo … Et pour couronner le tout, nous n’avons même pas eu le bon goût de choisir celui qui fut le premier McDo ouvert en France, mais un pauvre McDo excentré à l’autre bout de la ville !

Bref, oublions ce triste épisode et poursuivons le récit de ces quelques jours en Alsace. Pour notre premier après-midi sur place, comme il semblait faire à peu près beau et que les prévisions météorologiques n’étaient pas forcément très optimistes pour la suite de la semaine, nous avons choisi d’aller nous promener dans un parc. Direction le Parc de la Citadelle, plus calme et plus « sauvage » que le très joli Parc de l’Orangerie que nous avions beaucoup fréquenté lors de nos précédents séjours. Malheureusement, loose un jour, loose toujours, la pluie s’est invitée et nous n’avons pas pu profiter de ce parc aussi longtemps que nous l’aurions voulu. Retour sous parapluie à l’hôtel pour se reposer un peu avant d’aller profiter (enfin !) d’un repas digne de ce nom – et de la réputation de la région.

Pour ce premier dîner, nous avions opté pour la fameuse Maison Kammerzell, un restaurant incontournable de la ville avec vue sur la cathédrale. Au menu : volaille fermière façon coq au Riesling accompagnée de succulents spaetzles pour moi ; choucroute aux trois poissons pour Choubidou. Pour le dessert, nous avons un peu abusé : après avoir respectivement dégusté un pain perdu accompagnée d’une mousse au chocolat, d’abricots et d’un sorbet abricot et un cheese-cake aux myrtilles, nous avons partagé un excellent mille-feuilles vanille et fraise. Après ce très bon repas et une indispensable promenade digestive, il était temps de rentrer à l’hôtel.

Mercredi matin, nous avons fait un peu de shopping. J’ai cette habitude de refaire ma garde-robe quand je suis en vacances. C’est dans ces moments que j’ai l’esprit libéré et suffisamment de motivation pour affronter les magasins et les vendeurs/vendeuses plus ou moins aimables. J’ai bien, aussi, reprendre le travail avec une tenue totalement nouvelle, ça me donne l’impression de prendre un nouveau départ. Oui, je suis un peu bête parfois … Bref, j’ai donc acheté quelques vêtements que je porterai avec plaisir quand le soleil sera de retour. Le midi, nous étions une fois de plus décidés à prendre un déjeuner léger. Nous nous sommes installés chez Paul dans l’espoir de déguster une salade mais après 20 minutes d’attente et après avoir vu notre serveuse prendre la commande d’un couple tout juste arrivé, nous sommes repartis bredouille, et bien énervés … Comme la colère donne faim, notre volonté de manger léger s’est transformée en désir d’aller au Pigeon, notre restaurant préféré à Strasbourg. Avec le recul, on peut dire que c’était un meilleur choix que chez Paul, sauf pour notre ligne évidemment. J’y ai dégusté, dans l’ordre, une salade strasbourgeoise (salade, oeuf, cervelas, emmental), des quenelles de foie poilées accompagnées de pommes sautées, et un savarin au rhum. Du classique, mais délicieux ! Quant à Choubidou, il a tellement apprécié le baeckeoffe qu’il a oublié ce qu’il avait mangé en entrée et en dessert :-)

Ah, j’ai failli oublier ! Comment parler du Pigeon sans évoquer ce magnifique poème affiché dans les toilettes de l’établissement. Charmant, n’est-ce pas ?

Aux chiottes

Mercredi matin, après avoir fait encore quelques achats vestimentaires, nous avons visité le Musée Historique de la Ville de Strasbourg. Ce fut une très bonne surprise : le sujet (l’Histoire de Strasbourg) est passionnant et le parcours est très bien construit, avec un audio-guide automatique à la fois pratique et intéressant. Parmi toutes les pièces présentées, je retiens les casques médiévaux (qu’il est possible d’essayer) mais surtout le splendide plan-relief de Strasbourg , qui date de 1725 et occupe plus de 75 mètres-carrés : phénoménal et magnifique, d’autant qu’il est superbement mis en valeur dans la salle d’exposition et présenté par un film court mais passionnant. Seul bémol concernant ce musée : l’audio-guide s’arrête après l’ère napoléonienne ; la seconde partie, qui parlera de l’Histoire de Strasbourg au XIXème siècle et au XXème siècle s’annonce passionnante (avec la guerre de 1870, les Première et Seconde Guerre Mondiales) mais ne sera ouverte qu’en 2012. Ce sera l’occasion de revenir visiter ce musée !

Après une journée si bien remplie et après un petit détour par la Petite France pour acheter quelques paquets de pain d’épices dans notre boutique préférée, il fallait un bon dîner costaud pour se remettre. Ce fut au Dauphin, en face de la Maison Kammerzell : bouchées à la reine et une mousse aux deux chocolats pour moi, choucroute pour Monsieur ; un dîner honnête à un prix raisonnable, un bon moment dans une salle calme : idéal pour finir la journée.

Jeudi, nous avions prévu de visiter Colmar. La pluie, qui faisait son grand retour, ne nous a pas arrêtés. Nous arrivés pour l’heure du déjeuner et avons consulté les cartes d’une bonne dizaine de brasseries sans intérêt avant de jeter notre dévolu sur la Brasserie des Tanneurs, un peu cachée au fond d’une place. C’est sans doute LA bonne surprise de ce séjour, et peut-être notre meilleur repas du séjour. J’ai bien aimé le gratin alsacien (pommes de terres, saucisse, fromage), Choubidou a adoré le jambonneau, mais nous avons surtout craqué pour la tarte flambée sucrée aux pommes et à la canelle : c’est sans doute l’un des meilleurs desserts que j’ai eu l’occasion de déguster !

L’après-midi était consacré à la visite du Musée du Jouet. Il faut bien le dire, ce fut une déception. Certes, le prix de l’entrée est raisonnable (4,5 euros) mais le musée est minuscule et la collection ne casse pas trois pattes à un canard. Seul quelques oursons Steiff et le circuit de train méritaient le coup d’oeil. Evidemment, comme il pleuvait encore sans discontinuer, nous n’avons même pas pu profiter de l’après-midi pour admirer le centre historique de Colmar. Nous sommes donc rentrés à Strasbourg, un peu déçus par cette journée à Colmar. Je passe sous silence le décevant restaurant d’hier soir, choisi par défaut après avoir essuyé un refus chez Petit Ours, où toutes les tables étaient déjà réservées. A la déception s’ajoutait la fatigue, qui nous a contraint à décliner la sympathique invitation de Kitt qui nous avait proposé de nous emmener en boîte en Allemagne. Ce n’est que partie remise !

Ce matin, après un dernier tour dans la ville pour acheter quelques bouquins dans une librairie, le temps était venu de partir vers la gare. En chemin, nous avons l’équipe nationale suédois de rugby féminin (sic !). Quelques heures plus tard, je suis de retour à Paris, chez moi, en train de raconter tant bien que mal ces quelques jours dans cette ville que j’apprécie toujours autant.

Prochaine étape : la pesée, demain matin, dont le résultat s’annonce terrible …

Musique

Coup de foudre

Je n’ai jamais été un grand fan du couple Crystal / Johnny Rockfort dans Starmania, mais cette chanson m’a toujours fait un drôle d’effet.

« Qu’on vienne d’en haut, qu’on vienne d’en bas, au fond qu’est ce que ça change ?

Je te ressemble bien plus que tu ne crois » disait-il alors …