Comics & BD

Batman : The Black Glove

Batman : The Black GloveThe Black Glove compile les numéros 667 à 669 et 672 à 675 de la série Batman. L’ombre du « Black Glove » (le Gant Noir en VF, je trouve que ça fait tout de suite plus ridicule …), un mystérieux ennemi supposé de Batman, plane tout au long de l’album. Celui-ci se décompose en fait en deux parties qui correspondent à deux histoires plus ou moins indépendantes.

La première histoire, qui correspond aux numéros 667 à 669, plonge Batman dans un étrange huis-clos. Invité sur une île par un vieil ami, il y retrouve une bande de héros costumés venus de plusieurs pays. Ces héros, pour certains retraités de la lutte contre le crime, commencent à être assassinés un par un. On se croirait alors dans un remake à la sauce comics de Dix petits nègres d’Agatha Christie. Cette histoire ne m’a pas passionné : les personnages, hormis Batman et Robin, m’ont semblé assez pathétiques ou en tout cas inintéressants. L’intrigue elle-même, un peu confuse, ne m’a pas accroché, et j’ai donc suivi les trois chapitres sans grand enthousiasme.

La deuxième partie, qui regroupe les numéros 672 à 675, confronte Batman à un adversaire qui porte un costume proche du sien. Il s’agit en fait d’un ancien policier,entraîné plusieurs années auparavant par la Police de Gotham pour remplacer Batman dans l’éventualité où celui-ci disparaitrait. L’intrigue est à nouveau complexe, avec des flash-backs confus et des références à des histoires antérieures. J’avoue ne pas avoir réussi à tout suivre mais j’ai tout de même pris plus de plaisir à lire cette histoire que la première de l’album.

The Black Glove est globalement un album étrange et difficile d’accès. Il introduit un nouvel ennemi qui avance dans l’ombre et dont les intentions sont loin d’être claires. La suite, dans Batman R.I.P. s’annonce aussi étrange, et je l’espère, passionnante !

Livres & Romans

Le bizarre incident du chien pendant la nuit

Le bizarre incident du chien pendant la nuit

Un ami m’avait conseillé Le bizarre incident du chien pendant la nuit il y a quelques mois, je l’ai acheté la semaine dernière et je l’ai dévoré en quelques jours. Publié en 2003, il s’agissait du premier roman pour adultes du romancier britannique Mark Haddon, également auteur de plusieurs livres pour enfants.

Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ?

Christopher Boone, « quinze ans, trois mois et deux jours », décide de mener l’enquête. Christopher aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité. Mais Christopher ne s’est jamais aventuré plus loin que le bout de la rue. Il ne supporte pas qu’on le touche, et trouve les autres êtres humains … déconcertants.

Quand son père lui demande d’arrêter ses investigations, Christopher refuse d’obéir. Au risque de bouleverser le délicat équilibre de l’univers qu’il s’est construit …

Le roman est écrit à la première personne : le narrateur est Christopher lui-même, un jeune autiste atteint du syndrome d’Asperger. Cela donne au livre un ton particulier, avec une naïveté touchante. Les réflexions et les réactions de Christopher sont parfois déconcertantes mais toujours logiques, et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ses mésaventures tout au long du roman. Je ne voudrais pas tout raconter et gâcher le plaisir des futurs lecteurs, je me contenterai de dire qu’il fait preuve de beaucoup de détermination et de courage du début à la fin.

Le roman est très divertissant, souvent drôle, et se lit très vite. Entre deux chapitres qui font avancer le récit lui-même, Christopher nous fait découvrir ses réflexions sur différents sujets, sa façon d’aborder les relations humaines, parfois à travers des schémas et des dessins sympathiques. J’ai lu que Mark Haddon, l’auteur, a eu l’occasion de travailler auprès d’enfants autistes ; je suppose donc qu’une grande partie de ce qu’il nous dit dans ce roman est proche de la réalité et c’est un véritable enrichissement de découvrir le mode de pensée de Christopher et ses relations avec son entourage, en particulier avec son père.

C’est vraiment l’un de mes coups de coeur de l’année, un petit bijou d’humour et de sensibilité : tout ce que j’aime !

J’ai retenu ce passage :

Je trouve que les nombres premiers sont comme la vie. Ils sont tout à fait logiques, mais il est impossible d’en trouver les règles, même si on en consacre tout son temps à y réfléchir.

J’ai également été secoué par le dernier paragraphe, que je ne citerai pas ici pour ne pas raconter la fin mais qui est très touchant, avec des mots pourtant simples, tout à fait dans le ton du reste du roman.

Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Mark Haddon

Pocket, ISBN 978-2-266-14871-9

Note : ★★/☆☆☆☆☆

Cinéma, TV & DVD

Inception

Inception

Inception est le nouveau film de Christopher Nolan, que je ne remercierai jamais assez pour la qualité de The Dark Knight. C’est l’une des sorties-événements de cet été, avec un casting impressionnant au premier rang duquel on trouve Leonardo DiCaprio, des scènes d’action dignes des grands blockbusters, et un scénario prometteur :

Dom Cobb est un voleur expérimenté, le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable.

Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait.

Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.

C’est Leonardo DiCaprio qui interprète Dom Cobb, le héros du film. A ses côtés, on trouve Marion Cotillard (Mall, sa femme), le charmant Joseph Gordon-Lewitt (Arthur, qui assiste Cobb dans toutes ses missions), Ellen Page (Ariane, une étudiante qui va l’aider à construire le monde imaginaire pour sa mission), Tom Hardy (Eames, capable d’incarner des rôles différents dans les rêves), Ken Watanabe (Saito, le commanditaire de l’opération), Cillian Murphy (Fisher, la cible de l’inception), et Michael Caine (Miles, le mentor de Cobb).

Ceux qui ont aimé Batman Begins et The Dark Knight ne seront pas totalement perdus en voyant Inception : on retrouve au générique Michael Caine (Alfred dans les deux Batman réalisés par Christopher Nolan) et Cillian Murphy (le docteur Jonathan Crane, l’Epouvantail). Sans oublier la musique, au style très reconnaissable, composée par Hans Zimmer.

Revenons au film lui-même. L’idée de départ est excellente, il faut bien le reconnaître. Les scènes d’action sont très réussies, spectaculaires et joliment réalisées. Ce que je regrette, c’est que l’idée originale ne soit finalement, à mes yeux, qu’un prétexte pour enchaîner des scènes spectaculaires. Christopher Nolan s’est certainement beaucoup amusé à réaliser toutes ces explosions, ces chutes et ces ralentis sympathiques, mais en ce qui me concerne, cela a fini par me lasser.

D’autant que le film est long, très long : près de deux heures et demie sans véritable répit. L »histoire est complexe et il est difficile de suivre le film pendant tout ce temps sans perdre le fil. J’ai peut-être raté quelque chose, mais je suis sorti de la salle en me disant : tout ça pour cela ?

C’est très beau, sans aucun doute. C’est bien pensé, c’est prenant. Mais il y a un goût d’inachevé pour moi. J’attendais plus qu’une série de cascades et d’effets spéciaux et un dénouement pseudo-énigmatique.

Comics & BD

Batman : The Resurrection of Ra’s al Ghul

Batman : The Resurrection of Ra's al Ghul

L’album The Resurrection of Ra’s al Ghul reprend l’arc du même nom ; il compile les numéros spéciaux Batman Annual et Robin Annual de l’année 2007, ainsi que des numéros des séries régulières Batman (670 et 671), Robin (168 et 169), Nightwing (138 et 139), et Detective Comics (838 et 839). C’était, cette année-là, l’événement annuel des séries affiliés à Batman. Comme chaque fois avec ce type d’événement, il s’agit d’un grand cross-over entre les différentes séries de la Bat-Family, où Batman et ses alliés se retrouvent généralement pour combattre un ennemi commun.

Dans cet album, comme le titre le laisse aisément deviner, l’ennemi est Ra’s al Ghul, le vieil ennemi « immortel » de Batman. Je mets de guillemets autour d’immortel car lors du dernier affrontement entre Batman et Ra’s al Ghul, celui-ci était censé avoir disparu pour de bon, après que le détective de Gotham ait détruit tous les « Lazarus Pits » que Ra’s al Ghul utilisait pour se régénérer et qui lui offraient ainsi la vie éternelle.

Malheureusement pour Batman, et heureusement pour notre bon plaisir, rien n’est jamais aussi simple dans l’univers de DC Comics, et Ra’s al Ghul n’a pas dit son dernier mot. Sa dernière trouvaille ? Prendre possession du corps de son petit-fils Damian, que nous avions découvert dans Batman and Son et qui n’est autre que le fils de Talia al Ghul (la fille de …) et de Bruce Wayne (Batman).

C’est avec ce point de départ simplissime (n’est-ce pas ?) que débute cette histoire où vont tour à tour s’allier et s’affronter de nombreux personnages liés à Batman :

  • Batman, évidemment
  • Ra’s al Ghul, dans le rôle de Grand Méchant qui lui va si bien
  • Dick Grayson, alias Nightwing, le premier Robin qui a pris son envol
  • Tim Drake, le troisième Robin
  • Talia, la fille de Ra’s al Ghul et ancienne maîtresse de Bruce Wayne
  • Damian, le fruit de l’union de Bruce Wayne et Talia al Ghul
  • Sensei, un maître en arts martiaux qui s’intéresse de près aux rumeurs sur Ra’s al Ghul
  • White Ghost, le fidèle compagnon de Ra’s Al Ghul
  • I-Ching, un moine-combattant qui vient prêter main forte à Batman

Ce large éventail de protagonistes est à la fois une qualité et une défaut : si j’ai retrouvé avec plaisir certains personnages (Ra’s al Ghul, l’un de mes ennemis favoris de Batman ; Damian, que j’adore ; et et évidemment Tim Drake, mon chouchou intergalactique), d’autres m’ont semblé moins intéressants (Sensei et I-Ching, en particulier).

De même, la qualité et l’intérêt de l’album n’est pas homogène : toute l’histoire n’est pas palpitante et certains passages sont franchement dispensables. Comme souvent, j’ai adoré les épisodes centrés sur Robin alors que ceux avec Nightwing m’ont laissé de marbre. Quant à Damian, plus je le vois et plus je l’apprécie ! Le gamin prétentieux, capricieux et impulsif de Batman and Son est toujours aussi prétentieux, capricieux et impulsif, mais s’affirme comme un digne héritier de son père. Le voir porter le costume de Robin m’a bien plu, je l’avoue et mon petit doigt me dit que ce n’était pas la dernière fois ;-)

The Resurrection of Ra’s al Ghul n’est pas forcément inoubliable, mais il reste un arc majeur de ces dernières années. Décevant par moments, passionnant par d’autres, ce fut pour moi l’occasion de faire plus ample connaissance avec Damian Wayne et de le voir cotoyer Tim Drake. Quand mes deux personnages préférés de la Bat-Family se rencontrent, cela ne peut-être que bon, non ?

Cinéma, TV & DVD

Toy Story 3

Toy Story 3

Toy Story et Toy Story 2 font partie de mes films préférés de Choubidou et je dois dire qu’il m’a facilement converti : lorsque j’ai vu pour la première fois ces deux films, j’ai très vite été emballé par les aventures du cow-boy Woody et du ranger de l’espace Buzz l’Eclair. Nous attendions donc avec impatience la sortie du troisième (et normalement, dernier) volet de leurs aventures. Il y avait eu un laps de temps de cinq ans entre le premier film , sorti en 1995, et le second, en 2000. Cette fois, il a fallu attendre dix ans. Heureusement qu’il s’agit du dernier épisode, car nous serions partis pour vingt ans d’attente !

Toy Story 3 commence alors qu’Andy, le garçon auquel appartiennent Woody, Buzz et leurs amis, s’apprête à partir à l’université. Le jeune garçon qui passait des heures avec ses jouets a désormais grandi et délaisse ses anciens camarades de jeu. Certains des protagonistes des deux premiers films, comme la bergère, l’écran magique ou le pingouin Siffly, ont déjà disparu, emportés dans des vide-greniers ou tout simplement cassés. La mère d’Andy lui demande de trier ses affaires pour mettre de côté ce qu’il veut emporter avec lui à l’université, ce qu’il veut monter au grenier, et ce qu’il veut définitivement jeter. Les jouets survivants craignent d’être conduits au grenier ou pire, d’être jetés à la poubelle. Par un malheureux concours de circonstance, tous les jouets, à l’exception de Woody, se retrouvent par erreur jetés à la poubelle. Croyant qu’ils ont été abandonnés par Andy, ils décident de quitter la maison pour Sunnyside, une crèche où ils espèrent retrouver des enfants qui joueront à nouveau avec eux.

L’intrigue elle-même n’est ni originale, ni passionnante. Je dois reconnaître que je me suis ennuyé pendant une partie du film, celle qui se passe à la crèche. Heureusement, le début (où l’on revoit des images de l’enfance d’Andy) est réussi, et la fin est vraiment très émouvante. Je n’ai pas pu retenir mes larmes pendant les dernières minutes. Toy Story 2 avait commencé à évoquer le sujet, Toy Story 3 reprend le flambeau superbement en nous parlant des enfants qui grandissent, des jouets qui craignent d’être abandonnés, des familles que l’on choisit, des amitiés qui sont plus fortes que tout, et évidemment du temps qui passe. C’est fait avec tellement de justesse qu’on en oublie les quelques moments d’ennui au milieu du milieu et qu’on a envie de ne retenir que le final, magnifique.

Toy Story 3 conclut superbement une trilogie qui aura marqué l’histoire des films d’animation. En 1995, Toy Story était le premier grand succès de Pixar qui a désormais laissé son empreinte avec d’autres chefs d’oeuvre comme Wall-E. Quinze ans après, Woody et Buzz sont toujours là et nous émerveillent à nouveau.

Je conclus avec deux remarques :

  • le court-métrage qui précède le film est lui aussi magnifique ; c’est peut-être le meilleur de ceux que Pixar nous propose traditionnellement
  • la 3D, à nouveau, n’apporte rien, à part gêner la vision avec des lunettes lourdes et inconfortables …

Comics & BD

L’invitation

L'invitation

L’invitation est une bande dessinée écrite par Jim et illustrée par Dominique Mermoux. Le point de départ de l’histoire est très simple : Raphaël est réveillé en pleine nuit par un coup de fil de Léo, un ami qui lui demande de venir l’aider car sa voiture est en panne. Ce que Raphaël ignore, c’est que Léo n’est absolument pas en panne et qu’il a appelé tous ses amis un à un pour voir lesquels viendraient à sa rescousse et lesquels resteraient couchés.

Tu te serais levé, toi, pour aller dépanner un pote à 3h du matin ?

L’invitation est une histoire touchante et sensible. Une histoire de coups de fil en pleine nuit, de routes désertes et de champagne plus ou moins frais.

C’est une histoire d’amis. De ceux qui déçoivent, parfois, un peu … De ceux qui ne déçoivent jamais.

Comme je le disais, le point de départ est très simple ; l’idée est sympathique et suffisamment surprenante pour qu’on se laisse prendre au jeu. La suite de l’album est à la hauteur : on continue de suivre Raphaël et Léo dans d’autres scènes qui servent surtout de prétexte pour nous parler d’amitié. Car c’est bien ce cela qu’il s’agit dans cet album : d’amitié. Malgré les coups de gueule qui émaillent l’album, Raphaël et Léo sont deux amis qui se connaissent depuis vingt ans : c’est ce lien très particulier que Jim et Dominique Mermoux nous proposent de découvrir dans L’invitation.

J’avoue avoir été touché par cette histoire, et en particulier par cette série de bulles, parmi les dernières de l’album :

J’ai aimé lui montrer que ça avait de l’importance à mes yeux qu’il aille mal.

Et j’ai aimé lui montrer que ça avait de l’importance à mes yeux qu’il aille mieux.

A cet instant il me semble, à cet instant de l’après-midi, dans ce divorce inconfortable, cette parodie d’entente cordiale.

Oui, il me semble que j’ai compris enfin pourquoi je n’avais pas du tout aimé être appelé en pleine nuit.

Aujourd’hui, j’ai aimé être là.

J’ai aimé être là, au bon endroit, au bon moment, et pour une bonne raison.

Je crois que c’est tout. Je crois que c’est aussi simple que cela.

Comme il s’agit tout de même d’une bande dessinée et pas d’un roman, je dois vous parler également des dessins, même si ce n’est pas ma spécialité : ils sont plutôt réussis, en tout cas tout à fait dans le style que j’apprécie : simples, clairs, et colorés avec finesse. Ils servent parfaitement le récit, et c’est bien l’essentiel pour moi !

Livres & Romans

Un goûter d’anniversaire

Un goûter d'anniversaire

Publié en 2000, Un goûter d’anniversaire de l’auteur français Jean-Paul Tapie m’attendait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années. Je l’avais sans doute acheté aux Mots à la Bouche avant de le mettre de côté et de l’oublier sur une étagère.

L’histoire avait tout pour me plaire :

Alors qu’il n’a encore jamais touché un corps d’homme, le jeune Jérôme Peyral sait déjà qu’il est homosexuel. Tout en lui le lui dit : ses loisirs, ses rêves, et surtout son attirance pour son professeur de français, le beau monsieur Langlois. Plus le temps passe et plus s’affirme sa différence. Il ne partage ni les mêmes goûts ni les mêmes plaisirs que ses camarades de classe qui trouvent en lui un souffre-douleur idéal. Le voici mis à l’écart, dénigré, ridiculisé en permanence. Même sa famille finit par le laisser tomber.

Dès lors, commence pour Jérôme Peyral le long supplice de l’humiliation en même temps que l’apprentissage douloureux de l’affirmation. Jusqu’au jour où surgit l’idée de se venger enfin de tous ceux qui l’ont persécuté. L’adolescent vulnérable décide alors de « tuer la folle en lui » et de montrer à tous qu’on ne se moque pas impunément de « Peyral-la-Pédale ».

Jérôme est évidemment un personnage attachant, auquel il est facile de s’identifier. Parmi mes lecteurs, je ne doute pas que nombreux sont ceux qui ont vécu la découverte de la différence à l’adolescence, qu’elle soit remarquée ou non par les camarades. Le roman décrit très bien les sentiments de Jérôme, avec un mélange de naïveté et de cruauté. Face à l’ignorance de ses camarades, encouragés par des adultes malveillants, Jérôme se retrouve bien seul. Mêmes ses amitiés, courtes et décevantes, le lui permette pas de rompre le sentiment de solitude et d’isolement qu’il ressent.

C’est cet isolement qui entraîne progressivement Jérôme vers la volonté de se venger de ses oppresseurs. Les cent dernières pages du roman, qui relatent cette descente aux enfers, m’ont moins plu. Le récit y est moins subtil, plus clinquant, même si cela reste agréable à lire.

Les toutes dernières pages, toutefois, concluent parfaitement cette chronique de l’homophobie ordinaire. Ce roman n’est pas un chef d’oeuvre mais le thème abordé est intéressant et bien traité. J’ai lu beaucoup de romans sur l’homosexualité, mais j’ai peu de souvenirs de livres qui parlent aussi bien de l’homophobie. Rien que pour cela, celui-ci mérite sa place dans ma bibliothèque.

Un goûter d’anniversaire, Jean-Paul Tapie

Stanké, ISBN 2-7604-0772-1

Note : ★★★/☆☆☆☆☆