Comics & BD

Young Avengers

Je viens de terminer ma troisième lecture de l’album Young Avengers et je me rends compte que je n’en ai jamais parlé ici, alors qu’il s’agit d’un de mes comics préférés. Le temps est donc venu de réparer cette cruelle injustice.

Cet album compile les numéros 1 à 12 ainsi qu’un Young Avengers Special, tous publiés individuellement entre 2005 et 2007. Après une campagne de publicité savamment orchestrée, tout le monde s’attendait à découvrir des Teen Titans à la sauce Marvel : une version adolescente des Avengers, avec un mini Thor, un mini Iron Man, un mini Captain America et un mini Hulk. Le génie de Young Avengers, c’est d’avoir réussi à retourner ce prédicat pour créer un groupe de super-héros adolescents plus originaux qu’on ne pouvait le penser au départ. Je ne dévoilerai pas tous leurs secrets, mais il savoir qu’aucun des quatre Young Avengers présentés au début de l’histoire n’est tout à fait ce que l’on croit.

L’histoire est passionnante et le style est très fun. On sent la volonté des auteurs de nous proposer un comics divertissant et sans prise de tête : la mission est parfaitement accomplie. J’aime beaucoup suivre ces adolescents qui sont à la fois des apprentis super-héros et des fans de leurs aînés, les Avengers. Ils affrontent de véritables défis, se retrouvent face à des choix difficiles, mais prennent toujours le parti d’en rire : c’est un vraie bouffée d’air frais après plusieurs albums de Batman qui ne brillaient pas par leur humour.

Le dernier élément qui attire mon attention dans Young Avengers, c’est le couple formé par Teddy Altman et Billy Kaplan. Oui, vous avez bien lu : il s’agit d’un couple d’adolescents homosexuels, dans un comics grand public : une grande première que nous devons à Marvel. C’est un couple parfaitement assumé, et accepté par leurs amis : ça fait plaisir à voir ! Les auteurs s’amusent d’ailleurs à comparer la révélation à leurs parents de leur homosexualité à leurs parents et de leurs identités de super-héros, la plus facile n’étant pas celle que l’on croit !

Young Avengers fait définitivement partie de mes comics préférés, avec un ton très fun et une histoire intelligemment construite. Dommage que ces jeunes super-héros n’aient pas le droit à une série régulière !

Comics & BD

Red Robin (1) : The Grail

Red Robin : The Grail compile les cinq premiers numéros de la nouvelle série Red Robin de DC Comics. Après le chamboulement provoqué par la mort de Bruce Wayne dans Final Crisis, DC Comics a en effet remis à plat ses publications autour de Batman. La série Batman & Robin met en scène les aventures Dick Grayson et Damian Wayne dans les costumes de Batman et de son sidekick. La série Robin s’est arrêtée après des années de bons et loyaux services, mais Tim Drake, toujours très populaire chez les fans, poursuit ses aventures dans le costume de Red Robin et dans la série du même nom.

Dans ce premier album, nous suivons le périple de Tim Drake/Wayne en Europe et en Irak, à la recherche de son mentor Batman, qu’il est le seul à croire encore vivant. En parallèle, des flashbacks nous permettent de découvrir dans quelles circonstances le fils adoptif de Bruce Wayne a quitté Gotham City, après que Dick Grayson, qui a repris le costume de Batman, ait offert à Damian Wayne celui de Robin. Tim désapprouve totalement cette décision : il faut dire que cela n’a jamais été le grand amour entre Damian et lui, Tim considère que Damian ne mérite pas de porter le costume que Dick et lui ont honoré pendant des années. Devenu globe-trotter, Tim Drake croise la route de la Ligue des Assassins, l’organisation dirigée par Ra’s Al Ghul. Les anciens ennemis vont peut-être devoir s’unir pour atteindre leur objectif : retrouver la trace de Bruce Wayne.

Tim Drake et Ra’s Al Ghul, voilà deux raisons suffisants pour que j’aime cet album. Mon personnage préféré et mon « méchant » préféré, que demander de plus ? Tim Drake a toujours été mon Robin préféré, et son évolution en Red Robin est très intéressante à suivre. Perdu, sans repères et sans mentor, Tim semble en permanence à la limite de basculer dans l’abysse, à la manière d’un Jason Todd vengeur et meurtrier. J’ai bien aimé voir ce côté obscur de Tim, qui a longtemps été une sorte de jeune premier sans défaut. Je suis en tout cas impatient de découvrir la suite de ses aventures et son évolution dans cette nouvelle série très prometteuse.

Comics & BD

Batman : Battle for the Cowl

Après Batman R.I.P. qui m’avait globalement déçu et Final Crisis qui contient la « mort » de Bruce Wayne mais que je n’ai pas terminé, agacé par l’intrigue confuse et le côté spectaculaire inutile, je suis enfin arrivé à Battle for the Cowl, l’album qui raconte la succession de Batman.

Bruce Wayne est mort. Batman ne veille plus sur Gotham City, la ville subit l’affrontement des gangs et des criminels séparés en deux camps : les fidèles du Pinguin et ceux de Double-Face. Dick Grayson, le premier Robin, refuse de reprendre le costume de Batman et continue de porter celui de Nightwing, son avatar depuis de longues années. Pourtant, un mystérieux Batman fait son apparition et use de méthodes que Bruce Wayne aurait totalement désavouées. Qui se cache sous le masque de ce Batman violent et sans scrupules ?

Cet album nous propose de suivre la lutte entre les successeurs potentiels de Bruce Wayne / Batman. Au premier rang, on trouve évidemment Dick Grayson et Jason Todd, les deux premiers Robin. Au second plan, Tim Drake (le troisième et actuel Robin) et Damian Wayne (le fils de Bruce Wayne dont nous avions découvert l’existence récemment dans Batman and Son). Tous quatre veulent se montrer dignes de l’héritage de leur mentor, ou dans le cas de Jason montrer que les méthodes de Bruce n’étaient pas efficaces.

J’ai vraiment aimé cet album, qui vient à point nommé après une série d’albums en demie-teinte. La lutte entre les héritiers est passionnante à suivre, même si elle est finalement sans surprise. Me voici en tout cas réconcilié avec la série Batman, prêt à aborder la suite avec impatience !

Cinéma, TV & DVD

Les amours imaginaires

Les amours imaginaires est le second long-métrage du jeune cinéaste canadien Xavier Dolan, qui nous avait proposé le très prometteur J’ai tué ma mère l’année dernière. Après avoir traité des relations mère-fils dans son premier film, il évoque cette fois le thème de l’amour :

Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d’interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu’il aime …

Les deux amis, Francis et Marie, sont interprétés par Monia Chokri et Xavier Dolan lui-même, qui semble prendre l’habitude de jouer dans ses propres films, dans des rôles qu’on devine en partie autobiographiques. Quant à Nicolas, le garçon pour lequel Francis et Marie craquent, il est incarné par le charmant Niels Schneider (Nicolas), décidément l’acteur fétiche de Xavier Dolan puisqu’il interprétait déjà un ami du réalisateur-scénariste-acteur dans son premier film.

En parallèle de l’histoire qui lie Francis, Marie et Nicolas, le film est entrecoupé d’entretiens face à la caméra où des anonymes nous parlent de l’amour, de la première rencontre, de la première déclaration, de la rupture. J’ai bien aimé ces courtes séquences, parfois drôles, parfois touchantes, souvent les deux à la fois.

Le film lui-même m’a laissé une drôle d’impression. Il est lent, parfois trop lent, avec de longs plans au ralenti : certains sont très réussis, d’autres m’ont juste ennuyé – au point de fermer les paupières pendant quelques secondes à plusieurs reprises pendant la première demie-heure du film. Le principal reproche que je ferais à Xavier Dolan en temps que réalisateur, c’est d’être très maniéré, de trop travailler ses images. Cela m’a un peu rappelé A Single Man de Tom Ford, avec le risque que le fond soit noyé dans une forme trop sophistiquée, presque trop prétentieuse.

Le fond, justement, est là. Xavier Dolan nous parle très bien de l’amour, de sa soudaineté, de ses affres, de ses attentes impatientes et parfois vaines, de ses déceptions, de ses colères, de ses souffrances. Ce qu’il n’a pu exprimer avec le trio Francis-Marie-Nicolas, il le fait à travers des entretiens face à la caméra, qui complètement parfaitement le récit. Difficile, face à certains témoignages ou certaines scènes, de ne pas faire le lien avec nos propres histoires. C’est ce que j’aime dans ce cinéma du réel, cette impression d’y voir une partie de ma vie.

Les acteurs sont plutôt bons : les trois interprètes principaux sont convaincants, chacun dans leur style. Je dois avant tout parler de Niels Schneider, qui doit incarner Nicolas dont le charme est la clef du film. Le charme est bien au rendez-vous, l’acteur nous proposant (volontairement, d’après moi) une sorte de Louis Garrel blond, mi-imitation mi-hommage. Ce n’est sans doute pas un hasard si Louis Garrel fait lui-même une apparition remarquée à la fin du film, pour un sympathique clin d’oeil, au propre comme au figuré. Parmi les rôles secondaires, j’ai surtout remarqué et retenu la géniale Anne Dorval (Criquette Rockwell dans Le Coeur a ses Raisons, et la mère dans J’ai tué ma mère), dans un rôle excentrique dans lequel elle excelle.

Dans l’ensemble, je ne sais pas trop quoi penser de ce film, maniéré, trop sophistiqué par moment, mais juste dans son propos. Mi-figue mi-raisin, finalement. J’attends maintenant le prochain film de Xavier Dolan pour découvrir ce dont il nous parlera et voir comment il va évoluer.