Livres & Romans

The Machine Crusade (Legends of Dune #2)

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Dans ce deuxième volume de la trilogie « Legends of Dune », le récit reprend deux décennies après la fin du précédent. Sans surprise, on retrouve les éléments qui ont fait le succès de « The Butlerian Jihad » : de la pseudo-politique galactique, de l’action spatiale, et des personnages haut-en-couleur, voire stéréotypés.

On retrouve en effet les personnages que nous avons suivi avec plus ou moins d’enthousiasme dans le premier tome. Certains ont évolué, d’autres sont devenu des caricatures d’eux-même, quand certains sont restés les mêmes. Selon le regard que l’on portait sur chaque personnage à l’issue du premier volume, on accueille avec plus ou moins de plaisir leur évolution ou non-évolution.

Pendant un long moment, j’ai pensé que ce deuxième tome était moins réussi que le premier, ou en tout cas qu’il allait moins me plaire. La faute venait principalement des personnages, qui à quelques exceptions près m’intéressaient peu ou moins que dans le volume précédent. Finalement, la dernière partie accélère le récit et m’a plutôt bien plu, même si je pourrais reprocher un rythme frénétique qui contraste peut-être trop avec le début du roman. Sans parler de l’effet « on efface tout et on recommence » qui peut sembler un peu artificiel, au point de me demander ce qui va bien pouvoir se passer dans le dernier épisode de la trilogie.

Dans l’ensemble, j’ai pris du plaisir à lire ce roman et je vais sans tarder me pencher sur le troisième tome, pour voir où ce récit va désormais nous amener, en espérant que les quelques longueurs et maladresses de celui-ci s’atténuent et que la conclusion de la trilogie soit à la hauteur de mes attentes, et du temps investi dans sa lecture.


The Machine Crusade (Legends of Dune, #2), Brian Herbert & Kevin J. Anderson

Note : ★★★★☆


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Livres & Romans

« Arrête avec tes mensonges »

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En quatrième de couverture, Philippe Besson promet de dire la vérité, pour la première fois. La promesse est tenue, et magnifiquement tenue à mes yeux.

Philippe Besson nous raconte son premier amour d’adolescence, celui qu’il a toujours tu mais qu’il n’a pourtant cessé de raconter à demi-mot dans ses livres. Quasiment tous ses romans parlent d’absence, de séparation, de deuil, de manque, de la « morsure du manque » comme il l’appelait déjà dans un passage qui m’avait alors tellement marqué de « Un homme accidentel ». Dans ce dernier roman, il nous explique l’origine de cette obsession, il nous offre le récit de cette blessure qui l’a tant inspiré pour écrire.

Cet auteur qui nous a si souvent assuré qu’il n’était que romancier, que son métier était d’inventer de de raconter des histoires, de produire des oeuvres de fiction, finit par avouer qu’il a menti. Dans ce joliment nommé « Arrête avec tes mensonges », il reconnait finalement ce que nous pressentions : que ce thème récurrent de l’absence et du manque vient évidemment du plus profond de lui, d’un chagrin d’amour de jeunesse, qu’il nous raconte ici avec le talent qui est le sien.

Le style est fluide, agréable à lire, comme toujours avec Philippe Besson. De nombreux passages sonnent justes et semblent nous parler au coeur, comme s’ils étaient tirés directement de nos pensées passées ou présentes. Ce n’est plus une surprise avec cet auteur, mais à plusieurs reprises en lisant certaines phrases, je me suis dit que j’aurais pu les écrire mot pour mot, le talent en moins.

Le récit est classique, sans grande surprise, mais émouvant par ce qu’il évoque en nous. Surtout, il éclaire d’un jour nouveau les oeuvres précédentes de Philippe Besson. Nous avons ainsi droit à une explication qu’il ne nous devait pas (parce qu’un auteur ne doit rien à ses lecteurs) mais que nous recevons avec plaisir. Un personnage du roman explique avoir lu plusieurs romans de l’auteur et qu’il a l’impression qu’il s’agit de pièces d’un puzzle, qu’il suffit de les assembler pour former une image compréhensible. C’est exactement ce travail d’assemblage que ce roman propose, et c’est passionnant.

Vers la fin du roman, il y a ce dialogue qui résume tout :

C’est lui qui reprend la parole : et vous ? Vous allez écrire sur cette histoire, n’est-ce pas ? Vous n’allez pas pouvoir vous en empêcher.
Je répète que je n’écris jamais sur ma vie, que je suis un romancier.
Il sourit : encore un de vos mensonges, pas vrai ?
Je souris en retour.

« Arrête avec tes mensonges » est un roman splendide sur l’amour, l’absence, et le manque, mais aussi sur l’inspiration que ces sentiments génèrent pour le travail d’écriture. Un grand livre, assurément.


« Arrête avec tes mensonges ! », Philippe Besson

Note : ★★★★★


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Livres & Romans

The Butlerian Jihad (Legends of Dune #1)

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Mon année de lecture 2017 a commencé comme l’année 2016 s’était achevée : avec l’univers Dune et ses préquelles.

Après la trilogie « Prelude to Dune » qui se déroulait quelques dizaines d’années avant le roman original Dune de Franck Herbert, j’ai attaqué la trilogie « Legends of Dune », qui se déroule cette fois des milliers d’années auparavant et relate les événements connus dans le cycle original sous le nom de « jihad butlérien », au cours duquel l’humanité s’est rebellée contre les « machines pensantes » (robots, ordinateurs) qui l’avaient asservie.

Ce premier volume de la trilogie m’a bien plu. C’est un style complètement différent du roman original et du cycle de Dune tel qu’il avait été pensé et écrit par Frank Herbert. Son fils Brian et son compère Kevin J. Anderson nous offre plutôt un divertissement que je pourrais qualifier d’hollywoodien dans l’univers imaginaire de Dune. C’est certainement très éloigné de ce que nous aurait proposé Frank Herbert lui-même, et la comparaison avec les romans du cycle de Dune original ne serait pas flatteuse, c’est évident. Je comprends ceux qui détestent les oeuvres « commises » par Brian Herbert, mais j’ai envie de juger tout cela pour ce que c’est : un divertissement.

Dans ce cadre, dans son style assumé, « The Machine Crusade » est un divertissement réussi, un plaisir coupable que j’ai su apprécier et pris plaisir à lire. Je crois que je lirai également avec plaisir les deux prochains volumes de la trilogie, en espérant y retrouver les mêmes ingrédients que dans celui-ci : de l’action, des personnages forts (à la limite de la caricature, mais c’est la loi du genre), et une réflexion (quoique manquant de nuances) sur l’humanité et la technologie.


The Butlerian Jihad (Legends of Dune #1), Brian Herbert & Kevin J. Anderson

Note : ★★★★☆


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