Un secret halo de rose

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Encore une lecture d’un livre reçu en service de presse, le deuxième consécutif par l’intermédiaire de la plateforme Simplement.pro, après La Symétrie de l’Effet dont je parlais en fin de semaine dernière. C’est l’auteur qui m’a contacté sur le site pour me proposer de découvrir son roman. Je n’accepte pas toutes les sollicitations, j’essaye de ne pas m’éparpiller, je préfère plutôt me concentrer sur les oeuvres susceptibles de m’intéresser mais aussi garder du temps pour mes lectures hors service de presse, les livres que j’ai achetés et prévus de lire indépendamment des sites comme Simplement.pro ou NetGalley.

Dans le cas de ce roman Un secret halo de rose, le synopsis m’a intrigué et m’a donné envie d’accepter cette lecture :

« Je me sens bien, animé d’un sentiment de plénitude. Les yeux plissés en guise de protection solaire, je respire profondément, hyperventilé, et tout un tas de fictions et scenarii me pénètrent, me traversent, se bousculent. L’inspiration revient comme un cheval au galop, à la vitesse de la marée montante. Je médite. Je somnole. Je m’évade, néo adepte de contemplation. Je platonise. La journée a fusé, si j’en crois le ciel qui commence à rosir, formant des halos entre ciel et mer, entre chien et loup. Sans emphase il y a encore peu de temps, je suis désormais en phase de réanimation. Sans envie il y a si peu de temps, je suis désormais en vie. »

Ronan est en détresse depuis la mort de son meilleur ami. Un banal accident de la route aux abords d’un rond-point damné. Que s’est-il vraiment passé ce soir-là ? Ronan ne sait plus très bien. Pourtant, il était aussi dans la voiture. Depuis, ses souvenirs s’entrechoquent, brouillent sa mémoire et les pistes, le mènent à l’impasse. Harcelé par le père du défunt, otage de ses propres démons et hallucinations, lâché par son psy, il s’exile alors sur le phare de la Vieille, au large de la pointe du Raz, où il vivra une odyssée aussi salvatrice qu’extraordinaire, aux confins de l’irréalité.

Ceux qui me suivent depuis longtemps ici savent que les romans qui parlent du deuil, de l’absence, du manque, m’ont toujours interpelé, Philippe Besson qui est passé maître à ce jeu n’étant pas par hasard mon auteur favori. J’avais donc envie de plonger dans ce livre, publié par Prem’Edit, une petite maison d’édition dont la particularité est d’avoir un comité de lecture « citoyen » composé de 120 lecteurs. C’est en quelque sorte une maison d’édition « participative », dans le sens où ce sont les lecteurs qui choisissent les livres qui seront publiés. Je dois dire que je trouve cette idée plutôt sympathique et j’ai envie de l’encourager ici.

Le narrateur est agent immobilier le jour, écrivain amateur la nuit. Ronan est hanté par la mort de Tristan, son meilleur ami décédé dans un accident de la route. Ayant lui-même survécu à cet accident, il culpabilise et les circonstances du drame le hantent. Autour de lui gravitent un psychothérapeute pour le moins excentrique et un père au deuil vengeur.

Le style d’écriture est assez étonnant. L’humour est omniprésent, cela fonctionne parfois, mais pas toujours. Le texte est émaillé d’une succession de jeux de mots et de mots d’esprit, parfois réussis, mais qui finissent par peser et ont un peu perturbé ma lecture au bout d’un moment. Je comprends le jeu que cela constitue pour l’auteur au moment de l’écriture, ainsi que la volonté de bien faire, mais mon impression en tant que lecteur a parfois été proche de la saturation sur cet aspect. Ce qui est assez drôle, c’est que le narrateur, lui aussi écrivain amateur à ses heures perdues, commence son récit en expliquant qu’il a tendance à vouloir trop en faire quand il écrit, qu’il relit et retravaille sans cesse ses textes jusqu’à ce qu’il soit totalement satisfait de chaque phrase. J’ai pris cela comme une auto-critique déguisée de l’auteur, et j’ai trouvé cela assez malin.

Ce qui est également malin, c’est le déroulement du roman lui-même. C’est un récit décousu et par moments difficile à suivre, avec des temps faibles, notamment au milieu du livre où j’ai parfois perdu à la fois le fil et l’attention. Mais c’est aussi un récit qui retrouve du rythme et qui trouve tout son sens dans sa dernière partie. Je me répète, mais j’ai vraiment envie de dire que c’est un livre malin.

Je pense qu’il faut être intéressé par les tourments et les secrets de l’esprit humain pour y être sensible, mais c’est plutôt un beau roman. Cela m’a en tout cas suffi pour oublier des effets de style un peu lourds sur la durée, que l’auteur gagnerait à atténuer dans ses prochains écrits s’il ne veut pas prendre le risque de perdre en route quelques lecteurs pourtant de bonne volonté.


Un secret halo de rose, Léonnic Asurgi

Note : ★★★☆☆


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