Fiertés

Fiertés 2

Fiertés est une mini-série française créée et réalisée par François Faucon et diffusée la semaine dernière sur Arte. Je n’en avais pas entendu avant sa diffusion mais quelques articles dans les médias et sa courte présentation sur le site de la chaîne franco-allemande m’ont donné envie de la regarder en replay :

La minisérie « Fiertés » retrace le combat pour les droits des minorités sexuelles en France à travers le récit intime de trois générations et trois destins d’hommes. Série chorale, « Fiertés » est une chronologie de la tolérance et une saga familiale.

Le format de la série est particulier : elle est construite en 3 épisodes qui se déroulent chacun à une époque différente, marquée par une avancée des droits des personnes homosexuelles :

  • le premier se déroule en 1981-1982 avec le dépénalisation de l’homosexualité suite à l’élection de François Mitterand
  • le deuxième en 1999 lors du vote du PACS par la majorité plurielle issue de la dissolution ratée de l’Assemblée par Jacques Chirac
  • le troisième et dernier prend place en 2013 lors des débats sur le mariage pour tous et l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels

Dans les trois épisodes, on retrouve les mêmes personnages que l’on suit ainsi à trois périodes différentes de leur vie et de notre Histoire contemporaine.

Au début de la série, en 1981, nous découvrons Victor, 17 ans, qui découvre l’amour avec les garçons, au grand damn de son père Charles, chef de chantier qui souhaite la victoire de François Mitterand à l’élection présidentielle mais reste très conservateur sur les questions de société. La rencontre de Victor avec Serge, un homme plus âgé, va être l’étincelle qui va faire éclater en morceaux la relation entre Charles et son fils.

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Dans le deuxième épisode, qui se déroule en 1999, la relation entre Charles et son fils s’est un peu apaisée, mais le projet d’adoption de Victor va causer de nouvelles tensions avec son père. Ce même projet va également mettre en danger la relation de Victor avec son compagnon Serge, désormais séropositif, et qui va se sentir relégué au second plan quand Victor va devoir jouer au célibataire hétérosexuel pendant l’enquête des services sociaux pour obtenir l’agrément en vue de l’adoption.

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Le troisième épisode est le plus proche de nous, puisque l’action se déroule en 2013, en pleins débats sur le mariage pour le tous. Je me suis surpris à réaliser que cela faisait déjà 5 ans que ce débat enflammé, et à vrai dire nauséabond, entre partisans et opposants du mariage pour tous. Je me souviens d’ailleurs avoir écrit un billet ici à l’occasion d’une journée où la Manif pour Tous nous insultait vaillamment dans la rue. Fin de la parenthèse personnelle, désolé. Dans la série, Victor et Serge élèvent désormais Diego, adolescent en classe de terminale, qui voit en cachette son grand-père Charles avec qui Victor est toujours en froid.

Fiertés 7

C’est à la fois simple et difficile pour moi de donner mon avis sur cette mini-série. En effet, le premier épisode m’a beaucoup plu, le deuxième un peu moins, et le troisième encore moins.

J’ai beaucoup aimé le récit et le cadre du premier volet, dans ce début des années 1980 où un homme de gauche comme Charles, très progressif sur les questions sociales l’est beaucoup moins sur les questions sociétales. Le personnage de Victor est également sympathique, pris entre son cadre familial qui sent un peu le formal et la naphtaline et son attirance nouvelle pour les garçons, que ce soit Serge qu’il vient de rencontrer ou le jeune Selim avec lequel il travaille le week-end sur le chantier de son père.

Malheureusement, ce début prometteur s’est un peu écroulé par la suite. Sur la durée, les personnages ne sont pas restés très attachants, en particulier Victor qui m’a semblé franchement antipathique à partir du deuxième épisode. Serge, son compagnon, m’est apparu presque transparent, à la limite de l’accessoire, alors que le couple atypique qu’il forme avec Victor constitue la constante des trois épisodes, des trois époques. Charles, le père de Victor, est peut-être le personnage le plus touchant, par ses limites, ses défauts et son évolution. Très honnêtement, je me suis détaché progressivement du récit et des personnages, pas aidé d’ailleurs par un jeu d’acteurs que j’ai trouvé assez médiocre, à quelques exceptions près.

Fiertés est d’abord un récit sur la perception et la place de l’homosexualité dans la société, mais aussi plus généralement une série sur la paternité et les relations père-fils. Je disais que le couple formé par Victor et Serge est la constante des trois épisodes, mais la relation entre Victor et son père Charles en est la véritable pierre angulaire. C’est peut-être ce qui m’a le plus intéressé finalement sur l’ensemble de la série, au-delà de l’historique de la lutte pour les droits des homosexuels qu’elle retrace. Je suis tout de même embêté parce que je voulais vraiment aimer cette série. Elle a de sérieux atouts, à commencer par ses intentions et son ambition, mais le résultat m’a tout de même un peu déçu. C’est dommage car cela aurait pu être une série mémorable et cela tient à peu de choses.


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