Je suis un dragon

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Martin Page est décidément un auteur à multiples facettes. Plus je découvre ses oeuvres, plus je découvre sa capacité à écrire dans des genres différents. Après l’oeuvre épistolaire sur le thème de l’écriture avec son Manuel d’écriture et de survie, après le roman humoristique avec Comment je suis devenu stupide, après la pseudo-leçon de vie de L’art de revenir à la vie, et après le roman de zombies avec La nuit a dévoré le monde, je découvre sa tentative s’attaquer au thème des super-héros avec Je suis un dragon.

Je me souviens que la lecture du résumé m’avait donné envie, car l’approche par un romancier français d’un genre dominé par les comics américains m’intéressait :

« On s’habitue à être surhumain, et très vite on comprend que ce n’est qu’une des multiples façons que la vie a trouvées pour nous dire qu’on est un inadapté. »

Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu’à ce qu’un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l’humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d’une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l’on s’y sent étranger ?

En s’inspirant de l’univers des superhéros, Martin Page se réapproprie les codes habituels du genre. Captivant, bouleversant, Je suis un dragon est un roman sur la puissance de la fragilité et sur la possibilité de réinventer sans cesse nos vies.

Le début du roman m’a beaucoup plu, avec un récit qui commence très classiquement mais efficacement par l’enfance de Margot, la découverte de ses super-pouvoirs, et son initiation comme super-héroïne sous le costume et l’identité de Dragongirl. Il n’y a rien de vraiment novateur jusque là, mais ça fonctionne bien et ça change de lire cela sous la forme d’un roman, avec tout le style et la richesse qu’un écrivain peut apporter, par rapport à une bande-dessinée comme j’en ai lu des dizaines. On retrouve les autorités qui veulent utiliser les pouvoirs et l’image de Dragongirl pour leurs propres intérêts, qu’ils soient militaires ou politiques.

La seconde partie du roman, quand Margot se rebelle et décide de prendre son indépendance en abandonnant le costume de Dragongirl m’a un peu moins plu. Le récit devient alors plus fouillis, moins palpitant. Peut-être parce qu’on sort un peu des sentiers battus mais qu’il manque une ligne directrice pour comprendre où l’auteur veut nous amener. Cela reste bien écrit et globalement intéressant , mais j’y ai trouvé moins d’intérêt que dans la première partie.

Dans l’ensemble, Je suis un dragon est un bon roman, plaisant à lire. C’est une ré-appropriation réussie du genre du super-héros par un écrivain talentueux qui montre qu’il a plusieurs cordes à son arc. C’est décidément un auteur que je vais continuer à suivre à l’avenir.


Je suis un dragon, Martin Page

Note : ★★★☆☆


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