Fatherland

71JYTCX8GLL

J’avais déjà lu Fatherland il y a quelques années, en français me semble-t-il, et j’en avais gardé un bon souvenir. C’est la lecture de L’Histoire Revisitée, un livre passionnant et une véritable bible sur l’uchronie, qui m’a donné envie de relire ce roman de Robert Harris, en anglais cette fois.

Le résumé plante tout de suite le décor de ce roman hors normes :

What if Hitler had won the war?

It is April 1964 and one week before Hitler’s 75th birthday. Xavier March, a detective of the Kriminalpolizei, is called out to investigate the discovery of a dead body in a lake near Berlin’s most prestigious suburb.

As March discovers the identity of the body, he uncovers signs of a conspiracy that could go to the very top of the German Reich. And, with the Gestapo just one step behind, March, together with an American journalist, is caught up in a race to discover and reveal the truth – a truth that has already killed, a truth that could topple governments, a truth that will change history.

L’action du roman se déroule en 1964, dans une Allemagne fictive qui a remporté la Seconde Guerre Mondiale mais qui continue depuis deux décennies d’affronter à l’Est ce qu’il reste de l’Union Soviétique et qui vit une sorte de guerre froide avec les Etats-Unis d’Amérique depuis la fin du conflit mondial.

Le décor étant posé, le roman se présente comme un polar que je serais tenté de très classique s’il n’y avait justement pas tout ce cadre original autour. Le récit commence par la découverte d’un corps non identifié dans un lac berlinois. L’inspecteur Xavier March, officier SS désabusé et mal vu par le régime, est chargé de l’enquête.

J’ai bien aimé la double nature du roman, entre polar classique et chronic passionnante. L’enquête elle-même m’a semblé relativement classique, mais son cadre géographique et « historique » changent évidemment tout. La ville de Berlin décrite par Robert Harris est celle imaginée par Albert Speer, l’architecte proche d’Hitler qui avait conçu le projet  pharamineux de « Germania ». L’idée d’un Troisième Reich toujours en place au milieu des années 1960 et à la tête d’une communauté européenne qui lui est inféodée a évidemment quelque chose de glaçant qui rend la lecture du roman à la fois passionnante et inquiétante.

« Leaving the Arch we enter the central section of the Avenue of Victory. The Avenue was designed by Reich Minister Albert Speer and was completed in 1957. It is one hundred and twenty-three metres wide and five-point- six kilometres in length. It is both wider, and two and a half times longer, than the Champs Elysées in Paris.  »

Higher, longer, bigger, wider, more expensive … Even in victory, thought March, Germany has a parvenu’s inferiority complex. Nothing stands on its own. Everything has to be compared with what the foreigners have …

Il est difficile de parler de ce roman et de ses thématiques, sans révéler certains aspects du récit, je vais tout de même essayer de le faire du mieux possible. L’un des mystères du récit porte sur la destinée, dans cette histoire alternative, des millions de juifs allemands et européens qui ont disparu après avoir été envoyé à l’Est. Le silence autour de l’Holocauste est pesant dans le roman et c’est d’ailleurs l’un des thèmes forts abordés par Robert Harris dans son texte. Les personnages vivent dans un Troisième Reich où tous les juifs ont disparu sans explication crédible et où personne ne pose la moindre question. Tout le monde, par son silence, devient ainsi complice d’un crime de masse.

And five years from now, or fifty years, this society will fall apart. You can’t build on a mass grave. Human beings are better than that – they have to be better than that – I do believe it – don’t you ?

Avec ce roman, Robert Harris avait réussi un coup de maître, alliant polar et uchronie avec une dextérité remarquable. En tant que lecteur, j’ai été pris dans le récit du début à la fin, avec une enquête classique mais efficace et surtout un cadre original permettant l’apparition de véritables enjeux, une immersion glaçante, et une réflexion réussie sur la vérité, notamment historique.


Fatherland, Robert Harris

Note : ★★★★★


Vous voulez m’aider ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Publicités
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :