La Lettre de Conrad / Pas de résurrection

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J’ai parlé ici fin juillet de Reunion de Fred Uhlman, dont j’ai appris par la suite grâce à Matoo qu’il a été publié en français sous le titre L’ami retrouvé et qu’il s’agit d’une classique souvent étudié au collège. Pour ma part, je n’ai découvert et lu que très récemment cet excellent roman sur l’Allemagne des années trente. Je me suis ensuite renseigné sur l’oeuvre de Fred Uhlman et j’ai découvert l’existence d’une sorte de suite à Reunion, intitulée La lettre de Conrad.

C’est ce roman que je viens de terminer, dans une édition où il est suivi par un autre court roman : Pas de résurrection, s’il vous plaît.

Ce bref et bouleversant roman, une suite de L’Ami retrouvé – qui valut à Uhlman sa célébrité – ne fut publié, à la demande de l’auteur, qu’après sa mort.

Quelques jours avant d’être exécuté en 1944 pour avoir participé au complot contre Hitler, Conrad von Hohenfels écrit à Hans Schwarz, son ami d’enfance. La guerre a séparé les deux adolescents parce que Hans était juif. Dans cette lettre, Conrad tente de justifier ses choix et ses erreurs passés et de demander pardon à Hans avec qui il partagea autrefois tant de moments de bonheur exaltant.

Bien que les personnages en soient différents Pas de résurrection, s’il vous plaît constituait, dans l’esprit d’Uhlman, une sorte de troisième volet à L’Ami retrouvé et à La lettre de Conrad.

La lettre de Conrad est clairement un complément à Reunion. Là où le premier roman racontait l’histoire de Hans, jeune adolescent juif qui devait fuir l’Allemagne pour les Etats-Unis pour échapper aux persécutions du nouveau régime nazi, La lettre de Conrad relate la version de son ami aristocrate qui l’avait trahi avant son départ pour New-York.

Ce parti pris fait qu’il y a des redites, des éléments du récit qui ont déjà été présentés dans Reunion. Dans certains cas, il y a clairement une redondance, dans d’autres cas cela apporte un nouveau point de vie intéressant.

La destinée exceptionnelle de Conrad, et sa personnalité, telle qu’il la laisse apparaître dans cette longue lettre à son ancien ami, apportent beaucoup au texte, qui m’a passionné.

La fin, cependant, m’a semblé précipitée, presque bâclée. Peut-être était-ce une volonté de l’auteur pour montrer l’urgence dans laquelle Conrad se trouvait pour terminer sa lettre avant son exécution, mais j’aurais aimé que le récit comporte quelques pages supplémentaires pour accorder autant de finesse et souci du détail que le début du récit.

Malgré ce défaut, La lettre de Conrad est un court roman de grande qualité, un complément parfait à Reunion / L’ami retrouvé.

Le deuxième texte présenté dans cette édition s’intitule Pas de résurrection, s’il vous plaît. Si les personnages sont différents, on sent clairement la filiation avec les deux autres romans de la « trilogie » de Fred Uhlman.

Le narrateur s’appelle Simon et fait une escale en Allemagne après trente années passées aux Etats-Unis où il avait été contraint de fuir le régime nazi. Il retrouve à cette occasion quelques anciens camarades de classe, ce qui donne lieu à une grande explication collective.

La scène où les masques tombent et où les anciens camarades règlent leurs comptes entre eux avec l’Histoire est remarquable. On y retrouve toute l’ambivalence qui a dû traverser la société allemande d’après-guerre, entre honte, culpabilité, frustration, regret, colère et parfois un point de fierté.

J’ai lu ces deux romans avec beaucoup d’intérêt ; ils n’ont peut-être pas la même puissance que Reunion, qui m’avait emballé le mois dernier, mais ils s’en approchent beaucoup.


La lettre de Conrad, suivi de Pas de résurrection, s’il vous plaît, Fred Uhlman

Note : ★★★★☆


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  1. […] retrouvé en français) et les deux romans qui y font suite regroupés dans un seul ouvrage La Lettre de Conrad / Pas de résurrection. J’avais beaucoup aimé ces récits historiques se déroulant dans l’Allemagne des […]

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  2. […] que j’ai lus jusque là de cet auteur. Là où ses romans précédents, que ce soit Reunion, La lettre à Conrad, Pas de résurrection, ou son autobiographie Il fait beau à Paris aujourd’hui parlaient tous […]

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