Comics & BD

Les innocents coupables

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J’ai emprunté récemment à la médiathèque plusieurs bandes dessinées, dont les trois albums qui composent une série intitulée Les innocents coupables, signée Laurent Galandon au scénario et Anlor à l’illustration. Le résumé présenté en quatrième de couverture du premier album m’avait bien plu :

Janvier 1912. Quatre jeunes parisiens sont conduits dans une lointaine campagne. Condamnés à diverses peines, ils rejoignent la colonie pénitentiaire agricole « Les Marronniers ». Les poulbots vont découvrir et apprendre de nouvelles règles dans ce lieu que l’on appellera plus tard les « bagnes d’enfants ».

L’injustice et la violence, mais aussi l’amitié et la solidarité, constituent le quotidien des colons. Jean a ses secrets, Adrien ses doutes, Miguel ses blessures, Honoré un caractère bien trempé… Et nos héros refusent d’être écrasés par le système pénitentiaire. D’autant plus qu’à l’échelle de ce microcosme social, ils ont chacun leurs projets …

Le premier épisode, La Fuite, permet de présenter les quatre personnages principaux (Honoré, Adrien, Miguel et Jean) ainsi que le cadre de la colonie pénitentiaire dans laquelle ils sont envoyés par la justice. Nous découvrons ainsi une galerie de personnages plus ou moins sympathiques (plutôt moins que plus, d’ailleurs), que ce soit les autres « pensionnaires » ou le personnel du « bagne ». Très vite, les quatre nouveaux amis ne vont avoir qu’une seule obsession : s’évader.

Cette évasion, ou plutôt ces tentatives d’évasion, vont servir de fil rouge aux trois albums de la série. Mais au-delà de ce récit déjà intéressant en soi, nous pouvons également découvrir les événements qui ont conduit chacun des quatre protagonistes jusqu’aux Marronniers. Chacun a son histoire, plutôt touchante, et cela dresse un tableau cruel de la France et de son enfance au début du XXè siècle.

Les trois albums sont également une dénonciation implacable des colonies pour enfants qui étaient alors monnaie courante à l’époque. L’indignité dans laquelle les enfants étaient traités, les conditions de vie et de travail (oui, de travail) de ces gamins nous font bondir désormais, et c’est l’une des qualités de cette série de montrer cette réalité.

J’ai avalé les trois albums de la série (chacun faisant 48 pages me semble-t-il) en très peu de temps, l’histoire se lit très rapidement et les dessins sont excellents. C’est une très bonne découverte que j’ai faite en tout cas, je ne regrette pas d’avoir empruntés ces trois albums à la médiathèque !

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Les innocents coupables (intégrale en 3 albums), Laurent Galandon et Anlor

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Jour J – 23. La république des esclaves

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La république des esclaves est le vingt-troisième album de la collection Jour J, et le dernier que j’ai emprunté, pour le moment, à la médiathèque où je fournis en BD depuis quelques semaines.

Le cadre de cette nouvelle uchronie proposée par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau est parfaitement résumé en quatrième de couverture :

58 avant Jésus-Christ. La République des affranchis, fondée par Spartacus en Sicile, défie l’armée romaine et fait trembler Rome depuis treize ans. Mais la crainte d’une nouvelle guerre contre Carthage redonne à la Sicile un statut de terre stratégique. Jules César est donc chargé, plutôt que d’aller en Gaule, de conduire les légions qui attaqueront Spartacus et les siens.

Tout a commencé en 71 avant notre ère, quand l’armée d’esclaves menée par Spartacus a réussi à fuir l’Italie grâce à une flotte de pirates ciliciens et a instauré en Sicile une République des Affranchis qui défie Rome depuis treize ans.

Jules César, dont le mandant de consul s’achève prochainement, a pour projet de conquérir la Gaule pour accroire sa gloire. Mais son mentor Crassus lui conseille plutôt de prendre la tête d’une armée pour vaincre Spartacus, reconquérir le Sicile et empêcher son rival Pompée de le faire à sa place et de gagner en influence auprès du Sénat et de la plèbe romaine.

Cet album voit donc s’affronter Spartacus et César dans une guerre qui s’annonce sanglante. Le récit lui-même est plutôt prenant, et les illustrations de Fafner m’ont bien plu, ce qui n’a pas toujours été le cas avec d’autres illustrateurs sollicités dans cette collection.

Dans l’ensemble, c’est un album plutôt réussi, malgré une fin qui m’a semblé très abrupte. Je pense cependant que je vais faire une petite pause pour découvrir d’autres bandes dessinées, je reviendrai probablement à cette collection Jour J plus tard.


Jour J – 23. La république des esclaves, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

Tango à Chiloé

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Tango à Chiloé est le premier roman d’Isabelle Getten ; j’ai eu l’occasion de lire ce roman grâce à l’éditeur Librinova, qui m’avait contacté pour me proposer de le découvrir. J’avais accepté avec plaisir car le résumé me tentait :

Le dimanche 10 mai, le Front national gagne l’élection présidentielle. César Hélios, professeur de lettres, décide de quitter la France. Il obtient un poste de professeur au lycée français de Santiago. Il s’envole pour le Chili.

Dans son nouvel établissement, il entre en conflit avec la proviseure, madame Groseille qui met en pratique avec zèle les réformes du nouveau gouvernement français et il finit par se faire renvoyer du lycée.

Il décide de visiter la Patagonie en moto et termine son périple sur l’île de Chiloé où il devra vivre tant que ce gouvernement se maintiendra au pouvoir car il est touché par une interdiction de retourner en France. Il s’installe à Pid Pid , devient professeur de français dans l’école du village. Il rencontre à ce moment-là Luce Lalumière, une Française qui s’occupe de la bibliothèque de ce même village et qui dirige en plus la chorale.

La situation politique en France fait irruption dans l’île de Chiloé et rythme la vie des personnages qui sont en relation avec famille et amis dans leur pays. On voit comment évolue la France gouvernée par « la blonde » à travers les nouvelles et les visites que reçoivent les personnages.

Ce n’est pas la première fois que la littérature fait de la politique-fiction ni qu’un auteur imagine une victoire du candidat ou de la candidate du Front National à l’élection présidentielle. Je crois me souvenir d’un livre paru en 2002 sur les 100 premiers jours de Jean-Marie Le Pen à l’Elysée, et j’avais également lu l’an dernier La nuit du second tour d’Eric Pessan.

Ici, Isabelle Getten fait le choix de centrer le récit sur des exilés qui ont décidé de quitter la France dirigée par « la blonde ». Refugiés sur une île chilienne, César et Luce assistent de loin à l’évolution de la situation de leur pays. Certains chapitres détaillent les mesures prises par le gouvernement français en matière d’éducation, de culture, de santé ou de droit de la nationalité. C’est présenté avec un humour qui m’a parfois semblé maladroit, devant la gravité des sujets abordés.

Malgré cet humour un peu too much par moment, c’est tout de même un joli roman sur l’exil et la lutte pour la liberté. Le Chili et l’Argentine sont très présents dans le récit, et j’ai trouvé très habile que l’action se situe dans ces pays qui ont vécu une dictature et dont des citoyens ont justement connu l’exil il y a plusieurs décennies, choisissant parfois la France comme refuge.


Tango à Chiloé, Isabelle Getten

Note : ★★★☆☆