L’âge d’or capétien (1180-1328)

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L’âge d’or capétien (1180-1328) est le troisième volume de la collection Histoire de France dirigée par Joël Cornette pour les éditions Belin. J’avais beaucoup aimé le premier tome (La France avant la France), le deuxième (Féodalités) m’avait également plu mais avait moins suscité mon enthousiasme.

Dans ce troisième volume, confié à l’historien breton Jean-Christophe Cassard, c’est un long XIIIè siècle qui est évoqué :

Un long XIIIè siècle marque l’âge d’or de la dynastie capétienne. Jusque vers 1270, elle bénéficie d’une forte dynamique agricole, ainsi que d’une révolution technique diversifiée, qui trouve sa meilleure expression dans la floraison des cathédrales. La prospérité – relative – des campagnes fonde l’essor des échanges et des villes. Le commerce international a ses centres en Flandre et en Champagne. L’époque connaît un certain bonheur de vivre qui se discerne dans la littérature courtoise et la sculpture gothique.

En parallèle, la monarchie construit progressivement un territoire et un Etat. Toutefois, après 1270, la crise du système féodal provoque famines, chômage et troubles sociaux, préliminaires aux difficultés du XIVè siècle. Pour autant, le pouvoir monarchique ne cesse de se renforcer. Apparait alors le binôme caractéristique du futur Etat moderne : guerre et fiscalité.

Cartes, textes et iconographie concourent à mettre le lecteur de plain-pied avec un des « grands siècles » de l’histoire de France.

L’ouvrage commence avec le récit du règne de Philippe Auguste, qui marqué les débuts de l’affirmation du pouvoir royal, que ce soit face à ses vassaux (notamment la dynastie Plantagenet, à la fois détentrice des fiefs en Aquitaine, en Normandie et en Anjou, mais aussi de la couronne d’Angleterre), face à ses voisins (l’Empire) et face à la papauté.

A travers plusieurs chapitres, l’auteur s’attache ensuite à dresser un tableau très complet de la société française au XIIIè siècle :  diversité des « mondes français » (diversité géographique et linguistique, attraction française hors des frontières, francs d’outre-mer) ; la monarchie et le gouvernement royal ; normalisation catholique, inquisition et éradication de l’hérésie ; progrès technique (agriculture, artisanat dont le textile, transport, médecine, urbanisme, ingénierie militaire) ; savoir, éducation et législation ; art gothique ; la société rurale (« nobles et manants ») ; la société des villes ; culture et mentalités (famille, place des enfants, plaisirs, sports, divertissement, littérature).

Après ce long interlude sur la société du XIIIè siècle, Jean-Christophe Cassard reprend un récit plus chronologique avec un chapitre sur « l’Empire du roi » sur l’affirmation du pouvoir monarchique et les prémices de la construction d’un Etat, puis un dernier sur les crises qui agitent le royaume à partir de 1270 : famines, misère, révoltes urbaines, lèpre, crise dynastique, etc.

Comme pour les premiers volumes de la collection, l’ouvrage s’achève (avant de longues annexes), sur une partie intitulée « L’atelier de l’historien » qui revient sur certains thèmes sous le prisme de l’historiographie et du métier d’historien.

J’ai bien aimé l’atelier sur l’historiographie de la bataille de Bouvines et plus encore sur Saint-Louis, dans laquelle l’auteur parle longuement de la biographie du roi par Jacques Le Goff, au point de m’avoir donné envie de la lire (alors que je ne suis pas forcément un grand amateur de biographies).

L’atelier suivant, sur les « questions en débat » m’a également bien plu, en particulier la partie sur l’Inquisition dont l’auteur rapproche les méthodes d’enquête et d’interrogatoire de celles utilisées les régimes totalitaires du XXè siècle (nazisme en Allemagne et communisme en Union Soviétique).

Les deux autres ateliers (sur la « fabrique des saints » et sur les « réminiscences de la France capétienne) m’ont bien intéressé, hormis une partie sur l’image des Templiers et sur les Rois Maudits.

Dans l’ensemble, cette collection nous offre une fois de plus un ouvrage de grande qualité. Le texte est très bon, ainsi que la documentation : textes, images, cartes, etc. C’est un tour d’horizon très complet du XIIIè siècle, à travers ses dimensions politique, sociale, économique, et culturelle. Avec toujours ce gros « plus » de la collection, à savoir le fait de s’appuyer sur les dernières recherches historiques, l’évocation des débats qui ont agité ou agitent encore les historiens, et la vision de l’évolution de l’historiographie sur l’époque.

J’ai toutefois adopté une lecture différente pour ce troisième volume : là où j’avais lu le premier de la première à la dernière, et où je m’étais un peu forcé à tout lire dans le deuxième (en abandonnant cependant quelques pages en cours de route lorsque le sujet ne me disait vraiment rien), j’ai volontairement passé rapidement les chapitres qui m’inspiraient peu, me contentant de feuiller et parcourir rapidement les pages concernées à la recherche d’informations m’intéressant particulièrement. Je sais de toute façon que je pourrai m’y référer et en faire une lecture pour approfondie si j’en ai le besoin ou l’envie un jour.

Je pense poursuivre très vite avec le prochain tome, consacré à la guerre de cent ans.


L’âge d’or capétien (1180-1328), Jean-Christophe Cassard

Note : ★★★★☆

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