Le temps de la guerre de Cent ans (1328-1453)

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Le temps de la guerre de Cent ans est le quatrième volume de la collection Histoire de France dirigée par Joël Cornette pour Belin. Signé par Boris Bove, ce livre s’attache à analyser la période couvrant une partie des XIV° et du XV° siècles connue sous le nom de « guerre de Cent ans » :

La France des XIV° et XV° siècles traverse famines, pestes, révoltes populaires et aristocratiques, conflits civils et militaires. Ce livre, cependant, s’attache moins à la narration détaillée des misères et des malheurs causés par des guerres sans cesse relancées qu’à la compréhension de l’ordre masqué par le chaos des événements.

« L’automne du Moyen-Âge » marque l’affirmation de l’Etat monarchique, une construction territoriale unifiée par la soumission à la souveraineté du roi. La conscience d’une identité « nationale » se forge alors, incarnée par Jeanne d’Arc. Charles VII n’est plus une prince féodal, mais le chef d’un Etat.

Le temps de la guerre de Cent ans n’est pas celui d’une décadence globale et d’une apocalypse, mais celui d’une période tourmentée et féconde, où brillent les arts, les lettres et la vie de cour, tandis que s’élaborent les fondements d’une société et d’une époque nouvelles.

Après un premier chapitre décrivant la situation du royaume de France en 1328, Boris Bove montre comment la guerre extérieure contre l’Angleterre, dont le roi revendique la couronne de France suite à une crise de succession, a permis tant bien que mal à la monarchie de justifier et de pérenniser une fiscalité permettant de financer les guerres, l’administration royale et la vie de cour. L’auteur montre aussi comment la guerre de Cent ans, plus qu’une guerre de la France contre l’Angleterre, est en fait une guerre civile entre princes du royaume et prétendants au trône.

Du point de vue social, sociétal, et démographique, ce livre s’attarde sur les vagues d’épidémies qui provoquent une chute démographique, sur la dépression de l’agriculture et la mutation industrielle, sur les révoltes populaires, sur la crise de l’Eglise associé paradoxalement à un essor du christianisme dans la société.

Le dernier chapitre relate la fin de la guerre civile, le redressement du royaume de France au milieu du XIV° siècle, et la consolidation du patriotisme après des décennies de guerres.

Comme dans les autres volumes de la collection, l’ouvrage s’achève avec une longue partie intitulée « L’atelier de l’historien », consacrée à plusieurs thématiques. La première est consacrée aux sources de la fin du Moyen-Âge, tandis que la deuxième s’interroge sur l’existence d’une véritable crise à la fin du Moyen-Âge. Le troisième atelier, celui qui m’a le plus plu, revient sur Jeanne d’Arc et la façon dont son souvenir a été utilisé et disputé par des courants de pensée différents, avant d’être approprié par l’extrême-droite au XX° siècle. C’est une réflexion passionnante sur la différence entre Histoire et mémoire et l’utilisation des figures historiques pour des raisons politiques. Le quatrième atelier, que j’ai seulement survolé, est consacré à un nouveau champ de recherche : l’alimentation à la fin du Moyen-Âge.

Dans l’ensemble, ce quatrième volume est très intéressant. Il reprend une trame chronologique tout en faisant au fil des chapitres des arrêts fréquents sur des sujets sociaux ou culturels. Les illustrations, les cartes et les documents présentés sont toujours de très grande qualité et facilitent la compréhension du texte.

J’ai mis plus de temps à terminer ce volume, même c’est plus parce que j’ai été pris par d’autres lectures et diverses activités que par la qualité de l’ouvrage. Au contraire, je l’ai trouvé plus accessible que les deux précédents, et en particulier Féodalités qui m’avait semblé un peu aride pour les non-connaisseurs.

A nouveau avec cette collection, le point fort est la présentation des savoirs et des analyses issus des recherches les plus récentes, permettant de s’éloigner des représentations de l’Histoire telles que je les avais conservées dans mes souvenirs scolaires.

Après cette plongée dans la guerre de Cent ans, je vais sans tarder poursuivre mon voyage dans le temps avec le prochain tome, consacrée à la Renaissance, ou plutôt Les Renaissances, puisque c’est ainsi qu’est titré le cinquième volume de la collection.


Le temps de la guerre de Cent ans, Boris Bove

Note : ★★★★☆

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