Terra Australis

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Terra Australis est une bande dessinée de plus de cinq cent pages, signée LF Bollée pour le scénario et Philippe Nicloux pour le dessin. J’ai emprunté ce gros pavé à la médiathèque car l’ambition du scénariste, raconter la colonisation de l’Australie par les anglais à la fin du XVIII° siècle et au début du XIX° siècle, m’intéressait beaucoup.

Une des plus incroyables odyssées humaines de l’Histoire a eu lieu il y a un peu plus de 220 ans. Environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés… le rebut de l’Angleterre ! On les a envoyés à l’autre bout du monde, dans un pays qui n’existait pas encore. Aller sans retour vers l’enfer ou chance inespérée d’une nouvelle vie ? Plus rien ne sera comme avant autour de ce nouveau monde, issu d’une terre ancestrale que les habitants d’origine appelaient Bandaiyan …

Le récit commence à Londres dans les années 1780. La misère est totale dans les rues londoniennes, la criminalité est au plus haut, et les prisons sont pleines. L’Angleterre vient de perdre sa colonie en Amérique, où les bagnards étaient souvent envoyés pour vider les prisons. Dans le Pacifique, un territoire a été découvert par le navigateur James Cook. L’idée commence à germer de monter une expédition vers cette terre encore inexplorée, avec le double objectif de se débarrasser de prisonniers encombrants et de fonder une nouvelle colonie de l’Empire britannique dans le Pacifique.

C’est ce voyage que nous raconte cette bande dessinée, en trois grandes parties : la préparation de l’expédition, le voyage lui-même, puis la colonisation de la côté est de ce qui deviendra l’Australie. Nous rencontrons alors plusieurs personnages que nous suivrons tout au long du périple, que ce soit des officiers de la Marine anglaise, des marins anonymes, des prisonniers envoyés de force dans le Pacifique, le révérend en charge de la foi de ses fidèles, ou un civil, ancien fonctionnaire d’un ministère britannique, qui place beaucoup d’espoir dans cette expédition.

 

J’ai trouvé les dessins très beaux, avec un noir et blanc qui colle parfaitement au récit. J’ai parfois eu un peu de mal à distinguer certains personnages, notamment parmi les officieux de la Marine, mais ce n’est pas très grave.

Le récit, bien que long, est passionnant. On suit parfaitement la préparation de l’expédition et le voyage lui-même. La dernière partie est peut-être plus rapide, mais elle reste intéressante et aborde parfaitement les relations complexes entre les colons britanniques et les aborigènes (les « naturels », comme les appellent alors les anglais). La question de l’esclavagisme est également évoquée lorsque les navires de l’expédition britannique croisent un bateau négrier d’où s’échappent les chants de désespoir de ses passagers arrachés à leur terre natale.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée, passionnante et sans doute bien documentée. De la colonisation de l’Australie, je pense que nous connaissons tous l’histoire de ces bagnards envoyés dans le Pacifique pour peupler une nouvelle colonie, et j’ai trouvé très intéressant de découvrir cette histoire plus en détail, à travers des dessins magnifiques et des personnages forts.


Terra Australis, LF Bollée (scénario) & Philippe Nicloux (dessin)

Note : ★★★★☆

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