Les Buddenbrook

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Les Buddenbrook est un classique de la littérature allemande signé de la main de Thomas Mann, à qui l’on doit également La Mort à Venise ou La montagne magique. Cela fait un moment que je voulais lire ce roman, dont le résumé proposé par l’éditeur français m’avait très vite attiré :

Les Buddenbrook, premier roman de Thomas Mann, devenu l’un des classiques de la littérature allemande, retrace l’effondrement progressif d’une grande famille de la Hanse au XIXe siècle, de Johann, le solide fondateur de la dynastie, à Hanno, le frêle musicien qui s’éteint, quarante ans plus tard, dans un pavillon de la banlieue de Lübeck.

Le style, tout en nuances, où l’émotion se teinte de connivence et d’ironie, d’affinités et de détachement, traduit parfaitement la relation que l’auteur entretient avec la réalité et accentue subtilement la transcription du lent processus de décadence.

L’ambition de Thomas Mann est considérable : narrer la destinée d’une famille de la bourgeoisie allemande au XIX° siècle. Au fil de ses 11 parties et ses 758 pages (en poche), nous suivons en effet la vie de plusieurs générations des Buddenbrook, une lignée de négociants de Lübeck, une ville du nord de l’Allemagne. Au début du récit, dans les années 1930, le consul Johann Buddenbrook est à la tête d’une compagnie familiale florissante. Son fils Johann est destiné à lui succéder après que son fils aîné ait été déshérité suite à son mariage “scandaleux” avec la fille d’un boutiquier.

Tout au long du récit, des mariages sont arrangés – oserais-je dire négociés ? – des enfants naissent, les personnages vieillissent et s’éteignent, laissant les reines à la génération suivante. Nous suivons ainsi une lignée de personnages auxquels il n’est pas toujours aisé de s’attacher mais que l’on suit tout de même avec délectation. Quand le roman s’achève, à la fin des années 1870, on quitte cette famille avec une certaine émotion.

Le récit n’est pas toujours palpitant, mais le rythme m’a semblé tout à fait adapté au sujet du roman. Avec ces petites aventures familiales, cette importance donnée à des affaires qui nous semblent aujourd’hui triviales, Thomas Mann dresse un portrait passionnant de la société allemande du XIXème siècle, en particulier de la bourgeoisie de l’Allemagne du nord. La déchéance progressive de la famille Buddenbrook est relatée de façon parfaite, l’exercice est parfaitement réussi à mes yeux.

Les Buddenbrook est une fresque familiale de grande qualité, un roman au long court dont le faux rythme ne doit pas faire oublier la richesse de ses personnages et la finesse psychologique et sociale de son propos.


Les Buddenbrook, Thomas Mann

Note : ★★★★☆

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About Zéro Janvier

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