Les guerres de religion (1559-1629)

J’en suis déjà (ou seulement, selon qu’on soit de nature optimiste ou pessimiste) au sixième des treize volumes de la collection Histoire de France éditée chez Belin sous la direction de Joël Cornette. Après La France avant la France (481-888), Féodalités (888-1180), L’âge d’or capétien (1180-1328), Le temps de la guerre de Cent Ans (1328-1453), et Renaissances (1453-1559), ce sixième volume est intitulé Les guerres de religion (1559-1629).

Son auteur, Nicolas Le Roux, est professeur d’histoire moderne à Lyon et a notamment travaillé sur les règnes des derniers Valois et sur l’assassinat d’Henri III, le dernier d’entre eux. Il était donc parfaitement légitime pour prendre en charge cet opus de la collection Histoire de France couvrant la période connue sous le nom des guerres de religion.

Après une préface signée Joël Cornette, Nicolas Le Roux adopte pour cet ouvrage une approche chronologique qui revient sur les grandes phases des guerres de religions. C’est particulièrement bienvenu pour un lecteur comme moi qui n’avait qu’un vague souvenir de mes cours d’Histoire sur cette période.

Ainsi, l’auteur commence par décrire la crise de la monarchie de la Renaissance, notamment la crise religieuse avec l’affirmation de la foi calviniste, les menaces sur l’autorité temporelle et morale du roi, les premiers troubles liés à la religion, les premières tentatives de conciliation, et le premier édit de tolérance.

La deuxième partie décrit la « paix impossible », avec des tensions qui s’exacerbent, des violences qui s’accroissent et les affrontements qui opposent catholiques et protestants. Cette montée des tensions et des violences atteint son apogée tragique dans la troisième partie consacrée au massacre de la Saint-Barthélemy, que ce soit ses sources, son déroulement et ses conséquences.

La quatrième partie est entièrement consacrée au règne d’Henri III, à travers son portrait, la description de son mode de gouvernement, l’organisation de sa cour (avec ses fameux « mignons »), son rapport à la religion, mais aussi l’état du royaume sous son règne.

Dans la cinquième partie, le règne d’Henri III s’achève tragiquement par son assassinat et Henri IV monte sur le trône dans un pays plus divisé que jamais, entre protestants, catholiques royalistes et catholiques de la Ligue, hostiles à l’avènement du nouveau monarque.

Le sixième chapitre montre la reconstruction du royaume, avec le rétablissement progressif de la paix, la réaffirmation du pouvoir monarchique, et l’application d’un régime de tolérance civile à travers le fameux édit de Nantes qui garantit la liberté de conscience tout en laissant les protestants dans une position de minorité fragile. Meilleur signe de de la maigre étendue de mes connaissances sur cette période, j’ai découvert ou redécouvert qu’avant d’être roi sous le nom d’Henri IV, Henri de Navarre était un prince protestant, qui abjura et se convertit au catholicisme pour conquérir la couronne royale.

Comme son prédécesseur, Henri IV fut assassiné par un fanatique catholique, ce qui provoque de nouveaux troubles décrits dans la septième partie. Son épouse Marie de Médicis assure la régence avant que, dans la huitième et dernière partie, son fils Louis XIII, atteigne sa majorité et assure son rôle de monarque, conseillé par le célèbre cardinal de Richelieu. Les dernières étapes de ce récit, qui voient l’éclosion de la monarchie absolutiste, servent parfaitement de transition vers le tome suivant, consacré aux rois absolus que furent Louis XIII et Louis XIV.

Dans les désormais traditionnels ateliers de l’historien, spécificité toujours bienvenue de cette collection, l’auteur revient d’abord sur la multitude des sources disponibles sur cette période, en mettant en avant certaines. Il relate ensuite les étapes successives de l’historiographie de la période des guerres de religion, à travers les travaux de plusieurs historiens plus ou moins connus. Enfin, Nicolas Le Roux présente les recherches et les débats passés et actuels sur cette période, à travers quelques thématiques : la Saint-Barthélemy, l’édit de Nantes, l’Etat et le roi, etc.

En sortant de cette lecture exigeante mais passionnante, je crois que ce sixième volume est pour le moment mon préféré ou l’un de mes deux préférés de la collection Histoire de France. Le tout premier volume, La France avant la France, m’avait déjà passionné et j’ai retrouvé dans celui-ci la même sensation d’apprendre énormément sans m’ennuyer. Le plan chronologique et le style abordable de l’auteur y sont certainement pour beaucoup, alors que cette période n’était pas forcément celle qui m’attirait le plus a priori. Contrairement à certains autres volumes de la collection, toujours érudits et globalement intéressants à lire, celui-ci m’a semblé à la fois accessible, captivant et riche.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage, tout en apprenant énormément sur les guerres de religion. J’espère que les prochains volumes de la collection seront du même niveau, en terme d’érudition et d’accessibilité, que celui-ci, qui me semble être un modèle à suivre.


Les guerres de religion (1559-1629), Nicolas Le Roux

Note : ★★★★★

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