The Real Tadzio

The Real Tadzio est un livre atypique, signé par Gilbert Adair et publié en 2001. Son sous-titre, Thomas Mann’s ‘Death in Venice’ and the boy who inspired it, explique parfaitement le propos : dans cet essai d’une centaine de pages, Gilbert Adair nous parle du garçon qu’a réellement rencontré l’écrivain allemand Thomas Mann à Venise en 1911 et qui lui a inspiré sa célèbre nouvelle Death in Venice (La Mort à Venise en français) publiée en 1912 et qui est peut-être aujourd’hui son oeuvre la plus connue.

In the summer of 1911, the German writer Thomas Mann visited Venice in the company of his wife Katia. There, in the Grand Hotel des Bains, as he waited for the dinner-gong to ring, the author’s roving eye was drawn to a nearby Polish family, the Moeses, consisting of a mother, three daughters, and a young sailor-suited son who, to Mann, exuded an almost supernatural beauty and grace. Inspired by this glancing encounter with the luminous child, Mann wrote Death in Venice, and the infatuated writer made of that boy, Wladyslaw Moes, one of the twentieth century’s most potent and enduring icons.

But precisely who was the boy? And what was his reaction to the publication of Death in Venice in 1912 and, later, the release of Luchino Visconti’s film adaptation in 1971? In this revealing portrait, including telling photographs, Gilbert Adair brilliantly juxtaposes the life of Wladyslaw Moes with that of his mythic twin, Tadzio.

La Mort à Venise est une nouvelle que j’avais beaucoup aimé quand je l’avais lue pour la première fois. J’ai également été marqué par l’adaptation cinématographique de 1971 par Luchino Visconti, que je n’ai vu que très récemment. Tout ceci me poussait donc à lire cet essai signé Gilbert Adair.

Je n’ai pas été déçu et j’ai été captivé par ce texte. Si le récit de la vie du “vrai” Tadzio n’est pas forcément passionnante, elle est tout de même un récit qui m’a semblé représentatif de la destinée de l’aristocratie polonaise et de la Pologne en général au XX° siècle, prisonnière tour à tour de la Russie tsariste, de l’Allemagne nazie puis de l’Union Soviétique.

Plus encore, cet essai est un vibrant hommage à la fois à la nouvelle de Thomas Mann et à son adaptation au cinéma par Visconti. J’ai bien aimé également que l’auteur nous parle brièvement du destin de Björn Andresen, le jeune acteur suédois qui a immortalisé Tadzio sur grand écran.

L’auteur cite quelques oeuvres qui se sont inspirées ou en rendu hommage à La Mort à Venise, avant enfin de disserter sur la littérature homosexuelle en général pour conclure que Thomas Mann, avec sa nouvelle emblématique, en reste à ses yeux le maître incontesté.

Il faut sans doute être un amateur de l’oeuvre de Thomas Mann pour apprécier totalement ce livre de Gilbert Adair, mais j’en fais clairement partie et je suis content d’avoir eu l’occasion de le lire. Je vais le garder bien au chaud dans ma bibliothèque, car il n’est pas impossible que l’envie de le relire me prenne un de ces jours.


The Real Tadzio, Gilbert Adair

Note : ★★★★☆

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About Zéro Janvier

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