Une fille sans histoire

Une fille sans histoire est un roman de Constance Rivière, à paraître chez Stock le 21 août prochain. J’ai eu l’occasion de le lire en avant-première grâce à NetGalley.fr qui, rappelons-le, met en relation des éditeurs et des blogueurs, des journalistes, des bibliothécaires, etc, pour mettre à disposition en service de presse des exemplaires numériques de livres à paraître prochainement.

Le résumé m’avait assez intrigué, cela m’avait motivé à solliciter ce service de presse :

13 novembre 2015. Comme tous les soirs, Adèle est assise seule chez elle, inventant les vies qui se déroulent derrière les fenêtres fermées, de l’autre côté de la cour. Quand soudain, en cette nuit de presqu’hiver, elle entend des cris et des sirènes qui montent de la rue, envahissant son salon, cognant contre ses murs. La peur la saisit, elle ne sait plus où elle est, peu à peu elle dérive. Au petit matin apparaît à la télévision l’image de Matteo, un étudiant porté disparu, un visage qu’elle aimait observer dans le bar où elle travaillait. Sans y avoir réfléchi, elle décide de partir à sa recherche, elle devient sa petite amie. Dans le chaos des survivants, Adèle invente une histoire qu’elle enrichira au fil des jours, jouant le personnage qu’on attend d’elle. Les autres la regardent, frappés par son étrangeté, mais ils ne peuvent pas imaginer qu’on veuille usurper la pire des douleurs.

Le personnage principal est donc Adèle, une jeune femme plutôt trouble qui endosse le rôle fictif de la petite amie d’une victime de l’attentat du Bataclan en novembre 2015. Face aux parents de Matteo, face à ses ses camarades des Beaux-Arts, auprès d’un psychologue qui l’accompagne depuis l’attaque, au sein de l’association d’aide aux victimes dans laquelle elle s’engage, Adèle joue son rôle pour devenir elle aussi une victime, pour se fondre dans un collectif, même réuni autour d’une tragédie.

Constance Rivière donne également la parole à d’autres personnages , notamment Francesca, la mère de Matteo qui se méfie très vite, instinctivement d’Adèle, et Saïd, le psychologue qui a accueilli Adèle dans le cadre de la cellule de crise le lendemain de l’attentat et qui continue de l’accompagner pendant plusieurs mois par la suite.

Cela donne un roman qui alterne des chapitres à la troisième personne, qui suivent Adèle dans ses mensonges, et d’autres à la première personne, où s’expriment Francesca, Saïd, et d’autres personnages ayant croisé Adèle avant ou après le 13 novembre.

Le résultat est plutôt réussi, j’ai trouvé cette lecture plutôt agréable. Le roman est court, ses 144 pages se lisent facilement, même si le style m’a semblé un peu sec par moments. Je ne sais pas si on s’attache véritablement aux personnages, en particulier Adèle qui est une protagoniste étrange, mais on suit avec intérêt leur vie après la tragédie qui a bouleversé leur vie, chacun à leur façon.

Par contre, j’ai été saisi d’un doute pendant toute la lecture : ce roman est-il inspiré d’un fait réel ? J’ai eu l’impression tout au long du livre d’avoir entendu parler d’une telle affaire, mais je n’en suis pas certain. Peut-être était-ce une fausse victime plutôt qu’une fausse proche de victime ?


Une fille sans histoire, Constance Rivière

Note : ★★★☆☆

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About Zéro Janvier

Blogueur. Lecteur obsessionnel, sériephile assidu, cinéphile occasionnel, amateur de comics. Citoyen engagé.