Livres & Romans

The Expanse – 5. Nemesis Games

Nemesis Games est le cinquième volume de la saga de science-fiction The Expanse signée James S.A. Corey, le nom de plume du duo composé des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck.

Après un quatrième tome qui m’a semblé un peu en-deca, j’espérais retrouver avec celui-ci toutes les qualités démontrées dans les trois premiers volumes du cycle.

Contrairement aux romans précédents qui donnaient la parole à de nouveaux personnages, celui-ci revient aux bases : les quatre points de vue présentés sont en effet ceux des quatre membres d’équipage du Roccinante, qui prennent des chemins différents pendant les longs mois nécessaires pour que leur vaisseau soit réparé après leur périlleuse expédition dans Cibola Burn :

  • Naomi part sur Ceres après avoir été recontactée par une vieille connaissance de l’époque où il menait des actions clandestines pour l’OPA
  • Amos retourne sur Terre, vingt ans après son départ, après avoir appris la mort d’une femme qui a semble-t-il compté pour lui à l’époque
  • Alex se rend sur Mars en espérant renouer ou en tout cas s’expliquer avec son ex-femme, qu’il avait abandonné pour suivre son envie d’espace et d’aventure dans la Navy
  • Jim Holden choisit d’abord de rester sur la station Tycho pour surveiller la réparation du Roccinante et attendre le retour de ses amis, avant d’être lui aussi entrainé dans de nouvelles aventures

Cela commence plutôt doucement, c’est plutôt plaisant à suivre, sans être totalement passionnant. Après un bon tiers du roman, je voyais déjà converger certaines histoires, je m’attendais plus ou moins à ce qui allait se passer, quand un événement majeur est venu tout bouleversé au milieu du roman. C’était plus fort que ce à quoi je m’attendais.

Je dois encore une fois saluer la capacité des auteurs à nous surprendre et surtout à ne pas attendre la fin du roman pour proposer des scènes fortes. C’était déjà le cas dans les romans précédents et c’est encore plus vrai ici : on ne s’ennuie pas et contrairement à certains romans de science-fiction, il n’y a pas vraiment de creux au milieu du récit, c’est plutôt le contraire ici.

J’ai dévoré la deuxième moitié du livre et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Ce qui s’annonçait au début comme un roman de transition, un retour aux bases de la saga, s’est transformé en véritable révolution de l’univers de The Expanse. Autant dire que mon enthousiasme, un peu entamé avec le tome précédent, est remonté en flèche !

Comme à la fin du troisième tome, les cartes sont rabattues à l’issue de celui-ci et je suis impatient de découvrir la suite dans le sixième tome, Babylon’s Ashes.


The Expanse – 5. Nemesis Games, James S.A. Corey

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Lectures BD en vrac #3

Je continue à vous parler des BD que j’ai lues récemment grâce au choix éclairé et diversifié de ma médiathèque préférée.


Gagner la guerre – 1. Ciudalia, Frédéric Genêt d’après Jean-Philippe Jaworski

J’avais beaucoup aimé le roman « Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski et plus généralement toute son oeuvre se déroulant dans le Vieux Royaume. J’ai donc découvert avec plaisir à la médiathèque cette adaptation en bande dessinée, signée par Frédéric Genêt.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé l’ambiance si particulière du Vieux Royaume, cet univers de low-fantasy de style Renaissance, avec ses intrigues de cour et ses complots à multiples niveaux. Le dessin de Frédéric Genêt nous plonge parfaitement dans cette atmosphère et dépeint très bien les personnages que j’ai eu plaisir à découvrir à nouveau.

Une très bonne adaptation en bande dessinée d’un excellent roman, cela me donne envie de lire le deuxième album, sorti tout récemment.

Note : ★★★★☆


Écojolie, Tignous

Un très joli recueil de dessins signés Tignous sur l’écologie. Certains sont drôles, d’autres sont très forts, les meilleurs marient les deux. La preuve qu’un dessin est parfois plus éloquent que des mots.

Note : ★★★★☆


Dorian Gray, Enrique Corominas, d’après Oscar Wilde

Une très belle adaptation en bande dessinée de l’œuvre d’Oscar Wilde. Les dessins sont sublimes et reflètent parfaitement l’atmosphère victorienne du livre. Le récit m’a peut-être moins plu, mais je crois que le roman lui-même m’avait laissé sur ma faim.

Note : ★★★☆☆


Heimat : Loin de mon pays, Nora Krug

Un roman graphique atypique, écrit par une allemande née dans les années 1970 et qui vit désormais aux Etats-Unis. Elle nous raconte son enquête sur ses origines, sur sa famille et en particulier leur histoire et leurs actes sous le régime nazi.

Esthétiquement, c’est très réussi, avec ce mélange de dessins, de textes et de collages de photos.

Le récit lui-même m’a semblé long par moment. L’enquête est intéressante et certainement utile, mais je ne sais pas si tout ce que Nora Krug est passionnant.

Le projet est tout de même suffisamment utile, atypique et bien réalisé pour être une réussite notable.

Note : ★★★★☆


Gavrilo Princip : L’homme qui changea le siècle, Henrik Rehr

Une excellente bande dessinée qui raconte l’assassinat du prince héritier d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914, l’étincelle qui a embrasé la poudrière des Balkans et déclenché la Première Guerre Mondiale. Le récit est principalement centré sur Gavrilo Princip, le jeune nationaliste serbe qui a appuyé sur la détente, avec des parallèles sur la vie du prince François-Ferdinand et son épouse Sophie, tous deux victimes de l’attentat.

Le dessin est sombre mais très efficace. Le récit est prenant, avec quelques pages bien amenées qui expliquent le contexte historique et géopolitique des Balkans à la fin du XIX° siècle et au début du XX°.

Le résultat est passionnant : une belle leçon d’histoire, joliment illustrée – c’est le cas de le dire – par le destin d’individus pris dans le courant de l’Histoire.

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Napoléon en Amérique

Après avoir beaucoup aimé La Pierre de la Victoire de Sébastien Capelle, j’ai enchainé avec son autre roman uchronique : Napoléon en Amérique.

Napoléon et son épopée à la conquête de l’Europe font partie des classiques de l’uchronie, pas très loin derrière l’uchronie sans doute la plus utilisée : et si les nazis avaient gagné la guerre ?

Toutefois, dans ce roman, l’idée de départ est un peu plus originale : l’auteur déplace Napoléon Bonaparte sur le continent américain. En 1795, l’officier corse – pas encore général – se rend à Louisiane où il va contribuer à libérer la ville du joug espagnol. Gagnant en popularité auprès de la population et des notables de la ville, il va progressivement unifier les états du sud de la côte atlantique américaine, en les aidant à ses défendre contre les puissances coloniales, la France et l’Espagne. Ensuite, l’unification avec les Etats-Unis d’Amérique sera à l’ordre du jour.

Sébastien Capelle nous propose de suivre cette épopée napoléonienne pas comme les autres sous la forme d’un roman épistolaire. Nous découvrons ainsi les échanges entre plusieurs personnages récurrentes : Napoléon lui-même ; Emilie, sa première épouse, fille d’un notable de la Nouvelle-Orléans et engagée dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage et pour les droits des femmes ; Joseph, le frère aîné de Napoléon, et d’autres personnages qui croisent la route de Bonaparte sur le continent américain.

J’ai beaucoup aimé la première moitié du livre : j’ai trouvé que l’idée de départ était plutôt originale, et les échanges épistolaires donnent du rythme au récit et permettent de le suivre à travers des points de vue différents. Ensuite, j’ai trouvé que cela retombait un peu. Je ne me suis pas totalement lassé des aventures de Napoléon, mais j’ai été moins emballé.

Dans l’ensemble, c’est un roman uchronique réussi, mais qui manque de la puissance de La Pierre de la Victoire, dont la longueur – plus courte – évitait de faire retomber le rythme et l’intérêt du lecteur. Sébastien Capelle est en tout cas un auteur inventif que je risque de suivre avec intérêt à l’avenir, je me demande bien ce qu’il va bien pouvoir nous proposer dans ses prochaines créations !


Napoléon en Amérique, Sébastien Capelle

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

La Pierre de la Victoire

Qui a dit que les blogs étaient morts ? C’est en tout cas grâce à l’un d’eux, Blog à Part tenu par Alias, que j’ai découvert l’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui.

La Pierre de la Victoire est un texte de fiction, que j’ai envie de situer entre une longue nouvelle et un court roman, signé par Sébastien Capelle. C’est un récit uchronique qui commence en mars 1871 : les Prussiens assiègent Paris après leur victoire cinglante face aux troupes du Second Empire, le nouveau gouvernement républicain de Thiers a fui à Versailles, et le peuple parisien s’apprête à proclamer la Commune.

Georges Clemenceau est âgé de 29 ans et est maire du XVIII° arrondissement de Paris, celui de Montmartre et de sa butte. C’est un républicain modéré, qui cherche une troisième voie entre la majorité royaliste à l’Assemblée Nationale qui tente de restaurer la monarchie et les révolutionnaires parisiens qui veulent instaurer une République socialiste, le tout sous la menace de l’armée prussienne qui a vaincu six mois plus tôt les troupes de Napoleon III et fait tomber le Second Empire.

Pendant l’insurrection parisienne, Georges fuit sa mairie d’arrondissement par un passage souterrain, accompagné par Jeanne, fidèle secrétaire de mairie. Là, un événement va bouleverser l’Histoire : Jeanne est désormais possédée par l’esprit de Sequana, déesse de la Seine et protectrice de Paris, et Georges devient un être de pierre doté d’une force colossale et d’une résistance surnaturelle. Il résiste aux balles ennemies et peut ainsi harceler les troupes prussiennes qui encerclent la capitale, en endossant le costume de la Foudre, héros patriote qui restaure l’honneur et l’espoir des parisiens et des français après la cinglante défaite.

Sébastien Capelle nous offre donc un récit inclassable, qui navigue entre fiction historique, uchronie, fantastique voire fantasy, et même un côté super-héros avec cette version d’un jeune Georges Clemenceau transformé et costumé en super-héros de pierre.

Je ne connaissais pas suffisamment l’histoire de la Commune de Paris pour distinguer ce qui révèle de la vérité historique et de la fiction dans cette uchronie, mais l’auteur a eu l’excellente idée de conclure son texte par un chapitre où il rappelle l’Histoire réelle et où il détaille et explique les points de divergence qu’il a choisis pour son récit.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce court récit, c’est typiquement ce que j’attends d’une uchronie : passionnant d’un point de vue littéraire, et intelligemment écrit du point de vue historique. Cela me donne clairement envie de lire l’autre roman uchronique de cet auteur : Napoléon en Amérique.


La Pierre de la Victoire, Sébastien Capelle

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

The Expanse – 4. Cibola Burn

Cibola Burn est le quatrième volume de de la saga de science-fiction The Expanse signée James S.A. Corey, le nom de plume du duo composé des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck.

Il s’agit du roman qui sert de base à la quatrième saison, annoncée pour le 13 décembre prochain, de la série TV tirée de cette saga. J’ai donc découvert ce roman sans en connaitre à l’avance l’essentiel de l’intrigue, contrairement aux trois premiers tomes que j’ai lus en ayant déjà vu leur adaptation pour le petit écran.

L’intrigue tourne autour de la colonisation de New Terra, la première planète habitable découverte suite à l’ouverture des anneaux interstellaires à la fin du précédent roman. Une première vague de colons, des réfugiés de Ganymède qui ont erré de longs mois dans le système solaire pour être accueilli, en vain, afin de décider de s’installer sur New Terra quand l’existence de cette planète habitable a été installée. Depuis, une corporation a obtenu une concession des Nations Unies pour coloniser la planète et exploiter ses ressources naturelles.

Comme d’habitude avec The Expanse, ce roman se compose d’une cinquantaine de chapitres d’une dizaine de pages chacun, avec des personnages différents offrant autant de points de vue sur le récit :

  • Basia Merton est un réfugié de Ganymède, membre du groupe des premiers colons sur sur New Terra, ou Ilus comme ils l’appellent ; avec son groupe d’amis, il refuse l’arrivée imminente de la corporation
  • Elvi Okoye est une scientifique faisant partie de l’équipe envoyée par la corporation sur New Terra pour étudier la faune et la flore locale en vue de coloniser la planète
  • Dmitri Havelock est le chef adjoint de la sécurité à bord du vaisseau de la corporation qui arrive en orbite de New Terra
  • Evidemment, on retrouve une fois de plus James Holden, cette fois mandaté conjointement par les Nations Unies et l’OPA pour une mission de médiation afin d’éviter que la situation ne dégénère sur New Terra entre les premiers colons et les nouveaux arrivants
  • Enfin, quelques chapitres, plus courts, donnent la parole à Joe Miller, ou plutôt l’avatar du défunt détective, tel qu’il a été recréé par la proto-molécule pour dialoguer avec Holden

Ce qui m’a d’abord plu dans ce roman, en plus de son thème qui me semblait prometteur, c’est que certains protagonistes ont des liens avec des personnages rencontrés dans les tomes précédents. Ainsi, Basia était un ami de Prax dans le deuxième tome, nous avions alors eu l’occasion de le rencontrer brièvement, avec la mort de son fils dans la laboratoire secret où était également détenu la fille de Prax. Havelock était quant à lui le partenaire de Joe Miller quand celui-ci travaillait encore pour Star Helix sur Ceres. Ce sont des rappels qui font plaisir quand on suit une saga comme The Expanse avec une multitude de personnages qu’on suit le temps d’un roman mais qu’on abandonne parfois sans les revoir.

Malgré ce point plutôt sympathique, je dois dire que j’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman. Alors que j’en étais à la moitié, je me disais que c’était plaisant à lire mais que ça trainait un peu en longueur. J’espérais que la deuxième moitié serait à la hauteur des promesses à la fin du tome précédent.

Malheureusement, la suite ne m’a pas plus enchanté, et le roman m’a globalement déçu.

J’ai notamment trouvé que l’antagoniste principal, dont on devine d’ailleurs très vite qu’il le sera quand on le rencontre, est stéréotypé. C’est le chef de la sécurité de l’expédition lancée par la corporation, il représente le symbole de l’avidité sans fin des multinationales qui négligent volontairement l’impact humain de leurs choix, mais c’est fait sans nuance, le personnage ne semble être présent que pour sa fonction et n’existe pas vraiment en tant qu’être humain.

J’ai également eu l’impression que les auteurs ne savaient pas trop quoi faire de certains personnages secondaires. C’est particulièrement le cas de l’équipage du Roccinante, le vaisseau de James Holden. Si Naomi a droit à une certaine place dans le récit, avec un peu d’action, Amos et surtout Alex, le pilote, font plutôt de la figuration et leur présence n’apporte pas grand chose au récit. Ils m’ont semblé être comme des bagages que les auteurs étaient contraints de faire apparaître sans savoir comment les utiliser. 

J’ai tout de même admiré la capacité des auteurs à disperser les personnages à plusieurs endroits pour nous faire vivre l’action depuis différents points de vue, en faisant rebondir le récit d’un chapitre à l’autre et en limitant les angles morts. La gestion du rythme et du suspense est toujours aussi bonne, même si j’imagine que cette construction très américaine du roman peut gêner certains tant elle semble artificielle.

J’ai aussi apprécié les thèmes abordés par les auteurs, même s’ils sont si nombreux qu’on a parfois du mal à comprendre de quoi ils veulent vraiment nous parler. Cela commence comme un roman sur la colonisation, la nouvelle frontière, l’impérialisme, le terrorisme, puis on bascule dans le thriller médical avec des organismes locaux qui menacent les colons, avant de revenir au coeur de la saga : la découverte de la technologie dont la proto-molécule est issue, et ses effets le destin de l’espèce humaine. Tout est plutôt bon, mais l’ensemble manque un peu de cohérence.

Enfin, j’ai beaucoup aimé l’épilogue, qui reprend un peu de recul par rapport au récit sur Ilus / New Terra et permet d’espérer une suite plus palpitante.

Mon impression après avoir refermé ce livre est donc mitigée : cela reste bon, mais à mes yeux ce n’est clairement pas du même niveau que les précédents volumes. Pour moi, c’est sans hésitation le moins bon des quatre premiers tomes de The Expanse. J’espère que le prochain, le cinquième de la série, saura m’émerveiller à nouveau.


The Expanse – 4. Cibola Burn, James S.A. Corey

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

Lectures BD en vrac #2

Un peu moins d’un an après un billet du même type, je reviens vous parler de quelques BD lues récemment grâce au choix éclairé et diversifié de ma médiathèque préférée.


Quelques jours ensemble, Fanny Montgermont & Alcante

Une jolie bande dessinée sur la paternité, la maladie et la différence.

Xavier, la trentaine, patron d’une société d’infographie et coureur de jupons, est recontacté par Natacha, son ex qu’il a quittée quand ils avaient vingt ans. Atteinte d’un cancer pour lequel elle va être hospitalisée, il lui demande de s’occuper quelques jours de Julien, son fils de treize ans. Son fils, à elle, mais aussi à lui, bien qu’il en ignorait l’existence jusque là. Premier choc pour Xavier.

Deuxième choc quand il rencontre son fils : Julien est atteint d’une maladie qui provoque son vieillissement accéléré. Âgé de treize ans, Julien a l’apparence, et la fragilité cardiaque, d’un vieillard.

Cette BD nous propose donc une rencontre inattendue entre un père immature et franchement antipathique, et un fils forcé de mûrir plus vite que ses camarades. C’est un face-à-face dont Xavier ne sortira pas forcément inchangé.

Le dessin n’est pas forcément à mon goût, mais il fonctionne bien avec le récit. Celui-ci est sans grande surprise, efficace et sachant aborder des sujets difficiles. Cela donne une bande dessinée réussie, même s’il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement séduit.

Note : ★★★☆☆


Robin des Bois, Thomas Frisano, Pierre Boisserie, Héloret

Une adaptation en bande dessinée des aventures de Robin des Bois et de ses camarades. L’angle choisi est de commencer par nous raconter l’enfance des trois « bâtards » : Robin, Petit-Jean et Will, avant d’entrer véritablement dans le récit classique de la résistance de la bande de Sherwood contre les abus du Shérif de Nottingham et du Prince Jean. C’est plutôt plaisant à lire, surtout pour moi qui ai toujours adoré la figure de Robin des Bois.

Note : ★★★☆☆


Gatsby le magnifique, Stéphane Melchior-Durand

Je n’ai jamais lu le roman de F. Scott Fitzgerald, j’ai donc découvert l’histoire de Gatsby le magnifique avec cette adaptation en bande dessinée parue chez Gallimard BD.

Les dessins ne sont pas forcément à mon goût, surtout les visages des personnages que j’ai parfois confondus, notamment Gatsby et le narrateur Nick.

Le récit est intéressant et assez prenant, même si j’ai eu du mal à comprendre où tout cela nous menait et surtout quel est le propos de l’auteur : de quoi veut-il nous parler finalement ?

Peut-être le roman est-il plus réussi et mérite-t-il toutes les louanges entendues à son propos. Quant à celle adaptation en bande dessinée, elle se laisse lire mais je ne suis pas certain d’en garder un souvenir impérissable.

Note : ★★★☆☆


La partition de Flintham, Barbara Baldi

Une très jolie bande dessinée traduite de l’italien, qui nous plonge dans l’Angleterre du milieu du XIXème siècle où des jeunes filles, Clara et Olivia, se déchirent après la mort de leur grand-mère qui lègue à l’une le domaine familial et son manoir, à l’autre son patrimoine financier. Vexée, Olivia part à Londres avec la fortune dont elle a hérité, tandis que Clara, sans le sou, reste au domaine où elle doit entretenir le manoir.

Si le récit n’est pas vraiment surprenant, il est parfaitement servi voire sublimé par les magnifiques dessins. Le trait et les couleurs nous plongent réellement dans l’atmosphère du XIXème siècle anglais.

Cette bande dessinée est une jolie découverte et une belle réussite.

Note : ★★★★☆


Animabilis, Thierry Murat

Une bande dessinée assez étrange qui se déroule dans l’Angleterre de la deuxième moitié du XIXème siècle, où un jeune journaliste français vient enquêter sur une affaire de massacres plus ou moins ésotériques dont raffole le lectorat du journal parisien qui l’emploie.

Les dessins sont splendides et en parfait accord avec l’ambiance de l’histoire. Le récit m’a semblé un peu brouillon, mêlant enquête, mythes celtiques, religion et poésie. Difficile de s’y retrouver dans tout cela et de comprendre ce que l’auteur a voulu nous raconter.

Note : ★★★☆☆


Corps sonores, Julie Maroh

Une très jolie bande dessinée québécoise, composée de 21 histoires courtes sur le thème de l’amour : rencontres, disputes, doutes, pauses, ruptures, deuils, etc.

C’est finement écrit, joliment illustré, et l’ensemble est plutôt touchant. Le point marquant c’est la diversité des couples et des personnages : hétéros, gays, lesbiennes, trans, polyamoureux , handicapés, etc. Ça change, et c’est bienvenu de montrer l’amour sous toutes ses formes.

Note : ★★★★☆


Millenium – 1. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Sylvain Runberg & Homs

L’adaptation en bande dessinée du best-seller de Stieg Larsson : un polar scandinave qui fonctionne très bien, mais que je suis plutôt content d’avoir pu découvrir dans un album de BD en 130 pages plutôt que de devoir passer par la longue lecture d’un roman plus épais et son suspense savamment étiré.

Note : ★★★★☆


Les mille et une vies des urgences, Dominique Marmoux & Baptiste Beaulieu

Une très belle adaptation en bande dessinée du livre de Baptiste Beaulieu, lui même basé sur le blog où il racontait son quotidien de médecin aux Urgences.

Au début j’ai trouvé le dessin de Dominique Mermoux un peu trop léger ou flou, mais sur la durée j’ai trouvé qu’il a accompagnait très bien les histoires de Baptiste Beaulieu.

Voici une BD dont la qualité se dévoile progressivement. Cela commence comme une série d’anecdotes parfois drôles, parfois émouvantes, parfois les deux à la fois. Cela finit comme une belle leçon d’humanité, les yeux humides.

Note : ★★★★★


Castro, Reinhard Kleist

Une bande dessinée passionnante sur la vie de Fidel Castro.

On suit l’histoire de la révolution cubaine : l’enthousiasme des débuts, la transformation d’une révolution de libération populaire en une révolution communiste, les relations plus que difficiles avec le voisin impériale américain, le durcissement progression du régime en une dictature refusant la critique et muselant notamment les intellectuels, les effets de l’embargo commercial et l’appauvrissement de la population, et enfin la sécession entre Fidel Castro et son frère Raúl.

C’est une formidable leçon d’histoire en bande dessinée, le format idéal pour donner vie aux personnalités qui ont écrit cette Histoire : Fidel Castro bien sûr, mais aussi le « Che ».

Note : ★★★★★

Livres & Romans

The Expanse – 3. Abaddon’s Gate

Abaddon’s Gate est le troisième volume de de la saga de science-fiction The Expanse signée James S.A. Corey, le nom de plume du duo composé des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck. A ce jour, il s’agit du dernier roman adapté dans la série TV tirée de cette saga, les trois premières saisons diffusées couvrant globalement les trois premiers romans du cycle.

Le récit reprend là où Caliban’s War, le précédent volume, s’achevait :

For generations, the solar system – Mars, the Moon, the Asteroid Belt – was humanity’s great frontier. Until now. The alien artefact working through its program under the clouds of Venus has emerged to build a massive structure outside the orbit of Uranus: a gate that leads into a starless dark.

Jim Holden and the crew of the Rocinante are part of a vast flotilla of scientific and military ships going out to examine the artefact. But behind the scenes, a complex plot is unfolding, with the destruction of Holden at its core. As the emissaries of the human race try to find whether the gate is an opportunity or a threat, the greatest danger is the one they brought with them.

Comme dans le volume précédent, les auteurs nous proposent de suivre le récit à travers le point de vue de quatre personnages différents, mais hormis James Holden qui reste le protagoniste principal depuis le début de la saga, les trois autres personnages que nous suivons sont différents de ceux du tome précédent :

  • « Melba » se présente comme une technicienne à bord d’un vaisseau des Nations Unies en route vers l’Anneau, mais derrière cette identifié fictive se cache en réalité Clarissa Mao, la soeur cadette de Julie Mao et la fille de Jules-Pierre Mao, tombé en disgrâce après les événements du deuxième tome, que Clarissa veut venger en tuant Holden et son équipage
  • Bull est un ancien militaire des Nations Unies auprès de Fred Johnson, qu’il a ensuite rejoint au sein de l’OPA ; il est désormais chef de la sécurité à bord du Behemoth, l’immense vaisseau générationnel construit par l’OPA pour les Mormons, reconverti en vaisseau de guerre en route vers l’Anneau pour « représenter les intérêts » de l’OPA face aux puissances « coloniales » terriennes et martiennes
  • Anna est pasteur de l’Eglise méthodiste, elle est originaire de Russie et membre de la délégation civile qui approche l’Anneau à bord d’un vaisseau des Nations Unies ; elle a laissé sur Terre son épouse et leur jeune fillette âgée de moins de deux ans
  • Quant à James Holden, il est toujours capitaine du Roccinante, son vaisseau « emprunté » à l’armée martienne, toujours attaché à son équipage formé du pilote Alex, du mécanicien Amos et surtout de son officière en second, l’ingénieur Naomi ; depuis la fin du deuxième tome, il est également « hanté » par d’étranges apparitions du détective Joe Miller, mort à la fin du premier roman mais réapparu « comme par magie » par l’intermédiaire de la protomolécule

Nous avons à nouveau des personnages variés qui offrent des points de vue différents sur l’histoire qui se déroule au fil des plus de cinq cent pages du roman.

Je dois avouer que certaines personnages m’attiraient plus que d’autres : Holden a parfois tendance à m’agacer par son côté boy-scout, et le personnage d’Anna, qui nous parle beaucoup de sa foi, n’avait pas forcément grand chose pour me plaire. Les chapitres où Bull s’exprime étaient clairement mes préférés au début, avec les luttes de pouvoir au sein du Behemoth. Finalement, tous les personnages apportent quelque chose au récit et j’ai même suivi avec beaucoup d’intérêt ceux d’Anna, en particulier l’épilogue où elle conclut magnifiquement le roman.

Je dois noter un point que j’ai beaucoup apprécié : c’était déjà le cas dans le volume précédent, et contrairement à certains romans de SF ou de fantasy, l’auteur n’attend pas les derniers chapitres du roman pour qu’il se passe réellement quelque chose, pour que le récit avance vraiment.Dès le milieu du livre, il y a des scènes ayant un impact fort et des enjeux importants, telles qu’on les rencontre parfois dans les cinquante dernières pages d’un roman. Pas de tel artifice ici : l’intrigue avance, on n’a pas l’impression de lire 300 pages de progression un peu laborieuse vers un climax tant attendu.

Le rythme est bien géré, avec des moments où le rythme s’accélère et d’autres où le souffle retombe. Les auteurs gèrent très bien ces changements de rythme pour proposer un roman où les événements s’enchainent parfaitement, avec le bon compromis entre un récit haletant et des moments pour réfléchir et s’interroger sur les thèmes évoqués dans le livre.

Un bémol, toutefois, qui m’a particulièrement marqué dans ce troisième tome : une tendance des auteurs à tuer des personnages secondaires pour montrer que leur récit est sombre, que le danger est omniprésent et que personne n’est à l’abri d’une balle … sauf les personnages principaux que l’on suit depuis le début de la saga. J’ai parfois eu l’impression que les auteurs sacrifiaient des personnages secondaires que l’on avait suffisamment croisé pour s’y attacher et que leur mort ait un impact émotionnel sur le lecteur, mais sans oser s’attaquer aux personnages principaux, trop souvent intouchables dans ce genre de romans.

Ce travers n’enlève cependant rien à la grande qualité de ce roman, sans doute mon préféré des trois premiers volumes du cycle. Il y a de l’action, des personnages mémorables, des enjeux forts, et des interrogations intelligentes sur l’humanité et son avenir. La fin change beaucoup de choses, élargit encore les enjeux de la saga, et promet une évolution significative dans les prochains tomes, j’ai déjà hâte de découvrir cela dans le quatrième volume : Cibola Burn.


The Expanse – 3. Abaddon’s Gate, James S.A. Corey

Note : ★★★★★