L’Assommoir est le septième volume de la saga Les Rougon-Macquart d’Emile Zola. Le grand romancier y poursuit son portrait de la société française sous le Second Empire. Après les coulisses du pouvoir dans le roman précédent, place cette fois au petit peuple ouvrier de Paris.

Nous suivons la lente et fragile ascension sociale de Gervaise, la jeune fille boiteuse élevée à l’anisette par sa mère Joséphine Macquart. Au début du roman, abandonnée par son amant Lantier qui lui a donné deux fils, elle se marie avec le bon chapelier Coupeau et se met à compte comme blanchisseuse.

Les débuts du ménage sont prometteurs, mais on pressent que l’édifice est fragile, qu’une simple bourrasque peut faire chuter le château de cartes. On guette les signes avant-coureurs de la déchéance que l’on devine inévitable. C’est la triste fatalité des gens mal nés.

Le roman décrit également les rapports de voisinage dans ce quartier populaire de Paris. Les amitiés se font et se défont, au gré des jalousies provoquées par la réussite des uns et des autres. Les rumeurs circulent vite, qu’elles soient avérées ou non.

J’ai lu que ce roman avait suscité des polémiques lors de sa sortie, certains le trouvant trop cru. En effet, Emile Zola dresse un portrait dur et acerbe de la condition ouvrière dans cette seconde partie du XIXe siècle, mais je la crois volontiers réaliste. L’auteur n’est pas toujours tendre avec ses personnages, il ne nous épargne pas leurs faiblesses et leurs vices, mais il le fait pour éclairer leur condition vécue comme une fatalité.

L’Assommoir est un roman dur mais nécessaire, l’un de mes préférés de la saga des Rougon-Macquart pour le moment.


L’Assommoir (Les Rougon-Macquart #7), Emile Zola

Note : ★★★★☆

Laisser un commentaire