Cela fait plusieurs semaines que je n’ai pas publié mes chroniques de lecture des Rougon-Macquart. Je m’étais arrêté mi-février avec ma critique du très bon Au Bonheur des Dames.

Pourtant, j’ai continué à lire les volumes suivants de la saga familiale d’Emile Zola, mais j’ai préféré ne pas en parler ici, notamment parce que certains m’ont ennuyé au point de ne pas les achever. D’autres m’ont beaucoup plu, mais je manquais clairement de motivation pour en écrire une chronique réellement construite.

Ce matin, j’ai terminé la dernière ligne du dernier paragraphe du dernier chapitre du dernier des vingt volumes des Rougon-Macquart. J’ai trouvé dommage de ne pas en parler ici, pour porter un point final à cette expérience de lecture débutée au début de l’année.

Je vous propose donc de découvrir les courtes critiques des neuf derniers volumes des Rougon-Macquart, telles que je les ai rédigées à chaud et publiées sur Goodreads après chaque lecture.


La joie de vivre (#12) : ★★★★☆

Quelle belle surprise que ce douzième volume des Rougon-Macquart ! Je n’attendais pas grand chose de ce roman qui ne figure pas parmi les plus connus et appréciés de la saga d’Emile Zola, et j’ai pourtant été séduit par cette histoire de famille en Normandie, avec ses malheurs, ses histoires d’argent et de cœur, ses jalouseries, et ses sentiments entravés. Avec une mention spéciale pour Lazare, le fils de la famille, angoissé par la mort au point de ne pas savoir profiter de la vie.


Germinal (#13) : ★★★★☆

J’avais lu ce roman d’Emile Zola au lycée et j’en gardais un bon souvenir, pour sa description des classes sociales et de la violence sociale. Je viens de le relire, et c’est sans doute le roman le plus fort du cycle des Rougon-Macquart. Le plus politique également, sans doute. Quelle claque !


L’Oeuvre (#14) : ★★☆☆☆

Je ne suis pas parvenu à m’intéresser aux aventures du peintre maudit Claude Lantier, j’ai préféré renoncer plutôt qu’insister péniblement dans cette lecture qui me laissait de marbre.


La Terre (#15) : ★★☆☆☆

Comme pour le roman précédent de la saga des Rougon-Macquart, j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser à cette histoire. Après le Paris des artistes, la campagne des paysans m’a laissé indifférent et j’ai préféré ne pas insister. J’y reviendrai peut-être un jour, mais ce n’était pas le bon moment cette fois.


Le Rêve (#16) : ★★☆☆☆

Décidément, c’est le troisième volume consécutif des Rougon-Macquart que je ne parviens pas à achever. Manque de motivation, de concentration, ou véritable problème avec des romans moins à mon goût que les autres ? Quoiqu’il en soit, le problème ne devrait pas se poser avec le volume suivant, La Bête humaine, dont je garde un bon souvenir de ma lecture lorsque j’étais lycéen.


La Bête humaine (#17) : ★★★★☆

Peut-être mon roman préféré d’Emile Zola, lu quand j’étais adolescent et que j’étais déjà fasciné par les trains et les chemins de fer. J’avais très envie de le relire à l’âge adulte. Des années plus tard, je l’ai enfin relu et j’y ai retrouvé tout le plaisir que j’avais pris en le lisant adolescent, et peut-être plus encore. Zola excelle dans ce récit qui mêle histoires d’amour, d’argent, de crime, et de folie, sur fond de chemins de fer.


L’Argent (#18) : ★★★★☆

On retrouve dans ce dix-huitième volume des Rougon-Macquart le personnage d’Aristide Saccard que nous avions déjà suivi dans « La Curée », au début de la saga. Toujours obnubilé par l’argent, Saccard joue avec le feu et avec l’argent des autres dans des aventures financières qui ne peuvent que mal finir.

Émile Zola nous propose ainsi un portrait acide de la Bourse et de ses opérations douteuses, la spéculation cynique et folle, et la folie de tous ceux qui la pratiquent.

Si « La Curée » était le roman de la prospérité, de la croissance, des grands projets et de l’optimisme, celui-ci est son pendant, comme le revers de la médaille. Après les années de gloire et de prospérité du Second Empire, le pessimisme est de mise. La chute approche. La guerre contre la Prusse semble inévitable. Et avec elle, La Débâcle qui fera l’objet du prochain roman du cycle.


La Débâcle (#19) : ★★★★☆

La Débâcle fait partie des romans des Rougon-Macquart que je n’avais pas encore lu et c’est pourtant l’un des meilleurs à mes yeux. Emile Zola y raconte parfaitement la guerre de 1870, la débâcle militaire et la chute du Second Empire, à travers le regard des soldats ordinaires entraînés dans une guerre aussi affreuse que désespérée.


Le Docteur Pascal (#20) : ★★★★☆

Si le récit de ce vingtième et dernier volume des Rougon-Macquart n’est pas le plus passionnant de tous, ce livre offre tout de même une très belle conclusion à une œuvre monumentale.

A travers ses personnages, en particulier le Docteur Pascal mais aussi sa nièce et amante Clotilde, Émile Zola dresse le bilan de sa saga familiale. Après avoir raconté la chute du Second Empire dans le volume précédent, il met un terme au récit familial, sur une jolie fin douce-amère qui mêle chagrin et optimisme. Remarquable.


J’ai passé un peu plus de deux mois à lire les vingt romans quo composent cette saga familiale et historique. J’en garde d’excellents souvenirs, avec certains romans de très grande qualité malgré quelques moments faibles au milieu du cycle. Je suis très content d’avoir mené cette expérience de lecture aussi exigeante que passionnante.

Je connaissais Emile Zola pour avoir lu certains de ses romans les plus connus quand j’étais adolescent, mais j’ai véritablement découvert son oeuvre en lisant tous les Rougon-Macquart en ce début d’année. Sa double ambition d’écrire à la fois une saga familiale sur l’hérédité et un portrait social et historique du Second Empire donne un résultat magistral et remarquable, qui a évidemment toute sa place parmi les grands classiques de la littérature française et mondiale.

Tout a commencé à Plassans, ville provençale fictive, lors du coup d’Etat de décembre 1851 donnant naissance au Second Empire. Tout s’achève à Plassans après la chute de celui-ci. Entre les deux, vingt romans et une page d’histoire, familiale et nationale. Un chef d’oeuvre en vingt tomes.

8 réflexions sur “Les Rougon-Macquart : suite et fin (#12 à 20)

    1. Ça n’a pas toujours été facile, mais après avoir lu et aimé les trois ou quatre premiers, je savais que j’irai au bout. Par contre j’ai choisi de ne pas insister pour les tomes qui m’ennuyaient vraiment trop, j’ai parfois renoncé après en avoir lu un quart ou un tiers si je n’y prenais aucun plaisir.

  1. Globalement assez d’accord avec toi sur les « lignes de force » : Germinal, La Bête Humaine, L’Argent, la débacle. Pareil sur le Reve qui m’est tombé des mains ! En revanche la Joie de vive m’a pas emballé, et au contraire, j’ai beaucoup aimé La Terre.

    Mais ce qui me fait plaisir, c’est que tu aies aimé le Dr Pascal, qui semble assez peu côté, et qui m’a touché, peut être parce que c’est la fin, et comme tu les dis si justement « Tout a commencé à Plassans, (…) Tout s’achève à Plassans »

    Un jour, à « tête reposée » reprends Nana. J’en ai encore des frissons en repensant à cette fin magistrale.

    L’idée de lire les Rougon Macquart d’une traite m’a habité très longtemps depuis l’adolescence, probablement, et l’avoir fait a été vraiment un moment majeur de ma vie de lecteur.

  2. Oui, quand je vois comment « Nana » est très apprécié, je pense que je le relirai un jour de façon isolée, pour me refaire un avis sans la lassitude d’enchainer les vingt volumes en quelques semaines.

  3. Je vois que j’ai affaire à un connaisseur, j’aimerai tenter de tous les lire mais ça doit être éprouvant, même si dans l’ensemble je trouve que ce sont de belles lectures il y a énormément de passages très soporifiques! Je pense qu’il faut les enchaîner avec d’autres lectures pour garder la concentration à son maximum! En tout cas félicitation de les avoir tous lus (même si certains ont dû être abandonnés!)!

    1. Oui, tu as raison : si c’était à refaire, je pense que j’aurais alterné la lecture d’un volume des Rougon-Macquart avec celle d’un autre livre, pour éviter un effet de lassitude à mon avis inévitable avec l’oeuvre certes passionnante mais parfois aride de Zola.

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