Livres & Romans

The Vampire Lestat

Après avoir relu avec plaisir Interview with the Vampire, le roman d’Anne Rice qui a modernisé le mythe du vampire dans le dernier quart du vingtième siècle, j’avais très envie de lire les romans suivants de la saga vampirique de l’actrice américaine. Je me suis donc attaqué au deuxième roman de la série : The Vampire Lestat.

Après avoir suivi les aventures de Louis, le vampire presque humaniste du premier roman, nous changeons de narrateur dans ce deuxième roman, puisque Anne Rice nous propose ici le point de vue de Lestat, le « géniteur vampirique » de Louis.

Le roman débute en 1984, alors que Lestat a entamé une carrière de rock-star et qu’il s’apprête à publier son autobiographie. C’est le texte de celle-ci qui compose l’essentiel du roman.

C’est plutôt intéressant de retrouver Lestat qui nous raconte sa destinée, de sa jeunesse mortelle à la fin du XVIIIe siècle jusqu’à son projet fou de révéler l’existence des vampires à travers sa carrière de vampire-rockeur au milieu des années 1980.

Vu de l’intérieur, on découvre un personnage très différent du vampire antipathique, cruel et désabusé qui empoisonnait la vie de Louis dans Interview with the Vampire. C’est un contrepoint intéressant, qui éclaire d’un oeil neuf certains éléments du premier roman.

Le récit souffre toutefois de quelques longueurs au milieu, au bout d’un moment je me demandais où l’autrice voulait nous emmener. Heureusement, les révélations finissent par se succéder et le rythme s’accélère même franchement dans la dernière partie.

Il faut comprendre que nous avons presque affaire ici à un récit à histoires : au fur et à mesure du récit de Lestat, il rencontre des vampires ancestraux qui lui racontent leur vie mortelle et immortelle, nous remontons ainsi le temps, comme si nous feuilletions une Histoire des vampires, jusqu’aux origines de ces créatures de l’ombre. Le récit remonte effectivement très loin dans le temps, et c’est la partie que j’ai préféré dans le roman.

La fin s’achève sur un cliffhanger qui promet de l’action et sans doute de nouvelles révélations dans le prochain roman : The Queen of the Damned, que je ne devrais pas tarder à lire à son tour.


The Vampire Lestat, Anne Rice

Note : ★★★★☆

Musique

Plus rien – Les Cowboys Fringants

Je sais qu’il est facile aujourd’hui de trouver des extraits de chansons, de livres ou de films qui auraient prédit la crise sanitaire dans laquelle nous sommes plongés.

Pourtant, il y a une chanson à laquelle j’ai tout de suite pensé depuis que le COVID-19 est entré dans nos vies. Il s’agit de Plus rien, tirée de l’album La grande messe de mon groupe de musique préféré : Les Cowboys Fringants. Ce groupe québécois, que je devais d’ailleurs aller voir en concert au mois de mars avant que le confinement ne décale cela en octobre, a écrit ce texte en 2004.

Je vous laisse en découvrir le clip, ainsi que les paroles, qui trouvent tout leur sens face aux crises successives que nous vivons et qui sont amenées à se reproduire et s’amplifier, comme l’actualité nous le montre chaque jour.

Tout ça a commencé il y a plusieurs années
Alors que mes ancêtres étaient obnubilés
Par des bouts de papier que l’on appelait argent
Qui rendaient certains hommes vraiment riches et puissants

Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien
Étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins
Pour s’enrichir encore ils ont rasé la terre
Pollué l’air ambiant et tari les rivières

Mais au bout de cent ans des gens se sont levés
Et les ont avertis qu’il fallait tout stopper
Mais ils n’ont pas compris cette sage prophétie
Ces hommes-là ne parlaient qu’en termes de profits

C’est des années plus tard qu’ils ont vu le non-sens
Dans la panique ont déclaré l’état d’urgence
Quand tous les océans ont englouti les îles
Et que les inondations ont frappé les grandes villes

Et par la suite pendant toute une décennie
Ce fut les ouragans et puis les incendies
Les tremblements de terre et la grande sécheresse
Partout sur les visages on lisait la détresse

Les gens ont dû se battre contre les pandémies
Décimés par millions par d’atroces maladies

Puis les autres sont morts par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien …
Plus rien …
Plus rien …

Livres & Romans

Interview with the Vampire

Après avoir enfin lu le Dracula de Bram Stoker, je me suis décidé à lire une autre oeuvre emblématique du mythe vampirique : Interview with the Vampire, de l’écrivaine américaine Anne Rice.

Outre son succès auprès des lecteurs, ce roman est également connu pour son adaptation sortie au cinéma en 1994, avec Brad Pitt et Tom Cruise dans les rôles principaux.

Le titre nous renseigne d’abord sur un point : nous allons lire un entretien avec un vampire. Enregistré par un jeune journaliste à la fin du XX° siècle, le récit du vampire prénommé Louis nous fait découvrir le mythe du vampire revisité par Anne Rice.

Louis est né en Louisiane à la fin du XVIII° siècle, il avait une vingtaine d’années quand il a été attaqué et transformé en vampire par Lestat, avec qui il va partager sa vie pendant de longues décennies malgré leurs différences de personnalité. Lestat est sans scrupule, sans foi, là où Louis doute, culpabilise, s’interroge sur l’origine des vampires, refuse sa condition de tueur sanguinaire.

Quand Lestat vampirise une jeune fillette, le duo devient un drôle de trio, avec les deux « pères » d’une vampire qui ne ne grandit pas, condamnée à garder son corps d’enfant. Les aventures de Louis vont ensuite l’amener en Europe centrale, puis à Paris, où sa vie va changer à nouveau.

Ce qui traverse ce livre du début à la fin, c’est la quête de Louis pour comprendre le bien et le mal et sa place dans le monde. C’est aussi l’histoire d’une relation complexe entre Louis et son « maître » Lestat, comme entre un fils et un père qui ne se comprennent pas.

J’ai tendance à considérer ce livre comme celui qui a donné naissance au mythe moderne du vampire, en le rajeunissant et en le remettant au goût du jour, à l’époque où le roman est sorti en tout cas, c’est-à-dire au coeur des années 1970.

Il y a des passages passionnants dans ce roman, d’autres un peu moins, mais j’ai pris du plaisir à le relire. Je crois même que j’ai plus apprécié cette seconde lecture que la première. Suffisamment en tout cas pour me donner envie de lui les romans suivants des Vampire Chronicles d’Anne Rice.


Interview with the Vampire, Anne Rice

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Dracula – Bram Stoker

Après deux tentatives infructueuses ces dernières années, l’une dans la version originale en anglais, l’autre dans sa traduction française, j’ai enfin réussi à terminer ce classique de la littérature fantastique, le fameux Dracula de Bram Stoker. J’avais choisi la version originale pour profiter directement et pleinement du texte de l’auteur irlandais et britannique.

Si je n’avais pas réussi à le terminer les deux premières fois, c’est parce qu’après une première partie captivante, qui nous plonge dans l’ambiance étrange puis terrifiante du château de Dracula en Transylvanie, la suite est moins prenante, plus lente. J’ai eu le même ressenti cette fois encore, mais j’ai tenu bon pour aller jusqu’au bout.

Je l’ai dit, la première partie se déroule en Transylvanie, où le jeune avocat anglais Jonathan Harker a été convié par le mystérieux comte Dracula dans son château isolé pour finaliser l’achat d’une maison en Angleterre. Le jeune britannique y découvre un lieu étrange, hors du temps, et un comte Dracula excentrique et inquiétant.

La deuxième partie s’intéresse au destin de Lucy Westenra, l’amie d’enfance de la fiancée de Jonathan, Mina Murray, courtisée par trois hommes différents : le psychiatre John Seward, l’américain Quincey Morris, et l’aristocrate Arthur Holmwood dont elle accepte la demande en mariage.

La troisième partie raconte la lutte entre Dracula, désormais en Angleterre, et le groupe formé par Jonathan, Mina et les amis de Lucy, menés par le professeur hollandais Van Helsing.

La première partie nous plonge dans une atmosphère sombre et glaçante, on reconnait bien la patte de l’horreur victorienne. La suite est moins réussie à mes yeux : les chapitres s’enchainent, parfois répétitifs, souvent ennuyants, et la fin m’a semblé arriver abruptement au vu du rythme du reste de l’ouvrage.

Nous avons donc affaire à une classique de la littérature fantastique, un livre-culte qui a engendré le mythe toujours vivant (sans jeu de mot) du vampire Dracula, mais c’est aussi un livre qui n’a pas forcément très bien vieilli. Certains classiques sont indémodables, tant par le récit que par le style ; ce n’est pas, à mes yeux, le cas de celui-ci, au-delà de sa place indéniable dans l’histoire de la littérature fantastique.


Dracula, Bram Stoker

Note : ★★★☆☆