J’ai une histoire compliquée avec la trilogie de romans de Richard K. Morgan mettant en scène son héros Takeshi Kovacs. J’avais commencé à lire le premier roman Altered Carbon après avoir vu la première saison de la série TV du même nom sur Netflix, mais j’avais abandonné ma lecture au milieu. J’y suis revenu récemment, et j’ai cette fois pris beaucoup de plaisir, au point d’avoir envie de lire les deux romans suivants.


40792913._SY475_

Altered Carbon est donc le premier tome d’une trilogie de romans de l’écrivain britannique Richard K. Morgan. J’ai découvert cette oeuvre à travers son adaptation en série TV par Netflix : j’avais trouvé cela sympathique sans en garder non plus un souvenir inoubliable. Malgré tout, la lecture récente du jeu de rôles Eclipse Phase, inspiré notamment de l’imaginaire décrit par Richard K. Morgan dans Altered Carbon et ses suites, m’avait donné envie de plonger dans la trilogie.

Il faut d’abord avoir conscience d’une chose : Altered Carbon est un polar dans un univers de science-fiction transhumaniste. Dans ce futur imaginé, l’esprit d’un être humain peut être numérisé et transféré d’un corps à un autre : la mort n’est vraiment réelle que si on efface toutes les sauvegardes de l’esprit d’une personne. Les plus riches passent sans cette d’un corps à un autre et peuvent ainsi vivre jusqu’à trois siècles, quand les plus pauvres doivent travailler toujours plus dur pour disposer d’un corps correct.

Je dois également faire une remarque sur la structure du livre : contrairement à de nombreux romans parfaitement calibrés avec des chapitres de taille quasiment identiques, généralement entre 10 et 15 pages, celui-ci varie les plaisirs : certains chapitres atteignent tout juste 10 pages quand d’autres dépassent les 20 voire 25 pages. C’est déroutant quand on est habitué aux productions littéraires récentes où tout est finement calculé pour plaire au plus grand nombre, et c’est suffisamment notable pour que je le signale ici.

Malheureusement, un polar dans un univers de science-fiction reste un polar, et c’est un genre qui ne m’a jamais vraiment plu. Si j’ai aimé certains romans policiers old-school (Agatha Christie a bercé mon adolescence), j’ai toujours du mal avec les polars, leurs ambiances sombres et souvent poisseuses, et les enquêtes qui avancent péniblement avec un détective plus ou moins sympathique, voire carrément antipathique.

Après avoir tenu plus de la moitié du livre lors de ma première lecture, j’avais fini par renoncer. L’univers décrit par l’auteur est passionnant, il donne envie d’en savoir plus, mais le récit m’avait littéralement ennuyé. J’avais tenté péniblement de passer outre en poursuivant ma lecture mais j’avais fini par me résoudre à abandonner, constatant avec amertume que ce livre n’était pas fait pour moi.

Je ne pouvais même pas dire que c’est un livre raté. Je suis bien incapable de juger s’il s’agit ou pas d’un bon polar. Par contre, je pouvais dire que le décalage – sans doute voulu par l’auteur – entre l’univers très inventif et le récit très classique n’avait pas produit chez moi les effets désirés.

Et puis il y a eu cette seconde lecture, plus récemment. C’est étrange comme on peut avoir un ressenti totalement différent sur le même livre à quelques mois d’intervalle. Cette fois, j’ai été captivé par le récit dès le début et malgré une petite baisse d’intensité au milieu, j’ai tenu bon et j’ai pris dans cette deuxième lecture un plaisir que je n’avais pas connu la première fois. Comme quoi, il est parfois bon de laisse une seconde chance à un roman qui nous a déçu mais dont on perçoit un potentiel à côté duquel on est peut-être passé la première fois. C’est bien le cas ici, sans que je comprenne bien pourquoi. Sans doute une question d’état d’esprit au moment de la lecture.

Altered Carbon, Richard K. Morgan

Note : ★★★★☆


11398180._SY475_

Le deuxième épisode des aventures de Takeshi Kovacs est très différent du premier. Après le mélange de science-fiction et de roman noir dans Altered Carbon, nous avons affaire ici à un roman de guerre mêlé d’aventure archéologique.

C’est plutôt bien fait, même si j’ai regretté quelques longueurs à plusieurs moments du récit. J’ai trouvé ce deuxième roman un peu moins réussi que le premier, peut-être parce qu’il innove moins et que le genre sur lequel il s’appuie (le roman de guerre) me plait moins a priori.

L’auteur en profite tout de même pour étendre la mythologie de son univers de science-fiction, et livre surtout une description parfaite de la guerre et de ce que cette expérience représente pour les soldats comme pour les civils.

Broken Angels, Richard K. Morgan

Note : ★★★☆☆


29397

J’ai malheureusement abandonné ce troisième roman de la série après en avoir lu un gros tiers.

L’excès de scènes d’action m’a profondément ennuyé et m’a carrément donné envie de sauter des chapitres entiers. Si l’action était toujours très présente dans les deux précédents romans de la trilogie, le dosage me paraît ici déséquilibré.

Tant pis, je n’irai au bout des aventures de Takeshi Kovacs, mais je n’y prenais aucun plaisir dans ce troisième et dernier volume.

Woken Furies, Richard K. Morgan

Note : ★★☆☆☆


Comme je le disais en introduction, j’ai donc une histoire compliquée avec cette trilogie. Une première tentative de lecture avortée du premier roman, une seconde tentative plus concluante, une petite baisse de plaisir pour le deuxième tome, et un abandon net pour le troisième et dernier livre. Cette fois, je ne pense pas y revenir un jour ! D’autant que la deuxième saison de la série adaptée des romans ne me donne pas une grande impression après en avoir vu deux ou trois épisodes, je ne suis pas certain non plus de la terminer …

Laisser un commentaire