Si je suis évidemment un gros lecteur, il m’arrive également de m’essayer parfois à l’écriture, même si je n’ai jusque là jamais réussi à produire quoi que ce soit dont je sois vraiment fier, et encore moins digne d’être publié.

Je ne désespère toutefois pas, et pour m’aider dans cette pratique qui tient à la fois de l’art et de la technique, je lis régulièrement des livres sur l’écriture, qu’ils soient des témoignages d’écrivains sur leur quotidien d’auteur, des recueils de conseils pratiques, ou un mélange de tout cela.

Je vous propose donc de partager avec eux mes quelques lectures sur l’écriture, en commençant par ceux qui m’ont été recommandés comme des références sur le sujet.


Comment écrire des histoires, Élisabeth Vonarburg

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En français, le choix reste limité, on a rapidement  fait le tour des livres qui peuvent faire figure de référence. Je ne peux conseiller que l’excellent et à mes yeux indispensable Comment écrire des histoires d’Élisabeth Vonarburg.

C’est un très bon livre pédagogique sur l’écriture de fiction. Je le recommande à tous les apprentis écrivains francophones, il est rempli de bons conseils et de rappels théoriques très utiles.

Note : ★★★★☆


The Art of Fiction, John Gardner

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Cela faisait longtemps que je voulais lire cet ouvrage qui m’avait été présenté comme une lecture quasi-indispensable pour quiconque veut s’essayer à l’écriture de fiction. Je dois dire que j’ai été un peu déçu.

Tout d’abord, je dois tout de même reconnaître que beaucoup d’éléments présentés dans ce livre m’ont semblé très justes, notamment l’idée développée tel un fil rouge par l’auteur, selon laquelle la fiction est comme un rêve éveillé que l’auteur propose à son lecteur et qu’il doit donc alimenter tout au long de son texte pour maintenir le lecteur dans cet état de rêve lucide.

Par contre, j’ai été gêné par le ton condescendant de l’auteur, ses idées très arrêtées sur ce que doit être la bonne littérature, mais aussi par le style très verbeux du livre.

Je m’attendais à un guide pratique et pédagogique sur l’écriture de fiction, et si l’auteur présente et détaillé des idées qui me semblent très pertinentes, il le fait dans un texte peu aisé à lire et gâché par des opinions personnelles qui peuvent déranger voire agacer le lecteur.

Note : ★★★☆☆


Write Away, Elizabeth George

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Après avoir été un peu déçu par le ton parfois aride et souvent condescendant de The Art of Fiction de John Gardner, j’ai par contre été enchanté par ce livre de la romancière américaine Elizabeth George, dont je n’avais pourtant lu aucun livre jusqu’à celui-ci.

Malgré quelques exemples un peu longs parfois, et souvent tirés de ses propres oeuvres, Elizabeth George répond dans ce livre à l’essentiel des attentes qui étaient les miennes en commençant cette lecture. Cet ouvrage est très proche de ce que je recherchais, avec un mélange bien dosé entre le témoignage d’une romancière expérimentée, la description détaillée de son processus d’écriture, et des conseils pratiques pour ceux qui s’essayent à l’écriture de fiction.

Au-delà des conseils sur le processus d’écriture, l’autrice réussit également par petites touches à écrire une ode à l’écriture, à la fois passion et métier, en mettant en garde ceux qui veulent écrire pour acquérir le statut d’auteur, et tout ce qui va avec (célébrité, argent, gloire, etc.), sans la passion d’écrire qui doit être le principal moteur. Ecrire même sans l’ambition ou l’objectif d’être publié, car on ne peut tout simplement pas ne pas écrire.

Note : ★★★★☆


On Writing, Stephen King

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Je ne suis pas un grand lecteur des romans de Stephen King. J’en ai lus une petite dizaine quand j’étais plus jeune, puis j’ai fini par le lasser. Je ne remets pas du tout en cause la qualité de ses romans, mais le lecteur que j’étais et que je suis toujours avait alors besoin de se nourrir avec d’autres auteurs, d’autres récits.

Pourtant, je me suis décidé à lire ce livre de Stephen King, qui est souvent cité parmi les références quasi-indispensables quand on recherche des livres sur l’écriture.

J’ai été surpris par le premier tiers du livre, un peu étrange, où Stephen King nous raconte des épisodes de sa vie, de l’enfance à l’âge adulte. Une suite d’anecdotes certes sympathiques mais pas toujours passionnantes, et surtout éloignées de ce que j’attendais de ce livre.

La suite est heureusement bien meilleure, et l’auteur s’intéresse alors au coeur du sujet : son métier d’écrivain, sa façon d’écrire, ses conseils aux auteurs débutants ou plus expérimentés. J’ai trouvé cela très intéressant et riche en conseils que l’on peut retenir ou pas pour sa pratique personnelle. C’est en tout cas passionnant de découvrir la façon de travailler d’un auteur aussi populaire que Stephen King, avec ses dizaines de best-sellers.

Note : ★★★★☆


La suite probablement dans quelques jours ou semaines, car j’ai encore de nombreux livres sur l’écriture qui m’attendent dans ma pile à lire, ou plutôt sur ma liseuse.

3 réflexions sur “Des livres sur l’écriture (1)

  1. (petit préalable : ce qui suit est le prototype du commentaire pour se fâcher avec l’auteur du blog ;) )

    Comme je connais bien ce refrain : « je dois d’abord avaler tout ce qui a été écrit sur l’écriture avant d’écrire ». Alors, tu vas m’allumer un bucher et bruler tous ces livres :)

    Écris, écris, écris. Et puis écris aussi. D’abord pour trouver ta voix, et puis pour apprendre. « Je suis nul en dialogue », écris un dialogue. « J’ai du mal à construire une histoire », écris là en vrac et construis la après. Écris, écris, écris, et après, tu pourras piocher dans les bouquins (que tu auras brulé :) )pour comprendre des trucs.

    Trouve un ou deux lecteurs fiables. Pas ceux qui vont te dire « j’ai bien aimé », mais qui vont décortiquer ton texte. Des gens en qui tu as une confiance personnelle forte pour qu’ils puissent te dire des choses désagréables sans que tu puisses soupçonner la moindre malveillance. Et pour qu’ils puissent oser te dire des trucs pas très agréables à entendre.

    Ô je le connais le refrain  » je n’ai (…) jamais réussi à produire quoi que ce soit dont je sois vraiment fier ». Ça risque bien de ne jamais arriver, on est le plus mauvais juge de soi même. Exercice pratique : prends un texte dont tu n’es pas trop mécontent. Lis le un jour où tu es en plein forme, et un jour où tu es déprimé. Tu liras deux textes différents. Écris et laisse les autres juger. D’abord les deux ou trois cités ci dessus, puis d’autre, puis des professionnels. N’attends pas d’être satisfait toi.

    Écris d’abord, et apprend ensuite. De tes écrits, et peut être des livres dont tu parles (j’ai bien aimé celui de King, le Elizabeth George m’est tombé des mains), mais après avoir écrit.

    La seule vraie question qui vaille : « ai-je un truc, là, au fond de l’estomac qui doit être écrit ? ». Si oui, écris, merde ! Sinon, il y a plein d’autres choses à faire.

    Adieu :D

    1. Petit préalable : je ne suis pas fâché :-)

      D’autant plus que je suis d’accord avec toi : le meilleur moyen d’apprendre à écrire, c’est d’écrire. C’est d’ailleurs ce que répètent de nombreux auteurs que j’ai pu lire ici ou là.

      Je te rassure : j’essaye d’écrire un peu chaque jour, même si le résultat ne me plait généralement pas.

      Je te rejoins tout de même sur un point : cette tendance à vouloir absorber la « bonne parole » d’écrivains reconnus est aussi un moyen pour moi de repousser le moment de me confronter au plus important : écrire sérieusement, me lancer dans un projet concret au lieu de papilloner.

      1. En fait, je savais que je ne te fâcherai pas, j’ai juste fait mon insupportable cabot :) Hâte d’acheter ton livre alors

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