Comics & BD

Lectures BD en vrac #4

Quelques bandes dessinées lues récemment grâce à l’excellente sélection de la médiathèque de ma ville.

Il fallait que je vous le dise, Aude Mermilliod

Une sublime bande dessinée d’Aude Mermilliod, un récit à deux voix avec le médecin et romancier Martin Winckler. L’une raconte son expérience personnelle d’un avortement il y a quelques années, l’autre son parcours comme médecin sensibilisé très tôt à la question de la contraception et qui a décidé de pratiquer des IVG pour aider les femmes qu’il recevait comme généraliste.

Une BD émouvante et utile, qui dit la vérité sur un sujet complexe.

Note : ★★★★★


Confessions d’un enragé, Nicolas Otéro

Liam, fils de deux expatriés français au Maroc, a 4 ans quand il est mordu par un chat atteint de la rage. Ses parents réagissent immédiatement et le garçonnet reçoit le traitement nécessaire pour lui sauver la vie. Mais le combat n’est peut-être pas terminé. Liam grandit, sent la rage monter en lui, perd le contrôle et cède régulièrement aux instincts du chat enragé qui l’habite.

Derrière cette histoire étonnante, entre fantastique et récit psychologique, et joliment servie par des dessins de qualité, j’ai découvert une bande dessinée atypique mais réussie. Peut-être pas ma BD de l’année, mais assurément une lecture plaisante et bien écrite.

Note : ★★★☆☆


L’âge d’or (volume 1), Cyril Pedrosa & Roxanne Moreil

Une bande dessinée écrite par Roxanne Moreil et illustrée par Cyril Pedrosa, dont on reconnaît tout de suite le coup de crayon si particulier : un dessin presque géométrique et un jeu subtil avec les couleurs. C’est un style particulier, il faut sans doute l’apprivoiser pour l’apprécier, mais je dois dire que j’aime bien.

Le récit lui-même est une fable médiévale avec des accents très actuels, sur le pouvoir et les rapports entre le peuple et ses gouvernants. La fin est abrupte, mais annonce une suite que je serais curieux de lire pour voir où tout cela nous mène.

Note : ★★★☆☆


Histoires Dessinée de la France – 1. La balade nationale : les origines, Sylvain Venayre & Étienne Davodeau

« La balade nationale : les origines » est le premier volume d’une collection ambitieuse : proposer une nouvelle Histoire de France en bande dessinée. Chaque album sera créé par un duo composé d’un historien spécialiste de la période et d’un dessinateur.

Dans ce premier opus, l’historien Sylvain Venayre et le dessinateur Etienne Davodeau nous offrent une drôle de balade – nationale, comme l’indique le titre – en quête des origines de la France.

Nous découvrons cinq personnalités emblématiques de l’histoire de France, ressuscitées dans la France d’aujourd’hui : Jeanne d’Arc, Molière, le général républicain Alexandre Dumas (père), Jules Michelet, et Marie Curie.

Accompagnés du cercueil exhumé du maréchal Pétain (qui s’exprime lui aussi), ils parcourent la France, ce voyage étant le prétexte pour nous parler des origines supposées de la France, de l’utilisation politique de l’Histoire et des images, et des notions de frontières, de peuple et d’identité nationale.

Les 110 pages de la BD sont suivies par une cinquantaine de pages documentaires consacrées aux biographies des personnages de la BD et aux notions évoquées tout au long du récit. Ces notices historiques complètent parfaitement le récit illustré.

L’ensemble donne un récit parfois un peu académique mais d’une finesse et d’une intelligence remarquables. C’est un premier album très réussi, une parfaite introduction pour une collection dont j’ai hâte de découvrir les prochains volumes.

Note : ★★★★★

Comics & BD

Lectures BD en vrac #3

Je continue à vous parler des BD que j’ai lues récemment grâce au choix éclairé et diversifié de ma médiathèque préférée.


Gagner la guerre – 1. Ciudalia, Frédéric Genêt d’après Jean-Philippe Jaworski

J’avais beaucoup aimé le roman « Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski et plus généralement toute son oeuvre se déroulant dans le Vieux Royaume. J’ai donc découvert avec plaisir à la médiathèque cette adaptation en bande dessinée, signée par Frédéric Genêt.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé l’ambiance si particulière du Vieux Royaume, cet univers de low-fantasy de style Renaissance, avec ses intrigues de cour et ses complots à multiples niveaux. Le dessin de Frédéric Genêt nous plonge parfaitement dans cette atmosphère et dépeint très bien les personnages que j’ai eu plaisir à découvrir à nouveau.

Une très bonne adaptation en bande dessinée d’un excellent roman, cela me donne envie de lire le deuxième album, sorti tout récemment.

Note : ★★★★☆


Écojolie, Tignous

Un très joli recueil de dessins signés Tignous sur l’écologie. Certains sont drôles, d’autres sont très forts, les meilleurs marient les deux. La preuve qu’un dessin est parfois plus éloquent que des mots.

Note : ★★★★☆


Dorian Gray, Enrique Corominas, d’après Oscar Wilde

Une très belle adaptation en bande dessinée de l’œuvre d’Oscar Wilde. Les dessins sont sublimes et reflètent parfaitement l’atmosphère victorienne du livre. Le récit m’a peut-être moins plu, mais je crois que le roman lui-même m’avait laissé sur ma faim.

Note : ★★★☆☆


Heimat : Loin de mon pays, Nora Krug

Un roman graphique atypique, écrit par une allemande née dans les années 1970 et qui vit désormais aux Etats-Unis. Elle nous raconte son enquête sur ses origines, sur sa famille et en particulier leur histoire et leurs actes sous le régime nazi.

Esthétiquement, c’est très réussi, avec ce mélange de dessins, de textes et de collages de photos.

Le récit lui-même m’a semblé long par moment. L’enquête est intéressante et certainement utile, mais je ne sais pas si tout ce que Nora Krug est passionnant.

Le projet est tout de même suffisamment utile, atypique et bien réalisé pour être une réussite notable.

Note : ★★★★☆


Gavrilo Princip : L’homme qui changea le siècle, Henrik Rehr

Une excellente bande dessinée qui raconte l’assassinat du prince héritier d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914, l’étincelle qui a embrasé la poudrière des Balkans et déclenché la Première Guerre Mondiale. Le récit est principalement centré sur Gavrilo Princip, le jeune nationaliste serbe qui a appuyé sur la détente, avec des parallèles sur la vie du prince François-Ferdinand et son épouse Sophie, tous deux victimes de l’attentat.

Le dessin est sombre mais très efficace. Le récit est prenant, avec quelques pages bien amenées qui expliquent le contexte historique et géopolitique des Balkans à la fin du XIX° siècle et au début du XX°.

Le résultat est passionnant : une belle leçon d’histoire, joliment illustrée – c’est le cas de le dire – par le destin d’individus pris dans le courant de l’Histoire.

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Lectures BD en vrac #2

Un peu moins d’un an après un billet du même type, je reviens vous parler de quelques BD lues récemment grâce au choix éclairé et diversifié de ma médiathèque préférée.


Quelques jours ensemble, Fanny Montgermont & Alcante

Une jolie bande dessinée sur la paternité, la maladie et la différence.

Xavier, la trentaine, patron d’une société d’infographie et coureur de jupons, est recontacté par Natacha, son ex qu’il a quittée quand ils avaient vingt ans. Atteinte d’un cancer pour lequel elle va être hospitalisée, il lui demande de s’occuper quelques jours de Julien, son fils de treize ans. Son fils, à elle, mais aussi à lui, bien qu’il en ignorait l’existence jusque là. Premier choc pour Xavier.

Deuxième choc quand il rencontre son fils : Julien est atteint d’une maladie qui provoque son vieillissement accéléré. Âgé de treize ans, Julien a l’apparence, et la fragilité cardiaque, d’un vieillard.

Cette BD nous propose donc une rencontre inattendue entre un père immature et franchement antipathique, et un fils forcé de mûrir plus vite que ses camarades. C’est un face-à-face dont Xavier ne sortira pas forcément inchangé.

Le dessin n’est pas forcément à mon goût, mais il fonctionne bien avec le récit. Celui-ci est sans grande surprise, efficace et sachant aborder des sujets difficiles. Cela donne une bande dessinée réussie, même s’il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement séduit.

Note : ★★★☆☆


Robin des Bois, Thomas Frisano, Pierre Boisserie, Héloret

Une adaptation en bande dessinée des aventures de Robin des Bois et de ses camarades. L’angle choisi est de commencer par nous raconter l’enfance des trois « bâtards » : Robin, Petit-Jean et Will, avant d’entrer véritablement dans le récit classique de la résistance de la bande de Sherwood contre les abus du Shérif de Nottingham et du Prince Jean. C’est plutôt plaisant à lire, surtout pour moi qui ai toujours adoré la figure de Robin des Bois.

Note : ★★★☆☆


Gatsby le magnifique, Stéphane Melchior-Durand

Je n’ai jamais lu le roman de F. Scott Fitzgerald, j’ai donc découvert l’histoire de Gatsby le magnifique avec cette adaptation en bande dessinée parue chez Gallimard BD.

Les dessins ne sont pas forcément à mon goût, surtout les visages des personnages que j’ai parfois confondus, notamment Gatsby et le narrateur Nick.

Le récit est intéressant et assez prenant, même si j’ai eu du mal à comprendre où tout cela nous menait et surtout quel est le propos de l’auteur : de quoi veut-il nous parler finalement ?

Peut-être le roman est-il plus réussi et mérite-t-il toutes les louanges entendues à son propos. Quant à celle adaptation en bande dessinée, elle se laisse lire mais je ne suis pas certain d’en garder un souvenir impérissable.

Note : ★★★☆☆


La partition de Flintham, Barbara Baldi

Une très jolie bande dessinée traduite de l’italien, qui nous plonge dans l’Angleterre du milieu du XIXème siècle où des jeunes filles, Clara et Olivia, se déchirent après la mort de leur grand-mère qui lègue à l’une le domaine familial et son manoir, à l’autre son patrimoine financier. Vexée, Olivia part à Londres avec la fortune dont elle a hérité, tandis que Clara, sans le sou, reste au domaine où elle doit entretenir le manoir.

Si le récit n’est pas vraiment surprenant, il est parfaitement servi voire sublimé par les magnifiques dessins. Le trait et les couleurs nous plongent réellement dans l’atmosphère du XIXème siècle anglais.

Cette bande dessinée est une jolie découverte et une belle réussite.

Note : ★★★★☆


Animabilis, Thierry Murat

Une bande dessinée assez étrange qui se déroule dans l’Angleterre de la deuxième moitié du XIXème siècle, où un jeune journaliste français vient enquêter sur une affaire de massacres plus ou moins ésotériques dont raffole le lectorat du journal parisien qui l’emploie.

Les dessins sont splendides et en parfait accord avec l’ambiance de l’histoire. Le récit m’a semblé un peu brouillon, mêlant enquête, mythes celtiques, religion et poésie. Difficile de s’y retrouver dans tout cela et de comprendre ce que l’auteur a voulu nous raconter.

Note : ★★★☆☆


Corps sonores, Julie Maroh

Une très jolie bande dessinée québécoise, composée de 21 histoires courtes sur le thème de l’amour : rencontres, disputes, doutes, pauses, ruptures, deuils, etc.

C’est finement écrit, joliment illustré, et l’ensemble est plutôt touchant. Le point marquant c’est la diversité des couples et des personnages : hétéros, gays, lesbiennes, trans, polyamoureux , handicapés, etc. Ça change, et c’est bienvenu de montrer l’amour sous toutes ses formes.

Note : ★★★★☆


Millenium – 1. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Sylvain Runberg & Homs

L’adaptation en bande dessinée du best-seller de Stieg Larsson : un polar scandinave qui fonctionne très bien, mais que je suis plutôt content d’avoir pu découvrir dans un album de BD en 130 pages plutôt que de devoir passer par la longue lecture d’un roman plus épais et son suspense savamment étiré.

Note : ★★★★☆


Les mille et une vies des urgences, Dominique Marmoux & Baptiste Beaulieu

Une très belle adaptation en bande dessinée du livre de Baptiste Beaulieu, lui même basé sur le blog où il racontait son quotidien de médecin aux Urgences.

Au début j’ai trouvé le dessin de Dominique Mermoux un peu trop léger ou flou, mais sur la durée j’ai trouvé qu’il a accompagnait très bien les histoires de Baptiste Beaulieu.

Voici une BD dont la qualité se dévoile progressivement. Cela commence comme une série d’anecdotes parfois drôles, parfois émouvantes, parfois les deux à la fois. Cela finit comme une belle leçon d’humanité, les yeux humides.

Note : ★★★★★


Castro, Reinhard Kleist

Une bande dessinée passionnante sur la vie de Fidel Castro.

On suit l’histoire de la révolution cubaine : l’enthousiasme des débuts, la transformation d’une révolution de libération populaire en une révolution communiste, les relations plus que difficiles avec le voisin impériale américain, le durcissement progression du régime en une dictature refusant la critique et muselant notamment les intellectuels, les effets de l’embargo commercial et l’appauvrissement de la population, et enfin la sécession entre Fidel Castro et son frère Raúl.

C’est une formidable leçon d’histoire en bande dessinée, le format idéal pour donner vie aux personnalités qui ont écrit cette Histoire : Fidel Castro bien sûr, mais aussi le « Che ».

Note : ★★★★★

Comics & BD

Shangri-La

Shangri-La est une bande dessinée de science-fiction, écrite et dessinée par Mathieu Bablet. La couverture et un coup d’oeil rapide à quelques planches lors d’une visite récente à la médiathèque m’avait donné envie de lire cet album de 220 pages environ.

Dans un futur lointain de quelques centaines d’années, les hommes vivent dans une station spatiale loin de la Terre et régie par une multinationale à qui est voué un véritable culte. En apparence, tout le monde semble se satisfaire de cette « société parfaite ». Dans ce contexte, les hommes veulent repousser leurs propres limites et devenir les égaux des dieux. C’est en mettant en place un programme visant à créer la vie à partir de rien sur Shangri-La, une des régions les plus hospitalières de Titan, qu’ils comptent bien réécrire la « Genèse » à leur façon.

Shangri-La nous emmène plusieurs siècles dans le futur, à une époque où l’humanité s’est exilée dans une station spatiale après avoir dû fuir la Terre, dévastée par un cataclysme aux causes désormais méconnues : accident nucléaire, dérèglement climatique, le souvenir de la catastrophe ne semble pas clair parmi la population.

Ce qu’il reste de l’humanité est donc concentré dans une station dominée par une multinationale qui régit la vie de tous les citoyens-consommateurs. Il mangent, boivent et consomment toute la journée des produits de la corporation Tianzhu.

Après avoir exterminé la plupart des espèces animales présentes sur la Terre, les hommes ont également réintroduit certains animaux, mais sous la forme d’animoïdes, des êtres mi-animaux mi-humanoïdes, mal acceptés par la population qui les rend responsables de tous leurs malheurs : chômage, pauvreté, insécurité, etc.

Pour finir de poser le cadre, un projet ambitieux vise à créer une nouvelle espèce humaine, l’Homo Solaris, pour coloniser Titan, le satellite naturel de Saturne qui a été terraformé à ce effet.

Le personnage principal, Scott, est un scientifique chargé par Tianzhu d’enquêter sur des phénomènes étranges qui se produisent dans des stations scientifiques. Par l’intermédiaire de son frère Virgile, Scott va également se retrouver impliqué dans des actions menées par un groupe de résistants qui veulent renverser la corporation toute-puissante et révéler ses mensonges et ses manipulations.

En un peu plus de 220 pages, le récit est rythmé, on se n’ennuie jamais. J’ai trouvé les dessins particulièrement beaux : le style est classique mais terriblement efficace, avec quelques planches à couper le souffle.

Malgré une fin un peu confuse, j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui parle très bien de notre présent et d’un futur probable mais non désirable. Mathieu Bablet nous parle très bien du pouvoir des multinationales, de la société de consommation, du besoin de résistance, des désillusions des révolutions, et de l’essence de l’humanité.


Shangri-La, Mathieu Bablet

Note : ★★★★☆

Comics & BD

L’Étrange Vie de Nobody Owens

L’Étrange Vie de Nobody Owens est l’adaptation en bande dessinée, signée P. Craig Russell, du roman du même nom, ou The Graveyard Book en VO, de Neil Gaiman.

Je n’avais pas lu le roman original, j’ai donc découvert les personnages et l’univers si particulier de ce récit avec cette adaptation en BD.

C’est plutôt plaisant à lire, le récit enchaine plusieurs aventures de Bod, le fameux Nobody Owens du titre, un petit garçon recueilli par un vampire et les fantômes peuplant un cimetière après l’assassinat de sa famille par le terrifiant et mystérieux Jack.

Un bémol, tout de même : j’ai trouvé que c’était long et pas toujours passionnant, et j’ai eu du mal à voir où ces aventures successives vont nous mener. J’espérais que le deuxième et dernier volume éclairerait ma lanterne.


Le deuxième et dernier album m’a bien plu, répondant aux espoirs que j’avais après un premier album prometteur mais manquant de rythme.

Nobody Owens, dit Bod, a grandi. Désormais adolescent, il continue à vivre dans le cimetière où l’ont recueilli des fantômes et le vampire Silas, son tuteur, mais il est de plus en plus attiré par le monde extérieur, celui des vivants, mais aussi tourmenté par la quête de son identité et des raisons de l’assassinat de sa famille quand il était encore bébé.

Le récit prend de l’ampleur dans cette deuxième partie, il va à l’essentiel sans se disperser dans des récits secondaires comme le faisait un peu trop selon moi le premier album. Le rythme est meilleur, et j’ai été captivé par l’histoire presque de la première à la dernière page.

La conclusion est sans surprise mais jolie, le résultat est vraiment bon. Je ne sais pas si je lirai un jour le roman dont cette BD est adaptée, mais je reconnais le talent de Neil Gaiman pour inventer des histoires.


L’Étrange Vie de Nobody Owens, Neil Gaiman (roman) & P. Craig Russell (adaptation)

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Nantes, 2. D’Anne de Bretagne à d’Artagnan

La maison d’édition Petit à Petit publie une collection « Villes en BD » qui propose de découvrir l’histoire de villes françaises en bande dessinée. J’avais beaucoup aimé le premier album Nantes :De Saint-Félix à Gilles de Rais, consacré aux premiers siècles de l’histoire de la ville de Nantes. Le deuxième album D’Anne de Bretagne à d’Artagnan était lui aussi disponible lorsque je suis passé à la médiathèque dernièrement, j’en ai donc profité pour l’emprunter et le lire.

Laissez-vous entraîner dans la tumultueuse histoire de Nantes, sur les traces d’un livre ayant appartenu à Anne de Bretagne. Du château de François II à la découverte du magnolia, en passant par la sombre naissance de la traite négrière, l’arrestation de Fouquet par D’Artagnan ou la signature de l’édit de Nantes, revivez les événements qui ont marqué la ville du XVe au XVIIIe siècle.

Abondant d’archives, soigneusement documenté et riche en anecdotes, ce Docu-BD vous dévoile les mille facettes de Nantes, de la petite à la grande Histoire…

Le récit du premier album prenait fin en 1440, c’est à cette même date que reprend ce deuxième tome. Il est d’ailleurs construit sur le même modèle que le précédent : des textes documentaires historiques introduisent ou concluent de courts récits en bande dessinée qui illustrent des événements importants de l’histoire de Nantes.

En fil rouge de chaque récit, on trouve un livre de prière imprimé à la demande d’Anne de Bretagne, tout comme on retrouvait régulièrement dans le premier opus une petite statuette païenne transmise de génération en génération des gaulois jusqu’au Moyen-Âge.

Historiquement, cet album nous emmène jusqu’en 1789. Il s’attache d’abord à raconter les luttes pour l’indépendance de la Bretagne, sous le commandement du duc François II puis de sa fille Anne, puis l’unification du duché avec le royaume de France après le mariage d’Anne de Bretagne avec deux rois de France successifs. Les guerres de religion tourmentent également la ville de Nantes, avant que la traite négrière ne devienne un commerce prospère pour la cité.

Si les pages historiques sont toujours intéressantes et bien documentées, j’ai trouvé que les récits en bande dessinée étaient de qualité inégale. A vrai dire, les premières histoires, mettant directement en scène des personnages historiques, m’ont plutôt captivé, tandis que les dernières, s’attachant à des personnages secondaires plus éloignés des événements historiques m’ont parfois carrément ennuyé.

Dans l’ensemble l’album est réussi même si je l’ai trouvé moins passionnant que le premier. Cela ne m’empêchera pas de lire avec plaisir le troisième et dernier album à paraître cette année, et qui annonce le récit des événements de l’histoire de Nantes de la Révolution Française jusqu’à nos jours.


Nantes, 2. D’Anne de Bretagne à d’Artagnan, scénario de Karine Parquet, textes historiques de Guy Saupin, illustrations de Antoane, Cédric Benoist, Charlotte Wolf, Julie Poinçot, Léo Chérel, et Spectrum

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

La loterie

La loterie est une histoire de famille : il s’agit d’une bande dessinée de Miles Hyman qui adapte la nouvelle The Lottery de sa grand-mère, la romancières Shirley Jackson. Pour ajouter un peu d’air de famille à tout cela, la traduction en français de la bande dessinée est signée Juliette Hyman, la fille de l’auteur.

La nouvelle originale a été publiée en 1949, mais la bande dessinée est bien plus récente : elle a été publiée en 2016. Je suis tombé dessus par hasard à la médiathèque et le résumé m’avait beaucoup intrigué :

Chaque année au mois de juin dans un village de la Nouvelle-Angleterre, se déroule un rituel nommé la loterie, pour lequel il y a plus de chance de perdre quelque chose à jamais que de gagner.

Il est difficile d’en dire plus sans gâcher le plaisir de la découverte. Il n’est d’ailleurs pas aisé de parler de cette bande dessinée sinon en des termes très généraux et donc vagues.

Commençons tout de même par la forme : j’ai beaucoup aimé le dessin ainsi que la mise en forme des cases sur la page. Il y a très peu de texte au fil des 160 pages du récit mais on comprend parfaitement ce qui se déroule devant nos yeux, les illustrations jouent parfaitement leur rôle, que ce soit pour présenter les personnages, raconter ce qui se passe et exprimer la psychologie des personnages.

Le récit lui-même ne peut pas et ne doit pas être raconté à quelqu’un qui n’a pas encore lu la nouvelle ou la bande dessinée. Je laisserai donc les lecteurs intéressés faire la découverte comme je viens de le faire. Sachez simplement que l’action se déroule dans un village américain d’à peine trois cent âmes, et que les villageois s’apprêtent à se réunir pour la loterie annuelle, un rituel ancestral qui occupe et concerne tout le village.

J’ai été happé par cette bande dessinée, je l’ai lu d’une seule traite, bien aidé par la qualité des dessins et la rareté des dialogues. Tout se déroule à la fois vite et dans une ambiance lancinante, c’est assez difficile à expliquer mais parfaitement rendu dans la bande dessinée.

Je vous encourage à lire cette bande dessinée si vous aimez :

  • les mystères
  • les ambiances étranges dans des villages où tout le monde se connait
  • les BD où tout est dit en quelques cases, sans avoir besoin d’un long texte d’explication

La loterie, Miles Hyman

Note : ★★★★☆