Comics & BD

Fence (volumes 1 & 2)

Fence est une série de comics scénarisée par C.S. Pacat et illustrée par Johannna The Mad. Elle se déroule dans l’univers de l’escrime, un sport que j’ai rarement vu que ce soit dans les bandes dessinées ou dans les dessins animés inspirés de mangas. Elle met en scène des adolescents américains qui veulent tous intégrer l’équipe d’escrime de leur lycée.

Le premier album regroupe les quatre premières numéros du comics. C’est un album avec une inspiration manga pour le « character design » et globalement dans le style du dessin : c’est un cocktail d’ingrédients qui pouvait me plaire.

Eh bien je dois dire que je n’ai pas été déçu ! Cet album d’un peu plus de cent pages m’a énormément plu : c’est fun, joliment illustré, un peu voire clairement gay par moment.

Les personnages sont sans doute stéréotypés, mais ils sont plutôt sympathiques et on a envie de découvrir leurs aventures sportives, et peut-être sentimentales même si ce n’est qu’effleuré pour le moment. Parmi les protagonistes, les deux principaux sont clairement Nicholas, le fils illégitime d’un champion olympique d’escrime, au fort potentiel mais à la technique défaillante, qui cherche sa place dans ce lycée de futurs champions ; et Seiji, l’un des grands espoirs dans sa classe d’âge, une pépite quasi-invaincue lors de son arrivée au lycée, mais dont la modestie ne semble pas être le point le plus fort.

Le récit n’est pas forcément très surprenant pour le moment, mais c’est plaisant à lire et à regarder, c’est très efficace et j’ai bien aimé les quelques cases pédagogiques sur l’escrime.

Le deuxième album regroupe les numéros 5 à 8 des comics. Il reprend le récit où il s’était arrêté à la fin du premier album : les sélections pour l’équipe d’escrime du lycée battent leur plein et des favoris commencent à se distinguer.

Seiji commence à impressionner sérieusement ses camarades, qui n’apprécient pourtant pas son arrogance et son côté solitaire. Quant à Nicholas, il continue à se battre pour prouver sa valeur et se montrer digne d’intégrer l’équipe. Des personnages secondaires du premier album gagnent également en épaisseur dans ce deuxième album, comme Aiden, le play-boy dont la nonchalance cache un réel talent d’escrimeur, ou Harvard, le capitaine historique de l’équipe, désormais menacé par le talent de Seiji.

Le récit ne présent presque aucune surprise, il semble cousu de fil blanc, mais c’est tout de même plaisant à suivre. Il y a toujours des allusions plus ou moins appuyées à l’homosexualité de certains personnages, ou en tout cas un sous-texte plus ou moins évident. Quant aux dessins, ils sont toujours aussi réussis, dans un style mi-comics mi-manga que j’apprécie particulièrement.

J’ai dévoré les deux albums en trois jours et je dois maintenant attendre le mois de juillet, me semble-t-il, pour la parution du troisième tome qui compilera les quatre numéros suivants de la série. J’ai hâte !


Fence (volumes 1 @ 2), C.S. Pacat (scénario) & Johanna The Mad (dessin)

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Il était une fois en France

Fabien Nury est un scénariste de bande dessinée que j’ai découvert cette année et dont j’ai très vite apprécié le travail. J’ai parlé ici de plusieurs bandes dessinées qu’il a écrites, comme Mort au Tsar, La Mort de Staline, Je suis Légion, ou Silas Corey. C’est dans doute avec beaucoup d’attente que j’ai commencé ma lecture de Il était une fois en France, une série de bande dessinée qu’il a écrit avec Sylvain Vallée au dessin.

Il était une fois en France se compose de 6 tomes et raconte la vie de Joseph Joanovici, une figure controversée, ferrailleur juif devenu millionaire pendant l’Occupation.

Après un premier tome qui joue sur plusieurs lignes temporelles, avec d’une part l’enfance et les premières années de la vie active de Joseph, et d’autre part ce qui semble être les dernières années de sa vie, les albums suivants suivent une trame plus classique, avec un récit chronologique de la vie de Joseph Joanovici.

Juif originaire de Roumanie, analphabète mais fin connaisseur du métal, roublard et comptable de génie, Joseph Joanovici bâtit une affaire solide dans la France d’avant-guerre. Avant même l’Occupation, il accepte de faire affaires avec les Allemands pour fournir des métaux nécessaires pour le réarmement clandestin de l’Allemagne nazie.

Quand la guerre éclate, que la France est vaincue puis occupée, l’Empire de Monsieur Joseph est menacé par sa confession juive. Il pactise alors avec l’occupant et entre en collaboration active. Plus tard, sentant le vent tourner, il commence un double jeu en aidant également la Résistance. Vers la fin de la guerre, il fait également le nécessaire pour faire disparaître les preuves, et les témoins, de sa collaboration avec les autorités allemandes.

Après la guerre, Joseph est finalement rattrapé par la justice, notamment par un petit juge de Melun qui est obsédé par l’objectif de lui faire payer ses fautes.

Tout au long de ses 6 tomes, le récit est captivant, servi par des personnages très bien écrits. Joseph Joanovici est une crapule prête à tout pour s’enrichir et survivre. Le petit juge de Melun, qu’on perçoit d’abord comme très attaché à la justice, est obsédé par Joseph et lui aussi prêt à tout pour le faire tomber, quitte à outrepasser sa fonction. Nous n’avons pas affaire ici à des héros, mais à des hommes clairement imparfaits, pour ne pas dire plus.

Nous suivons ainsi le cours de l’histoire et de l’Histoire et voyons les personnages se débattre et prendre des décisions qui les importeront jusqu’à la fin de leur vie.

Il était une fois en France est une histoire forte et sublime sur l’Occupation et l’ambiguïté de nombreux français pendant cette période trouble de notre Histoire.


Il était une fois en France (tomes 1 à 6), Fabien Nury & Sylvain Vallée

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Lectures BD en vrac #1

Pour des tas de raisons, j’ai eu un peu de mal à me motiver pour écrire régulièrement ici et parler de mes lectures. Je vais tout de même essayer de rattraper une partie de mon retard en faisant un bilan rapide de mes lectures récentes, en commençant par les BD.


Quartier lointain, Jiro Taniguchi

Un manga en deux volumes, qui m’a fait penser à Un ciel radieux du même auteur, et qui explore joliment les mêmes thèmes : l’adolescence, la vie adulte, le temps qui passe, la famille, le travail qui prend une énergie folle dans nos vies, etc.

J’ai lu les deux volumes en une matinée, cela se lit très bien et les dessins sont jolis, sobres mais plaisants. Le récit ne présente pas vraiment de surprise une fois qu’on a compris les thèmes que l’auteur veut aborder, mais c’est fait avec talent et une certaine poésie.

Note : ★★★★☆


Otto, l’homme réécrit, Marc-Antoine Mathieu

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Une bande dessinée atypique, difficile à résumer, et sans doute trop philosophique voire métaphysique pour moi. Je suis passé à côté.

Note : ★★☆☆☆


Homicide, une année dans les rues de Baltimore (tomes 1 à 3), Philippe Squarzoni

Un premier album captivant, l’adaptation d’un livre-documentaire de David Simon, également créateur de l’excellente série The Wire. Une plongée dans la brigade criminelle de la police de Baltimore, chargée des enquêtes sur les homicides.

Un deuxième album est peut-être encore meilleur que le premier. Il se concentre sur la frustration des inspecteurs confrontés à des affaires non résolues. Il parle également de l’importance de la scène de crime, mais aussi des rapports difficiles entre police et population majoritairement noire de Baltimore.

Le troisième album poursuit le récit d’enquêtes déjà évoquées dans l’album précédent, et s’attarde particulièrement sur l’art de l’interrogatoire. Passionnant !

Note : ★★★★☆


Ils ont fait l’Histoire : Jaurès

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Si j’avais beaucoup apprécié le volume consacré à Vercingétorix, qui mêlait habilement récit divertissant et Histoire richement documentée, cet album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » sur Jean Jaurès m’a un peu déçu.

Il s’agit pourtant d’une personnalité pour laquelle j’ai beaucoup d’estime et d’admiration, une figure politique incontournable à laquelle se réfèrent encore souvent certains de nos représentants.

Malheureusement, si l’aspect historique de cet album reste excellent, le récit m’a semblé un peu aride et manquant de rythme. Les textes sont longs, bavards, et n’aident pas à plonger dans le récit qui revient, dans le désordre, sur plusieurs événements et engagements dans la vie de Jaurès.

Cela reste un vibrant hommage au fondateur du journal L’Humanité, à l’unificateur des socialistes français, et au combattant pour la paix avant la guerre de 14-18. Dommage que le récit ne soit pas totalement à la hauteur du personnage.

Note : ★★★☆☆


Le local, Gipi

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Une jolie bande dessinée sur la jeunesse de province italienne, avec ses aspirations, ses doutes, ses problèmes familiaux, et ses rêves pour l’avenir. C’est gentillet et plutôt touchant, servi par un dessin délicat.

Note : ★★★☆☆


Chute libre, carnets du gouffre, Mademoiselle Caroline

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Une très jolie bande dessinée dans laquelle l’auteur(e) nous raconte sans filtre sa dépression, ou plutôt sa dépression et ses rechutes. Des signes avant-coureur à la guérison, toujours fragile, en passant par le gouffre, c’est un récit touchant et authentique sur une maladie trop souvent sous-estimée.

Note : ★★★★☆


La terre des fils, Gipi

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Une jolie bande dessinée dans un cadre post-apocalyptique, avec des personnages attachants, un dessin subtil et un scénario touchant.

Note : ★★★★☆


Jour J, 27. Les ombres de Constantinople

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Une bande dessinée uchronique plutôt sympathique, où en 1453 le prince Vlad de la dynastie des Draculea se porte au secours de Constantinople, quand la capitale de l’Empire Byzantin est assiégée par les troupes du sultan de l’Empire Ottoman. La chute de Constantinople aura-t-elle lieu ?

Note : ★★★☆☆


Maus, Art Spiegelman

J’ai enfin lu ce qui est souvent présenté comme un chef d’œuvre de la bande dessinée.

J’ai trouvé la première partie très forte, même si j’attendais d’avoir lu la seconde pour me faire mon avis définitif.

La deuxième partie poursuit magistralement cette œuvre incroyablement riche.

Je comprends désormais pourquoi les critiques sont si élogieuses sur cette bande dessinée. Le récit historique est évidemment à la fois horrible et captivant, et j’ai aussi beaucoup aimé comment l’auteur raconte dans sa bande dessinée le processus de création de l’œuvre elle-même. Une très belle réussite, mémorable.

Note : ★★★★☆

 

Comics & BD

Vois comme ton ombre s’allonge

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Vois comme ton ombre s’allonge est un roman graphique signé Gipi, traduit de l’italien par Hélène Daurriol-Remaud pour Futuropolis. J’avais aperçu cet album à la médiathèque et je ne savais pas du tout ce dont cela parlait, il n’y avait aucun résumé sur la quatrième de couverture, mais je l’ai emprunté car la couverture magnifique m’avait attiré.

Sur les réseaux sociaux littéraires ou les sites marchands, on retrouve tout de même un résumé proposé par l’éditeur :

Sur une plage, un homme se sent mal. On appelle les secours, il est conduit dans une clinique spécialisée. On suspecte une schizophrénie subite, avec des attitudes obsessionnelles compulsives à orientation monothématique… L’homme, Silvano Landi, est un écrivain qui n’écrit plus. Un inventeur d’histoires qui vivait en écoutant des histoires et en en racontant à son tour. Un créateur de mondes qui n’est plus capable à présent que de dessiner sur une feuille la stylisation de deux obsessions : un arbre mort et une station-service. De les dessiner des centaines, des milliers de fois : un arbre mort et une station-service.

Je dois dire que les premières pages m’ont déçu. Le style des dessins, très simples en apparence, n’avait rien à voir avec la couverture. C’est quelque chose que je n’aime généralement pas dans une bande dessinée, quand la couverture est d’un style très différent des illustrations intérieures.

Cependant, je dois préciser que le style évolue au fil de l’album. Il y a des pages dans un style complètement différent, plus proche de celui de la couverture. Gipi alterne ainsi les pages dans un style très sobre et dépouillé et d’autres avec un dessin plus travaillé et accessoirement plus à mon goût.

Le récit n’est pas forcément évident à suivre, nous suivons la vie d’un homme proche de la cinquantaine qui séjourne dans un hôpital psychiatrique après avoir été retrouvé dans un état de confusion sur une plage. Il dessine sans cesse la même chose : un arbre mort et une station-service. En parallèle, nous suivons un soldat italien -pendant la Grande Guerre, alors qu’il affronte la mort tout en écrivant à son épouse et à sa fille qui vient de naître.

J’ai un peu de mal à me faire un avis définitif sur cette bande dessinée. Certaines planches sont splendides, d’autres plus quelconques, et le récit est intéressant sans m’avoir totalement captivé. Je reste donc plutôt mitigé, tout en reconnaissance la qualité d’écriture et de dessin de l’auteur.


Vois comme ton ombre s’allonge, Gipi

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

Icare

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Icare est une bande dessinée signée Moebius pour le scénario et Jiro Taniguchi pour le dessin. Cet album regroupe les 12 épisodes parus au Japon avant que la série ne soit interrompue, faute de succès auprès des lecteurs nippons.

Un jour, une femme accouche un enfant qui a la facilité de voler. En cette période tendue, où des surhommes sont concus en éprouvette, l’enfant est vu comme une arme fondamentale par l’armée. Sa naissance est tenue secrète pour être étudiée. Icare n’a pas encore eu de contacts avec le monde extérieur, il enfermé dans une serre, à l’intérieur d’un grand laboratoire. Son pouvoir n’a pas été compris et Icare n’a pas encore pris conscience de sa condition de prisonnier. C’est son amour pour Yukiko, sa jeune enseignante, qui va pousser Icare à lutter pour se libérer et voler finalement dans le ciel au grand jour …

Le scénario de Moebius nous propose une réinterprétation très libre du mythe d’Icare. Hormis la capacité du personnage d’Icare de voler, il ne reste finalement pas grand chose du mythe original, mais ce n’est pas forcément très grave. L’action se déroule dans un Japon légèrement futuriste, où des hommes-éprouvettes s’en prennent aux humains « normaux » pour se venger de ce qu’on devine être un traitement fortement discriminatoire.

C’est à ce moment qu’une femme donne naissance à un bébé qui va provoquer la stupeur du personnel hospitalier présent lors de l’accouchement : le nouveau né s’envole très peu de temps après sa naissance. L’enfant est pris en charge par l’armée, qui veut comprendre l’étrange capacité du gamin et mener des expériences pour voir comment cette découverte pourrait être utile aux intérêts du Japon.

Icare, car c’est ainsi que les autorités nippones ont décidé de nommer l’enfant, grandit dans un complexe scientifique où il est le sujet de nombreuses expériences. Quant il n’est pas en train de servir de cobaye, il vit dans un « jardin » fermé, une grande serre où il peut voler. Car Icare n’a pas le droit de quitter le complexe scientifique et n’a jamais vu le ciel.

D’abord docile, Icare va progressivement se rebeller et vouloir conquérir sa liberté, par amour pour Yukiko, une jeune scientifique qui s’est attaché à lui malgré les avertissements de sa hiérarchie.

C’est cette quête de liberté que cet album nous raconte. Ce n’est pas toujours passionnant ni très subtil, mais les dessins sont magnifiques. Le gros défaut de ce récit, c’est qu’il ne connait pas vraiment de fin. On sent que la série a été interrompue abruptement. Moebius parle d’ailleurs dans un entretien ajouté à la fin de l’album de tout ce qu’il avait en tête pour Icare.

Dans l’ensemble, c’est une bande dessinée magnifique et plutôt réussie, plaisante à lire même s’il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement emballé.


Icare, Moebius (scénario) et Jiro Taniguchi (illustrations)

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

Un ciel radieux

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Un ciel radieux est un roman graphique écrit et illustré par le japonais Jiro Taniguchi. Je l’ai découvert à la médiathèque et le résumé m’avait donné envie de le lire :

Une nuit d’été, un terrible accident a lieu dans une rue de la banlieue de Tokyo, entre un motard et une fourgonnette. 10 jours plus tard, le conducteur de la fourgonnette, Kazuhiro Kubota, 42 ans, meurt sans avoir repris connaissance. Au même instant, l’encéphalogramme du motard, Takuya Onodera, 17 ans, en état de mort cérébrale, montre à nouveau des signes d’activité. En une vingtaine de jours, il a repris connaissance et semble en voie de guérison totale : un vrai miracle.

Mais celui qui se réveille dans le corps de Takuya, c’est Kazuhiro. Après un instant de surprise, il admet ce qui lui arrive et comprend qu’une deuxième chance lui a été donnée. Mais cette chance est temporaire : en effet, la mémoire du vrai Takuya lui revient petit à petit. Avant de rendre le corps de Takuya à son légitime propriétaire, Kubota décide de transmettre coûte que coûte à sa femme et sa petite fille de 8 ans qu’il les aime et qu’il regrette de les avoir trop souvent négligées jusqu’à sa mort. Mais qui pourra croire son histoire ?

Le récit se déroule de nos jours, au Japon. Tout commence avec l’accident impliquant Kazuhiro Kubota, un employé quadragénaire surmené, et Takuya Onodera, un lycéen de dix-sept ans. L’élément fantastique introduit par l’auteur, et qui donne tout le sel à ce roman graphique, c’est qu’après son décès, l’esprit de Kubota va occuper la corps de Takuya.

Sur trois-cent pages environ, Jiro Taniguchi va alors nous faire rencontrer les familles respectives, de Kazuhiro Kubota et Takuya Onodera. La « cohabitation » entre le jeune lycéen et le quadragénaire n’est pas de tout repos, ni pour eux ni pour leurs proches, qui ont du mal à comprendre la situation. Nous assistons alors à un joli récit sur la famille et le deuil, avec par ailleurs un discours social sur le monde du travail et ses conséquences sur la santé.

Les dessins est jolis, clairs, sans éclat particulier mais parfaitement adaptés. J’ai bien aimé ce style sobre qui colle parfaitement au ton du récit.

De façon générale, Un ciel radieux est un roman graphique très réussi, à la fois sobre sur la forme et riche sur le fond.


Un ciel radieux, Jiro Taniguchi

Note : ★★★★☆

 

Comics & BD

Ils ont fait l’Histoire : Vercingétorix

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J’ai découvert la collection de bande dessinée Ils ont fait l’Histoire après avoir lu le premier volume de l’Histoire de France de Belin ; j’avais appris un peu par hasard que Geneviève Bührer-Thierry, qui en est l’une des co-auteurs, avait également collaboré à l’écriture d’une bande dessinée sur Charlemagne, qui fait justement partie de cette collection Ils ont fait l’Histoire, qui chaque album à une figure historique, avec la collaboration d’un historien spécialiste de l’époque concernée. Je me suis alors renseigné et j’ai acheté ou emprunté à la médiathèque, en choisissant en priorité les personnalités et les époques historiques qui m’intéressent le plus.

Je vais essayer de lire cette collection dans l’ordre chronologique, et le premier album que je viens de lire est consacré à Vercingétorix :

À l’âge de cinq ans, Vercingétorix vit son père condamné au bucher par les siens pour avoir osé se prétendre roi des peuples gaulois. Nourri de la même ambition, le jeune Arverne apprend la discipline militaire en réalisant ses classes auprès de la puissante armée romaine. De retour en Gaule, il déploie son talent militaire et son éloquence pour unir les tribus gauloises et repousser l’envahisseur romain. Fier, courageux, discipliné et ingénieux, Vercingétorix est pour les célèbres légions l’un de ses plus terribles adversaires. Mais, sans cesse, il est confronté à un stratège plus redoutable encore : Jules César…

Découvrez les campagnes de ce premier héros mythique de l’Histoire de France dont la Guerre des Gaules, récit de propagande à la gloire de César, est la seule source écrite existante.

Ma première impression en lisant les premières pages de cet album ont été que les dessins étaient très réussis, à la fois jolis et clairs. C’est du classique dans le style, mais cela rend très bien.

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Le scénario est lui aussi soigné. Evidemment, le récit n’est pas surprenant puisqu’on en connait l’issu, mais j’ai appris des détails sympathiques sur la guerre des Gaules et les batailles où se sont affronter les légions romaines de Jules César et les combattants gaulois menés par Vercingétorix.

D’un point de vue historique, cela semble sérieux et bien documenté. On sent le travail des scénaristes avec l’historien, ici Stéphane Bourdin. L’album s’achève d’ailleurs par un court dossier de quelques pages, signé par Stéphane Bourdin qui sert plieur objectifs : proposer quelques repères historiques sur Vercingétorix et la conquête de la Gaule par César, présenter les sources historiques utilisées pour l’écriture de cet album, montrer comment l’image de Vercingétorix dans le « roman national » français a été construite au XIXè siège, et enfin expliquer les digressions prises avec la vérité historique par les auteurs de la bande dessinée pour les besoins de la fiction.

L’ensemble est très réussi, à la fois joli, intéressant et bien écrit. J’aime beaucoup cette fusion entre bande dessinée et Histoire, avec ce travail sérieux d’écriture entre les scénaristes et l’historien. Cela me donne encore plus envie de lire les autres albums de la collection.


Ils ont fait l’Histoire : Vercingétorix, Eric Adam & Didier Convard (scénario) et Fred Vignaux (illustrations)

Note : ★★★★☆