Comics & BD

Jour J – 23. La république des esclaves

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La république des esclaves est le vingt-troisième album de la collection Jour J, et le dernier que j’ai emprunté, pour le moment, à la médiathèque où je fournis en BD depuis quelques semaines.

Le cadre de cette nouvelle uchronie proposée par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau est parfaitement résumé en quatrième de couverture :

58 avant Jésus-Christ. La République des affranchis, fondée par Spartacus en Sicile, défie l’armée romaine et fait trembler Rome depuis treize ans. Mais la crainte d’une nouvelle guerre contre Carthage redonne à la Sicile un statut de terre stratégique. Jules César est donc chargé, plutôt que d’aller en Gaule, de conduire les légions qui attaqueront Spartacus et les siens.

Tout a commencé en 71 avant notre ère, quand l’armée d’esclaves menée par Spartacus a réussi à fuir l’Italie grâce à une flotte de pirates ciliciens et a instauré en Sicile une République des Affranchis qui défie Rome depuis treize ans.

Jules César, dont le mandant de consul s’achève prochainement, a pour projet de conquérir la Gaule pour accroire sa gloire. Mais son mentor Crassus lui conseille plutôt de prendre la tête d’une armée pour vaincre Spartacus, reconquérir le Sicile et empêcher son rival Pompée de le faire à sa place et de gagner en influence auprès du Sénat et de la plèbe romaine.

Cet album voit donc s’affronter Spartacus et César dans une guerre qui s’annonce sanglante. Le récit lui-même est plutôt prenant, et les illustrations de Fafner m’ont bien plu, ce qui n’a pas toujours été le cas avec d’autres illustrateurs sollicités dans cette collection.

Dans l’ensemble, c’est un album plutôt réussi, malgré une fin qui m’a semblé très abrupte. Je pense cependant que je vais faire une petite pause pour découvrir d’autres bandes dessinées, je reviendrai probablement à cette collection Jour J plus tard.


Jour J – 23. La république des esclaves, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

Jour J – 14. Oméga

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J’enchaine actuellement les albums de la collection Jour J, qui propose des uchronies en bande dessinée. Le quatorzième volume s’intitule Oméga et propose une histoire alternative qui m’intriguait :

Huit années se sont écoulées depuis le coup d’État du 6 février 1934. La France est aux mains des ligues d’extrême-droite, l’Europe au bord de la guerre. Lorsque Saint-Exupéry disparaît mystérieusement, son ami pilote Léo cherche à le venger. Les soupçons se portant outre-Manche, il abat des avions britanniques avant de se rendre à Paris, mais la guerre entre la France et l’Angleterre vient d’être déclenchée …

Le cadre est intéressant : une France où l’extrême-droite a pris le pouvoir en 1934 et où Hitler a été vaincu en 1936 par l’aviation française qui a traversé le Rhin pour empêcher la montée en puissance du régime nazi. L’ennemi de l’Etat français, c’est désormais l’Angleterre et son allié américain.

Le professeur Joliot-Curie travaille officiellement sur l’énergie atomique pour le gouvernement français mais transmet en réalité le fruit de ses recherches à un contact anglo-saxon. La police politique française, Oméga, s’en prend à lui pour mettre la main sur le réseau de résistance auquel il appartient. Dans le même temps, l’aviateur Léo veut venger la mort de son ami Saint-Exupery, officiellement abattu par une patrouille anglaise.

Le récit est globalement sympathique et l’uchronie proposée est intéressante. Je suis plus dubitatif sur le dessin, notamment parce que j’ai eu du mal à distinguer certains personnages les uns par rapport aux autres, ce qui n’a pas facilité ma lecture. Dans l’ensemble, c’est un album plaisant, à défaut d’être le meilleur de la collection. De façon générale, je trouve tout de même que le niveau baisse par rapport aux premiers volumes de la série, où le mélange entre récit et cadre uchronique était mieux dosé.


Jour J – 14. Oméga, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

Jour J – 17. Napoléon Washington

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Après avoir lu les premiers volumes de la collection d’uchronies en bande dessinée Jour J dans l’ordre de parution, je continue désormais à piocher parmi les albums en fonction de mon intérêt pour l’histoire alternative proposée. Celle de ce dix-septième album me semblait prometteuse :

Carlo Maria Buonaparte, avocat victime des vendettas corses, décide de partir pour les Amériques. Dans ce Nouveau Monde en pleine révolution, il s’engage auprès des rebelles américains et devient l’ami du plus célèbre d’entre eux, George Washington. Avant de mourir sur le champ de bataille, il fait promettre au père de la nation américaine de devenir également celui de son fils, le jeune Napoléon.

Si le point de départ est un peu tiré par les cheveux (le père de Napoléon s’exile en Amérique et devient un fidèle de George Washington, au point que le premier président américain adopte son fils Napoléon), j’espérais une histoire sympathique à partir de cette idée atypique.

Malheureusement, le récit proposé par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau ne m’a pas passionné. Nous sommes en pleine campagne militaire de Napoléon pour libérer le Mexique conquis par l’Espagne, puis dans une quête grotesque pour trouver l’Eldorado. J’ai été vraiment déçu par cet album, dont l’intrigue ne m’a pas intéressé et dont le cadre historico-uchronique est très mince. Pour moi c’est clairement l’épisode le plus faible de la série pour le moment. J’espère que les prochains que j’ai sélectionnés seront meilleurs.


Jour J – 17. Napoléon Washington, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★☆☆☆

Comics & BD

Jour J – 4. Octobre noir

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La série de bande dessinée uchronique Jour J se poursuit avec son quatrième volume : Octobre noir. La particularité de cet épisode est de poursuivre le récit du volume précédent, Septembre rouge que j’ai lu juste avant et dont je vous avais parlé ici.

Le récit reprend peu de temps après la fin de l’épisode précédent :

1917. Bonnot et Blondin, envoyés en Russie par Clemenceau pour assassiner le tsar, arrivent au moment où Lénine rassemble ses troupes. Mais ils commencent à douter : et si les Bolcheviks, une fois au pouvoir, remplaçaient un autocrate par un autre ? Aidé par les marins anarchistes de l’île de Kronstadt, le duo se lance dans un pari fou dont le résultat ne sera pas celui attendu par Clemenceau …

Nous sommes toujours dans une Europe uchronique de 1917, où la France a été vaincue très tôt dans la Première Guerre Mondiale et où le Kaiser allemand et le Tsar russe s’apprêtent à signer un accord de paix qui entérinera la domination allemande sur l’Europe occidentale.

Réfugié à Alger où il dirige le gouvernement en exil de la France libre, à l’image de De Gaulle entre 1940-1944, Clemenceau a envoyé un drôle de duo pour mener un action de choc : assassiner le Tsar pour faire échouer l’accord de paix germano-russe. Ce drôle de duo est composé de Blandin, le commissaire de police fidèle au Tigre, et de Bonnot, l’anarchiste de la fameuse bande qui porte son nom. Après avoir permis l’évasion de Bonnot de sa prison au large de Marseille, Blandin l’a accompagné en Suisse et on les retrouve désormais en Russie, à Petrograd (anciennement Saint-Petersbourg, capitale de la Russie tsariste).

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Les deux français, Blandin et Bonnot, soutiennent les efforts révolutionnaires de Lénine, Trotsky et d’une brute géorgienne nommé Staline. Les agents du Kaiser, soutenus par la police secrète tsariste, les pourchassent et vont tout faire pour les arrêter et comprendre ce qu’ils viennent faire en Russie. La Révolution russe va avoir lieu, mais pas forcément de la façon dont elle s’est déroulée en réalité, et c’est l’un des intérêts de cet épisode.

Par rapport à la première partie relatée dans Septembre rouge, j’ai trouvé ce deuxième épisode bien meilleur, avec des enjeux forts et un récit bien mené. Les conséquences des aventures russes de Blandin et Bonnot sur l’histoire européenne sont bien racontées à la fin de l’album, et on assiste ainsi à une seconde uchronie dans l’uchronie, ce qui m’a bien plu.

Je vais certainement me pencher prochainement sur d’autres uchronies proposées dans cette collection Jour J, et je ne manquerai pas de vous en parler ici !


Jour J – 4. Octobre noir, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Jour J – 3. Septembre rouge

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Septembre rouge est le troisième opus de la série de bande dessinée uchronique Jour J. Dans cette uchronie, quand se poursuit dans le quatrième tome Octobre noir, le point de divergence avec l’Histoire telle que nous la connaissons se produit en 1914 :

12 septembre 1914. L’Allemagne remporte la décisive bataille de la Marne en appliquant jusqu’au bout le plan d’invasion Schlieffen. Le 9 janvier 1915, le Président français Poincaré signe l’armistice. Refusant la capitulation, le Tigre Clemenceau, épaulé par ses anciennes brigades mobiles, quitte la France. Avec l’appui de la flotte française, il gagne Alger d’où il organise la résistance.

L’action se déroule dans la France de 1917 : l’Allemagne a remporté la bataille de la Marne en 1914, a conquis tout la France qui a signé l’armistice en janvier 1915. Cela ressemble évidemment beaucoup au scénario de la France vaincue par l’Allemagne nazie en 1940, dès les premiers mois de la Seconde Guerre Mondiale. Cette fois, c’est Georges Clemenceau qui assure le rôle du général De Gaulle, en installant à Alger un gouvernement de la France libre pour organiser la résistance à l’occupant allemand.

Quand le récit commence, Clemenceau vient d’apprendre que des négociations sont en cours entre le Kaiser allemand et le Tsar russe pour signer la paix, isoler la Grande-Bretagne et assurer définitivement la défaite de la France libre et la domination allemande sur l’Europe occidentale. Le Tigre décide alors d’associer un commissaire de police qui lui est resté fidèle à un anarchiste emprisonné au château d’If, au large de Marseille, pour mener à bien une mission folle : assassiner le Tsar.

Samuel Blondin, le commissaire en exil, doit d’abord faire évader Jules Bonnot, le célèbre anarchiste de la bande à Bonnot qui sévissait en France en 1911-1912, et dont le leader ne serait pas mort en 1912 comme les autorités l’avaient alors fait croire. Il doit ensuite l’escorter en Suisse pour gagner ensuite la Russie afin d’accomplir leur mission.

Ce premier volume relate l’évasion de Bonnot et le « voyage » de Blondin et Bonnot en Suisse. Il s’achève quand les deux complices préparent leur départ pour la Russie, avec le support de Victor Serge, le révolutionnaire libertaire d’origine russe, qui leur propose l’aide d’un exilé russe bien connu.

Si le cadre historique et uchronique de cet album m’a bien plu, j’ai été un peu déçu par le récit lui-même, qui m’a semblé très classique et manquant de surprise. J’ai un peu eu l’impression de lire un Tintin en uchronie, avec des situations vues et revues. Malgré tout, l’uchronie fonctionne globalement bien, malgré les parallèles parfois grossiers entre la situation de la France et de Clemenceau en 1917 avec celle de la France et de De Gaulle en 1940-1944.

J’attends désormais de voir si le second volume de ce diptyque permettra de lancer véritablement le récit dans la bonne direction ou si cela restera une bonne idée malheureusement insuffisamment exploitée.


Jour J – 3. Septembre rouge, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★★☆☆

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Jour J – 1. Les Russes sur la Lune !

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Les Russes sur la Lune ! est le premier volume de Jour J, une série de BD dont l’ambition est de proposer un large éventail d’uchronies.

Dans cette première tentative, le point de divergence a lieu le 21 juillet 1969, quand le module lunaire américain est détruit par une mini-météorite. Quelques mois plus tard, les Russes sont les premiers à marcher sur la Lune. Dix ans plus tard, les deux grandes puissances qui s’affrontent dans la guerre froide, USA et URSS, ont chacune installé une base habitée sur la Lune.

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Un pilote à la réputation désastreuse est envoyé sur la Lune pour enquêter sur la base soviétique Galaktika, où le KGB soupçonne des tentatives d’espionnage voire de prise de contrôle par la CIA. La suite de l’album offre son lot de surprises, tant par le déroulement du récit et les découvertes que nous y faisons sur l’univers alternatif proposé par les auteurs.

De mon point de vue, c’est une vraie réussite, avec un récit intéressant à suivre et une uchronie réaliste et qui fonctionne. Si tous les volumes de cette série sont du même niveau, je vais me régaler !

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Jour J – 1. Les Russes sur la Lune !, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Note : ★★★★☆

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Le Cri du Peuple – 1. Les canons du 18 mars

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Cette bande dessinée fait partie de mes premiers emprunts à la médiathèque de ma nouvelle commune. Cet album intitulé Les canons du 18 mars constitue le premier épisode de la série Le Cri du Peuple, signée Jacques Tardi d’après le roman du même nom de Jean Vautrin. Vous savez sans doute que je suis passionné par l’Histoire et j’ai donc été naturellement attiré par cette BD historique :

18 mars 1871. Sur le coup de trois heures du matin, des hommes en armes montent à l’assaut des collines escarpées de la butte Montmartre. Dans cette nuit silencieuse, à peine troublée par la chute des flocons de neige qui meurent doucement sur le mauvais pavé parisien, la troupe vient prendre possession des canons de la Garde nationale. Ordre de Monsieur Thiers, le chef du gouvernement.

L’époque est troublée. La guerre avec les Prussiens vient tout juste de s’éteindre. Pas question de laisser ces pièces d’artillerie entre les mains du peuple. Mais celui-ci ne l’entend pas ainsi. Et au lever du jour, tandis que les soldats tentent maladroitement de descendre les canons le long de la butte, Paris se réveille révolutionnaire. Cris, protestations, poings qui se lèvent : personne ne le sait encore, mais la Commune vit ses premières heures …

La Commune de Paris est une période, courte il faut bien le reconnaître, qui m’intéresse beaucoup. Il s’agit pour certains de la première tentative de « gouvernement » socialiste. Je garde cependant peu de souvenirs de son évocation en cours d’Histoire quand j’étais au collège et au lycée, et j’en sais finalement peu de choses. Cette bande dessinée était donc  un moyen comme un autre de rattraper cette lancune, au moins en partie.

J’ai eu du mal dans les premières pages de l’album. Le dessin, en noir et blanc, n’est pas vraiment à mon goût et la multitude de personnages pas forcément tous sympathiques m’a un peu perdu. J’ai également regretté que le contexte historique ne soit pas décrit avec plus de pédagogie pour ceux comme moi qui ne le maîtrisent pas. Malgré tout, le récit était suffisamment intéressant pour que je persiste. Je ne regrette pas ma patience, car la fin de l’album m’a bien plu.

L’action ne tourne pas autour des grandes personnalités de la Commune, ils n’apparaissent qu’en arrière-plan, les personnages principaux de la BD sont des hommes du peuple, avec leurs propres enjeux, pas forcément engagés dans l’action révolutionnaire. Sans forcément connaître cette période de l’Histoire, j’ai apprécié de plonger ainsi dans le quotidien de parisiens anonymes au cours des événements mouvementés du printemps 1871. L’argot parisien est omniprésent dans les dialogues, et s’il n’est pas toujours aisé de le comprendre, cela facilite l’immersion dans la période historique de la BD.

Dans l’ensemble, j’ai plutôt apprécié ce premier album, même si j’avais été un peu déçu au début. J’espère que les prochains albums continueront sur la lancée de la fin de celui-ci.


Le Cri du Peuple – 1. Les canons du 18 mars, Jacques Tardi, d’après le roman de Jean Vautrin

Note : ★★★★☆


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