Livres & Romans

Salò, l’agonie du fascisme

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Si vous me lisez fidèlement, vous savez certainement que je suis passionné d’Histoire. Il y a quelques semaines, j’avais donc parcouru le catalogue des lectures proposées en service de presse sur NetGalley.fr, un peu par hasard pour changer un peu des romans. J’étais alors tombé sur ce livre intitulé Salò, l’agonie du fascisme et signé Mathilde Aycard et Pierre Vallaud.

Le 25 juillet 1943, alors que l’Italie ne parvient pas à résister aux assauts des Alliés, le Grand Conseil fasciste désavoue Mussolini. Le Duce est limogé et arrêté. Le 8  septembre, l’Italie tire les conséquences de sa situation militaire et politique, et signe un armistice. L’Allemagne hitlérienne ne l’entend pas de cette oreille qui envoie de nouvelles troupes et libère Mussolini pour le remettre en selle sous son contrôle. Le 1er  décembre naît la République sociale italienne, dont les principes ne s’embarrassent plus de «  compromis  » avec la monarchie ou l’Église.

Si la Seconde Guerre mondiale semble se jouer ailleurs, sur le front de l’Est, c’est en Italie que l’Allemagne nazie est confrontée à l’ouverture du second front et qu’elle perd de facto son allié principal. C’est aussi durant ces quelques mois que se construit l’Italie d’après-guerre, celle de la conciliation entre communistes et chrétiens démocrates.

Dans ce livre captivant, Mathilde Aycard et Pierre Vallaud retracent les 600  jours de la République de Salò, véritable tragédie antique, avec ses traîtres, ses figures tutélaires, ses enjeux politiques et humains, ses intrigues amoureuses.

Comme son résumé l’indique parfaitement, ce livre est consacré à la « république de Salò », une période de l’Histoire italienne pendant la Seconde Guerre Mondiale que je ne connaissais pas vraiment jusque là.

De l’Italie de cette époque, je connaissais surtout la montée du fascisme et la prise de pouvoir de Mussolini dans les années vingt, la relation fluctuante entre le Duce et Hitler au fil du temps, l’entrée en guerre comme allié de l’Allemagne nazie, et la défaite face aux Alliés. J’avais un vague souvenir d’avoir su un jour que Mussolini avait perdu le pouvoir une première fois, avant de le reprendre puis d’être capturé et exécuté à la fin de la guerre, mais je ne connaissais pas les circonstances précises de ces événements. Il est vrai qu’à mon époque, et je ne sais pas si cela a beaucoup changé, l’enseignement de la Seconde Guerre Mondiale au collège puis au lycée était principalement centré sur la France, l’Allemagne, et accessoirement la bataille d’Angleterre, l’entrée en guerre des Etats-Unis avec l’attaque de Pearl Harbor par les japonais, et la fin de la guerre mondiale avec la capitulation du Japon suite aux attaques à la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki par les américains.

Ce livre a donc un premier avantage : celui de me faire découvrir des événements que je ne connaissais pas ou très peu. En 300 pages environ, Mathilde Aycard et Pierre Vallaud couvre près de deux ans de l’histoire italienne : de la chute de Mussolini, désavoué par le Grand Conseil fasciste et placé sous résidence surveillée en juillet 1943, jusqu’à sa capture et son exécution en avril 1945. Entre temps, les hiérarques du régime fasciste ont fait appel au roi Victor-Emmanuel III, qui était resté roi mais mis de côté quand Mussolini détenait tous les pouvoirs, pour négocier un armistice avec les anglo-américains. Face à cette tentative de paix séparée de l’Italie avec les Alliés, Hitler a réagi en occupant le Nord de l’Italie et en faisant libérer Mussolini pour le remettre à la tête d’un nouveau régime.

La république de Salò (qui porte d’ailleurs très bien son nom, si je peux me permettre ce mot d’esprit un peu facile sur un sujet aussi sérieux), c’est ce régime fasciste mis en place par l’Allemagne en Italie du Nord entre 1943 et 1945. A sa tête, Mussolini collabore encore plus franchement avec les nazis, accentuant encore les mesures antisémites déjà en place depuis les années trente. La lutte contre la résistance, qu’elle soit communiste, démocrate-chrétienne ou monarchiste, est également féroce.

Le livre présente à la fois Mussolini comme une marionnette manipulée par l’Allemagne, qui contrôle de fait le gouvernement de la république de Salò, et comme un homme trahi par les siens et désabusé face à une défaite qu’il comprend comme inévitable.

Par de nombreux aspects, la comparaison entre la république de Salò et l’Etat français est saisissante : même collaboration active avec l’occupant nazi, même politique antisémite, même férocité dans la lutte contre le résistants, avec la création d’un bras armé spécifiquement chargé de pourchasser et tuer les « partisans », avec la collaboration des SS allemands.

Ce qui est vraiment intéressant dans ce récit, c’est le basculement d’une Italie qui était d’abord l’allié fidèle de l’Allemagne nazie et qui devient progressivement un pays occupé, vassalisé par l’Allemagne, et par ailleurs en proie à une guerre civile entre le Nord contrôlé par les fascistes et les nazis et un Sud occupé par les Alliés.

L’évolution de la relation entre Hitler et Mussolini est également intéressant. Mussolini, qui a pris le pouvoir dans les années 1920 alors qu’Hitler échouait dans son putsch de Munich et passait quelques années en prison, est d’abord un modèle pour le futur chancelier allemand. Le rapport de force s’inverse après la prise de pouvoir des nazis en Allemagne : Hitler devient un conquérant, qui défie les démocraties occidentales et impose l’annexion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie, pendant que Mussolini organise la conférence de Munich pour se poser comme intermédiaire entre l’Allemagne d’une part et la France et l’Angleterre d’autre part.

Ce livre décrit et décrypte parfaitement tout cela, à travers un récit bien écrit et passionnant, qui suit la chronologie des événements tout en sachant s’arrêter régulièrement pour prendre du recul et rappeler le rôle passé et futur des acteurs de l’Histoire. On assiste ainsi à la chute du fascisme, sans réel procès comme l’Allemagne le connaître à Nuremberg, ce qui d’après les auteurs a eu des conséquences sur la suite de l’Histoire italienne dans la seconde partie du XX° siècle.

En conclusion, j’ai lu ce livre avec beaucoup d’intérêt. J’y ai appris beaucoup de choses et le récit est captivant. Je n’irai pas jusqu’à dire que cela se lit comme un roman, mais pas loin !


Salò, l’agonie du fascisme, Mathilde Aycard & Pierre Vallaud

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Château de femmes

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Château de femmes est la traduction en français du roman The Women in the Castle de l’auteur(e) américaine Jessica Shattuck. La version originale a été publiée en mars 2017 et la traduction dans notre langue, signée Laurence Kiefé et proposée par la maison d’édition JC Lattès, vient tout juste de sortir. J’ai eu la chance de découvrir ce roman en service de presse par l’intermédiaire de la plateforme NetGalley.

Je parle de chance car, sans ménager le suspense, j’ai beaucoup aimé ce roman. Il faut dire qu’il avait tout pour me plaire, à commencer par son résumé :

La Seconde Guerre mondiale vient de s’achever et, dans un château de Bavière en ruines qui accueillait autrefois la haute société allemande, on suit l’histoire puissante de ces trois veuves de résistants allemands dont la vie et le destin s’entrecroisent.

Au milieu des cendres de la défaite de l’Allemagne nazie, dans l’immédiat après-guerre, Marianne von Lingenfels revient dans le château, autrefois grandiose, des ancêtres de son époux, une imposante forteresse de pierre désormais à l’abandon. Veuve d’un résistant pendu à la suite de l’assassinat raté de Hitler, le 20 juillet 1944, Marianne a bien l’intention de tenir la promesse faite aux courageux conspirateurs dont son mari faisait partie : retrouver et protéger leurs enfants et leurs femmes, devenues comme elle des veuves de résistants.

En rassemblant cette famille de bric et de broc, Marianne croit que les chagrins partagés vont les souder. Mais elle s’aperçoit rapidement que ce monde en noir et blanc, plein de principes est devenu infiniment plus complexe et alourdi de sombres secrets qui menacent de les déchirer. Ces trois femmes se retrouvent finalement  confrontées aux choix qui ont défini leurs vies avant, pendant et après la guerre, avec de nouveaux défis à relever.

Tout commence en 1938 lors de la nuit de Cristal. Réunis dans un château bavarois, Albecht et Marianne von Lingenfels ainsi plusieurs de leurs amis, notamment Connie, l’ami d’enfance de Marianne, entrent officiellement en résistance contre le régime nazi. En 1944, plusieurs d’entre eux, dont Albecht et Connie,  sont exécutés après avoir fomenté l’attentat raté contre Hitler.

J’ai été idiot. J’ai été égoïste. J’ai parfois agi en ayant à cœur mes propres intérêts et ceux de notre pays. Mais j’ai toujours pensé que notre avenir en tant qu’individus se fondait dans celui de l’Allemagne. Si moi, en tant qu’être humain, je n’agis pas contre Hitler, alors, je ne peux plus me regarder en face. Si nous, Allemands, n’abattons pas notre propre démon, il ne sera jamais exorcisé.

Le récit reprend alors en 1945, au lendemain de la guerre. Désormais veuve avec trous enfants, Marianne respecte l’engagement pris auprès de son mari de prendre soin des épouses de ses co-conspirateurs, et retrouve Benita, veuve de Connie et mère d’un petit garçon que Marianne a également retrouvé dans un orphelinat. Elles s’installent au château des von Lingenfels, où elles sont rejointes par Ania, une autre veuve qui préfère ne pas trop parler de son passé.

— Je ne sais pas, répond Ania. J’ai fait ce que je croyais bien. Mais je suis mal placée pour en juger.

— Ah ! dit Marianne. Comme toute notre génération, pas vrai ?

Nous suivons alors la cohabitation de ces trois femmes aux caractères et aux trajectoires de vie très différentes et qui ont vécu les mêmes événements chacune à leur façon. Marianne reconstruit ainsi une famille avec ses deux amies et leurs enfants. Le personnage de Marianne est très fort, avec son intransigeance  qu’elle brandit comme un devoir de mémoire envers son mari, son ami d’enfance et tous les résistants disparus en luttant contre les nazis.

Chaque question a sa réponse et, d’après son expérience, on n’a pas toujours envie de ces réponses-là. Puisqu’elle s’occupe de jardins, elle sait que, quand on retourne une pierre, on trouve dessous des vers et des insectes. Parfois même un serpent. Et, puisqu’elle est allemande, elle sait que si on commence à piocher dans une boîte à chaussures remplie de photographies, on trouve des uniformes nazis, des swastikas et des enfants le bras levé pour saluer, Heil Hitler.

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui parle très bien de mémoire et de famille. La toute dernière partie, qui se déroule au début des années 1990, est peut-être un tout petit moins intéressante, mais elle reste émouvante et conclut joliment un récit très réussi.


Château de femmes, Jessica Shattuck

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Sir Arthur Benton, cycle II : La guerre froide

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Le premier cycle de Sir Arthur Benton m’avait beaucoup plu. En trois albums très réussis, cette bande dessinée historique montrait parfaitement la complicité (au moins passive, si ce n’est active) des démocraties occidentales face à la montée d’Hitler et du nazisme, qu’ils pensaient utiliser pour lutter contre Staline et le communisme.

Le second cycle, lui aussi composé de trois albums, s’intitule La guerre froide et nous emmène des années 1945 à 1953, entre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et la mort de Staline.

Au début du premier album, le colonel Marchand, agent des services secrets français, rejoint l’Organisation, un groupe d’espionnage co-fondé par Churchill et De Gaulle, indépendant des secrets secrets officiels, destiné à lutter contre la menace communiste en Europe. Sir Arthur Benton est le chef de cette nouvelle organisation, et retrouve donc Marchand qui a passé des années à le pourchasser avant et pendant la guerre. Ils sont désormais contraints à travailler ensemble face à leur ennemi commun.

1945 … La Seconde Guerre Mondiale est terminée. Une autre, plus sournoise, commence. Pour lutter contre le « communisme » en Europe, de Gaulle et Churchill décident de former un groupe autonome de leurs services secrets : « l’Organisation ». Elle dispose de moyens illimités pour entrer dans ce que l’Histoire va appeler « la guerre froide ». Sir Arthur Benton, l’espion aux multiples facettes, redevient opérationnel : il a déjà choisi son camp. Lequel ? …

Le premier album, L’Organisation, relate les débuts de l’Organisation puis se déroule principalement à Berlin, où les forces d’occupation ont divisé la ville en quatre secteurs, soviétique, américain, britannique et français. La capitale allemande est déjà le symbole de la lutte d’influence que vont se mener l’Union Soviétique et les nations occidentales menées par les Etats-Unis. Marchand et Benton cherchent d’anciens nazis qui cherchent à échapper à la justice. J’ai trouvé cet album plaisant mais un peu faible par rapport à la qualité du premier cycle.

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Blocus de Berlin (24 juin 1948 – 12 mai 1949) … Entre Soviétiques et alliés d’hier, la tension atteint son paroxysme. Assistera-t-on au début d’une nouvelle guerre mondiale alors que l’on vient tout juste de sortir du conflit le plus meurtrier de l’Histoire ? Depuis son Quartier Général situé dans l’ex- capitale allemande, « L’Organisation » dirigée par Sir Arthur Benton lutte contre les agents secrets du MGB. Or, Marchand « l’incorruptible » est approché par une troublante jeune femme au moment même où il doute de son supérieur hiérarchique. Va-t-il se confier, au risque de mettre en péril sa mission en Tchécoslovaquie, où un coup d’État se prépare ?

Le deuxième album, Le coup de Prague, m’a semblé meilleur, renouant avec les qualités du premier cycle. L’URSS impose un blocus sur Berlin, que les Etats-Unis contrent avec un pont aérien. La tension est à son comble. Dans le même temps, la Tchécoslovaquie vit des heures sombres : le gouvernement d’union nationale, auquel participent les communistes, vit ses dernières heures alors que l’URSS intrigue pour mettre en place un régime communiste à sa botte. Le coup de Prague est parfaitement raconté dans cet album passionnant.

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1948… Le colonel Marchand a succombé aux charmes de la belle et mystérieuse Rosa. Mais à qui peut-on se fier en ces temps de Guerre froide, où les Alliés d’hier sont devenus des ennemis ? Quand trois membres de l’Organisation dirigée par Sir Arthur Benton sont trahis par des agents doubles, Marchand décide de passer à l’offensive … Entre amour et devoir, il devra choisir …

Le troisième album m’a malheureusement un peu déçu. Le résultat est finalement plus proche du premier que du deuxième album. L’Organisation soutient le leader yousgoslave Tito, communiste mais dissident du bloc soviétique. On voit ainsi comment les démocraties ont soutenu un régime qui n’avait rien à envier aux méthodes totalitaires de Staline, les opposants yougoslaves étant arrêtés et exécutés comme en URSS. Le sang coule abondamment dans cet album, mais ce qui m’a le plus gêné c’est le manque de ligne directrice, les événements s’enchainent mais j’ai eu du mal à y décerner une logique d’ensemble.

Globalement, ce second cycle est plaisant à lire mais m’a moins plu que le premier. L’intérêt principal réside toujours dans le cadre historique qui y est décrit : les lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, la dénazification, les débuts de la guerre froide, le blocus de Berlin, le coup de Prague, la prise de pouvoir de Tito en Yougoslavie et sa prise de distance avec le bloc soviétique, et pour finir la mort de Staline et la lutte pour sa succession.


Sir Arthur Benton, cycle II : La guerre froide, Tarek (scénario) et Vincent Pompetti (illustrations)

Note : ★★★☆☆

Comics & BD

Sir Arthur Benton, 3. L’assaut final

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Je viens de terminer le dernier des trois albums qui composent le premier cycle de la BD Sir Arthur Benton, écrite par Trek et illustrée par Stéphane Perger.

Trois années se sont écoulées depuis la fin du deuxième album. Nous sommes en 1945, la fin de la guerre approche et les soviétiques encerclent Berlin :

1945 : pendant la prise du bunker d’Hitler, le IIIe Reich s’effondre. On retrouve Benton, interrogé comme criminel de guerre. Mais à la demande expresse de l’Etat-Major anglais, le traître, Sir Arthur Benton, est transféré dans une caserne en Belgique ! Pour Marchand qui l’a traqué, l’explication  » secret défense  » ne suffit pas… Pourquoi Churchill intervient-il – en personne, pour récupérer l’agent complice des nazis ? Quel terrible secret détient Sir Arthur Benton pour échapper à ses juges ?

Tarek et Perger terminent ce cycle d’une guerre « secrète » par un final apocalyptique (exécutions sommaires dans un Berlin en feu…) et surprenant.

Magistralement documentée, cette histoire d’espionnage, psychologique et à suspense, a reçu de nombreux prix du scénario et du dessin. Déjà un classique.

Le britannique aux fidélités troubles Sir Arthur Benton et l’agent secret français Marchand se font toujours face à face pour le grande règlement de compte à l’issue de la guerre. Benton est transféré en Belgique sur l’ordre direct de Churchill, une décision qui scandalise Marchand, plus encore quand il découvre la raison de cette décision.

En toile de fond, soviétiques et alliés tentent d’exfiltrer des scientifiques allemands ou issus des pays occupés. La guerre n’est pas encore terminée mais les pays vainqueurs commencent déjà à préparer la prochaine : l’affrontement inévitable entre le bloc soviétique de Staline et l’Occident mené par les Etats-Unis d’Amérique.

Ce troisième album est du même niveau que le deux précédents, à savoir très réussi. La conclusion de ce premier cycle consacré à la montée et à la chute du nazisme avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale est parfaite.

Cette trilogie montre notamment comment d’une certaine façon les démocraties occidentales ont été complices des crimes commis par les nazis en permettant d’abord leur montée en puissance pour lutter contre le communisme, en sous-estimant le danger que représentaient Hitler et ses amis, avant de les combattre par les armes lorsque ce fut trop tard.

La série se poursuit avec trois autres albums qui se déroulent cette fois pendant la guerre froide. Je risque de vous en reparler ici très vite !


Sir Arthur Benton, 3. L’assaut final, Tarek (scénario) et Stéphane Perger (illustrations)

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Sir Arthur Benton, 2. Wannsee 1942

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Après le premier épisode Opération Marmara dont je parlais ce matin, j’ai enchainé avec le deuxième album de Sir Arthur Benton : Wannsee 1942.

– Où étiez-vous entre la fin 1942 et 1943 ?

-Varsovie ! … L’amiral Canaris m’avait demandé de m’occuper des rouges qui harcelaient nos troupes en Pologne.

-Et les juifs du ghetto ? !

-Calmez-vous ! Ils étaient bien entre eux dans le ghetto… Je n’ai éliminé que des agents de Staline, je n’ai pas cherché à savoir s’ils étaient juifs ou catholiques…

Dans cette deuxième partie de la guerre secrète entre services spéciaux, les aveux sont terribles : l’agent anglais Sir Arthur Benton, le traître, qui a choisi l’idéologie nazie, était présent à Wansee, en 1942, quand la solution finale a été décidée…

En mai 1945, l’interrogatoire du britannique anti-communiste et pro-nazi Sir Arthur Benton par l’agent des services secrets français Marchand continue.

Après le début des années 1930 et la prise du pouvoir par le parti nazi, le récit fait un saut de temps. Nous sommes désormais en 1942, et Benton assiste de loin à la funeste conférence de Wannsee, organisée par Reinhard Heydrich et au cours de laquelle plusieurs haut fonctionnaires nazis vont valider et organiser la « solution finale au problème juif ».

Benton dit désapprouver cette politique d’extermination, non par souci d’humanité, mais parce qu’il considère que c’est une perte de ressources qui devraient être affectées au seul combat qui compte à ses yeux : lutter contre les communistes et l’Union Soviétique.

Deux ans plus tard, Sir Arthur Benton est à Varsovie où il dirige un groupe chargé d’écraser la résistance communiste, sans se préoccuper du sort des juifs emprisonnés dans le ghetto.

En Allemagne, certains militaires de la Wechmacht commencent à douter d’Hitler et certains iront même jusqu’à fomenter un attentat pour l’éliminer et mener un coup d’état afin de sauver le sort de l’Allemagne dans cette guerre qu’elle s’apprête à perdre.

A nouveau, cet album nous plonge dans l’histoire du Troisième Reich. Après la montée du parti nazi et sa prise de pouvoir, nous assistons là au coeur de la Seconde Guerre Mondiale, avec des combats qui s’intensifient en Europe et la mise en oeuvre d’une politique de grande ampleur d’extermination des juifs par le régime nazi. L’album montre bien cependant que l’existence des camps d’extermination – et pas seulement de concentration – a été connue des Alliés très tôt pendant la guerre et que le secret a été gardé jusqu’à l’issue de la guerre.

Le cadre historique de cet album est évidemment terrifiant, glaçant, tandis que le récit est bien rythmé, alternant les scènes d’action et d’espionnage et les explications historiques. Comme pour le premier volume, l’album s’achève par quelques pages pour rappeler le contexte historique et présenter les personnages réels ou fictifs qui y figurent.


Sir Arthur Benton, 2. Wannsee 1942, Tarek (scénario) et Stéphane Perger (illustrations)

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Sir Arthur Benton, 1. Opération Marmara

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Je lis beaucoup de bandes dessinées en ce moment, grâce au catalogue à la fois riche et de qualité de la médiathèque que je fréquente. J’y ai notamment découvert cette série composée de deux cycles en 3 albums chacun : Sir Arthur Benton. Le tout premier album, qui inaugure le premier cycle, s’intitule Opération Marmara.

Sir Arthur Benton est citoyen britannique. Or, il a choisi le mauvais camp : celui de l’idéologie nazie. Après la capitulation d’Hitler en 1945, prisonnier des alliés à Nuremberg, il n’accepte de parler qu’à son pire ennemi : le colonel de la Taille, membre du 2e bureau français. Ce récit documenté, psychologique et à suspense, traite de la guerre menée dans l’ombre entre services secrets alliés et allemands. Une guerre qui commence en 1929 à Istanbul pour s’achever à Berlin dévastée, en mai 1945.

Les premières pages se déroulent en mai 1945, au lendemain de la chute du Troisième Reich. Sir Arthur Benton, citoyen britannique mais soutien des nazis, a été arrêté par les Alliés et est interrogé par le colonel de la Taille, un agent des services secrets français que Benton semble bien connaître.

L’interrogatoire nous ramène alors au tout début des années 1930. Farouchement opposé aux communistes et sympathisant des thèses nazies, Sir Arthur Benton accepte de servir d’intermédiaire pour fournir au Parti national-socialiste allemand de l’ragent et des armes pour préparer les prochaines élections et conquérir le pouvoir par les urnes, après avoir tiré les leçons de l’échec du putsch de Munich en 1923.

En Turquie, Benton joue un double jeu avec les nationalistes syriens, tandis que le colonel de la Taille et ses agents des services secrets français cherchent à identifier un agent allemand, sans se douter de ce qui se trame réellement à Istanbul.

Ce premier épisode m’a beaucoup plu. Si le récit d’espionnage est plaisant et bien rythmé, c’est surtout le cadre historique parfaitement rendu qui m’a séduit. Le récit de la montée du nazisme est glaçant, et les agissements souvent troubles des différents services secrets étrangers en Turquie sont bien décrits. Un cahier des quelques pages à la fin de l’album présente d’ailleurs quelques textes qui situer le récit dans son contexte historique, et c’est très bien fait.

Je vais sans tarder poursuivre avec le deuxième album de la série, intitulé Wannsee 1942.


Sir Arthur Benton, 1. Opération Marmara, Tarek (scénario) et Stéphane Perger (illustrations)

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Berlin finale

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Berlin finale est un roman de l’écrivain et journaliste allemand Heinz Rein, boycotté et persécuté par le régime nazi. Publié en Allemagne en 1947, ce livre n’a été publié en français que cette année par la maison d’édition Belfond.

A vrai dire, je ne m’explique pas pourquoi il a fallu attendre plus de soixante-dix ans pour proposer au lectorat francophone une traduction de ce roman hors normes. Sur la plateforme NetGalley grâce à laquelle j’ai pu lire ce livre en service de presse, le résumé proposé par l’éditeur m’avait tout de suite attiré :

« Nous tenons entre nos mains un témoignage historique absolument unique.  »
Fritz J. Raddatz, essayiste et journaliste

Publié en 1947 en Allemagne, vendu à plus de 100 000 exemplaires,
Berlin finale est l’un des premiers best-sellers post-Seconde Guerre mondiale. Une œuvre passionnante, haletante, audacieuse, qui a su, alors que l’Europe se relevait à peine de la guerre, décrire dans toute sa complexité le rapport des Berlinois au nazisme.

Jusqu’alors inédit en France, un roman-reportage brillant qui nous raconte, à travers les destins d’une poignée de résistants, les derniers jours de Berlin avant sa chute. Un texte majeur, un Vintage événement.

Heinz Rein nous plonge dans Berlin en avril-mai 1945, lorsque la ville est encerclée par l’armée russe et que le régime nazi ordonne à la population de se battre jusqu’au bout. Nous suivons plusieurs personnages engagés dans la résistance : un jeune soldat déserteur, un médecin social-démocrate, un syndicaliste pourchassé par la Gestapo, la femme de ce dernier, un ouvrier communiste, et un patron de bistrot qui accueille avec bienveillance ce petit groupe de résistants.

Ecrit juste après les événements qui y sont relatés, ce roman est un témoignage glaçant des dernières semaines du Troisième Reich et des combats dans Berlin. L’auteur montre parfaitement comment Hitler et ses sbires étaient prêts à sacrifier toute la population civile de Berlin plutôt qu’admettre la défaite face aux Alliés et en particulier face à l’ennemi soviétique. Il met également en évidence comment les nazis avaient réussi à mettre dans la tête de beaucoup de gens, soldats comme civils, que national-socialisme et Allemagne ne faisaient qu’un et que la chute du régime ne pouvait qu’entrainer la chute totale de la nation allemande.

Le texte d’Heinz Rein alterne des scènes d’action, avec leur lot de rebondissements, des descriptions glaçantes de la ville assiégée et détruite, et de longs dialogues.

Dans ces derniers, les personnages ont parfois tendance à parler comme dans un livre, se substituant ainsi à l’auteur pour lui permettre d’exprimer une opinion, une analyse, certes très souvent intéressante, mais qui ne cadre pas forcément avec les situations dans lesquelles sont plongées les personnages. Cela donne parfois un côté artificiel, faussement romanesque, mais les idées développées sont tellement fortes et intéressantes que cela ne réduit en rien la qualité de l’oeuvre. Dans sa post-face, Fritz J. Raddatz l’exprime bien mieux que moi :

Dans les moments où Heinz Rein aimerait lui-même prendre la parole, en quelque sorte, où, dans les dialogues, il fait passer à travers la bouche des personnages de son livre ses positions politiques très honorables. D’un côté, c’est encore une fois un principe cinématographique ; car un film a besoin de dialogues, il ne peut fonctionner en se fondant uniquement sur des atmosphères, sur la contemplation extérieure de ses acteurs et actrices. Toutefois, Rein distend ce principe jusqu’à l’improbable. Il est vrai qu’il a réuni un ensemble de personnages intéressants avec son Dr Böttcher plutôt réservé, le pur Berlinois Klose, à la forte personnalité sympathique, le résistant Wiegand qui vit dans la clandestinité, et surtout le déserteur Lassehn qui, très hésitant au début, est toujours surpris de son propre courage. Mais ils parlent trop. Ils fatiguent souvent, sur plusieurs pages, avec des débats et des formes de dialogue laborieuses, avec leurs multiples exposés sur la nature du système nazi, les formes éventuelles de gouvernement après la guerre, sur des dilemmes moraux et sur la possible inutilité du travail de l’ombre : petits séminaires de sciences politiques au café de Klose.

Parmi ces longues mais passionnantes réflexions de l’auteur à travers ses personnages, j’en ai surlignées de très nombreuses (sur mon Kindle, car je ne maltraite pas les livres papiers au stabilo). Je ne vais pas toutes vous les citer ici, mais je tiens tout de même à partager celles qui me semblent les plus représentatives ou les plus fortes :

Sur la génération élevée sous le Troisième Reich :

C’est bien la première fois dans l’histoire de l’humanité que la jeunesse ne se sent pas supérieure à la vieillesse, qu’elle n’est pas fière d’être jeune. Quand vous avez dit à l’instant, monsieur Lassehn, que vous nous enviiez notre âge, votre formule n’était pas tout à fait pertinente, ce n’est pas tellement notre âge que vous convoitez, mais le savoir et les expériences que nous avons accumulés à une époque où le national-socialisme n’avait pas encore restreint la pensée à une formule élémentaire unique. Bien sûr, la plupart de ceux de votre génération n’ont pas encore pris conscience de cette idée, parce qu’elle est masquée par la guerre et les discours de Hitler et de Goebbels qui s’évertuent à être rassurants, mais un jour la guerre finira, Hitler et Goebbels ne seront plus là, et quand le grand silence s’abattra sur eux et que plus personne ne sera là pour approuver leurs actes, quand, de tous côtés, on leur fera des reproches, alors seulement ils comprendront que leur jeunesse a été honteusement trahie, que leur capacité d’enthousiasme a été scandaleusement maltraitée, que leur pensée a été induite en erreur. Un vide immense s’ouvrira devant eux, car, tandis que les générations précédentes peuvent encore trouver refuge dans des conceptions antérieures, le socialisme, le communisme, le libéralisme ou la démocratie, l’Église ou un système philosophique quelconque, la jeunesse se retrouvera tout à fait démunie spirituellement.

[…]

Dans les vingt à vingt-cinq ans. C’est la génération sur laquelle les nazis ont eu une influence totale. Mais nous devons vraiment compter dessus et nous en rapprocher à tout prix. — Et pourquoi ça ? demande Schröter. — Parce que, un jour, quand nous nous retirerons – et ce moment n’est pas très lointain, car nous ne sommes plus tout jeunes, tous autant que nous sommes –, ils seront amenés à gouverner, répond le Dr Böttcher avec gravité.

Ce serait absurde de toute manière de condamner toute une génération, de la radier de la vie de la nation, de l’exclure de l’organisation de son propre avenir. Quand cette guerre désastreuse sera finie, il n’y aura – en gros –que deux directions pour la jeunesse : une partie sera incorrigible et restera aussi national-socialiste qu’avant, elle imputera l’échec aux insuffisances techniques et militaires ; l’autre partie, sans doute plus importante, sera nihiliste, elle errera et vivra en nomade sur le plan politique et intellectuel parce que les fondements de l’existence que les jeunes ont vécue jusqu’ici, de leur foi et de leur, disons, idéologie, leur auront été brusquement arrachés. Il est évident que nous ne pouvons pas assister à ça sans rien faire et laisser la jeunesse livrée à elle-même, mais nous ne devons pas non plus… »

[…]

Car si on en est arrivés au point où la jeunesse allemande est tombée entre les mains des criminels bruns et ne s’est pas rendu compte de la démence de leur doctrine, ce n’est pas sa faute – si toutefois on peut vraiment parler de faute –mais celle de ceux qui ont laissé faire ça.

Sur la « fusion » entre nation allemande et national-socialisme :

Les nazis ont réussi, dit Lassehn, à identifier le national-socialisme à la nation allemande, à rendre tout à fait naturelle l’idée que la chute du national-socialisme devait forcément signifier la chute de l’Allemagne et du peuple allemand. J’ai connu plusieurs camarades qui expliquaient en toute franchise qu’ils n’avaient pas de sympathie pour le national-socialisme mais qu’ils se trouvaient dans une situation contraignante et devaient défendre l’Allemagne.

[…]

Ils mettent l’Allemagne à terre en toute conscience parce qu’ils ne savent plus quoi faire. N’ont-ils pas dit clairement que si le parti national-socialiste devait sombrer, ils entraîneraient tout le peuple allemand dans leur chute pour qu’il ne soit pas livré au bon vouloir sadique et à l’asservissement des bolchevistes et des ploutocraties occidentales ?

Sur le patriotisme allemand :

Vous savez, dit-il, quand j’entends le mot “Allemagne”, j’ai toujours des sueurs froides, à chaque fois j’entends dzimboum ratatam ratatam et des coups de canon noirs, blancs et rouges.

— Et moi j’entends des Lieder de Schubert et des poèmes d’Eichendorff, je vois la forêt de Thuringe et le lit de la Weser, réplique le Dr Böttcher. Mon cher Schröter, chez certains d’entre vous – et vous semblez faire partie de ceux-là –c’est la même chose que pour les Juifs. De la même façon qu’ils flairent l’antisémitisme dès que quelqu’un ne fait même que prononcer le mot “Juif”, vous entendez toujours nationalisme dès qu’arrive le mot “Allemagne”.

Sur la culpabilité du peuple allemand :

Ce n’est pas bien de désigner un seul côté comme coupable, dit le Dr Böttcher. Si nous voulons vraiment aborder la question de la culpabilité, alors je peux vous dire tout de suite mon avis : tout le peuple allemand – à l’exception du petit noyau des combattants clandestins –est coupable, par négligence, par ignorance, par lâcheté, par cette nonchalance typiquement allemande, mais aussi par arrogance, méchanceté, cupidité et besoin de domination.

Sur la nation allemande et l’humanité :

En tant qu’Allemands, nous devons gagner cette guerre, avec toutefois cette petite réserve : en tant qu’hommes, nous en avons un peu peur.

— C’est une opinion largement répandue, dit le Dr Böttcher, mais il est facile de la réfuter. Comment peut-il y avoir une divergence entre “allemand” et “humain” ? Il y a quelque chose qui ne va pas, mon ami. Si “allemand” ne veut pas dire “humain”, si je dois dissocier de mon humanité mon identité allemande, alors je ne veux plus être allemand. Or ce qui est allemand a toujours été humain, Dürer, Beethoven, Kant, Goethe, Leibniz sont allemands et universels dans leurs œuvres, il n’y a pas de différence entre leur origine ethnique et leur culture cosmopolite. Croyez-vous que Beethoven, s’il vivait aujourd’hui, aurait écrit dans le dernier mouvement de sa Neuvième : “Embrassez-vous, millions de sang allemand” ? Non, ce baiser était adressé au monde entier. Et ça ne devrait plus exister aujourd’hui ?

Au-delà de ces tirades que j’ai trouvées très fortes, il y a un récit rythmé avec des personnages attachants, et surtout la description d’une ville assiégée qui attend la fin de la guerre dans une souffrance intolérable et incompréhensible. J’ai mis une dizaine de jours à le lire, c’est un pavé très riche (plus de 800 pages en version papier), mais ce roman est véritablement un témoignage passionnant et saisissant.

Toujours dans sa post-face, Fritz J. Raddatz résume parfaitement ce livre :

Un film. Ce livre est un film tourné sur papier. Il a le rythme qu’affectionnent les réalisateurs de documentaires, le montage sec d’un thriller politique, le décor admirablement soigné des grands axes de circulation, des minuscules rues adjacentes, des « passages » quasi inextirpables d’une ville aux millions d’habitants, et cette direction des dialogues qui tantôt sont vifs comme des échanges de ping-pong, tantôt s’étendent largement, dont un roman n’a pas nécessairement besoin, mais dont le cinéma ne peut se passer. Et il a lui aussi un thème musical, dont le compositeur est Heinz Rein : sa haine des nazis, sa rage envers leur crime, appelé la guerre, son effroi devant ce qui a été infligé aux hommes dans l’Allemagne de Hitler, son horreur, doublée de supplication, face à l’assassinat de la ville nommée Berlin, perpétré par des fous – eux-mêmes lâches –méprisant l’humanité, dans un combat final absurde qui n’épargna ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards, ni les estropiés, pas plus que les jeunes aveuglés : Berlin finale.

En conclusion, je ne peux m’empêcher de citer celle de Fritz J. Raddatz, encore et toujours dans post-face :

Nous devons nous rappeler. Et il faut rappeler ce purgatoire à ceux qui vivent aujourd’hui dans l’aisance, de manière si insoucieuse et agréable. Berlin finale est un livre noir de la honte.


Berlin finale, Heinz Rein

Note : ★★★★★