Livres & Romans

J’arrête de trop penser

En ce moment, je lis pas mal de livres de « développement personnel ». Je mets des guillemets car je n’aime pas trop ce terme, avec ce qu’il m’évoque et ce qu’il véhicule comme clichés et à priori. Malgré cette réticence, depuis quelque temps je m’intéresse d’assez près à certains sujets de psychologie et de développement personnel, cela m’aide à traiter certaines préoccupations que j’ai sur mes besoins, mes attentes, mon travail, mes projets, etc.

Ainsi, je vous avais parlé des livres de Vadim Zeland sur le Transurfing et tout récemment du très bon Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant de Christel Petitcollin. Sur le même thème que ce dernier livre, je viens de lire dans la foulée un petit bouquin intitulé J’arrête de trop penser, signé Béatrice Lorant, journaliste dans la presse féminine principalement.

Vous pensez tout le temps… À la lessive que vous avez oublié de lancer avant de partir au travail, à la réflexion de votre supérieur hiérarchique sur le dossier que vous venez de lui présenter, au choix du « bon » gâteau pour l’anniversaire de votre fils ou de votre fille… Et le soir venu, impossible de vous relaxer et de dormir immédiatement, vous ressassez…

Pas de panique, vous êtes « juste » hyperpenseur ! Faites une pause et apprenez à dompter votre bouillonnant cerveau pour éviter le burn-out !
Pour y parvenir, Béatrice Lorant, hyperpenseuse (qui aujourd’hui le vit bien !), vous invite à :

– clarifier vos idées pour devenir intellectuellement plus productif

– soigner votre corps et votre esprit

– libérer votre créativité

– penser moins pour penser mieux

TOUTES LES CLÉS POUR LÂCHER PRISE ET ÊTRE PLUS ZEN !

J’ai peut-être commis un erreur en enchainant la lecture de deux livres sur le même sujet. J’ai ainsi trouvé dans celui-ci beaucoup de notions déjà découvertes ou évoquées dans le précédent. J’ai d’ailleurs trouvé que celui-ci était un peu moins pertinent et détaillé que celui de Christel Petitcollin. Le ton, plus léger, m’a également semblé différent et j’y ai été moins sensible.

Là où ce livre se distingue de Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant, c’est sur la partie conseils pratiques, beaucoup concrète et développée. J’ai toutefois regretté que ces conseils soient peu inventifs et se contentent de proposer des choses souvent déjà connues. Faire du sport, libérer sa créativité, être bienveillant avec soi : tout cela me semble d’excellentes idées mais j’ai envie de dire que j’y ai déjà pensé et que la difficulté n’est pas dans le fait d’identifier le besoin mais dans le passage à l’action, dans le fait de lever les freins pour se lancer.

Tout cela donne, à la fois à cause du ton employé par l’auteur et pas la nature du propos, un petit côté « livre de recettes miracles » face à des problèmes qui ne se règlent pourtant pas simplement en claquant des doigts.

Dans l’ensemble, ce petit livre d’environ 180 pages en poche est plutôt intéressant mais plutôt comme un point de départ avant d’aller plus loin dans d’autres ouvrages plus développés, plus détaillés. En tout cas, j’en suis sorti en restant un peu sur ma faim.


J’arrête de trop penser, Béatrice Lorant

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

Highly Illogical Behavior

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Après plusieurs lectures presque exclusivement en français, j’avais envie de reprendre mon rythme où j’alterne les livres en français et ceux en anglais. J’ai choisi ce roman young adult de John Corey Whaley, un auteur américain que je n’avais jamais lu auparavant. J’avais découvert ce livre il y a peu de temps sur Goodreads et le résumé m’avait tout de suite donné envie de le lire :

Sixteen-year-old Solomon has agoraphobia. He hasn’t left his house in 3 years. Ambitious Lisa is desperate to get into a top-tier psychology program. And so when Lisa learns about Solomon, she decides to befriend him, cure him, and then write about it for her college application. To earn Solomon’s trust, she introduces him to her boyfriend Clark, and starts to reveal her own secrets. But what started as an experiment leads to a real friendship, with all three growing close. But when the truth comes out, what erupts could destroy them all. Funny and heartwarming, Highly Illogical Behavior is a fascinating exploration of what makes us tick, and how the connections between us may be the most important things of all.

J’ai commencé à le lire ce week-end et j’ai adoré dès le début. Il était impossible pour moi de ne pas être attendri par le personnage de Solomon, un adolescent de seize ans souffrant d’agoraphobie et de crises de panique, dont l’une trois ans auparavant qui l’a poussé à plonger dans la fontaine devant son école où il n’a plus remis les pieds depuis. Pire, Solomon n’est plus sorti de chez lui depuis cet épisode. C’est un personnage évidemment tourmenté mais aussi plein d’humour et de vie.

Sa vie bien réglée, justement, va être bousculée par l’arrivée de Lisa, une lycéenne qui rêve d’être admise dans un département de psychologie à l’université et se donne pour mission de soigner Solomon, qui sera son sujet d’étude pour l’essai qu’elle doit rédiger pour son dossier de candidature.

Le troisième larron, c’est Clark, à la fois athlète, geek et petit-ami de Lisa. D’abord jaloux du temps que Lisa passe avec Solomon, il va lui aussi se rapprocher de l’adolescent reclus dans sa maison, jusqu’à éveiller les soupçons de Lisa quand il va finir par passer plus de temps avec son nouvel ami qu’avec elle.

It was the thing they had most in common—all they wanted was a quiet place to be invisible and pretend the world away. And that’s exactly what they had before things got weird. Now, no matter what they told themselves or each other, it would always be different. After all, no first love goes away overnight, especially one that’s always right in front of you, but just out of your reach.

Je ne vais pas dire que c’est de la grande littérature, on reste dans du young adult assez classique à la fois dans le style d’écriture et dans la construction narrative, mais c’est clairement un récit drôle et touchant, qui oscille entre le thème de la maladie mentale de Solomon et un triangle amical et amoureux entre les trois adolescents. Cela pourrait être un roman sympathique parmi d’autres, mais le personnage de Solomon et son parcours apportent une profondeur et une richesse particulières. J’ai beaucoup aimé lire ce roman, et j’ai bien envie de découvrir les deux autres romans de cet auteur, surtout s’il y aborde de la même façon des sujets aussi forts et intéressants.

I’ll never forget that day at the fountain. The other kids laughed and whispered, even when the principal had gotten him out of the water and wrapped a jacket around him. They just kept laughing and pointing as he walked by, dripping wet and never looking up from the ground. Most everyone I knew heard some ridiculous gossip about him by the end of that day. But then, within weeks, it was like he’d never existed. And that’s when I got the saddest. They never brought him up again. Like we belonged there and he belonged somewhere else. It’s not too hard to disappear when no one’s looking for you. That’s what we do sometimes. We let people disappear. We want them to. If everyone just stays quiet and out of the way, then the rest of us can pretend everything’s fine. But everything is not fine. Not as long as people like Solomon have to hide. We have to learn to share the world with them. 


Highly Illogical Behavior, John Corey Whaley

Note : ★★★★☆


Vous voulez m’aider ?

Ego Trip

Je voudrais être quelqu’un d’autre

Je voudrais être quelqu’un d’autre.

En disant cela tout à l’heure, Choubidou ne pouvait pas deviner que j’étais dans le même état d’esprit, que j’aurais pu dire la même chose, mot pour mot. Du coup, cette simple phrase m’a plongé dans un abîme de tristesse, j’ai été submergé par une vague de désespoir comme je n’en avais plus connu depuis quelques semaines. Parce que moi aussi, je voudrais parfois être quelqu’un d’autre.

Je voudrais être capable de parler à celles et ceux que je viens tout juste de rencontrer, ne plus être inhibé lors des premières rencontres, trouver facilement des sujets de conversation et ne pas ressentir cette barrière face aux inconnus. J’aimerais ne pas m’enfermer dans ma coquille quand je me retrouve au restaurant dans un groupe où je ne connais pas tout le monde. Je voudrais être à l’aise plus rapidement et que ma réserve ne soit pas interprétée comme de la froideur alors que c’est tout le contraire.

Je voudrais être capable d’attirer les regards autrement que par la particularité de mon bras droit. J’aimerais, un jour, croiser un regard où je ne lirais pas – à tort ou à raison – de la curiosité, de la pitié ou du dégoût. Je voudrais, parfois, passer inaperçu dans la foule, là où tant se battent pour être remarqués. Moi, j’aimerais juste ne pas être si reconnaissable au premier coup d’oeil. Devenir l’homme invisible, ou être visible pour d’autres raisons.

Je voudrais être moins sensible, moins émotif. Ne plus pleurer bêtement dès qu’une émotion devient trop forte, ne plus passer du rire aux larmes en l’espace de quelques secondes. J’aimerais apprendre à mieux contrôler mes émotions, à gérer mon stress. Je voudrais être moins angoissé face à l’inconnu, ne plus considérer chaque pas en avant comme un saut dans le vide. J’aimerais avancer naturellement, sans me poser de question, sans me remettre en cause en permanence.

Je voudrais être quelqu’un d’autre. Moins timide. Moins angoissé. Comme les autres.