Livres & Romans

Des lieux, des écrivains

Des lieux, des écrivains est un ouvrage de 2003 du journaliste belge Jacques Franck, un auteur que je ne connaissais pas, dont le titre et la couverture avaient attiré mon attention lors de mon dernier passage à la médiathèque. La quatrième de couverture a beaucoup fait pour me donner envie de le lire, et donc de l’emprunter :

Il est des lieux où rôde l’ombre d’écrivains, des hôtels où une œuvre a germé, où une illumination a infléchi le destin d’un auteur. Des lieux, enfin, suffisamment conservés pour que l’on puisse, par la récréation de la mémoire et de la lecture, mettre ses pas dans ceux de ces auteurs, contempler ce qui les a inspirés et lire, par-dessus leur épaule, les pages qu’ils y écrivirent. Jacques Franck nous invite, tout au long de ce voyage littéraire, à revivre la rencontre du narrateur d’A la recherche du temps perdu avec Albertine et le baron de Charlus à Cabourg-Balbec ; accompagner Agatha Christie au Pera Palas d’Istanbul et prendre l’Orient-Express avec elle ; relire La Mort à Venise à l’endroit même où Thomas Mann s’est heurté au tragique de la beauté…

La promesse est séduisante : un carnet de voyages à la rencontre d’écrivains dans des hôtels où ils n’ont pas seulement séjourné mais surtout écrit des œuvres majeures ou été inspirés pour les écrire.

Chaque chapitre d’une grosse dizaine de pages est consacré à un lieu, un hôtel, son histoire, et l’écrivain ou les écrivains qui y sont liés. Comme souvent dans des livres construits sur ce modèle, certains chapitres sont plus intéressants que d’autres. Évidemment, cela variera selon les goûts et la sensibilité du lecteur.

En ce qui me concerne, j’ai été envouté par les voyages au Grand Hôtel de Cabourg avec Marcel Proust, à l’Hôtel Sacher pour des raisons plus historiques que littéraires, à l’Hôtel des Bains aux côtés de Thomas Mann découvrant le Tadzio qui lui inspirera sa nouvelle « La Mort à Venise », et au Pera Palace d’Istanbul où Agatha Christie aurait trouvé l’inspiration pour son célèbre roman « Le Crime de l’Orient-Express ».

D’autres chapitres m’ont moins marqué et certains m’ont même ennuyé, je me suis alors permis de les parcourir plus rapidement. C’est d’ailleurs l’avantage de ce genre d’ouvrage, où l’on pioche parmi les chapitres ceux qui nous attirent plus que d’autres, en se laissant la possibilité d’être agréablement surpris par d’autres qui nous inspiraient moins à la lecture de la table des matières.

C’est bien le cas avec ce livre : un assemblage de voyages plus ou moins inspirants, qui plairont à un public varié mais toujours amoureux de littérature. Car derrière ces séjours dans des hôtels mythiques paraît toujours un amour inconditionnel pour l’écriture et les écrivains. Il devient alors évident que ce livre ne pouvait pas me laisser indifférent, dans le bon sens du terme.


Des lieux, des écrivains, Jacques Franck

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

Que va-t-on faire de Knut Hamsun ?

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Grace à la plateforme de service de presse NetGalley.fr, j’ai eu l’opportunité de découvrir ce roman de Christine Barthe, une auteur(e ?) que je ne connaissais pas. Je crois d’ailleurs qu’il s’agit de son premier roman, ceci expliquant sans doute cela :-)

Le sujet du roman m’avait tout de suite attiré en découvrant son résumé :

Ils m’ont placé dans cette bâtisse, entre hospice et hôpital, service des maladies infectieuses. Ils ne savent pas quoi faire d’un homme comme moi, du nom de Knut Hamsun, Prix Nobel de littérature. La justice piétine, tourne en rond, parle tout bas. Je me doute bien que pour beaucoup de mes juges, il serait préférable que je passe de vie à trépas ou, tout au moins, que je bascule dans la sénilité. On aimerait que mes opinions politiques relèvent de la psychiatrie. On cherche à cerner mon caractère, on pense que j’ai courbé l’échine devant l’Allemand Terboven qui dirigeait notre pays pendant la guerre, et que j’ai baisé les pieds d’Hitler. Grands dieux, ce n’est pas ce que j’ai fait. Ils disent que je suis un traître. Je suis un traître mais mon procès est reporté. Je suis un traître qu’ils ne veulent pas juger.  »

Avec les armes de la fiction, Christine Barthe s’interroge sur la dérive tragique d’un écrivain de génie, suivant son héros de son arrestation jusqu’à la cour de justice. Dans un livre percutant, empreint de poésie et de mystère aussi, elle pose la question de l’engagement et de la responsabilité, sans jamais perdre de vue le caractère romanesque de ses personnages.

Christine Barthe s’intéresse à Knut Hamsun, écrivain norvégien et lauréat du Prix Nobel de littérature en 1920, mais aussi soutien affiché du parti pro-nazi de Vidkun Quisling, à la tête du gouvernement collaborationniste de la Norvège occupée par l’Allemagne nazie. Le roman se déroule entre l’arrestation de l’écrivain en 1945 pour collaboration avec l’occupant nazi et sa mort en 1952 à l’âge de quatre-vingt-douze ans.

Avant la guerre, Knut Hamsun était une grande figure adulée par ses compatriotes. Pendant l’Occupation, il a publié plusieurs articles pour soutenir le Troisième Reich et la collaboration du gouvernement norvégien avec l’Allemagne. Quelques jours après la mort d’Hitler, il a même écrit un texte rendant hommage au défunt, mettant en avant la combattivité du Führer. Son attitude et ses prises de position pendant la guerre ternissent considérablement son image. en 1945, il est arrêté puis interné, les autorités préférant le faire déclarer inapte plutôt que d’organiser un procès embarrassant. Malgré tout, Knut Hamsun va insister pour être jugé, et il sera finalement condamné pour collaboration avant de mourir quelques années plus tard dans sa résidence familiale.

C’est ce parcours assez particulier que le roman relate. Knut Hamsun est évidemment un personnage intéressant, ses choix pendant la guerre sont condamnables mais il ne semble pas avoir conscience de ses erreurs. Il explique ses prises de position par le souci de préserver la Norvège rurale de l’industrialisation, qu’il associe à l’Angleterre et dont il craint une alliance avec la Russie, mais à aucun moment il n’exprime de regret pour avoir soutenu l’Allemagne nazie et la collaboration du gouvernement norvégien avec l’occupant.

Certes il n’avait pas aimé, dans les années vingt, le passage à la production industrielle, il avait regardé nerveusement la migration des hommes vers la ville, car ainsi ces hommes oubliaient l’origine de toute chose : la terre. Il avait voulu prévenir par ses romans comment les uns et les autres, en adhérant à la fabrique de masse, allaient perdre leur âme, se mentir à eux-mêmes, mener une vie d’insecte qui déclencherait violence, bassesses, misère. S’était-il trompé ? Le déracinement ne provoquait-il pas le désarroi, la société nouvelle n’entraînait-elle pas l’éclatement de la famille, la science ne prenait-elle pas le pas sur l’amour, l’individu sur la participation commune à la vie sociale ? Quels bienfaits dans cette vie nouvelle, où l’homme étouffe entre vapeur et ciment ? Où la mort plus que la vie s’élève en même temps que la fumée des industries ?

Je dois dire que le début du roman m’a un peu ennuyé, le rythme m’a semblé particulièrement lent. Heureusement, le récit gagne en intérêt et en intensité au fur et à mesure, même si cela reste assez lent. Nous suivons la vie et les pensées d’un vieillard qui ne semble pas comprendre la gravité de ses erreurs et la colère du peuple norvégien à son égard.

Le roman n’est pas parfait, notamment à cause de son rythme, mais j’en garde plutôt une bonne impression, en particulier parce que le dernier tiers voire la deuxième moitié sont bien meilleurs que le début. C’est finalement un livre triste, sur un homme vieux et seul face à ses choix passés.

Tu as dit : « Je fais ça pour la Norvège. » Je te demande : « Qu’as tu fait avec Elle ? » Es-tu bien sûr que tu voulais faire le chemin avec Elle ? Es-tu bien sûr que c’était avec Elle que tu voulais voir grandir l’Europe germanique ? Ou pour toi ? C’est une vraie question, Hamsun. Il y a des moments où l’on doit savoir. Sinon, on devient complice, on collabore par manque de discernement, et on se retrouve à suivre un homme nourri de colère au point d’avoir besoin de mettre le monde à ses pieds. Alors toi, quelle colère t’a porté jusqu’à Hitler ? Ton enfance ? Tes errances ? La sensation un temps d’avoir été rejeté ? Les Anglais ? Je ne peux pas croire que tu aies écrit ces livres sans avoir jamais dépassé tes tourments. Pourtant. Tu as cautionné la terreur plus que la grandeur. Même si tu t’en défends. Même si tu te mens.


Que va-t-on faire de Knut Hamsun, Christine Barthe

Note : ★★★☆☆


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A Ladder to the Sky

91804gKNHDLJ’ai découvert John Boyne il y a quelques années avec son roman jeunesse The Boy in the Striped Pyjamas (Le garçon en pyjama rayé en VF). Plus récemment, j’avais été emballé par The Heart’s Invisible Furies, le magnifique récit de la vie d’un homosexuel irlandais, de son enfance jusqu’à la fin de sa vie. J’ai lu ce roman il y a un an environ et je m’étais dit que je surveillerai les prochaines publications de cet auteur talentueux.

Au début de l’année, j’ai appris la sortie prévue cet été de son nouveau roman A Ladder to the Sky, dont le synopsis m’a tout de suite donné envie de le lire :

A psychological drama of cat and mouse, A Ladder to the Sky shows how easy it is to achieve the world if you are prepared to sacrifice your soul.

If you look hard enough, you can find stories pretty much anywhere. They don’t even have to be your own. Or so would-be writer Maurice Swift decides very early on in his career.

A chance encounter in a Berlin hotel with celebrated novelist Erich Ackermann gives him an opportunity to ingratiate himself with someone more powerful than him. For Erich is lonely, and he has a story to tell. Whether or not he should do so is another matter entirely.

Once Maurice has made his name, he sets off in pursuit of other people’s stories. He doesn’t care where he finds them – or to whom they belong – as long as they help him rise to the top.

Stories will make him famous but they will also make him beg, borrow and steal. They may even make him do worse.

J’aime généralement beaucoup les livres qui parlent d’écriture et du métier d’écrivain. C’est le cas de ce roman et John Boyne le fait ici avec un talent incroyable. Je ne vais pas raconter ici l’intrigue du roman, il faut vraiment le découvrir au fur et à mesure de la lecture et se laisser emporter par ce récit captivant. John Boyne prouve à nouveau avec ce roman qu’il est un conteur remarquable, un véritable storyteller comme disent les anglo-saxons. J’ai été pris par ce roman du début à la fin, je l’ai commencé au début du week-end et je l’ai terminé cet après-midi après l’avoir dévoré, ce qui est toujours un bon signe pour un livre de près de 400 pages.

Je dois dire que j’ai beaucoup de mal à en parler ici, hormis pour dire que j’ai adoré ce roman qui nous présente un protagoniste antipathique mais qu’on prend plaisir à suivre dans ses aventures d’écrivain sans scrupules. C’est un livre très réussi sur l’écriture, sur la créativité, sur le monde littéraire et sur l’âme humaine et ses zones d’ombre.

Je vous recommande vraiment la lecture de ce roman si vous aimez les livres sur l’écriture et les écrivains, et en particulier si vous avez écrire vous-même.


A Ladder to the Sky, John Boyne

Note : ★★★★★


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Manuel d’écriture et de survie

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Je pense que cela me fait du bien de varier un peu mes lectures après plusieurs semaines où j’ai principalement lu les livres en service de presse. C’était chaque fois des livres que j’avais malgré tout choisis de lire, mais l’engagement pris tacitement auprès de l’éditeur de lire et chroniquer chaque ouvrage sollicité induit une sorte de contrainte qui peut peser. A l’avenir, je serai vigilant à alterner plus régulièrement les lectures totalement choisies et celles sollicitées et reçues en service de presse.

Cette fois, pas de service de presse, il s’agit d’un livre assez court intitulé Manuel d’écriture et de survie par Martin Page, un écrivain français dont je n’avais lu aucun des romans jusque là. Je vous laisse découvrir le résumé avant de vous en dire plus :

Martin Page répond aux lettres d’une jeune écrivaine prénommée Daria. Tout en lui donnant des conseils d’écriture, il esquisse des moyens de se débrouiller avec le monde, avec le milieu littéraire, avec ses propres névroses et fragilités. Au fil de ce dialogue, il brosse aussi une sorte d’autoportrait. Entre dépression et exaltation, il nous parle de l’art sauvage de l’écriture, un art encore jeune, riche de possibilités. Sans escamoter la dureté sociale ni la réalité des coups et des blessures, il défend l’imagination comme forme de résistance et de création intime. La littérature est un sport de combat autant qu’un des grands plaisirs de l’existence.

Le livre se présente sous la forme de lettres écrites par l’auteur à une correspondante prénommée Daria, lectrice et qui se rêve écrivaine, à laquelle il donne des conseils sur l’écriture, le monde de l’édition, et la vie en général. Le procédé n’est pas forcément très subtil, mais il est efficace dans le sens où il permet à Martin Page d’évoquer des thèmes importants autour de l’écriture et du métier d’écrivain : le travail d’écriture, les relectures, les corrections ; la recherche d’un éditeur puis la relation avec cet éditeur ; les ateliers d’écriture ; le métier d’écrivain, y compris son volet financier ; les relations entre l’auteur et les lecteurs ; le monde littéraire en général. C’est à la fois didactique et agréable à lire.

Au-delà de ce côté guide pour écrivain qui ne ressemble pas à un manuel, le livre est également l’occasion pour l’auteur d’adresser des sujets plus perosnnels : son rapport aux autres, ses difficultés, ses névroses, etc. Cela reste discret mais cela donne un peu de vie au livre, pour que cela ne soit pas qu’une succession de conseils.

Je me rends compte en terminant ma lecture que j’ai surligneur (sur mon Kindle) énormément de passages du livre. Je ne vais pas tous les citer ici, mais je ne peux pas résister à l’envie de vous en proposer quelques uns.

Sur l’apprentissage et l’évolution de l’écrivain :

Un écrivain devrait être fidèle à toutes ses œuvres, car elles sont le reflet de son évolution. Il ne s’agit pas de tout aimer sans nuances, mais de respecter l’être qu’on était et qui a fait de son mieux.

Sur la « magie » de la lecture :

Le livre est un objet magique. Non seulement la littérature est une source de plaisirs et de connaissances, mais elle sauve des vies. Le dire paraît exagéré en ces temps de tiédeur. Je le répète : la littérature sauve des vies. Il y a quelques semaines j’ai reçu la lettre d’une femme qui me racontait qu’à une époque de sa vie les livres lui avaient permis de gagner un combat contre le désespoir, et de renaître. J’ai reçu quantité de lettres semblables. Les livres sont des armes et des outils pour transformer nos vies.

Sur la solitude :

Toute ma jeunesse a été solitaire. Je n’arrivais pas à être avec les autres. C’était comme si j’étais à des milliers de kilomètres. J’ai mis du temps à rencontrer ceux qui seraient mes amis. Quant à ma vie sentimentale, elle a été vide pendant des années. Je connais bien ces jours et ces soirées sans fin où rien ne se passe, ces samedis soir où les bruits des joyeuses soirées alentour blessent le cœur de celui qui est seul chez lui. Peu à peu, j’en ai fait un espace de liberté et de création. Seul, je ne suis jamais seul. C’est parmi les autres que je suis seul. Cette découverte est un soulagement.

Sur le raisons qui poussent à écrire :

Tu me demandes pourquoi j’écris. La vraie question me semble plutôt être : mais pourquoi tout le monde n’écrit pas ? C’est une chose si magique que ne pas le faire est pour moi incompréhensible. Tout le monde devrait écrire. En tout cas, avoir cette possibilité et s’y sentir autorisé.

Mais je ne me défile pas, je vais te répondre. J’écris parce que c’est un plaisir infini, parce que j’aime voir mes idées se transformer en un livre, parce que c’est ainsi que j’affronte la mort, parce que ça me permet des rencontres, parce que c’est une façon de continuer à m’inventer, parce que je peux jeter mes angoisses et mes obsessions sur le papier comme dans une arène, parce qu’ainsi ma conscience et mon inconscient entrent en conversation, parce que c’est une manière de m’en sortir. J’écris pour contre-attaquer et manger ce monde qui essaye de me dévorer. J’écris pour équilibrer le rapport de force avec le réel. J’écris pour avoir une bonne excuse d’être à l’écart et de me soustraire aux jeux sociaux. J’écris parce que l’encre sur le papier m’émeut. J’écris par plaisir, pour en recevoir et pour en donner. J’écris parce que j’aime la fiction et que je crois en son pouvoir. J’écris aussi pour des raisons moins nobles : parce que ça me donne l’occasion de prendre une revanche, et parce que, désespérément, je veux qu’on m’aime. C’est absurde, je le sais. Rien d’extérieur à moi-même ne résoudra mes problèmes narcissiques. Mais c’est ainsi.

Sur notre société actuelle :

Mais que font les plus fragiles ? Ils chutent et s’abîment sans cesse. Ceux qui pensent que nous vivons dans une société juste et démocratique mériteraient qu’on les paye au salaire minimum pour un boulot éreintant et ennuyeux.

Sur la place de la lecture de notre société :

Si le mercantilisme est une blessure faite à la littérature, l’entre-soi des plus éduqués l’est tout autant. Je vais souvent dans des écoles pour rencontrer élèves et professeurs, et je suis triste de constater que beaucoup d’adolescents (et d’adultes) ont peur des livres. Comment en est-on arrivé là ? Le livre est devenu l’instrument d’une sanction, c’est un devoir et une punition. Ça devrait être tout le contraire. Ce malaise s’incarne dans une polarisation de plus en plus grande : il y a des livres pour le peuple et d’autres pour les plus éduqués. Comme si chaque groupe social devait avoir sa littérature. (Ce phénomène touche tous les arts.) […]

La majeure partie de la population ne lit pas, elle est donc privée d’un des grands plaisirs de l’existence. Toutes les barrières qui font des livres un art réservé et effrayant sont à faire tomber. Allons dans les écoles, les prisons, les universités, parlons des livres sur internet. La littérature est pour tout le monde.

Sur la société française :

La France est un curieux mélange : c’est une société éclairée, riche de talents et de désirs, mais archaïque, sclérosée et violente. Elle est fragilisée par une école faussement républicaine (et réellement créatrice de réseaux et d’endogamie), le respect de l’autorité, et une organisation sociale hiérarchique qui décourage et opprime les personnalités atypiques, compétentes et originales. La créativité et l’enthousiasme y sont mal considérés, la cruauté des petits chefs incapables récompensée. Je me demande où ça va nous mener.

Encore une fois, sur la place de la lecture dans notre société, comme en écho au livre Des hommes qui lisent de notre Premier Ministre Edouard Philippe :

Si on veut défendre le livre, il faut défendre une certain conception de la vie en société. Les lecteurs doivent avoir les moyens d’acheter des livres et avoir du temps à consacrer à la lecture. Je ne vois pas comment on peut déclarer aimer le livre et soutenir une politique qui pousse la plupart des femmes et des hommes à travailler constamment pour s’en sortir. Le livre existe grâce à un environnement. C’est un fait de civilisation.

Je ne peux recommander la lecture de ce livre à ceux qui aiment la littérature et qui aiment ou rêvent d’écrire. En ce qui me concerne, ce livre m’a donné deux envies : découvrir l’oeuvre littéraire de Martin Page, et ré-écrire. C’est déjà beaucoup !


Manuel d’écriture et de survie, Martin Page

Note : ★★★★★


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