Livres & Romans

Tango à Chiloé

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Tango à Chiloé est le premier roman d’Isabelle Getten ; j’ai eu l’occasion de lire ce roman grâce à l’éditeur Librinova, qui m’avait contacté pour me proposer de le découvrir. J’avais accepté avec plaisir car le résumé me tentait :

Le dimanche 10 mai, le Front national gagne l’élection présidentielle. César Hélios, professeur de lettres, décide de quitter la France. Il obtient un poste de professeur au lycée français de Santiago. Il s’envole pour le Chili.

Dans son nouvel établissement, il entre en conflit avec la proviseure, madame Groseille qui met en pratique avec zèle les réformes du nouveau gouvernement français et il finit par se faire renvoyer du lycée.

Il décide de visiter la Patagonie en moto et termine son périple sur l’île de Chiloé où il devra vivre tant que ce gouvernement se maintiendra au pouvoir car il est touché par une interdiction de retourner en France. Il s’installe à Pid Pid , devient professeur de français dans l’école du village. Il rencontre à ce moment-là Luce Lalumière, une Française qui s’occupe de la bibliothèque de ce même village et qui dirige en plus la chorale.

La situation politique en France fait irruption dans l’île de Chiloé et rythme la vie des personnages qui sont en relation avec famille et amis dans leur pays. On voit comment évolue la France gouvernée par « la blonde » à travers les nouvelles et les visites que reçoivent les personnages.

Ce n’est pas la première fois que la littérature fait de la politique-fiction ni qu’un auteur imagine une victoire du candidat ou de la candidate du Front National à l’élection présidentielle. Je crois me souvenir d’un livre paru en 2002 sur les 100 premiers jours de Jean-Marie Le Pen à l’Elysée, et j’avais également lu l’an dernier La nuit du second tour d’Eric Pessan.

Ici, Isabelle Getten fait le choix de centrer le récit sur des exilés qui ont décidé de quitter la France dirigée par « la blonde ». Refugiés sur une île chilienne, César et Luce assistent de loin à l’évolution de la situation de leur pays. Certains chapitres détaillent les mesures prises par le gouvernement français en matière d’éducation, de culture, de santé ou de droit de la nationalité. C’est présenté avec un humour qui m’a parfois semblé maladroit, devant la gravité des sujets abordés.

Malgré cet humour un peu too much par moment, c’est tout de même un joli roman sur l’exil et la lutte pour la liberté. Le Chili et l’Argentine sont très présents dans le récit, et j’ai trouvé très habile que l’action se situe dans ces pays qui ont vécu une dictature et dont des citoyens ont justement connu l’exil il y a plusieurs décennies, choisissant parfois la France comme refuge.


Tango à Chiloé, Isabelle Getten

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

Comment sortir avec un super héros quand on est un super vilain ?

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Je ne suis pas forcément un grand amateur de littérature dite de romance, avec ces histoires d’amour souvent inattendues et toujours romantiques. Pourtant, en lisant le résumé de ce roman proposé en service de presse par la maison d’édition MxM Bookmark sur NetGalley.fr, j’ai été tenté :

Super Héros. Sbires démoniaques. Et un sacré conflit d’intérêt.

Appartenir à la famille d’un super méchant n’est pas très important aux yeux de Pat West. Peu importe que sa mère essaie occasionnellement de prendre le contrôle du monde. Tout ce que Pat veut, c’est terminer l’université et devenir urbaniste. Qu’il se transforme en un serviteur du mal de temps en temps à la nuit tombée ? Simple tradition familiale.

Jusqu’à ce que Pat couche accidentellement avec le super héros Silver Paladin, également connu sous l’identité du billionnaire solitaire Nick Andersen. C’est un simple malentendu. Pat n’avait jamais eu l’intention de se faire passer pour un prostitué, honnêtement. Mais rapidement, Pat est dedans jusqu’au cou, et est en train de tomber amoureux du pire mec possible.

Lorsque sa mère revient pour mettre le monde à genoux, Silver Paladin fonce pour l’arrêter… et tous les secrets de Pat menacent de lui exploser au visage. Comment pourrait-il concilier le fait d’être un serviteur du mal avec celui de désirer un super héros ?

Nous sommes clairement ici dans le registre de l’humour, avec un univers déjanté où des super-vilains plutôt ridicules montent des plans insolites pour assouvir leur soif de domination du monde et où des super-héros tout aussi ridicules les combattent pour les empêcher d’y parvenir. Le pastiche des comics et des films de super-héros est très réussi, j’ai ri énormément en lisant ce livre.

Sans surprise, la partie romance du livre m’a moins séduit, si j’ose employer ce terme dans ce contexte. Le personnage principal, Patrick, fils de la redoutable Serpentissima, est plutôt sympathique, mais son histoire avec Nick, plus connu sous son identité de Paladin d’Argent (ne riez pas, je vous vois), est finalement peu intéressante, quoique mignonne dans son genre. Quant aux passages pseudo-érotiques, je n’en parle même pas, à part pour prévenir les éventuels lecteurs qu’ils existent !

Ce qui m’a le plus plu dans ce livre, c’est son humour et sa critique de la société du spectacle, avec ces « héros » idolâtrés par la foule et ces « méchants » qui mettent en scène leurs exactions. Impossible en lisant ce livre de ne pas penser qu’ils composent deux facettes d’une même société, comme des acteurs jouant leurs rôles pour divertir les citoyens.

Pour finir, je ne vais pas vous dire que ce roman est le livre de l’année, je l’ai trouvé plaisant à lire même si j’ai avancé très vite sur certains passages qui m’ont plus ou moins intéressé. A lire si vous aimez les romances (gay) et/ou les super-héros.


Comment sortir avec un super héros quand on est un super vilain

Note : ★★★☆☆


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Pour que ma joie demeure

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Je parcourais il y a peu de temps le catalogue sur le site NetGalley.fr quand je suis tombé sur ce récit de Marie Perez. J’avais sollicité cette lecture en service de presse et l’éditeur Kero y a répondu favorablement, ce qui me permet de vous parler aujourd’hui de ce roman lu en deux jours. C’est son résumé qui m’avait donné envie de découvrir ce livre :

«  Je n’ai qu’une fille, et c’est un monstre. »

Marie a six ans quand son père revient d’un voyage d’affaires dans un état inquiétant. Les médecins diagnostiquent une maladie neurodégénérative incurable. Commence alors un calvaire de huit ans fait de déchéance, de souffrances et d’humiliations. Face à la faiblesse d’un homme réduit à toutes les dégradations mentales et physiques, Marie se met à nourrir un violent sentiment de haine, souhaitant sa mort, qui enfin la délivrerait d’un poids et la rendrait aux joies de l’enfance. La famille entière livre une bataille inégale au cœur d’une épreuve aussi déchirante qu’absurde  ; malgré une mère aimante, investie de façon radicale, Marie et son frère Matthieu s’endurcissent, jour après jour, dans l’attente ardente de la délivrance. Mais, quand elle arrive enfin, les regrets vont s’insinuer, lentement, jusqu’à la torture. Il faut désormais vivre avec la culpabilité de n’avoir pas su aimer un père parti à jamais.

Le thème est évidemment fort, lourd : le père de la narratrice, de l’auteur(e), souffre d’une maladie neurodégénérative qui va lui enlever progressivement toutes ses facultés et dont l’issue fatale est inéluctable.

Marie Perez raconte sans fard ses réactions d’enfant et d’adolescente face à la maladie de son père : elle reconnait qu’elle a détesté son père dont la maladie l’a privé de père, justement, et l’a placé en situation de devoir l’aider là où la plupart des enfants sont au contraire soutenus par leurs parents. Elle a souhaité la mort de ce père amoindri, invalide, dont il fallait sans cesse s’occuper.

C’est un luxe de gens épargnés d’être toujours vertueux et droits. Il est facile d’avoir la conscience tranquille lorsque l’on n’a jamais été mis dans une situation problématique.

La mort du père, que la narratrice attendait comme une délivrance, sera en fait un choc et le début d’une culpabilité, celle de la fille survivante qui pense n’avoir pas assez soutenu et aimé son père malade.

Je ne peux pas dire que j’ai adoré ce livre, que je l’ai trouvé parfait. Certains passages sont très bons, d’autres m’ont un peu plus ennuyé, notamment quand l’auteur(e) part dans des considérations philosophiques en invoquant Kant et autres philosophes. J’ai cru comprendre que Marie Perez est professeur de philosophie, et cela se sent dans certains chapitres.

Dans l’ensemble, Marie Perez nous propose néanmoins un texte fort sur un sujet délicat. S’il n’est pas parfait, ce livre a tout de même le mérite d’exister et d’aborder frontalement   des sujets complexes : la maladie, la dépendance, et même l’euthanasie.

La maladie et la mort conserveront toujours à mes yeux leur aura d’incompréhension : il restera éternellement cette part irréductible de gratuité, d’inexplicable et d’insoutenable dans ce que tu as vécu, dans ce que tous ces mourants éprouvent au quotidien. Ce néant ineffaçable, inaltérable mais aussi salvateur ; cette impression d’impuissance, cette conviction qu’il n’y a rien, absolument rien, et qu’il nous faut abdiquer dès maintenant.


Pour que ma joie demeure, Marie Perez

Note : ★★★☆☆


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Avec toutes mes sympathies

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Olivia de Lamberterie est critique littéraire pour le magazine ELLE – que je ne lis pas, elle anime une chronique littéraire dans Télématin – que je ne regarde pas, et elle intervient régulièrement dans Le Masque et la Plume sur France Inter, une émission que j’aime écouter en podcast, en particulier lorsqu’il s’agit d’une émission consacrée à la littérature.

Elle publie ici son premier roman, consacré à son frère, qui s’est donné la mort à l’automne 2015 :

Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de
se souvenir des jours heureux.

Moi, je ne voulais pas me taire.
Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.

« Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »
O. L.

Le roman alterne les chapitres se déroulant avant le suicide d’Alex, quand la catastrophe annoncée se prépare, et ceux racontant le deuil, dans les mois qui suivent la disparition du frère adoré. D’une part, c’est donc un récit d’une descente aux enfers, d’une dépression chronique que rien ne peut guérir, malgré tout l’amour et les attentions portées par la famille, au premier rang duquel se trouve Olivia, la soeur qui admire son frère Alex et assiste impuissante à son malheur et à sa chute inéluctable. D’autre part, c’est le récit du deuil, de la vie sans le frère disparu.

Les deux récits forment un ensemble dont j’ai du mal à parler hormis pour dire qu’il est magnifique, écrit finement et avec juste la bonne dose d’intimité pour ressentir les sentiments d’Olivia et sa famille sans que cela soit impudique.

Evidemment, le fait que l’auteur(e) et narratrice soit une amoureuse des livres ne m’a pas laissé indifférent. J’ai notamment relevé ce court passage qui résonne fortement en moi :

La lecture est l’endroit où je me sens à ma place. Lire répare les vivants et réveille les morts. Lire permet non de fuir la réalité, comme beaucoup le pensent, mais d’y puiser une vérité.

Je me noie dans les phrases des autres, moi, si souvent incapable de prononcer un mot.

Il y a aussi des phrases sublimes à la fin du livre, sur le deuil si difficile à faire :

Tu ne nous as pas abandonnés. Tu t’es arrangé pour laisser une empreinte si forte dans nos existences qu’elle nous a empêchés de sombrer et qu’elle a fini par nous transcender. Ton existence est indélébile. Tu n’as pas fini de respirer en nous. Ta mort nous a rendus vivants.

Avec toutes mes sympathies est un premier roman très personnel d’une critique littéraire, un livre sorti de son coeur ou de ses tripes. J’ignore si Olivia de Lamberterie voudra et pourra publier d’autres romans après celui-ci, qu’elle a écrit pour et à la demande de son frère, mais je ne manquerai pas de m’y intéresser si c’est le cas.


Avec toutes mes sympathies, Olivia de Lamberterie

Note : ★★★★★


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Un gentleman à Moscou

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Les lectures en service de presse sont parfois décevantes, mais elles permettent aussi de découvrir de petits bijoux. C’est le cas avec ce roman d’Amor Towles, dont j’ai eu la chance de lire en avant-première la traduction en français, qui sera publiée cette semaine, le 22 août précisément.

Le résumé m’avait tout de suite attiré :

Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée   – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque –, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.

Trois décennies durant, le comte vit nombre d’aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique.

La promesse, parcourir la Russie soviétique des années 1920 à 1950 par l’intermédiaire d’un aristocrate assigné à résidence dans un grand hôtel moscovite, était tentante. Je ne vais pas ménager le suspense plus longtemps : la promesse est largement tenue.

Le roman oscille entre humour très fin, réflexions intéressantes sur la société, critique de la bureaucratie soviétique, et fresque pseudo-familiale, puisque le comte Alexandre Rostov n’a plus de famille biologique mais construit la sienne au fil des années au sein du personnel et des clients de l’hôtel Metropol où il est condamné à rester.

Le roman est assez long, avec près de 600 pages, mais il est passionnant et bien rythmé dans l’ensemble, malgré quelques longueurs peut-être inévitables au milieu du récit. Quand on l’ambition de raconter trois décennies de l’Histoire de l’Union Soviétique, on n’échappe pas à quelques moments de flottement mais cela vaut largement le coup car le résultat est à la hauteur : captivant, parfois émouvant, souvent drôle, et intelligent dans sa façon d’aborder les choses.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, et je ne peux pas m’empêcher de vous laisser avec quelques citations qui m’ont marquées pendant la lecture et qui vont permettront sans doute de goûter au style, à l’humour et à l’intelligent du propos de l’auteur :

Sur l’aristocratie et la bourgeoisie :

L’histoire a démontré que le charme est l’ambition ultime de la classe des rentiers.

Sur l’importance des duels dans la Russie tsariste :

Pourquoi donc notre pays s’est-il autant passionné pour le duel ? demanda-t-il à la cage d’escalier sans espérer de réponse.

Certains auraient sans doute répondu par facilité que le duel était un dérivé de la barbarie. Étant donné les longs hivers cruels de la Russie, sa familiarité avec la famine, son sens approximatif de la justice et ainsi de suite, il était naturel à l’aristocratie du pays d’adopter comme moyen de résoudre les conflits un acte d’une violence absolue.

Or selon l’opinion mûrement réfléchie du comte, si le duel avait emporté les faveurs des gentlemen russes, c’était uniquement en vertu de leur passion pour tout ce qui était éclatant et grandiloquent. Certes, par convention, les duels avaient lieu à l’aube dans des lieux isolés afin de garantir l’anonymat des gentlemen impliqués. Mais se déroulaient-ils pour autant derrière un tas de cendres ou dans une décharge ? Bien sûr que non ! Ils se déroulaient dans une clairière recouverte d’une fine couche de neige au cœur d’une forêt de bouleaux. Ou bien sur la berge d’un ruisseau sinueux. Ou encore en lisière d’un domaine familial sous les fleurs des arbres agitées par la brise… En d’autres termes, dans des décors qu’on n’aurait pas été surpris de découvrir au deuxième acte d’un opéra. En Russie, quel que soit le spectacle, tant que le décor a de l’éclat et le ténor de la grandiloquence, il trouvera son public.

De fait, au fil des années, à mesure que les lieux de duels gagnaient en pittoresque et les pistolets en raffinement, les hommes les plus distingués affichèrent une disposition à défendre leur honneur pour des offenses de moins en moins graves. Si bien qu’en 1900 la tradition du duel, qui était peut-être bien née en réponse à des crimes de la plus haute gravité – traîtrise, trahison, adultère –, avait peu à peu abandonné toute raison, et l’on se battait pour l’inclinaison d’un chapeau, l’insistance d’un regard, ou l’emplacement d’une virgule.

Sur le destin et les amitiés inattendues :

Les deux jeunes gens paraissaient donc peu voués à devenir amis. Pourtant, le destin n’aurait pas la réputation qu’on lui prête s’il ne faisait que ce à quoi on s’attendait.

Sur l’évolution technologique, spirituelle et politique des civilisations :

En tant qu’archéologue, lorsque Thomsen divisa l’histoire de l’humanité entre âge de la pierre, du bronze et du fer, il le fit tout naturellement en se fondant sur les outils physiques qui définissent chaque époque. Mais quid du développement spirituel de l’humanité ? Et de son développement moral ? Crois-moi, ils ont progressé dans le même sens.

À l’âge de la pierre, l’homme des cavernes avait les idées aussi rudimentaires que sa massue, aussi basiques que le silex d’où il tirait des étincelles.

À l’âge du bronze, lorsque quelques petits malins découvrirent la science de la métallurgie, combien de temps leur fallut-il pour fabriquer des pièces, des couronnes, des épées ? Cette trinité impie à laquelle l’homme du peuple s’est ensuite retrouvé asservi pendant mille ans. Michka se tut un instant, les yeux au plafond, avant de reprendre.

Ensuite vint l’âge du fer, et avec lui la machine à vapeur, la presse, le fusil. Une trinité complètement différente, en effet. Car si ces outils ont été mis au point par la bourgeoisie afin de servir ses propres intérêts, c’est à travers la machine à vapeur, la presse et le fusil que le prolétariat a commencé à se libérer de l’exploitation, de l’ignorance et de la tyrannie.

Michka commenta cette trajectoire historique – ou peut-être ses propres tournures de phrase – d’un signe de tête appréciatif.

– Eh bien, cher ami, nous conviendrons je pense qu’un nouvel âge a commencé : l’âge de l’acier. Nous avons maintenant la capacité de construire des centrales électriques, des gratte-ciel, des avions.

Puis, se tournant vers le comte : – Tu as vu la tour Choukhov ?

Le comte répondit que non.

– C’est un bien bel objet, Sasha. Une spirale en acier de deux cents mètres de haut depuis laquelle nous diffusons les toutes dernières nouvelles et informations – mais également, eh oui, les mélodies sentimentales de ton cher Tchaïkovski –jusque dans chaque foyer, dans un rayon de cent soixante-dix kilomètres. Et à chaque fois, la morale russe progresse au même rythme que ces avancées. Il se peut que nous assistions de notre vivant à la fin de l’ignorance, de l’oppression et à l’avènement de la fraternité des hommes.

Sur les révolutions :

Un soulèvement populaire, des troubles politiques, le progrès industriel – la combinaison de ces trois facteurs peut faire évoluer une société si rapidement qu’elle sautera des générations entières, balayant ainsi des aspects du passé qui autrement auraient peut-être survécu plusieurs décennies. Et il ne peut qu’en être ainsi lorsque les hommes nouvellement arrivés au pouvoir se méfient de toute forme d’hésitation ou de nuance et placent les certitudes au-dessus de tout.

Sur l’exil en Russie :

Oui, l’exil était aussi vieux que l’humanité. Mais les Russes furent le premier des peuples à maîtriser la notion d’exil dans leur propre pays. Dès le XVIIIe siècle, les tsars, plutôt que de chasser leurs ennemis du pays, choisirent de les envoyer en Sibérie. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient décidé qu’exiler un homme de la Russie comme Dieu avait exilé Adam du jardin d’Éden ne constituait pas un châtiment suffisamment sévère ; car dans un autre pays, un homme peut se jeter à corps perdu dans le travail, construire une maison, fonder une famille. En d’autres termes, recommencer une nouvelle vie.

Mais lorsque vous exilez un homme dans son propre pays, il lui est impossible de recommencer à zéro. Pour l’exilé intérieur – que ce soit en Sibérie ou à travers la Moins Six –, l’amour du pays ne sera jamais flou ou dissimulé par le brouillard du temps qui passe. En fait, comme notre espèce a, au fil de l’évolution, appris à accorder la plus grande attention à ce qui se trouve hors de sa portée, ces exilés rêveront des splendeurs de Moscou selon toute probabilité plus que n’importe quel Moscovite qui peut en profiter librement.

Sur le cinéma américain comme instrument de propagande :

Mais les films américains, dit-il, méritaient de leur part un examen soigneux, pas simplement en tant que fenêtres offrant une perspective sur la culture occidentale, mais également en tant que mécanismes inédits de répression de classe. Car avec leur cinéma, les Yankees avaient semblait-il découvert comment calmer une classe ouvrière tout entière pour la modique somme de cinq cents par semaine.

Leur Dépression, expliquait-il. Elle a duré dix ans en tout. Une décennie complète, pendant laquelle ils ont laissé le prolétariat se débrouiller tout seul en fouillant dans les poubelles et en mendiant à la sortie des églises. S’il y a bien une période pendant laquelle les travailleurs américains auraient dû secouer le joug, c’est celle-là. Pourtant, ont-ils rejoint leurs frères d’armes ? Ont-ils pris leurs haches et défoncé les portes des grandes demeures ? Jamais. Tant s’en faut. Ils se sont traînés jusqu’au cinéma le plus proche, où on a fait miroiter sous leurs yeux la dernière fantaisie en date.

Tel un scientifique chevronné, Ossip disséquait froidement ce qu’ils venaient de regarder. Les comédies musicales ? Des « pâtisseries conçues pour calmer les pauvres avec des rêves de bonheur inaccessible ». Les films d’horreur ? Des « tours de passe-passe dans lesquels les ouvriers voyaient leurs peurs supplantées par celles de jolies jeunes filles ». Les comédies légères ? De « grotesques narcotiques ». Et les westerns ? La pire propagande qui soit. Des fables dans lesquelles le mal était représenté par des masses criminelles et voleuses de bétail tandis que le bien apparaissait sous les traits d’un individu solitaire qui risquait sa vie pour défendre le caractère sacré de la propriété privée. En somme, « Hollywood est la force la plus dangereuse qui soit dans toute l’histoire de la lutte des classes ».

Sur les différences entre les modèles américain et soviétique :

Comme le Faucon maltais. Qu’est-ce que cet oiseau noir, sinon un symbole du patrimoine culturel occidental ? Cette sculpture d’or et de pierres précieuses façonnée par des chevaliers des croisades pour rendre hommage à un roi, c’est un emblème de l’Église et des monarchies – ces institutions rapaces sur lesquelles toute la vie artistique et intellectuelle de l’Europe s’est construite. Qui sait, peut-être leur amour de ce patrimoine est-il tout aussi peu judicieux que celui que le Gros porte à son faucon ? Peut-être est-ce cela précisément dont il faut se débarrasser pour que leurs peuples puissent espérer progresser.

« Les bolcheviques, poursuivit Ossip d’une voix adoucie, ne sont pas des Wisigoths, Alexandre. Nous ne sommes pas des hordes de barbares fondant sur Rome pour détruire tout ce qui est beau, simplement par ignorance et jalousie. Bien au contraire. En 1916, la Russie était un État barbare. La nation la plus illettrée d’Europe, dont la majorité des habitants vivaient en quasi-servage, travaillaient les champs avec des charrues en bois, battaient leurs femmes le soir à la chandelle, s’effondraient sur un banc ivres de vodka, avant de se lever à l’aube pour se prosterner devant leurs icônes. En d’autres termes, vivaient exactement comme leurs ancêtres cinq cents ans auparavant.

Notre vénération pour toutes ces statues, cathédrales et institutions antiques ne pourrait-elle pas justement avoir été cela même qui nous empêchait d’avancer ?

Et au fait, où en sommes-nous maintenant ? Jusqu’où avons-nous avancé ? En mariant le tempo américain et les objectifs soviétiques, nous sommes près d’atteindre le taux d’alphabétisation maximum. Les endurantes femmes russes, elles aussi esclaves autrefois, ont été élevées au rang d’égales. Nous avons construit de nouvelles cités, et notre production industrielle dépasse celle de la majeure partie des pays européens.

– Mais à quel prix ? Ossip frappa du plat de la main sur la table.

– À un prix exorbitant ! Vous pensez que les réussites des Américains – que le monde entier leur envie – ne leur ont rien coûté ? Demandez un peu à leurs frères africains ! Vous pensez que les ingénieurs qui ont conçu leurs illustres gratte-ciel ou construit leurs routes ont hésité une seconde avant d’aplatir les charmants petits quartiers qui leur barraient le chemin ? Je vous garantis, Alexandre, qu’ils ont posé les bâtons de dynamite et appuyé sur le détonateur eux-mêmes. Comme je vous l’ai déjà dit, les Américains et nous serons les nations dirigeantes de ce siècle parce que nous sommes les seules nations à avoir appris à balayer le passé plutôt que de nous incliner devant lui. Seulement eux ont agi de la sorte au nom de leur cher individualisme, alors que nos efforts à nous sont au service du bien commun.

Sur les grands hôtels internationaux :

Certains pourraient s’étonner que deux hommes se considèrent comme de vieux amis alors qu’ils ne se connaissaient que depuis quatre ans ; mais la solidité d’une amitié ne se mesure pas au passage du temps. Ces deux-là auraient eu l’impression d’être de vieux amis même quelques heures après s’être rencontrés. Cela était dans une certaine mesure dû au fait qu’ils étaient âmes sœurs – le genre à se découvrir au cours d’une conversation parfaitement fluide de multiples points communs et des raisons de rire. Mais il s’agissait aussi très certainement d’une question d’éducation. Élevés dans de grandes demeures au sein de villes cosmopolites, sensibilisés aux arts, jouissant de longs moments d’oisiveté et exposés aux plus beaux objets, le comte et l’Américain, pourtant nés à dix ans et six mille cinq cents kilomètres d’écart, avaient plus de choses en commun l’un avec l’autre qu’avec la majorité de leurs compatriotes respectifs.

C’est pour cette même raison, bien sûr, que les hôtels prestigieux des capitales du monde se ressemblent tous. Le Plaza à New York, le Ritz à Paris, le Claridge à Londres, le Metropol à Moscou – construits dans la même période de quinze ans : eux aussi étaient des âmes sœurs, les premiers hôtels de la ville équipés du chauffage central, de l’eau chaude et du téléphone dans les chambres, avec la presse internationale à disposition des clients dans le grand hall, une cuisine cosmopolite et des bars américains juste à côté de la réception. Ces hôtels avaient été construits pour des gens comme Richard Vanderwhile et Alexandre Rostov, afin qu’ils puissent lors de leurs voyages dans des villes étrangères se sentir tout à fait chez eux, en compagnie de gens de leur milieu.

Sur la mort de Staline :

Pourquoi, se demandèrent maints observateurs occidentaux, un million de citoyens étaient-ils prêts à faire la queue pour voir le cadavre d’un tyran ? Certains désinvoltes expliquèrent que c’était pour s’assurer qu’il était bien mort. Mais une telle remarque ne rendait pas justice aux hommes et aux femmes qui attendaient en pleurant. De fait, ils furent des millions à pleurer la perte de celui qui les avait menés à la victoire dans la Grande Guerre patriotique contre les forces hitlériennes ; et ils furent tout aussi nombreux à pleurer la perte de l’homme qui avait de manière aussi résolue hissé la Russie au rang de puissance mondiale ; tandis que d’autres sanglotaient simplement en comprenant qu’une nouvelle ère d’incertitudes commençait.


Un gentleman à Moscou, Amor Towles

Note : ★★★★☆


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Livres & Romans

Noggin

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Il ne m’aura donc fallu qu’une grosse semaine pour lire les trois romans publiés par John Corey Whaley jusqu’à aujourd’hui. Après l’excellent Highly Illogical Behavior et l’étrange mais réussi Where Things Come Back, j’ai lu cette fois Noggin, un roman au synopsis un peu déroutant au premier abord :

Listen — Travis Coates was alive once and then he wasn’t.
Now he’s alive again.
Simple as that.

The in between part is still a little fuzzy, but Travis can tell you that, at some point or another, his head got chopped off and shoved into a freezer in Denver, Colorado. Five years later, it was reattached to some other guy’s body, and well, here he is. Despite all logic, he’s still sixteen, but everything and everyone around him has changed. That includes his bedroom, his parents, his best friend, and his girlfriend. Or maybe she’s not his girlfriend anymore? That’s a bit fuzzy too.

Looks like if the new Travis and the old Travis are ever going to find a way to exist together, there are going to be a few more scars.

Oh well, you only live twice.

On parle donc ici d’un adolescent de seize ans, Travis, qui était condamné par un cancer il y a cinq ans et qui a choisi la cryonisation de son cerveau pour essayer d’échapper à la mort. Cinq ans plus tard, la procédure a miraculeusement réussi et Travis se réveille, sa tête attachée au corps d’un autre adolescent mort récemment. L’idée de départ de ce roman est très étrange, et j’avais clairement peur que le livre se transforme en long délire morbide.

En fait, c’est tout le contraire. L’idée de départ n’est qu’un prétexte pour raconter une belle histoire. Travis est parti puis revenu, mais la vie de ses proches a évolué en cinq ans : ses amis ont grandi et ont quitté le lycée, sa petite amie Cate est désormais fiancée, son meilleur ami Kyle qui venait de lui faire son coming-out juste avant sa « mort » est en couple avec une fille, et ses parents semblent l’avoir attendu patiemment pendant cinq ans, même s’ils ont complètement vidé sa chambre. Travis doit retrouver sa place dans tout cela, et ce n’est clairement pas aussi facile qu’il l’aurait pensé.

I was a quiet kid who would blush easily when he got too much attention and always walked with his head down and his hands in his pockets. Usually I was sitting in class thinking about something funny to say and never being brave enough to speak up and say it. In my mind I pretended I was too mature and intelligent to clown around with my classmates, but even I knew that wasn’t totally the case. I just wasn’t quite sure how to be one of them.

Il est assez difficile de parler de ce roman sans en dire trop. Il s’y passe finalement peu de choses mais c’est joliment écrit et plaisant du début à la fin. C’est d’abord une jolie ode à la vie mais c’est aussi un beau récit sur la mort, le deuil des amis et de la famille. Il y a quelques beaux passages dans le texte, et des scènes très touchantes dont je ne dévoilerai rien ici pour laisser le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs.

It made me realize that no matter how often you see or talk to someone, no matter how much you know them or don’t know them, you always fill up some space in their lives that can’t ever be replaced the right way again once you leave it.

Noggin est un roman que je vous recommande chaudement, c’est une jolie lecture, un peu naïve par moments, avec beaucoup de beaux sentiments qui peuvent déplaire parfois, mais le récit est plaisant et les personnages sont attachants. J’étais peut-être dans le bon état d’esprit pour plonger dans ce livre, mais j’en ressors ravi.

They kept on like that for a while, and we laughed and told jokes and made fun of one another. But that’s why they were there, I guess. Even though I was almost gone, they were still there to remind me that I wasn’t quite dead yet. And to be honest, I wouldn’t have minded just closing my eyes right then and letting go. Wouldn’t that be perfect? Just dying right there with your two best friends helping you remember everything you loved about being alive?

And that’s how, five days before having my head sawed off my body and carefully placed in a cryogenic freezer in the basement of the Saranson Center for Life Preservation, I got to have the best day of my life. Isn’t that something? Isn’t that the greatest thing you’ve ever heard? I bet most people don’t even get one person who cares about them that much. And me, I got four of them.

Yeah, maybe I got a bad deal the first time around. Sure, it wasn’t fair to be dead at sixteen. But you know what? At least I got to live every single second before they finally turned off the lights.


Noggin, John Corey Whaley

Note : ★★★★☆


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Livres & Romans

Where Things Come Back

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Lorsque j’avais terminé en début de semaine Highly Illogical Behavior j’avais déjà envie de découvrir les autres romans de l’écrivain américain John Corey Whaley. Il ne m’a fallu que quelques jours et la lecture d’un roman très différent de Christophe Donner pour accomplir mon souhait. Il s’agit cette fois du premier roman de John Corey Whaley, intitulé Where Things Comme Back au résumé assez intriguant :

In the remarkable, bizarre, and heart-wrenching summer before Cullen Witter’s senior year of high school, he is forced to examine everything he thinks he understands about his small and painfully dull Arkansas town. His cousin overdoses; his town becomes absurdly obsessed with the alleged reappearance of an extinct woodpecker; and most troubling of all, his sensitive, gifted fifteen-year-old brother, Gabriel, suddenly and inexplicably disappears.

Meanwhile, the crisis of faith spawned by a young missionary’s disillusion in Africa prompts a frantic search for meaning that has far-reaching consequences. As distant as the two stories initially seem, they are woven together through masterful plotting and merge in a surprising and harrowing climax.

This extraordinary tale from a rare literary voice finds wonder in the ordinary and illuminates the hope of second chances.

Le roman nous plonge tout d’abord dans une petite ville de l’Arkansas, où l’événement de l’été est la présumée réapparition d’un oiseau dont l’espèce a pourtant disparu depuis plusieurs décennies. Cullen Witter est un adolescent que cet engouement agace, d’autant que son petit frère âgé de quinze ans a disparu depuis peu.

It was easier for me to hate everyone in town than hate myself for being afraid I’d be just like them.

Dans un second arc narratif, l’auteur nous présente un jeune missionnaire chrétien qui est envoyé en Afrique où sa foi et ses convictions vont être mises à mal. J’ai eu du mal à comprendre le lien entre ces deux récits, jusqu’au dernier quart du livre où cela finit enfin par trouver une explication. Entre temps, le récit du jeune missionnaire se perd en détours, passe d’un personnage à un autre sans qu’on comprendre où l’auteur veut en venir. A la fin, tout finit par s’éclaircir mais le chemin pour y parvenir m’a semblé bien tortueux.

My cynicism had been known, from time to time, to get me into accidental trouble. I was especially cynical in groups, perhaps feeling that a witty cut-down about a stranger would earn me the respect and admiration of friends. This rarely worked. You can only act like a jerk so many times before people stop listening to you. Gabriel broke me of this habit one night after I made fun of a couple leaving a movie theater. “You act like you hate everyone. It must be exhausting.” And, having no response, I decided that he was right.

J’ai du mal à me faire un avis définitif sur ce livre qui m’a touché par moments et m’a ennuyé à d’autres moments. C’est un peu embêtant d’alterner le bon et le moins bon en lisant un roman.

Dans le bon, il y a le personnage de Cullen, sa relation avec son meilleur ami Lucas, et surtout celle avec son frère Gabriel, un personnage attachant même si on ne le voit quasiment qu’à travers les souvenirs et l’imagination de son frère aîné.

Dans le moins bon, il y a toute l’histoire autour de l’oiseau présumé disparu, dont j’ai saisi la symbolique mais qui m’a profondément ennuyé, ainsi que le récit secondaire sur le missionnaire et les personnages qui gravitent plus ou moins directement autour de lui, avant que l’explication du lien avec le récit principal ne soit enfin fournie. C’est seulement à ce moment-là que tout prend forme et que le roman devient passionnant pour son épilogue.

Dr. Webb says that losing a sibling is oftentimes much harder for a person than losing any other member of the family. “A sibling represents a person’s past, present, and future,” he says. “Spouses have each other, and even when one eventually dies, they have memories of a time when they existed before that other person and can more readily imagine a life without them. Likewise, parents may have other children to be concerned with—a future to protect for them. To lose a sibling is to lose the one person with whom one shares a lifelong bond that is meant to continue on into the future.”

Pour un premier roman, je dois reconnaître que c’est une réussite. Par contre, je suis content d’avoir lu Highly Illogical Behavior avant celui-ci, car je ne suis pas certain que j’aurais eu envie de suivre cet auteur prometteur uniquement en lisant son premier roman. Il est tout de même rassurant de voir qu’un auteur perfectionne son écriture au fil de ses romans. C’est en tout cas le cas de John Corey Whaley, dont je surveillerai sans doute les prochains romans avec attention.


Where Things Come Back, John Corey Whaley

Note : ★★★☆☆


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