Livres & Romans

La Pierre de la Victoire

Qui a dit que les blogs étaient morts ? C’est en tout cas grâce à l’un d’eux, Blog à Part tenu par Alias, que j’ai découvert l’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui.

La Pierre de la Victoire est un texte de fiction, que j’ai envie de situer entre une longue nouvelle et un court roman, signé par Sébastien Capelle. C’est un récit uchronique qui commence en mars 1871 : les Prussiens assiègent Paris après leur victoire cinglante face aux troupes du Second Empire, le nouveau gouvernement républicain de Thiers a fui à Versailles, et le peuple parisien s’apprête à proclamer la Commune.

Georges Clemenceau est âgé de 29 ans et est maire du XVIII° arrondissement de Paris, celui de Montmartre et de sa butte. C’est un républicain modéré, qui cherche une troisième voie entre la majorité royaliste à l’Assemblée Nationale qui tente de restaurer la monarchie et les révolutionnaires parisiens qui veulent instaurer une République socialiste, le tout sous la menace de l’armée prussienne qui a vaincu six mois plus tôt les troupes de Napoleon III et fait tomber le Second Empire.

Pendant l’insurrection parisienne, Georges fuit sa mairie d’arrondissement par un passage souterrain, accompagné par Jeanne, fidèle secrétaire de mairie. Là, un événement va bouleverser l’Histoire : Jeanne est désormais possédée par l’esprit de Sequana, déesse de la Seine et protectrice de Paris, et Georges devient un être de pierre doté d’une force colossale et d’une résistance surnaturelle. Il résiste aux balles ennemies et peut ainsi harceler les troupes prussiennes qui encerclent la capitale, en endossant le costume de la Foudre, héros patriote qui restaure l’honneur et l’espoir des parisiens et des français après la cinglante défaite.

Sébastien Capelle nous offre donc un récit inclassable, qui navigue entre fiction historique, uchronie, fantastique voire fantasy, et même un côté super-héros avec cette version d’un jeune Georges Clemenceau transformé et costumé en super-héros de pierre.

Je ne connaissais pas suffisamment l’histoire de la Commune de Paris pour distinguer ce qui révèle de la vérité historique et de la fiction dans cette uchronie, mais l’auteur a eu l’excellente idée de conclure son texte par un chapitre où il rappelle l’Histoire réelle et où il détaille et explique les points de divergence qu’il a choisis pour son récit.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce court récit, c’est typiquement ce que j’attends d’une uchronie : passionnant d’un point de vue littéraire, et intelligemment écrit du point de vue historique. Cela me donne clairement envie de lire l’autre roman uchronique de cet auteur : Napoléon en Amérique.


La Pierre de la Victoire, Sébastien Capelle

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Winter is coming : Une brève histoire politique de la fantasy

William Blanc est un historien, et plus particulièrement un médiéviste, dont j’apprécie les travaux, qui portent souvent sur des thèmes qui m’intéressent beaucoup. J’avais notamment beaucoup aimé ses deux livres Le roi Arthur, un mythe contemporain et Super-héros, une histoire politique qui sur deux sujets différents abordaient pourtant une thématique commune : les rapports entre culture populaire, histoire et politique.

Le programme est semble-t-il le même avec son nouvel ouvrage paru au mois de mai dernier, et dont le titre a le mérite d’être clair sur le thème abordé et son ambition : Winter is coming : une brève histoire politique de la fantasy. Le thème est clair : il s’agit d’étudier la fantasy comme genre à travers le prisme de la politique. L’ambition l’est également : cette histoire sera brève, il ne s’agit pas d’une encyclopédie complète sur le sujet. Le résumé proposé par l’éditeur en dit un peu plus :

« Les dragons et les Hobbits ont toujours été des animaux politiques. Voyager avec eux, c’est prendre des détours pour mieux parler de l’indicible, c’est s’aventurer sur des chemins de traverse vers d’autres futurs. »

Grande fresque épique de fantasy inspirée des romans de G. R. R. Martin, Game of Thrones est désormais la série la plus célèbre au monde. Cette fascination pour un univers médiéval, dont les protagonistes craignent la venue d’un long hiver apocalyptique, fait écho aux angoisses contemporaines concernant le dérèglement climatique causé par l’activité humaine. 

G. R. R. Martin n’a pas été le premier auteur à utiliser la fantasy pour parler des dérives du monde moderne et d’écologie. À bien y regarder, le genre du merveilleux contemporain développé à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne a constamment servi d’outil pour critiquer la société industrielle.

De William Morris à J. R. R. Tolkien en passant par Ursula Le Guin, Robert E. Howard ou Hayao Miyazaki, ce petit ouvrage invite à questionner la généalogie politique de la fantasy.

Contrairement aux ouvrages de William Blanc que j’avais lus précédemment, qui pour l’un dépassait allègrement les 350 pages quand l’autre approchait carrément les 600 pages, celui-ci est plus court : 128 pages au format poche. Cela se lit donc très vite.

Le coeur du texte se compose de trois parties :

La première partie présente les précurseurs de la fantasy, notamment William Morris que l’auteur m’a donné envie de découvrir. Ses oeuvres imaginent des mondes fantastiques et merveilleux et mettent en scène des civilisations anciennes qui vivent en communautés quasi-utopiques, confrontées à des envahisseurs belliqueux et impérialistes. Il est aisé d’y voir une métaphore d’une réaction, d’une résistance, face à lune certaine modernité apportée par la révolution industrielle, pressentie comme dangereuse pour l’humanité et son environnement

La deuxième partie aborde évidemment le « père » de la fantasy moderne : Tolkien, et son oeuvre magistrale marquée par les deux conflits mondiaux et la transformation de la société au XX° siècle. Rien de forcément nouveau dans cette partie, mais des rappels toujours utiles, même quand on connait déjà bien l’oeuvre de Tolkien

La troisième partie s’intéresse à la saga du Trône de Fer de George R.R. Martin et son adaptation pour la télévision Game of Thrones, interprétée après coup comme une analogie de la lutte – inefficace – contre la réchauffement climatique.

L’ouvrage s’achève par une série de « bonus », des textes courts de l’auteur sur des thématiques complémentaires (les dragons, les saisons, etc.) ainsi qu’une bibliographie commentée dont j’ai eu très vite envie de piocher quelques références pour une lecture future.

Le livre est court et passionnant du début à la fin. A vrai dire, il est tellement court que je suis resté sur ma faim. J’aurais aimé que William Blanc développe certaines thématiques, qu’il donne d’autres exemples, qu’il creuse certains aspects. J’espère qu’il aura l’occasion de le faire dans un futur ouvrage, que je lirai alors avec plaisir.

Dans tous les cas, ce court livre m’a beaucoup plu, et je le conseille à tous ceux qui aiment la fantasy et veulent lui rendre ses lettres de noblesse, loin de l’image d’un genre uniquement d’évasion et de divertissement, alors que ses thématiques sont à la fois profondes et très actuelles.


Winter is coming : une brève histoire politique de la fantasy, William Blanc

Note : ★★★★☆

Comics & BD

L’Étrange Vie de Nobody Owens

L’Étrange Vie de Nobody Owens est l’adaptation en bande dessinée, signée P. Craig Russell, du roman du même nom, ou The Graveyard Book en VO, de Neil Gaiman.

Je n’avais pas lu le roman original, j’ai donc découvert les personnages et l’univers si particulier de ce récit avec cette adaptation en BD.

C’est plutôt plaisant à lire, le récit enchaine plusieurs aventures de Bod, le fameux Nobody Owens du titre, un petit garçon recueilli par un vampire et les fantômes peuplant un cimetière après l’assassinat de sa famille par le terrifiant et mystérieux Jack.

Un bémol, tout de même : j’ai trouvé que c’était long et pas toujours passionnant, et j’ai eu du mal à voir où ces aventures successives vont nous mener. J’espérais que le deuxième et dernier volume éclairerait ma lanterne.


Le deuxième et dernier album m’a bien plu, répondant aux espoirs que j’avais après un premier album prometteur mais manquant de rythme.

Nobody Owens, dit Bod, a grandi. Désormais adolescent, il continue à vivre dans le cimetière où l’ont recueilli des fantômes et le vampire Silas, son tuteur, mais il est de plus en plus attiré par le monde extérieur, celui des vivants, mais aussi tourmenté par la quête de son identité et des raisons de l’assassinat de sa famille quand il était encore bébé.

Le récit prend de l’ampleur dans cette deuxième partie, il va à l’essentiel sans se disperser dans des récits secondaires comme le faisait un peu trop selon moi le premier album. Le rythme est meilleur, et j’ai été captivé par l’histoire presque de la première à la dernière page.

La conclusion est sans surprise mais jolie, le résultat est vraiment bon. Je ne sais pas si je lirai un jour le roman dont cette BD est adaptée, mais je reconnais le talent de Neil Gaiman pour inventer des histoires.


L’Étrange Vie de Nobody Owens, Neil Gaiman (roman) & P. Craig Russell (adaptation)

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

The Once and Future King, 1. The Sword in the Stone

J’avais entendu parler de cette série de romans du britannique T. H. White réinterprétant le mythe du roi Arthur dans un excellent MOOC sur la fantasy, puis plus récemment dans un livre passionnant de William Blanc sur le mythe d’Arthur et ses incarnations contemporaines.

The Sword in the Stone est le premier volume de ce cycle intitulé The Once and Future King et relate la jeunesse d’un garçon surnommé Wart, et son éducation par un drôle de tuteur, le magicien Merlyn. Je ne pense pas révéler de grand secret en dévoilant que Wart est le surnom du jeune Arthur Pendragon, le futur roi mythique d’Angleterre.

The extraordinary story of a boy called Wart – ignored by everyone except his tutor, Merlyn – who goes on to become King Arthur. When Merlyn the magician comes to tutor Sir Ector’s sons Kay and the Wart, schoolwork suddenly becomes much more fun. After all, who wouldn’t enjoy being turned into a fish, or a badger, or a snake? But Merlyn has very particular plans for the Wart.

Je dois signaler ici qu’en plus d’être un classique de la littérature jeunesse et de fantasy, ce roman est également connu pour avoir été adapté en dessin animé par Disney sous le titre Merlin l’Enchanteur.

J’ai bien aimé le début du roman, qui raconte la rencontre entre Wart et son excentrique tuteur Merlyn. Les premières leçons de l’enchanteur auprès de son jeune élève sont drôles et riches d’enseignements.

J’ai par contre trouvé que le roman traversait ensuite une longue période un peu répétitive et plus ennuyante, avec des leçons moins passionnantes et des digressions dont je n’ai pas toujours compris le sens.

Heureusement, le rythme s’emballe à nouveau à la fin du récit, presque tôt peut-être tant on passe très vite d’un Wart jeune garçonnet à l’adolescent qui s’apprête à embrasser sa destinée royale.

Dans l’ensemble, cela reste un bon souvenir de lecture même s’il m’a fallu m’accrocher au milieu du roman pour ne pas l’abandonner. Pour ne pas risquer la lassitude et l’abandon au milieu du gué, je vais poursuivre ma découverte de ce cycle, mais en alternant chaque tome avec un autre roman totalement différent.


The Sword in the Stone, T. H. White

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

Les mémoires de l’ombre (tome 1)

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Fabrice Brot est un auteur qui a fait le choix de l’auto-édition avec Librinova. J’ai eu l’occasion de découvrir son premier roman en service de presse par l’intermédiaire de NetGalley.fr.

Les mémoires de l’ombre s’annonce comme une série de fantasy dont le premier tome, dont je vais vous parler ici, est disponible depuis le mois d’août de cette année. Je ne sais plus exactement ce qui m’avait donné envie de lire ce premier roman, car le résumé est tout de même assez classique quand on a déjà lu de la fantasy :

« Les Mémoires de l’ombre – Tome 1 » est un roman de Fantasy littéraire dépeignant au fil de ses pages les valeurs d’un monde rétro-futuriste. Cet ouvrage narre les aventures de Quiten, un assassin à la solde de la guilde des Homnes. Un évènement perturbateur viendra bouleverser sa vie morne et austère, en le conduisant jusqu’à Eran, capitale millénaire d’un royaume éponyme. Sa quête effrénée d’un mystérieux coffret l’amènera à être un témoin impuissant des contingences tragiques qui bouleverseront à jamais cette somptueuse mégalopole. Des rêves étranges agiteront ces remarquables péripéties, durant lesquels le héros ne saura plus si ces songes surnaturels transfigurent une partie de son présent, de son passé ou bien de son avenir ?

La rencontre fortuite d’individus peu recommandables l’amènera à retrouver les traces de ses origines, et lui permettra ainsi de découvrir une partie de sa vie qui lui a été sciemment occultée.

Pénétrez au cœur d’une aventure époustouflante, qui vous conduira le long d’un dédale tortueux, jusqu’aux confins d’un monde mystérieux, détenteur d’une vérité dure à entendre ! Bienvenue dans le monde des hommes, où s’amalgament étroitement rêves et réalité !

A la lecture, j’ai finalement un sentiment mitigé sur ce roman. J’ai alterné les moments où j’avais une impression de déjà vu en lisant des situations déjà vues et revues dans tellement d’oeuvres de fantasy, et des moments plus réussis.

La quête menée par Quiten, l’assassin narrateur du roman, n’est pas forcément passionnante en soi, mais elle permet de découvrir l’univers créé par Fabrice Brot, qui m’a semblé cohérent et intéressant, avec quelques trouvailles bien pensées. Nous ne sommes pas ici dans un univers médiéval-fantastique classique, mais dans un monde où la technologie commence à se développer, avec de l’éclairage par des dispositifs particuliers et des mécanismes plus ou moins automatiques. Tout ce qui touche à cette technologie mais aussi aux relations diplomatiques entre les différents royaumes de cet univers m’a beaucoup plu.

Le découpage du roman m’a surpris, avec trois ou quatre chapitres qui nous emmènent à peu près au premier tiers du livre, puis un dernier très long chapitre jusqu’à la fin. Cela m’a semblé un choix étonnant et pas forcément compréhensible. Par contre, dans le même temps, le rythme du roman est bien construit, avec une accélération progressive de l’action du début à la fin.

Seul gros bémol : la fin m’a déçue, elle n’explique qu’une toute petite partie des enjeux du récit et ne répond pas à de nombreuses questions posées tout au long du roman. Mon plus gros reproche serait donc celui-ci : ce premier tome n’est pas un roman qui se suffit à lui-même, mais uniquement la première partie d’un ensemble plus vaste. Or, j’aime quand les romans d’une même série puissent se lire non pas de façon indépendante mais constituent tout de même un récit fermé avec un début et une fin, même englobé dans un récit plus vaste.

Dans l’ensemble, ce premier tome reste une lecture divertissante mais frustrante. Je surveillerai sans doute la parution du prochain tome, en espérant y retrouver les ingrédients qui m’ont plu dans celui-ci et que les défauts y soient corrigés ou du moins atténués.


Les mémoires de l’ombre (tome 1), Fabrice Brot

Note : ★★★☆☆


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Livres & Romans

The Iron Dream

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Je vais tout de suite le dire : The Iron Dream est un drôle de livre, une oeuvre étrange et parfois dérangeante. Il s’agit d’un roman publié en 1972, qui se déroule dans une univers fictif, dans laquelle l’Allemagne est devenue communiste en 1930 et où le Parti national-socialiste est resté confidentiel. Dans cet univers uchronique, Adolf Hitler a émigré aux Etats-Unis où il a eu une carrière d’illustrateur et d’auteur de science-fiction. Il aurait remporté le prix Hugo à titre posthume en 1954 avec son oeuvre majeure, Lord of the Swastika.

C’est ce roman dans le roman qui constitue le coeur du livre. Il s’agit d’un récit post-apocalyptique dans lequel un homme surpuissant et prédestiné prend le pouvoir et unifie sa nation pour purifier l’humanité et détruire les hordes de mutants manipulés par d’ignobles « Dominators » de l’Empire Zind. Evidemment, les similitudes avec la montée en force et l’arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne puis les politiques raciales du Troisième Reich sont présentes à chaque page, je ne citerai pas ici tous les exemples.

Le roman dans le roman, Lord of the Swastika est long et parfois pénible à lire. Une fois passés les premiers clins d’oeil à la sombre Histoire, on tombe dans une surenchère, certes réaliste, mais dérangeante. La violence gratuite et les thèses antisémites sont omniprésentes, rendant la lecture vraiment difficile, même en comprenant l’intention de l’auteur.

A ce stade, j’étais partagé sur ce « roman ». Puis j’ai lu la post-face, elle aussi fictive, présentée comme une étude du roman Lord of the Swastika, par un universitaire vivant dans le même monde uchronique que celui dans lequel Adolf Hitler a publié ce pseudo-roman. Et là, c’est clairement jouissif de second degré et en même temps très éclairant et instructif sur ce que Norman Spinrad a voulu faire de cette oeuvre. Je vais me contenter de citer deux extraits, qui résument parfaitement le propos de l’auteur et le ton si particulier qu’il utilise pour faire passer son message :

Pour commencer, ce morceau si ironique sur la littérature de science-fiction :

The literature of science fiction abounds with stories of all-powerful phallic supermen, alien creatures rendered as fecal surrogates, penile totems, vaginal castration symbols (such as the monster with the many sucking mouths filled with razor-sharp teeth in Swastika), subliminally homoerotic or even pederastic relationships, and the like. While a few of the better writers in the field make sparing and judicious use of such elements on a conscious level, most of this material bubbles up from the subconscious into the work of writers writing on a purely superficial surface level.

Et les derniers paragraphes, qui résument parfaitement le propos :

No doubt many of Hitler’s readers must find it tempting to imagine what the emergence of a leader like Feric Jaggar could mean to America. Our great industrial resources would be channeled into producing armed forces the equal of anything on earth, our population would be galvanized into a state of patriotic resolve, our moral qualms would be held in abeyance for the duration of our life-or-death struggle with the Greater Soviet Union. Of course, such a man could gain power only in the extravagant fancies of a pathological science fiction novel. For Feric Jaggar is essentially a monster: a narcissistic psychopath with paranoid obsessions. His total self- assurance and certainty is based on a total lack of introspective self-knowledge. In a sense, such a human being would be all surface and no interior. He would be able to manipulate the surface of social reality by projecting his own pathologies upon it, but he would never be able to share in the inner communion of interpersonal relationships. Such a creature could give a nation the iron leadership and sense of certainty to face a mortal crisis, but at what cost? Led by the likes of a Feric Jaggar, we might gain the world at the cost of our souls. No, although the specter of world Communist domination may cause the simpleminded to wish for a leader modeled on the hero of Lord of the Swastika, in an absolute sense we are fortunate that a monster like Feric Jaggar will forever remain confined to the pages of science fantasy, the fever dream of a neurotic science fiction writer named Adolf Hitler.

Une fois cette post-face terminée, je me suis rendu compte que l’objectif de l’auteur était parfaitement atteint, en troublant le lecteur et en l’interrogeant profondément sur l’Histoire mais aussi sur le rapport de la littérature de science-fiction avec certaines noires passions malheureusement humaines.


The Iron Dream, Norman Spinrad

Note : ★★★★☆


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Livres & Romans

Port d’Âmes

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La plume de Lionel Davoust n’est pas exempte de défauts et de tics de langage, mais il a indibutablement du talent pour construire un univers imaginaire et des récits qui s’y déroulent. Ce long roman situé dans un monde fétiche d’Evanégyre est passionnant du début à la fin.

On y suit les aventures d’un héritier de l’aristocratie qui débarque dans une cité franche où règnent le commerce et la toute-puissante Administration, après huit années de servitude suite à la déchéance de sa famille noble. Il va se retrouver au milieu d’intrigues politico-commerciales tout en s’intéressant au sort d’une mystérieuse femme qui vend des morceaux de sa mémoire et de son âme pour survivre.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman dense et rythmé. Tout n’est pas parfait mais la grande force de Lionel Davoust est d’écrire des histoires intéressantes dans un cadre cohérent, avec des romans et des nouvelles qui dévoilent des aspects et des époques différentes du monde imaginé par l’auteur. Cela me donne clairement envie de plonger dans la trilogie Les Dieux Sauvages située dans le même univers, même si je vais sans doute attendre la sortie des deux prochains tomes pour cela. Une certitude cependant : je reviendrai me promener dans Evanégyre.

 


Port d’Âmes, Lionel Davoust

Note : ★★★★☆


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