Livres & Romans

A Game of Thrones (Le Trône de Fer 1-2)

A Game of Thrones
A Game of Thrones

A Game of Thrones est le premier volume de la saga « A Song of Ice and Fire » de l’auteur américain George R.R. Martin. Paru en 1996, ce roman a apporté un peu de sang neuf et un souffle nouveau dans le monde de la fantasy. Certains y voient même une véritable révolution, je me contenterais de parler de renouvellement bienvenu et très réussi pour un genre parfois convenu et insipide.

En français, le premier tome A Game of Thrones a été traduit en deux volumes distincts intitulés « Le Trône de Fer » et « Le Donjon Rouge », c’est pourquoi j’ai sous-titré mon billet par « Le Trône de Fer 1-2 ». J’ai découvert cette saga en français, je crois avoir lu en VF les 5 premiers volumes, qui correspondent aux 2 premiers tomes en VO : A Game of Thrones dont je parle dans ce billet et A Clash of Kings que je relis actuellement et dont je parlerai ici prochainement. Depuis, j’ai recommencé ma lecture de la saga en VO et j’ai relu plusieurs fois les 4 tomes parus à ce jour : je connais donc mieux les termes VO qu’en VF, ce sont donc ceux-là que j’utiliserai dans ce billet si je ne me souviens pas de leur traduction dans la version française.

L’action de A Game of Thrones se déroule dans un monde médiéval-fantastique mais la dimension fantastique y est très discrète, au profit des intrigues entre les différentes factions qui dominent Westeros, le continent au centre du récit. Ici, pas d’elfes, d’orques ni de gobelins, mais des humains qui ne croient plus à la magie depuis la disparition des derniers dragons.

Quinze ans après la rébellion qui a mis fin au règne du roi fou Aerys II et à la domination de la dynastie Targaryen sur les Sept Royaumes, le roi Robert Barathéon fait appel à son ami d’enfance Eddard Stark, Lord de Winterfell dans le Nord, pour l’aider à gouverner son royaume après la mort de Jon Arryn, leur mentor et ancien titulaire de la fonction de Main du Roi (un rôle ingrat que l’on pourrait comparer à celui de Premier Ministre). La mort (naturelle ?) de Jon Arryn et le départ d’Eddard Stark pour King’s Landing, la capitale des Sept Royaumes sont le point de départ d’une histoire parfois surprenante et souvent passionnante.

La saga A Song of Ice and Fire a pour particularité de narrer l’histoire à travers le point de vue de différents personnages. Chaque chapitre commence en effet par le nom du personnage qui en sera le narrateur. Dans ce premier roman, on dénombre ainsi le point de vue de 9 personnages qui se partagent 73 chapitres :

– Will, un ranger de la Night’s Watch (Garde de Nuit) que l’on suit uniquement dans le prologue, qui paradoxalement est le chapitre qui contient le plus d’éléments de fantasy classique

– Eddard Stark, Lord de Winterfell, chef droit et honorable de la maison Stark qui domine l’ancien Royaume du Nord désormais intégré dans les Sept Royaumes

– Catelyn Stark, née Tully (une autre maison noble de Westeros), épouse aimante d’Eddard Stark, mère attentive de ses cinq enfants légitimes, et soeur aînée de Lysa Arryn, veuve de Jon Arryn

– Sansa Stark, fille d’Eddard et Catelyn Stark, une demoiselle tout juste âgée de treize ans qui rêve d’amour et chevalerie

– Arya Stark, l’autre fille d’Eddard et Catelyn Stark, un véritable garçon manqué, l’exact contraire de sa grande soeur Sansa

– Bran, deuxième des trois fils d’Eddard et Catelyn, un garçon de sept ans qui veut devenir chevalier et rêve d’aventure en escaladant les tours de Winterfell

– Jon Snow, fils illégitime d’Eddard Stark qui a toujours refuser de révéler l’identité de la mère de l’adolescent

– Tyrion Lannister, un nain, frère de la reine Cersei et fils de Lord Tywin Lannister (l’un des hommes les plus puissants du royaume)

– Daenerys Targaryen, seule survivante de la dynastie Targaryen avec son frère aîné Viserys, exilée dans les Cités Libres, loin de Westeros et de la haine du roi Robert Barathéon

L’alternance entre les différents personnages narrateurs présente à la fois des avantages et des inconvénients : certains chapitres sont moins intéressants que d’autres (selon ce qui s’y passe mais aussi de l’intérêt que l’on a pour tel personnage ou tel autre) mais le récit est bien construit et le suspense habilement mené, jusqu’à un final qui révèle son lot de surprises. Le scénario est très riche et les personnages ont une vraie profondeur à laquelle nous ne sommes pas forcément habitués dans les romans de fantasy.

J’ai particulièrement apprécié les intrigues à la cour entre les différentes familles proches du Trône de Fer, il est très facile de se prendre au jeu et de prendre parti pour telle ou telle faction. A ce petit jeu, je dois avouer avoir un petit faible pour la famille Lannister, de brillants intriguants qui sont un peu présentés comme les « méchants » de l’histoire, même si la notion de « gentils » et de « méchants » n’existe pas vraiment dans l’univers de George R.R. Martin : rien n’y est tout blanc ou tout noir, tout y est gris et nuancé. Hormis Tyrion et Daenerys, tous les narrateurs appartiennent au « clan » Stark, ce qui fait de cette famille les principaux protagonistes de ce roman. Dans les romans suivants, d’autres personnages n’appartenant à la maison Stark vont apparaître et nous faire découvrir d’autres points de vue comme le font déjà merveilleusement les excellents chapitres de Tyrion Lannister dans ce premier épisode.

Autre point fort de ce roman et de la série A Song of Ice and Fire : avec George R.R. Martin, aucun personnage n’est immortel, mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise de celles et ceux qui voudraient découvrir ce roman après lu ce billet.

A Games of Thrones est un excellent roman, une pièce maîtresse dans la bibliothèque d’un amateur de fantasy. Ce n’est que le premier volume d’une série, encore inachevée à ce jour, qui devrait en compter sept : nombreux sont les fans qui maudissent George R.R. Martin pour l’attente insoutenable entre les tomes successifs. L’intérêt de ce premier volet, outre sa qualité intrinsèque, est évidemment de poser les fondations, solides et prometteuses, pour la suite de la saga. Je l’avais découvert il y a quelques années et j’avais été totalement emballé, le situant au niveau du Seigneur des Anneaux. Je l’ai relu trois ou quatre fois depuis et mon plaisir ne s’est pas émoussé. Si vous aimez la fantasy et que vous cherchez une oeuvre passionnante et riche, je vous conseille vivement de vous jeter sur ce roman qui sert des sentiers battus.

Livres & Romans

Twilight, la tétralogie de Stephenie Meyer

Twilight
Twilight

Twilight est une tétralogie de romans de Stephenie Meyer, populaire principalement chez les adolescentes et les jeunes femmes. Le premier roman a été adapté au cinéma fin 2008, le second le sera en novembre cette année, et nul doute que les deux derniers volumes connaîtront également une version sur grand écran. Twilight se situe dans le genre contemporain-fantastique, c’est-à-dire que l’histoire se déroule dans un univers proche de celui que nous connaissons mais dans lequel existent des créatures surnaturelles, des vampires et des loup-garous pour ne pas les nommer.

Le premier roman, Twilight, est le plus classique et le plus simple – voire simpliste – de la série. Il introduit les deux personnages principaux : Isabella (dite Bella) Swan, une lycéenne de dix-sept ans et Edward Cullen, un bellâtre aussi fascinant que mystérieux. Après le remariage de sa mère, Bella quitte le soleil de Phoenix pour les nuages de Forks, une petite ville dans l’état de Washington. C’est là qu’elle rencontre le beau Edward et son étrange famille. Après un accident qui aurait dû lui être fatal mais dont elle est miraculeusement sauvée grâce l’intervention d’Edward, Bella commence à se poser des questions sur l’étrange garçon auquel elle doit la vie. Elle découvrira finalement qu’Edward est un vampire, tout comme toute sa famille. Evidemment, l’histoire ne serait pas complète si Edward et Bella ne tombaient pas follement amoureux l’un de l’autre. Tout est donc en place pour une histoire d’amour impossible. Ajoutons à cela un méchant vampire qui contrairement à la famille Cullen se nourrit de sang humain, et vous obtenez un livre classique et sans surprise.

Le deuxième roman, New Moon, est le plus lent et le plus « décalé » de la série. Le roman commence par le départ d’Edward et de sa famille après un incident qui a failli coûter la vie de Bella. Commence alors le long et lent récit de la dépression de Bella, qui ne trouvera du réconfort qu’à travers son amitié avec Jacob, un personnage secondaire du premier tome qui gagne un rôle de premier plan à partir de ce deuxième volume. Volontairement ou non, la lenteur de ce roman colle parfaitement à l’état d’esprit de Bella, dont la vie semble figée en l’absence d’Edward. Le roman réserve tout de même son lot de surprises, la principale révélation étant que Jacob Black est un loup-garou, membre d’une « meute » chargée de protéger les hommes des dangereux vampires. Même si certains passages sont à la limite du pathétique, j’ai bien aimé ce tome que j’ai considéré comme un interlude, une lente parenthèse finalement agréable à suivre.

Le troisième roman, Eclipse, est le plus riche et le plus réussi de la série. Après un premier tome un peu naïf qui nous avait plongé dans le monde des vampires, après un deuxième volume un peu plus profond et quasi-entièrement consacré aux loup-garous, ce troisième épisode de la série met en scène l’affrontement de ces deux ennemis héréditaires, personnifié par le duel entre Edward et Jacob pour le coeur de Bella. L’histoire gagne en profondeur, même si cela reste relatif, Twilight restant une série dédiée principalement aux adolescentes. C’est peut-être mon roman préféré de la tétralogie, parce qu’il utilise parfaitement les mythes autour des vampires et des loup-garous et l’antagonisme entre ces deux « familles », mais aussi parce que les personnages gagnent en complexité, qu’ils deviennent paradoxalement plus humains au fur et à mesure que le surnaturel prend le pas sur les histoires de lycéens du premier volume.

Le quatrième et dernier roman, Breaking Dawn, est le plus spectaculaire et le plus haletant de la série. Il est découpé entre trois grandes parties : la deuxième a la particularité d’avoir Jacob Black comme narrateur (on sent que l’auteur s’est fait plaisir en faisant ainsi parler un personnage dont on suppose qu’elle l’apprécie beaucoup), la première et la troisième étant relatées par Bella, comme les autres romans. L’histoire s’emballe et prend de l’ampleur. L’intensité et le suspense montent progressivement tout au long du roman, avant un dénouement plus touchant que je l’aurais cru. C’est parfois un peu brouillon, notamment à cause de la multitude de personnages qui font leur apparition dans la troisième partie, mais ce dernier roman est plutôt agréable à lire. C’est une conclusion épique, peut-être un peu bâclée, d’une saga globalement sympathique malgré quelques défauts.

Des défauts, il y en a. Le principal étant le côté moralisateur de l’histoire et de l’auteur. Tout au long de la saga, le thème du sexe et de l’abstinence est abordé de façon plus ou moins « métaphorique » avec la soif de sang des vampires et la tentation d’Edward face à Bella. C’est marrant la première fois, lassant les deuxième et troisième fois, et carrément lourd et insistant les fois suivantes … Cela ressemble trop à un plaidoyer pour l’abstinence jusqu’au mariage, et vous comprendrez aisément que ce n’est pas un thème très porteur pour moi :-)

Globalement, la saga Twilight a les défauts de ses qualités : c’est une oeuvre destinée au grand public, donc suffisamment généraliste pour être accessible par n’importe qui. J’aurais apprécié que la mythologie autour des vampires et des loup-garous soit explorée plus en profondeur, au détriment de la romance parfois sirupeuse entre Bella et Edward, dont on aura vite compris qu’ils sont faits l’un pour l’autre, sans que cela soit nécessaire d’être répété vingt fois par tome. Il faut donc lire cette saga sans a priori, sans s’attendre à découvrir un chef d’oeuvre, en accepter les défauts et espérer prendre un peu de plaisir. Malgré mes idées préconçues sur cette série, j’ai réussi à en voir le bout et à en garder quelques bons souvenirs.

Cinéma, TV & DVD

Entretien avec un vampire

Entretien avec un vampire
Entretien avec un vampire

J’avais souvent entendu parler de ce film de Neil Jordan sorti en salles en 1994. C’est une adaptation du roman d’Anne Rice, un classique pour les amateurs de fantastique, considéré par certains comme une oeuvre culte.

Je ne l’avais pas encore vu jusqu’à aujourd’hui. C’est désormais chose faite, et j’ai vraiment aimé. L’intrigue est passionnante, on y retrouve des éléments forts du mythe des vampires. Que dire du casting ? Tom Cruise, Brad Pitt et Antonio Banderas dans un même film ? Bien des réalisateurs signeraient tout de suite pour avoir ce trio au générique ! Je citerai également Kirsten Dunst, alors âgée de douze ans, plutôt convaincante dans ce qui constituait sans doute son premier grand rôle au cinéma. Enfin, j’ai apprécié le mélange audacieux entre mythe du vampire et homosexualité dans les relations entre Louis, Lestat et Armand, les trois vampires masculins principaux de l’histoire.

Je n’ai pas pu m’empêcher pendant le film de faire la comparaison avec Twilight, autre oeuvre récente sur le thème des vampires. Il s’agit clairement de deux univers différents : là où Twilight s’adresse principalement à des adolescent(e)s ou de jeunes adultes avec de gentils et beaux vampires qui résistent à l’appel du sang, Entretien avec un vampire me semble plutôt destiné à un public plus adulte avec une approche plus sombre et plus pessimiste du mythe.

J’ai regardé avec beaucoup de plaisir ce film qui m’a permis de découvrir l’univers d’Anne Rice que j’ai maintenant envie de connaître plus en profondeur (l’univers, pas Anne Rice !).

Cinéma, TV & DVD

Harry Potter and the Half-Blood Prince

Harry Potter and the Half-Blood Prince
Harry Potter and the Half-Blood Prince

Remarque préalable : ce billet contient des spoilers, les spectacteurs qui ne connaissent pas la fin de ce sixième épisode de la saga Harry Potter (ou lecteurs, mais depuis le temps, ce serait étonnant d’en trouver encore qui n’auraient pas déjà tout lu) sont invités à passer leur chemin s’ils souhaitent garder la surprise pour des éléments majeurs de l’histoire.

Le sixième film de la franchise Harry Potter est à l’image du livre dont il est inspiré : lent au démarrage, avec une très (trop) longue première partie consacrée aux histoires de coeur d’Harry et ses amis dont l’unique intérêt est de servir de prétexte à nous faire découvrir la jeunesse de Tom Jedusor alias Lord Voldemort grâce à des souvenirs de Dumbledore et du nouveau professeur de Potions, Horace Slughorn. Heureusement, la seconde partie du film est bien plus intéressante : le rythme s’accélère et l’intrigue arrive enfin là où elle devait arriver : le final est palpitant et réussi.

Albus Dumbledore (incarné par Michael Gambon) a droit à un magnifique chant du cygne avec une scène grandiose mettant en scène toute sa puissance dans un spectaculaire et impressionnant déchaînement de feu. On retrouve également dans cet épisode les acteurs des précédents opus : le matériau de base (le roman) étant ce qu’il est, les interprètes ne sont ni excellents ni franchement mauvais, ils incarnent sans originalité des personnages relativement stéréotypés. Alan Rickman est même parfois à la limite de la caricature dans le rôle de Severus Snape, avec des mimiques et des intonations de voix qui frisent parfois le ridicule, même si on adore ça !

Globalement, le film a de nombreux défauts : les personnages n’ont pas de saveur particulière (à l’exception de Severus Snape, toujours génial, et Draco Malefoy, qui se révèle dans cet épisode), le scénario est mal construit (comme le livre) puisque tous les événements intéressants sont réunis à la fin après une première partie trop lente. Si on aime l’univers d’Harry Potter, la fin du film vaut tout de même à elle seule le déplacement.

Comics & BD, Livres & Romans

L’Assassin Royal en BD

Le cycle L’Assassin Royal de Robin Hobb (The Farseer en VO) va être adapté en bande dessinée.

Egalement publiée sous le titre La citadelle des ombres, cette saga relate les aventures de FitzChevalerie, fils illégitime de l’ancien héritier de la couronne du royaume des Six-Duchés.

En VO, il s’agit d’une trilogie composée, dans l’ordre, de Assassin’s Apprentice, Royal Assassin, et Assassin’s Quest. Pour la bande dessinée, le choix qui semble fait est de publier trois tomes pour chaque roman de la VO, soit 9 tomes en tout.

Plus d’informations sur le forum BD Gest’, où le dessinateur a annoncé lui-même la nouvelle et répond aux questions des fans. Il y présente également quelques planches issues du premier tome.

Personnellement, cette nouvelle m’enchante, même si les premières planches présentées me décoivent. J’attends néanmoins de voir la version colorisée avant de porter un jugement plus complet.