Livres & Romans

La Curée (Les Rougon-Macquart #2)

Après La Fortune des Rougon qui inaugurait la saga des Rougon-Macquart, j’ai poursuivi ma lecture complète du cycle de vingt romans d’Emile Zola avec son deuxième volume : La Curée.

Après un premier roman qui relatait le coup d’Etat de décembre 1851 vu d’une ville de province, le deuxième nous emmène à Paris, au moment où Aristide, l’un des fils de Pierre Rougon, vient s’installer au lendemain du coup d’Etat.

Les premiers chapitres dressent le décor et nous présentent les trois personnages principaux du roman ainsi que leur entourage. Au cours des sept longs chapitres qui composent ce livre, nous suivrons :

  • Aristide Saccard, ex-républicain converti au bonapartisme au lendemain du coup d’Etat, qui s’est choisi un nouveau nom pour se distinguer de son frère aîné Eugène, homme en vue du nouveau pouvoir impérial
  • Renée, la seconde épouse d’Aristide, qui l’a épousée en échange d’une forte somme d’argent pour la tirer de la honte d’une grossesse suite à une aventure avec un homme marié
  • Maxime, le fils androgyne d’Aristide avec sa défunte première épouse Angèle, que son père et sa belle-mère accueillent à Paris après qu’il ait passé son enfance à Plassans

Nous rencontrons également Sidonie Rougon, soeur d’Eugène et Aristide, une femme étrange, entremetteuse et toujours affairée au service des histoires d’amour et d’argent de la bourgeoisie parisienne.

Le roman nous raconte l’ascension d’Aristide Saccard, arrivé presque sans le sou à Paris et qui finit par rejoindre la haute société à force de coups plus ou moins légaux. Employé à la Ville de Paris, il spécule sur l’immobilier à l’heure des grandes transformations de ce qui deviendra le Paris haussmannien.

Quant à Renée, elle vit une relation étrange et malsaine avec son beau-fils Maxime, qu’elle prend sous son aile, introduit dans le Paris mondain tout en se montrant très possessive à son égard.

A travers ces trois personnages et leurs mésaventures sentimentales et financières, Emile Zola dresse un portrait acide de Paris sous le Second Empire. Il nous décrit le milieu véreux des affaires, la spéculation immobilière à l’heure des grandes transformations de Paris, l’arrivisme de beaucoup, la corruption des agents de l’Etat, les magouilles et les délits d’initiés autour des grands projets haussmanniens, l’enrichissement de certains au détriment de tous les autres.

L’auteur nous plonge également dans un microcosme mondain au mode de vie hypocrite et décadent, où les mariages sont arrangés comme des relations d’affaires, où l’endettement est abyssal, où le culte des apparences est roi, où le mépris de la haute société pour la société moins aisée cache des mœurs lamentables.

Si j’avais déjà beaucoup aimé La Fortune des Rougon, j’ai pris au moins autant de plaisir à lire ce deuxième volume des Rougon-Macquart. Si on met de côté certains passages de descriptions au style un peu désuet, le texte est très souvent savoureux, plein d’une ironie et d’une causticité que je ne soupçonnais pas chez Emile Zola, en tout cas à travers le souvenir que j’en gardais après avoir lu Germinal et La bête humaine quand j’étais lycéen.

Si toute la saga est aussi réussie que les deux premiers volumes, je crois bien que je vais me régaler au cours de mes prochaines semaines de lecture. Je vais en tout cas pouvoir le vérifier très vite avec le troisième volume : Le Ventre de Paris.


La Curée (Les Rougon-Macquart #2), Emile Zola

Note : ★★★★☆

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La révolution inachevée (1815-1870)

La révolution inachevée est le titre du dixième volume de la collection Histoire de France éditée chez Belin sous la direction de Joël Cornette. Ecrit par l’historienne Sylvie Aprile, il traite des années 1815 à 1870, c’est-à-dire la Restauration, la Monarchie de Juillet, l’éphémère Deuxième République, puis le Second Empire et sa chute.

Après la préface d’Henry Rousso et l’introduction par Sylvie Aprile, j’ai trouvé le menu plutôt alléchant : redécouvrir et éventuellement réhabiliter un court XIXème siècle méconnu, malaimé et souvent malmené par l’historiographie.

Le première chapitre, « De Louis XVIII à Louis-Philippe : une monarchie limitée » décrit et explique la période de la Restauration (1815-1830) : retour sur le trône de Louis XVIII qui concède une Charte constitutionnelle ; interlude des Cent-Jours voyant le retour puis la défaite définitive de Napoleon Ier ; règnes de Louis XVIII et de Charles X. Le chapitre s’achève à la veille des Trois Glorieuses.

Un deuxième chapitre long mais passionnant raconte la révolution des Trois Glorieuses en juillet 1830, qui fait chuter Charles X et aboutit à l’instauration de la Monarchie de Juillet, puis le règne de Louis-Philippe comme Roi des Français dans une monarchie constitutionnelle qui échouera en 1848. Le chapitre s’achève avec une longue partie sur l’opinion et ses espaces : parlement, rue, etc.

Après deux chapitres plutôt chronologiques, le troisième est thématique : « La France des champs et l’industrialisation » décrit la France et les transformations techniques et sociales qu’elle vit pendant la Restauration : un pays qui reste majoritairement rural, centré sur le « village », mais qui vit une modernisation faisant évoluer l’économie avec une industrialisation croissante.

J’ai ensuite beaucoup aimé le quatrième chapitre consacré à l’histoire des idées et des arts pendant la Restauration : essor du libéralisme (dans ses dimensions politique et économique), l’esprit de réforme, l’invention de nouveaux modèles de société (socialisme, anarchisme, catholicisme social, etc.), et la vie intellectuelle et artistique (avec un long passage sur le romantisme).

Le cinquième chapitre, sobrement intitulé « La France, l’Europe et le monde » traite de la place de la France de la Restauration et de la Monarchie de Juillet dans le concert international : les suites du congrès de Vienne de 1815, la rivalité anglo-française, la reprise d’une politique coloniale, et enfin un aperçu de l’Europe à la veille de 1848.

Pendant les fêtes, je n’avais pas avancé dans la lecture de ce livre, avant de m’y remettre avec un 6ème chapitre consacré intégralement à la révolution de 1848 : ses origines, l’insurrection de février mettant fin au règne de Louis-Philippe, la proclamation de la Seconde République (qui ne sera finalement que la deuxième), les élections au suffrage universel (masculin), l’abolition de l’esclavage, et la fin de la révolution en juin 1848.

Suite à la Révolution de 1848 décrite au chapitre précédent, le 7ème est consacré à la Deuxième République : l’établissement de la Constitution, l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la Présidence de la République, la lutte entre le président et l’opposition parlementaire, jusqu’au coup d’État de décembre 1851. L’autrice présente bien cette Deuxième République, en prenant soin de ne pas la limiter à une parenthèse menant nécessairement au coup d’État est à l’Empire.

Le huitième chapitre inaugure la partie consacrée au Second Empire, avec pour commencer le thème de l’autorité impériale : mode de gouvernance de Louis-Napoléon, proclamation de l’Empire, et musellement de l’opposition.

Le neuvième chapitre détaille la politique impériale, avec ses deux piliers : l’économie (modernisation de l’économie, transformation de Paris, prospérité) et la guerre (renouveau de la diplomatie française, avec la guerre de Crimée puis la question italienne), mais aussi la politique coloniale (implication en Amérique latine et achèvement de la conquête de l’Algérie).

Le dixième chapitre décrit la société du Second Empire, dans ses constantes et ses transformations : une France qui reste principalement rurale, mais qui voit l’essor du monde ouvrier ; la place des notables ; le style Second Empire dans l’art et la culture ; le retour des oppositions ; la religion et l’Église ; un parlementarisme timide.

Le onzième et dernier chapitre relate les trois dernières années du Second Empire : libéralisation du régime (parlementarisme accru, relative liberté de la presse) ; les élections de 1869 aux résultats contrastés, et le plébiscite de 1870 ; la guerre contre la Prusse de Bismarck, la défaite de Sedan et la chute de l’Empire.

Comme tous les volumes de cette collection, l’ouvrage s’achève avec d’impressionnantes annexes (chronologie, biographies, bibliographie, références iconographiques, textuelles et documentaires, et évidemment un abondant index), mais surtout le désormais traditionnel Atelier de l’historien, cette fois autour de quatre thématiques : revisiter le XIXe siècle ; l’Histoire et les historiens du XIXe siècle ; usages et mésusages de la littérature : faire de l’histoire avec Balazac, Flaubert, Hugo, etc. ; le premier siècle du regard photographique.

Je ne peux pas achever cette critique sans souligner la richesse et la qualité des illustrations et de la documentation de cet ouvrage : que ce soit les caricatures, les photographies, les documents, les cartes, les graphiques, tout s’accorde parfaitement avec le texte et l’illustre parfaitement.

Le livre lui-même est passionnant à lire, sur une période peu connue ou en tout cas mal connue en dehors du cercle des spécialistes. Il m’a clairement permis de redécouvrir un XIX° siècle que je connaissais mal alors qu’il s’agit sans doute d’une des périodes les plus intéressantes de notre histoire.

Je vais désormais pouvoir poursuivre mon voyage dans le temps et me rapprocher doucement mais sûrement de notre époque, avec le prochain volume consacrée aux années 1870-1914 et La république imaginée.


La révolution inachevée (1815-1870), Sylvie Aprile

Note : ★★★★☆

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La Fortune des Rougon (Les Rougon-Macquart #1)

Parmi mes résolutions prises pour l’année 2020, il y a l’ambition de lire ou relire des grands classiques de la littérature française, et notamment les oeuvres de Victor Hugo, Emile Zola et Marcel Proust.

J’ai commencé cette aventure avec Emile Zola et son oeuvre Les Rougon-Macquart, une série de vingt romans racontant la vie de plusieurs membres d’une famille et de dresser à travers eux un portrait aussi complet que possible de la France du Second Empire.

Le premier roman de la saga s’intitule La fortune des Rougon. Le récit prend place en décembre 1851, au moment du coup d’état où le prince-président Louis-Napoléon fait tomber la République pour consolider son pouvoir personnel et à terme proclamer le Second Empire. L’action se déroule à Plassans, une ville fictive de Provence, que l’on peut rapprocher d’Aix-en-Provence, où Emile Zola a passé son enfance et son adolescence.

L’auteur nous présente une famille complexe issue d’Adélaïde Fouque, dite Tante Dide, une femme victime de crises de nerf et de convulsions. Mère d’un premier fils, Pierre, de son mariage avec un certain Rougon, elle vit après la mort de son mari avec le contrebandier Macquart, dont elle aura deux enfants : Antoine et Ursule. Pierre Rougon, Antoine Macquart et Ursule Mouret (le nom de son époux) sont à la base des trois branches familiales dont sont issus tous les personnages principaux des Rougon-Macquart.

Dans La Fortune des Rougon, nous nous intéressons principalement à la premier génération. Pierre Rougon est un petit bourgeois qui rêve de grandeur avec son épouse au moins aussi ambitieuse que lui. Antoine Macquart est un fainéant qui vit dans l’amertume et la jalousie face à la meilleure situation de son demi-frère. Quant au jeune Silvère, âgé de dix-sept ans, le neveu de Pierre et Antoine, il a découvert à la fois l’amour avec sa jeune voisine Miette et l’engagement politique en voulant défendre la République agonisante.

Le roman se déroule le temps d’une semaine, dans les jours qui précédent puis suivent le coup d’Etat bonapartiste à Paris. Pierre Rougon, informé par son fils Eugène à Paris, réunit les milieux réactionnaires dans son salon et tente de profiter de la situation politique pour améliorer la sienne. Bonapartistes, légitimistes et orléanistes font alors cause commune pour faire tomber la République honnie.

A travers les personnages de Pierre Rougon et de son épouse Félicité, Emile Zola dresse un portrait finement cruel de la petite bourgeoisie de province dont la cupidité n’a d’égale que la lâcheté. Face à ces arrivistes prêt à tout pour réussir, sauf à se battre réellement, l’auteur nous présente Silvère Mouret, jeune idéaliste de dix-sept ans, autant amoureux de sa belle Miette que de la République. Entre les deux, le dépravé Antoine Macquart, d’abord républicain puis complice des manigances de son demi-frère.

Avec ces trois personnages, Emile Zola nous raconte à hauteur d’homme une page d’Histoire de France, celle du coup d’état de décembre 1851. Il nous dresse aussi le portrait d’une ville de province secouée par les événements parisiens, sans savoir d’abord comment ils s’achèveront.

Malgré un style parfois un peu lourd – c’est l’époque qui veut cela, La fortune des Rougon est clairement un roman passionnant, un début plus que prometteur pour une saga dont j’attends désormais encore plus.


La Fortune des Rougon (Les Rougon-Macquart #1), Emile Zola

Note : ★★★★☆

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Comment je suis devenue anarchiste

Comment je suis devenue anarchiste est un témoignage d’Isabelle Attard, députée écologiste entre 2012 et 2017. L’ancienne élue EELV nous raconte comment, après son expérience à l’Assemblée Nationale, elle a vécu ce qu’elle appelle une déconstruction puis une reconstruction politique en embrassant l’idéologie anarchiste.

Isabelle Attard nous raconte son parcours personnel tout en présentant les bases de l’anarchisme : son idéologie, son histoire, ses expérimentations, etc. L’autrice cite également ses sources d’inspiration, les auteurs qui ont fait évoluer sa vision de l’anarchisme. A mon avis, la bibliographie à la fin du livre vaut également le coup d’oeil.

Le format du livre, moins de 200 pages, fait que chaque sujet n’est pas forcément approfondi, mais c’est à mon avis une bonne première approche de l’anarchisme et un témoignage qui a de la valeur venant de quelqu’un « venu de l’autre bord », puisqu’elle a siégé 5 ans au Palais Bourbon avant de se définir aujourd’hui comme anarchiste.


Comment je suis devenue anarchiste, Isabelle Attard

Note : ★★★★☆

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Habiter en lutte : ZAD de Notre-Dame-des-Landes – 40 ans de résistance

Habiter en lutte : ZAD de Notre-Dame-des-Landes – 40 ans de résistance est un livre écrit par le collectif comm’un et publié en 2019 chez Le Passager Clandestin. Il raconte l’histoire de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les quarante ans de lutte contre le projet d’aéroport.

Ses 256 pages sont découpées en 8 chapitres :

Histoire conflictuelle du bocage, avant les années 2000 : l’histoire du territoire du bocage autour de Notre-Dame-des-Landes, les premières annonces du projet d’aéroport au début des années 1970, les premières oppositions au projet, la création de la Zone d’Aménagement Différé et les mesures d’expropriation allant avec, puis l’enterrement du projet pendant plusieurs décennies

Un projet d’aéroport controversé, de 2000 à 2012 : la relance du projet d’aéroport en 2000 ; la renaissance des oppositions ; l’ouverture du débat public ; la bataille argumentative ; la diversité des opposants et de leurs moyens d’action

Naissance de la zone à défendre, de 2007 à 2012 : les premières installations illégales suite aux appels à occupation ; l’ancrage des occupants dans le territoire avec des auto-médias, une agriculture d’occupation, des habitations intégrées dans le territoire ; l’organisation de la défense du bocage ; les premiers mesures d’expulsion

Une tentative d’expulsion ratée, du 16 octobre au 24 novembre 2012 : l’opération César, l’usage de la force, la guérilla bocagère, l’art de la barricade ; la manifestation de réoccupation, l’opération Astérix, la défense des tracteurs ; l’enlisement de l’opération César, l’intensification de la répression et finalement les effets contraires de l’opération César, qui devait vider la ZAD et a fédéré les opposants au projet face à la violence des expulsions

Le bocage sous occupation militaire, du 25 novembre 2012 au 19 avril 2013 : la vie entre les checkpoints ; la diversité toujours accrue des occupants, la ZAD comme refuge, les espaces d’organisation du mouvement ; l’espoir d’un départ des forces de l’ordre

Vivre ensemble et sans Etat, d’avril 2013 à décembre 2015 : une occupation complexe, avec la question de construire pour rester, les tensions entre des occupants aux approches et aux idéologies différentes, notamment autour de la « route des chicanes » entre paysans et occupants venus d’ailleurs ; la force du collectif, l’organisation par lieu de vie et à l’échelle d’un territoire, la création d’un imaginaire commun ; les outils de l’autonomie : cultiver ensemble, la récup’ et les chantiers collectifs, inventer et dessiner son territoire

L’enracinement d’un « habiter en lutte », de décembre 2015 à janvier 2018 : l’opposition jamais à court d’idées : la manifestation sur le pont de Cheviré sur le périphérique nantais, les polémiques autour du périmètre géographique de la consultation sur le projet d’aéroport, limitée à la Loire-Atlantique ; l’organisation collective : prises de décision sur la ZAD, limites à la violence, bases communes pour l’avenir de la ZAD ; construire du « commun » : les nouveaux communaux, les projets agricoles, les constructions en dur ; l’extension des champs de lutte, notamment dans le cortège de tête des manifestations contre la loi Travail

Rien n’est fini, et tout commence !, depuis 2018 : l’ivresse de la victoire suite à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport, la gueule de bois avec le retour des tensions entre les factions de l’opposition à l’aéroport, la nouvelle vague, la légalisation de certains occupants, et le refus par d’autres d’entrer dans le jeu de l’Etat, et les doutes sur l’avenir du territoire de la ZAD

Ce livre est passionnant, il raconte parfaitement l’histoire de la lutte autour de Notre-Dame-des-Landes, avec toutes ses composantes : les pouvoirs publics, les entreprises en charge du projet, les paysans attachés à leurs terres dont ils vivent, les habitants historiques expropriés, les nouveaux venus qui sont arrivés pour lutter contre le projet d’aéroport et le modèle de société capitaliste.

Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est la description de l’organisation de la vie au sein de la ZAD, avec ses modèles alternatifs, certes imparfaits mais qui ont le mérite d’exister. La ZAD m’apparait comme un laboratoire d’expérimentation d’autres modèles de société, une expérience grandeur nature d’une société non capitaliste et basée sur l’entraide, la solidarité, le refus de toute domination ou oppression.

Le dernier chapitre et la conclusion posent d’ailleurs une question essentielle : comment faire vivre ces nouveaux modes de vie sur le territoire après la fin de la lutte, comment éviter les conflits internes quand les enjeux de chacun divergent, comment maintenir cet état esprit après la « victoire » ?


Habiter en lutte : ZAD de Notre-Dame-des-Landes – 40 ans de résistance, Collectif comm’un

Note : ★★★★☆

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The Expanse – 8. Tiamat’s Wrath

Tiamat’s Wrath est le huitième volume de la saga de science-fiction The Expanse signée James S.A. Corey, le nom de plume du duo composé des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck. Il s’agit également à ce jour du dernier tome publié, en attendant le neuvième et dernier dont la parution est prévue pour courant 2020.

Après deux tomes qui m’avaient laissé un sentiment mitigé, j’attendais que celui-ci me réconcilie avec cette saga qui avait si bien commencé.

Dès la lecture de la table des matières, j’ai remarqué une nouveauté notable par rapport aux sept premiers tomes : si Holden reste présent comme narrateur, il ne l’est que pour le prologue et l’épilogue, laissant à d’autres personnages le soin de nous raconter l’histoire :

  • Naomi, sa compagne et officier en second, désormais engagée dans la résistance contre l’Empire de Laconia
  • Alex, le fidèle pilote du Roccinante
  • Bobbie, désormais capitaine du Roccinante
  • Elvi, la biologiste croisée dans le quatrième tome, Cibola Burn, et qui travaille désormais sur des recherches scientifiques sur Laconia
  • Teresa, la fille adolescente du haut-consul Winston Duarte, et à ce titre héritière de l’Empire de Laconia

Je dois dire que c’est assez rafraichissant de ne plus suivre l’histoire à travers le regard de James Holden. Un peu de changement ne fait pas de mal ici, même si Holden reste présent en arrière-plan et que certains narrateurs le rencontrent à plusieurs reprises.

Le récit reprend deux ans après la fin de Babylon’s Ashes : l’Empire de Laconia a réussi sa conquête de la galaxie, le système solaire a perdu son statut dominant et l’espace interstellaire est maîtrisé par les forces armées aux ordres du haut-consul. Holden est retenu prisonnier sur Laconia, Naomi, Alex et Bobbie luttent chacun à leur façon au sein de la résistance, et Amos est porté disparu suite à une mission d’infiltration sur Laconia.

Nous avons donc affaire à une histoire classique de résistance face à un pouvoir autoritaire. Là où dans le tome précédent l’action était centrée sur Medina Station et les enjeux locaux suite à l’arrivée des forces de Laconia, les enjeux s’élevent dans ce nouveau volume. La résistance, bien que très menacée, gagne en assurance et tente des actions désespérées pour combattre l’oppresseur.

Comme c’était déjà le cas dans d’autres tomes, il y a un événement fort qui se déroule aux deux tiers du roman. Ensuite, il y a une petite perte de rythme, on a l’impression d’être dans un long épilogue, avant que cela ne s’accélère à nouveau dans les derniers chapitres. C’est habile, quoique un peu déstabilisant quand on est habité au rythme linéaire de nombreux romans anglo-saxons.

Dans l’ensemble, j’ai bien aimé ce huitième tome : j’ai pris plaisir à le lire, plus que pour les deux volumes précédents en tout cas. Cela ne ressemble plus vraiment à The Expanse du début, nous sommes passés d’un récit de science-fiction presque réaliste à quelle chose approchant le space-opéra, cela a peut-être perdu une partie de son charme, mais c’est plaisant à lire.

Après avoir enchainé les huit tomes publiés, je vais en tout cas attendre avec impatience le neuvième dernier prévu pour l’année à venir, dont on ne connait encore ni la date exacte de publication, ni le titre. Le suspense va être insoutenable !


The Expanse – 8. Tiamat’s Wrath, James S.A. Corey

Note : ★★★★☆

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The Expanse – 7. Persepolis Rising

Persepolis Rising est le septième volume de la saga de science-fiction The Expanse signée James S.A. Corey, le nom de plume du duo composé des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck.

Après un sixième volume sympathique mais un peu moins à mon goût que les précédents, j’attendais que celui-ci relance totalement mon intérêt pour la saga. Malheureusement, je garde un sentiment mitigé après ce septième tome.

Pourtant, cela commençait plutôt bien : après la multitude de narrateurs du précédent volume, j’ai d’abord été rassuré en parcourant la table des matières de voir que le nombre de points de vue était réduit. Hormis quelques rares chapitres isolés, l’action est recentrée sur quatre personnages et donc quatre points de vue :

  • Holden, le boy-scout capitaine du Roccinante
  • Bobbie, l’ancienne combattante des Marines martiens
  • Drummer, désormais présidente de l’Union qui gère les transports entre les Anneaux
  • Singh, un nouveau personnage venu de Laconia, le système où les rebelles martiens s’étaient exilés pendant que la Free Navy semait la terreur lors du cinquième tome

L’autre élément qui saute aux yeux dès les premières pages, c’est le bond dans le temps proposé par les auteurs. Alors que les dix premiers tomes se déroulaient l’espace de quelques années, celui-ci reprend le récit 30 ans après la fin du précédent volume. L’équipage du Roccinante a vieilli, Jim et Naomi rêvent de prendre une retraite bien méritée sur Titan quand l’anneau de Laconia, inactif depuis trois décennies, montre des signes d’activité.

Pourtant, je dois dire que j’ai eu un peu de mal à me passionner pour cette histoire. Nous sommes face à une histoire somme toute classique d’invasion par une puissance technologiquement supérieure et de résistance face à l’envahisseur. Cela pourrait être passionnant et bien traité dans un récit de science-fiction, mais je n’ai pas été emballé cette fois-ci. Il y a de bons moments, des passages réussis, mais j’ai aussi eu du mal à avancer parfois, un peu lassé par les actes prévisibles des personnages et par un récit sans grande surprise.

C’est d’autant plus dommage qu’il y a tout pour me plaire dans ce volume : un récit qui se veut épique, l’évocation de la vie dans une cité occupée, la guerre désespérée face à un ennemi nettement supérieur, et un antagoniste fascinante. Malheureusement j’ai été déçu par la façon dont les auteurs développent tous ces aspects prometteurs.

Espérons que le huitième et avant-dernier tome de la saga, Tiamath’s Wrath, me réconciliera avec les auteurs de The Expanse, qui m’avaient habitué à bien mieux jusque là.


The Expanse – 7. Persepolis Rising, James S.A. Corey

Note : ★★★☆☆