Cinéma, TV & DVD

Capitaine Marleau

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Ceux qui me connaissent doivent savoir que ni les productions françaises ni les séries policières ne sont à mon goût habituellement. Et pourtant je dois faire un aveu : j’adore Capitaine Marleau, la série policière qui cartonne sur France 3 depuis l’automne 2015.

Je ne sais plus exactement quand et dans quelles circonstances j’ai découvert cette série, je pense que je suis tombé dessus en regardant la TV dans une chambre d’hôtel pendant un séjour en vacances. Ce qui m’a tout de suite marqué, c’est l’humour déjanté de la série. J’avais pris l’épisode en route mais cela m’a suffisamment plu pour avoir envie de le revoir et de regarder les autres épisodes de la série. Depuis, je n’en manque pas un seul.

La série repose sur Corinne Masiero qui incarne la fameuse capitaine Marleau, capitaine de gendarmerie excentrique, à l’humour ravageur et qui ne mâche pas ses mots. Le contraste est saisissant avec les personnages plus posés interprétés par des guests prestigieux qui varient d’un épisode à l’autre, comme Gérard Depardieu (dans le premier épisode de la série), Victoria Abril, Pierre Arditi, Charles Berling, Yolande Moreau, Niels Arestrup, Jean-Hugues Anglade, ou David Suchet (connu pour son rôle mémorable du détective Hercule Poirot dans la série homonyme).

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Je l’ignorais au début mais je l’ai appris dans l’article Wikipedia sur la série, le capitaine Marleau a été créé pour un téléfilm baptisé Entre vents et marées, également réalisé par Josée Dayan à laquelle on doit la série. Je ne suis pas forcément fan de l’oeuvre télévisuelle de cette réalisatrice, mais je dois dire qu’elle a réussi à créer qu’avec Capitaine Marleau une série et un personnage mémorables.

Le personnage de Marleau a semble-t-il été créé sur le modèle de – ou en hommage à – l’inspecteur Colombo de la célèbre série américaine. Le lieutenant de police américain et la capitaine de gendarmerie française ont plusieurs points communs : ils se déplacent tous deux dans une vieille voiture emblématique (la 404 pour Colombo ; une Range Rover pour Marleau), on ne connait pas leur prénom, et ils portent un vêtement caractérise (l’imperméable pour Colombo ; des chemises à carreaux, une parka et une chapka pour son homologue de la gendarmerie nationale).

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La différence avec Colombo, c’est qu’on ne connait pas au début des épisodes l’auteur du crime qui sert de prétexte à l’épisode. Je parle de prétexte car l’intrigue policière est souvent assez faible et, en ce qui me concerne, ne sert que de cadre pour mettre en scène le capitaine Marleau et son humour décalé, et ses interactions très souvent drôles avec les personnages plus classiques présents dans l’épisode. On sent que Corinne Masiero s’amuse beaucoup dans ce rôle et je la soupçonne parfois d’improviser certaines répliques. C’est en tout cas très efficace, je ne compte pas le nombre de fois où j’éclate de rire pendant un épisode.

La programmation de la série est assez difficile à suivre. Treize épisodes de 90 minutes ont à ce jour été produits, dont onze ont été diffusés en France en septembre 2015, les deux prochains ne devant plus tarder à arriver. Lors de chaque diffusion, France 3 a tendance à diffuser deux ou trois épisodes inédits avant de rediffuser quelques épisodes précédents, ce qui ne facilite pas la tâche des téléspectateurs qui tentent d’être fidèles. Le replay n’est pas de trop pour ne rater aucun épisode quand la saison de l’humour noir et déjanté du Capitaine Marleau revient.

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Livres & Romans

Quand on n’a que l’humour …

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« Quand on n’a que l’humour … » : je dois l’avouer, j’ai eu peur quand j’ai vu ce titre en forme de jeu de mots en référence à la fameuse chanson de Jacques Brel, j’ai craint le pire, d’autant que le résumé ne faisait rien pour me rassurer :

C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.

Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.

Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.

C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.

Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.

Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

Je me suis toutefois laissé tenter par ce roman et je ne le regrette pas. Pourtant, le début m’a laissé penser que mes pires craintes allaient se réaliser : c’était banal, plaisant à lire mais mièvre. Toute la première partie reste sur ce même ton, même si on sent que cela peut basculer, comme s’il y avait une ombre qui planait au-dessus du récit et de son personnage principal, cet humoriste célèbre nommé Edouard Bresson.

L’ombre montre finalement son vrai visage à la fin de la première partie, et laisse la place à une seconde partie que j’ai trouvé magistrale. C’est alors un deuxième livre qui commence et qui donne toute sa saveur à l’ensemble. S’il n’y avait eu que la première partie, j’aurais trouvé ce roman agréable à lire mais totalement oubliable. Avec la seconde, cela devient un très bon livre, à la fois émouvant et élégamment construit.

C’est un roman dont j’ai du mal à faire la chronique ici. Il m’est en effet difficile d’en dire plus sans vous gâcher le plaisir de la découverte. Sachez tout de même, comme le résumé le laisse largement entendre, qu’il s’agit d’un roman très réussi sur la paternité, les relations père-fils, et plus généralement sur la famille et les souvenirs, parfois pesants, parfois heureux, qui s’y attachent.

C’est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, malgré son style simple et quelques maladresses d’écriture et d’expression. C’est un livre d’apparence simple, rapide à lire et en même temps plaisant et touchant. C’est le genre de romans dont on sort avec à la fois un petit sourire et un pincement au coeur.


Quand on n’a que l’humour …, Amélie Antoine

Note : ★★★☆☆


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Cinéma, TV & DVD

Arrested Development

Arrested Development est une série TV américaine dont les trois saisons ont été diffusée sur la chaîne Fox entre novembre 2003 et février 2006. Il s’agit d’une sitcom créée par Michael Huwitz sur une idée de Ron Howard (révélé dans sa jeunesse par le rôle de Richie Cunningham dans Harry Days et qui ensuite réalisé quelques films avec plus ou moins de succès).

Le concept de la série est simple : nous raconter les mésaventures d’une riche famille américaine qui voit son mode de vie bouleversé quand le patriarche est arrêté pour des méfaits commis à la tête de l’entreprise familiale. Le tout sur le ton de l’humour et avec une famille totalement dysfonctionnelle. Tous les personnages principaux de la série sont des membres de la famille Bluth :

  • George Bluth (quatrième à droite sur la photo ; interprété par Jeffrey Tambor) : le patriarche, patron de la compagnie familiale, père manipulateur et mari infidèle
  • Lucille Bluth (quatrième à gauche ; interpretée par Jessica Walter) : épouse de George Bluth, hypocrite, alcoolique mondaine (et solitaire), mère indigne
  • Michael Bluth (au centre ; interprété par Jason Bateman) : veuf, fils modèle, gendre idéal, peut-être le seul membre « normal » de la famille
  • Lindsay Bluth-Fünke (troisième à droite ; interprétée par Portia de Rossi) : soeur jumelle de Michael, insouciante, dépensière, narcissique, adepte de multiples cuses humanitaires qu’elle défend successivement sans réelle conviction
  • Tobias Fünke (deuxième à droite ; interprété par David Cross) : mari de Lindsay, ancien psychiatre, aspirant comédien et supposé homosexuel refoulé
  • Gob Bluth (premier à droite ; interprété par Will Arnett) : frère ainé de Michael, irresponsable, immature, prestidigitateur raté, séducteur invétéré
  • Buster Bluth (premier à gauche ; interprété par Tony Hale) : frère cadet de Michael, éternel étudiant, couvé par sa mère depuis sa plus tendre enfance, asocial et sujet à de nombreuses crises de panique
  • George Michael Bluth (troisième à gauche ; interprété par Michael Cera) : fils de Michael, orphelin de mère, adolescent de treize ans au début de la série, « gentil garçon », un peu (beaucoup) coincé
  • Maeby Bluth-Fünke (deuxième à gauche ; interprétée par Alia Shawkat) : fille de Lindsay et Tobias, adolescente rebelle, l’exacte opposée de George Michael

Cela donne une galerie de personnages originaux, et tous intéressants à des degrés variés : Michael est celui qui m’a le moins intéressé (son côté « normal » le rend banal par rapport au reste de la famille), Lucille est certainement le personnage le plus drôle de la série, et George Michael est incarné par le futur très mignon Michael Cera (vu dans Juno et plus récemment dans Scott Pilgrim) que l’on voit d’ailleurs grandir au fil des trois saisons. Mais chaque personnage pris individuellement n’est rien sans l’ensemble de la famille qui fonctionne à merveille ou plutôt qui ne fonctionne pas à merveille !

L’humour de la série est typique de ce qui me plait : des gags récurrents, des références à des épisodes précédents, et surtout beaucoup d’ironie sur la famille. Le narrateur (Ron Howard) apporte également beaucoup au ton de la série : ses interventions sont souvent drôles et tombent souvent juste.

Je dois toutefois reconnaître que le niveau n’est pas homogène sur les trois saisons : la première saison est très drôle, le second est plus poussive et laborieuse, et la troisième est totalement hilarante, en particulier à partir du neuvième épisode. Cet épisode est très particulier : c’est le premier tourné après l’annonce par Fox de l’annulation de la série à la fin de la saison et l’intrigue (la famille Bluth fait une collecte de fonds auprès de la haute société pour « ‘survivre ») sert de prétexte à une parodie très réussie de la situation de la série : guest-stars pour booster l’audience, tentatives d’être renouvelée sur une autre chaine, etc. Cet épisode représente bien la série, avec ce jeu permanent entre la fiction et la réalité et cette façon – très réussie à mes yeux – d’interpeller le téléspectateur.

La fin de la troisième saison, et donc la fin de série, est magnifique : exceptionnellement drôle, sans pathos inutile, c’est une superbe conclusion pour une série de grande qualité. Trop courte, diront certains, car elle n’a jamais vraiment trouvé son public. Sous-estimée, certainement. Regrettée, évidemment. Ma sitcom préférée, sans doute.


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Cinéma, TV & DVD

Une petite zone de turbulences

Une petite zone de turbulences
Une petite zone de turbulences

Une petite zone de turbulences est une comédie réalisée par Alfred Lot et mettant en scène Michel Blanc (également co-scénariste et dialoguiste), Miou-Miou, Mélanie Doutey, Gilles Lellouche, Cyril Descours et Yannick Renier. C’est une adaptation d’un roman de Mark Haddon, Une situation légèrement délicate (A spot of bother en VO).

Jean-Pierre, récemment retraité, est hypocondriaque. Anne, sa femme, le trompe avec un ancien collègue de bureau. Sa fille Cathie, divorcée et mère d’un petit garçon de cinq ans, vie avec Philippe, un « brave » garçon, que Mathieu, le frère homo de Cathie, appelle « Bac moins six ».

Quand JP découvre une petite tâche sur sa peau au niveau de sa hanche droite, que Cathie lui annonce qu’elle épouse « Bac moins six », que Mathieu se fait larguer parce qu’il hésite à inviter son amant au mariage de sa soeur et que JP apprend fortuitement que sa femme le trompe, l’équilibre familial implose. Disputes, règlements de comptes, insultes … JP, Anne, Cathie, Mathieu et Philippe ne s’épargnent rien ! Et traversent, ensemble, une petite zone de turbulence …

L’histoire est simple et classique mais le film est diablement efficace : je n’ai pas vu passer le temps, je crois que je n’ai pas passé plus de deux minutes sans rire de bon coeur. On retrouve la patte géniale de Michel Blanc dans les dialogues, excellents et hilarants. Je n’ai pas retenu toutes les répliques drôles, tant il y en avait.

Dans le rôle de Jean-Pierre, Michel Blanc est à nouveau parfait quand il joue l’humour désabusé et cynique. Miou-Miou est également très juste en bourgeoise coincée. Cyril Descours est toujours aussi charmant et attendrissant, deux qualités essentielles pour son rôle dans ce film. Gilles Lellouche interprète magnifiquement le beauf qui débarque au sein d’une famille bourgeoise qui ne l’accepte pas. Seule Mélanie Doutey m’a une nouvelle fois déçue, je regrette chaque fois un certain manque de naturel dans son interprétation.

J’ai passé un très bon moment devant ce film et je le reverrai avec plaisir lorsqu’il sortira en DVD. C’est un vrai plaisir de retrouver une bonne comédie avec des dialogues aussi drôles et fins que ceux-ci : un régal !