Cinéma, TV & DVD

Scott Pilgrim vs. the World

Scott Pilgrim vs. the World est peut-être le film que j’ai le plus attendu cette année. Il s’agit de l’adaptation pour le grand écran de la série de bande dessinée dont je vous parlais ici. Sorti en août aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ce film n’est apparu sur nos écrans hexagonaux que cette semaine, pour de sombres histoires de doublage qui ne m’ont pas vraiment convaincu. Autant le dire clairement, je pense qu’Universal a totalement raté la communication autour de la sortie de ce film et qu’ils n’ont pas réalisé la pépite qu’ils avaient entre leurs mains.

Le film compile, en un peu moins de deux heures, les six volumes de la bande dessinée. Entouré de sa bande d’amis, Scott Pilgrim affronte les sept ex maléfiques de sa nouvelle petite amie Ramona Flowers :

Scott Pilgrim n’a jamais eu de problème à trouver une petite amie, mais s’en débarrasser s’avère plus compliqué. Entre celle qui lui a brisé le cœur – et qui est de retour en ville – et l’adolescente qui lui sert de distraction au moment où Ramona entre dans sa vie – en rollers – l’amour n’a jamais été chose facile.

Il va cependant vite réaliser que le nouvel objet de son affection traîne les plus singulières casseroles jamais rencontrées : une infâme ligue d’ex qui contrôlent sa vie amoureuse et sont prêts à tout pour éliminer son nouveau prétendant. À mesure que Scott se rapproche de Ramona, il est confronté à une palette grandissante d’individus patibulaires qui peuplent le passé de sa dulcinée : du mesquin skateur à la rock star végétarienne en passant par une affreuse paire de jumeaux. Et s’il espère séduire l’amour de sa vie, il doit triompher de chacun d’eux avant que la partie soit bel et bien « over ».

Dans le rôle-titre, on retrouve le charmant Michael Cera (George Michael dans Arrested Development, dont il faudra que je vous parle un jour), que j’ai trouvé très convaincant dans la peau de l’éternel adolescent canadien. A ses côtés, les autres comédiens – plus ou moins connus – incarnent également très bien leurs personnages ; pour citer les principaux : Mary Elizabeth Winstead (Ramona Flowers), Kieran Culkin (Wallace, le colocataire gay de Scott), Ellen Wong (Knives Chau, la petite amie lycéenne de Scott au début du film), et Anna Kendrick (Stacey, la petite soeur – plus mature – de Scott).

Ce qui caractérise ce film, c’est son style très particulier. Le rythme est infernal, les pauses sont très rares et très courtes : on est littéralement emporté par les aventures de Scott et ses combats contre les ex de Ramona. Les combats eux-mêmes sont tels que je les avais imaginés en lisant la bande dessinée : fun, plein d’imagination et bourrés de références aux jeux vidéos. J’ai également retrouvé avec joie l’humour des comics mais aussi certaines séquences plus émouvantes. Mon seul regret, finalement, c’est que le dialogue final entre Scott et Ramona ait été amputé dans le film : dommage, c’était l’un de mes moments préférés …

Malgré tout, ce film est à mes yeux une vraie réussite. J’en attendais beaucoup et je n’ai pas été déçu. Comme je l’espérais, j’ai beaucoup ri tout au long du film : c’est d’abord un excellent divertissement mais c’est aussi, comme la bande dessinée, la porte ouverte à des réflexions plus sérieuses sur le couple, l’engagement et le passage à l’âge adulte. Tout ce que j’aime !


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Cinéma, TV & DVD

Les amours imaginaires

Les amours imaginaires est le second long-métrage du jeune cinéaste canadien Xavier Dolan, qui nous avait proposé le très prometteur J’ai tué ma mère l’année dernière. Après avoir traité des relations mère-fils dans son premier film, il évoque cette fois le thème de l’amour :

Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d’interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu’il aime …

Les deux amis, Francis et Marie, sont interprétés par Monia Chokri et Xavier Dolan lui-même, qui semble prendre l’habitude de jouer dans ses propres films, dans des rôles qu’on devine en partie autobiographiques. Quant à Nicolas, le garçon pour lequel Francis et Marie craquent, il est incarné par le charmant Niels Schneider (Nicolas), décidément l’acteur fétiche de Xavier Dolan puisqu’il interprétait déjà un ami du réalisateur-scénariste-acteur dans son premier film.

En parallèle de l’histoire qui lie Francis, Marie et Nicolas, le film est entrecoupé d’entretiens face à la caméra où des anonymes nous parlent de l’amour, de la première rencontre, de la première déclaration, de la rupture. J’ai bien aimé ces courtes séquences, parfois drôles, parfois touchantes, souvent les deux à la fois.

Le film lui-même m’a laissé une drôle d’impression. Il est lent, parfois trop lent, avec de longs plans au ralenti : certains sont très réussis, d’autres m’ont juste ennuyé – au point de fermer les paupières pendant quelques secondes à plusieurs reprises pendant la première demie-heure du film. Le principal reproche que je ferais à Xavier Dolan en temps que réalisateur, c’est d’être très maniéré, de trop travailler ses images. Cela m’a un peu rappelé A Single Man de Tom Ford, avec le risque que le fond soit noyé dans une forme trop sophistiquée, presque trop prétentieuse.

Le fond, justement, est là. Xavier Dolan nous parle très bien de l’amour, de sa soudaineté, de ses affres, de ses attentes impatientes et parfois vaines, de ses déceptions, de ses colères, de ses souffrances. Ce qu’il n’a pu exprimer avec le trio Francis-Marie-Nicolas, il le fait à travers des entretiens face à la caméra, qui complètement parfaitement le récit. Difficile, face à certains témoignages ou certaines scènes, de ne pas faire le lien avec nos propres histoires. C’est ce que j’aime dans ce cinéma du réel, cette impression d’y voir une partie de ma vie.

Les acteurs sont plutôt bons : les trois interprètes principaux sont convaincants, chacun dans leur style. Je dois avant tout parler de Niels Schneider, qui doit incarner Nicolas dont le charme est la clef du film. Le charme est bien au rendez-vous, l’acteur nous proposant (volontairement, d’après moi) une sorte de Louis Garrel blond, mi-imitation mi-hommage. Ce n’est sans doute pas un hasard si Louis Garrel fait lui-même une apparition remarquée à la fin du film, pour un sympathique clin d’oeil, au propre comme au figuré. Parmi les rôles secondaires, j’ai surtout remarqué et retenu la géniale Anne Dorval (Criquette Rockwell dans Le Coeur a ses Raisons, et la mère dans J’ai tué ma mère), dans un rôle excentrique dans lequel elle excelle.

Dans l’ensemble, je ne sais pas trop quoi penser de ce film, maniéré, trop sophistiqué par moment, mais juste dans son propos. Mi-figue mi-raisin, finalement. J’attends maintenant le prochain film de Xavier Dolan pour découvrir ce dont il nous parlera et voir comment il va évoluer.

Comics & BD

Scott Pilgrim

Scott Pilgrim est une bande dessinée américaine, publiée sous la forme de six albums qui ressemblent à s’y méprendre à des albums de manga. Les dessins ne font d’ailleurs que renforcer cette impression : dès les premières pages, on a l’impression de plonger dans un manga à la sauce nord-américaine. L’histoire peut se résumer en quelques mots :

Scott Pilgrim, un éternel adolescent de vingt-trois ans qui enchaîne les petits boulots, squatte l’appartement de son meilleur ami gay et passe ses journées devant des jeux vidéos, tombe amoureux de Ramona Flowers, une mystérieuse jeune fille qui vient d’arriver en ville. Malheureusement, pour conquérir définitivement le coeur de sa bien-aimée, Scott va devoir affronter ses sept anciens petits amis, réunis dans une étrange ligue d’evil-exes.

J’ai dévoré les six albums en moins d’une semaine : dans chaque volume, Scott Pilgrim, mi-héros mi-anti-héros, affronte un ex de Ramona. Tiens, sept ex et six albums, il y a quelque chose qui cloche, non ? Vous l’aurez deviné, il y a évidemment deux ex qui arrivent ensemble dans l’un des tomes de la série, mais je n’en dis pas plus et vous laisse découvrir par vous-même !

Le ton de l’histoire m’a beaucoup plu : rythmé, bourré d’humour, en bref : très fun. Les combats entre Scott et ses rivaux sont présentés comme s’ils étaient issus d’un jeu vidéo, avec le détail qui tue : une fois défaits, les ex de Ramona disparaissent et se transforment en pièces d’or, on se croirait presque dans Mario Bros !

Entre deux combats, nous suivons les aventures sentimentales et musicales de Scott et de ses ami(e)s. Le couple Scott-Ramona est évidemment au coeur de l’intrigue, mais les personnages secondaires ne sont pas en reste et sont pour la plupart intéressants et attachants : j’ai en tout cas suivi leurs aventures avec beaucoup d’intérêt.

Derrière son style fun, voire loufoque, Scott Pilgrim aborde joliment des thèmes universels, le principal étant le passage à l’âge adulte, avec ses contraintes, ses difficultés, mais aussi ses joies. Scott affronte un à un les ex de Ramona et à la fin il ne reste qu’une question : sont-ils prêts, tous les deux, à mettre de côté leur passé et à s’engager ? J’ai bien aimé cette façon de traiter ce sujet, notamment à travers un des derniers dialogues entre Scott et Ramona :

– Things can’t be the same, can they ?

– Dude …

– Things never were the same. Change is … it’s what we get. I guess that’s my problem – I’m always trying to beat the clock, outrun the universe … Like nothing can change me, as long as I change first. I feel like I’m in this river, just getting swept along … and if I hold on to anyone, if I’m holding on for dear life, I’m not getting anywhere. I’m stuck … I never wanted to get stuck.

– I dunno. Maybe we can get somewhere together. Maybe we can get unstuck. We’d have to be careful … it could be a bumpy ride, it could be messy. But maybe … maybe it’d be worth it. Maybe we just need to hold on.

– I’ve never been good at holding on.

– Hey, you’ll get it. It just takes practice.

Comics & BD

Batman : Heart of Hush

Batman : Heart of Hush

Après The Black Glove dont je parlais avant-hier et qui servait d’introduction à l’événement Batman : R.I.P., Heart of Hush est un album un peu particulier. Il est lié à l’arc R.I.P. mais peut se lire indépendamment. Le lien avec l’intrigue principale est très simple : Hush apprend que Batman est la cible du Black Glove et décide de devancer ce dangereux rival en mettant à exécution son plan visant à se venger – définitivement – du justicier de Gotham City.

Comparé au Joker ou Ra’s al Ghul, Hush n’est pas un ennemi très ancien de Batman : il n’est apparu qu’en 2002-2003 mais c’est pourtant l’un de mes « méchants » préférés. Son histoire personnelle, liée à celle de Bruce Wayne, est originale et intéressante. J’espère ne pas commettre d’impair en révélant que derrière les bandages de Hush se cache Thomas « Tommy » Elliot, un ami d’enfance de Bruce. L’arc Hush dans lequel il faisait son apparition est à mes yeux l’un des meilleurs publiés depuis une dizaine d’années. C’est vraiment intéressant de voir un ennemi avec une psychologie complexe et des raisons personnelles pour s’en prendre à Bruce/Batman.

Heart of Hush a été publié en 2009 dans les numéros 846 à 850 de Detective Comics. Hush est de retour et va une fois de plus s’attaquer à son ennemi intime, Bruce Wayne / Batman. Pour cela, il fait appel au docteur Jonathan Crane (Scarecrow) et s’en prend à Catwoman, l’une des rares femmes à laquelle Bruce est attaché.

L’histoire elle-même n’est pas forcément très originale, mais c’est l’occasion de découvrir le passé de Tommy Elliot. Les flash-backs qui nous ramènent à l’enfance et à l’adolescence de Tommy et Bruce sont particulièrement intéressants, ils nous permettent de découvrir les événements qui ont amené Tommy à haïr Bruce et à endosser l’identité de Hush.

Heart of Hush m’a beaucoup plu, nettement plus que The Black Glove. Avec Hush, je suis en terrain connu, avec un ennemi que j’apprécie énormément et que je prends plaisir à retrouver régulièrement. Cela m’a donné envie de relire l’arc où nous l’avions découvert.

Prochains albums dans ma pile : le très attendu Batman R.I.P. (où Batman ne meurt pas) et Final Crisis (où Batman « meurt », avec des guillemets pour souligner la relativité de la mort dans les comics …).

Comics & BD

Batman and Son

Batman and Son

L’album Batman and Son regroupe six numéros du mensuel Batman, écrits par Grant Morrison et illustrés par Andy Kubert. Il se compose de deux parties : la première (qui correspond aux numéros 655 à 658) raconte la rencontre entre Bruce Wayne / Batman – j’espère que cette révélation n’en est une pour personne ;-) – et Damian, le fils que Talia (la fille de Ra’s al Ghul) prétend avoir eu avec lui lors de leur brève aventure plusieurs années plus tôt. Dans la seconde partie (qui compile les numéros 663 à 665), Damian apparaît moins et l’action est centrée sur Batman, hanté par l’apparition d’un ennemi qui lui ressemble étrangement. Enfin, le numéro 666 clôture l’album avec une vision du futur dans laquelle Damian porte désormais le costume de Batman après la mort de Bruce Wayne.

Depuis son apparition dans ce story-arc, Damian Wayne est l’un de mes personnages favoris de la Bat-Family, presque à égalité avec Tim Drake. Ces deux personnages sont d’ailleurs rivaux, puisque Damian considère Tim, que Bruce a adopté, comme un usurpateur. Dans cet album, Damian est un gamin arrogant, violent et dangereux, élevé par la Ligue des Assassins de son grand-père maternel, le sinistre Ra’s al Ghul. Malgré tout, je le trouve attachant dans ses tentatives d’impressionner son père. Sa violence n’est finalement que le fruit de l’éducation qu’il a reçue depuis sa naissance ; comme il le dit lui-même lorsque Batman lui reproche son comportement : « It’s how I was taught ».

La première partie, centrée sur la relation entre Damian et Bruce (et dans une moindre mesure, celle entre Damian et Tim) m’a passionné. La deuxième partie, où Damian est moins présent, m’a moins plu : l’affrontement entre Batman et son double gonflé aux hormones m’a laissé de marbre. Heureusement, l’épilogue, le fameux numéro 666 où Damian Wayne a pris la relève de son père mais n’hésite pas à tuer ses adversaires, remonte le niveau et clôt magistralement l’album.

Au-delà de son intérêt intrinsèque, Batman and Son est une histoire majeure dans l’histoire de Batman puisqu’elle introduit Damian Wayne, qui porte le costume de Robin depuis plusieurs mois maintenant. On remarque notamment que le costume que porte Damian porte lorsqu’il endosse contre l’avis de son père le rôle de Robin, avec la cape et la capuche (on le voit sur la couverture de l’album, ci-dessus) ressemble beaucoup à celui qu’il porte aujourd’hui dans la nouvelle série Batman & Robin. Cet album pose les fondations de l’évolution à venir de la Bat-Family, à suivre dans les prochains albums que je vais lire prochainement et donc je vous parlerai certainement ici.