Cinéma, TV & DVD

On My Block (saison 1)

On My Block (saison 1)

On My Block est l’une des dernières nées parmi les séries originales Netflix. C’est une série qui se présente comme une comédie assez classique pour adolescents mais qui sait dépasser ce statut de départ pour donner un résultat tout à fait intéressant, loin d’une série décevante comme Everything Sucks, autre production Netflix récente dont je reparlerai peut-être un jour ici.

Je vous laisse découvrir la bande-annonce si vous voulez vous faire votre propre avis, sachant que la série va bien au-delà de ce trailer sympathique mais pas très original :

La série est centrée autour d’un groupe de Monse, Cesar, Ruby et Jamal, quatre amis d’enfance inséparables qui s’apprêtent à entrer au lycée, auxquels s’ajoute rapidement Olivia, dont les parents sont expulsés au Mexique et qui va être hébergée par les parents de Ruby. Comme toujours dans ce genre de séries, on se retrouve face à un ensemble de personnages tous dotés de leur propre caractère, même si on évite globalement les stéréotypes tout en s’en approchant dangereusement. Plus gênant, on se retrouve à nouveau avec des acteurs qui ont au moins 5 ans de plus que leurs personnages : ils sont censés entrer au lycée mais certains acteurs semblent avoir l’âge de sortir de l’université. C’est souvent le cas dans les séries adolescentes mais c’est dommage de ne pas y échapper cette fois-ci.

Le récit s’articule autour des histoires d’amitié et d’amour entre les cinq personnages, avec quelques intrigues secondaires propres à chaque personnage, que ce soit la tentative de Monse de retrouver sa mère qui l’a abandonnée quand elle était gamine, l’enquête loufoque de Jamal pour retrouver le butin d’un hold-up commis il y a plus de vingt ans, et le recrutement de Cesar au sein du gang de son frère aîné.

Le format de cette première saison m’a beaucoup plu : avec 10 épisodes d’environ 30 minutes chacun. C’est suffisamment long pour plonger dans l’univers de la série et développer les personnages, et suffisamment court pour aller à l’essentiel. C’est une série qui sait maintenir le rythme et qui évite globalement les détours inutiles.

Le gros point positif de la série, c’est son côté multiculturel. L’action se déroule dans un quartier défavorisé de Los Angeles où se côtoient latinos et blacks. Les personnages principaux sont à l’image de ce quartier et représentent bien la diversité de ses habitants.

L’autre point remarquable, c’est le traitement de la violence, qui n’est pas occultée mais au contraire omniprésente. Le personnage de Cesar, dont le frère commence à l’intégrer dans son gang, est évidemment le meilleur représentant de cet aspect de la série. Plus généralement, on constate plusieurs fois que les personnages savent reconnaître le modèle d’une arme à feu quand ils entendent des tirs sur le chemin du lycée, cela fait véritablement partie de leur quotidien. C’est certainement une représentation fidèle de la vie dans de nombreux quartiers américains, si l’on en croit les tristes statistiques d’homicides par arme à feu aux USA.

Dans l’ensemble, c’est une très bonne série, meilleure que la bande-annonce me l’avait laissé penser, et je suis content d’avoir pris le temps de la découvrir. La première saison s’achève par un épisode particulièrement fort qui me donne envie de regarder au plus vite la deuxième saison, déjà annoncée par Netflix mais sans qu’on en annonce la date de  sortie.

Livres & Romans

Hey, Nostradamus !

Hey, Nostradamus ! est un roman de l’auteur canadien Douglas Coupland, également connu pour Génération X et Toutes les familles sont psychotiques que je suis bien tenté de lire également.

Publié en 2003, ce roman est centré sur un massacre fictif dans un lycée canadien, similaire à la fusillade du lycée Columbine en avril 1999. Hasard du calendrier, ce roman a été publié la même semaine que la sortie du film Elephant de Gus Van Sant qui s’inspire lui aussi des mêmes faits.

Le livre est composé de quatre parties de taille inégale :

  • les cinquante premières pages se déroulent en 1988 et donnent la parole à Cheryl, jeune victime de la fusillade qui nous raconte les dernières heures de sa vie
  • la deuxième partie, la plus longue avec plus de cent trente pages s’ouvre en 1999 : onze ans après le massacre qui a coûté la vie de sa petite amie Cheryl et pour lequel il a été injustement mis en cause, Jason tente toujours de faire le deuil
  • dans la troisième partie, trois ans plus tard, Heather nous narre sa rencontre avec Jason et la difficulté de partager la vie d’un homme anéanti
  • enfin, les vingt dernières pages sont relatées par le père de Jason, Reg, un intégriste religieux abandonné par ses proches

Il n’y a pas de surprise dans ce roman. N’y cherchez ni suspense, ni action, ni grandes histoires romantiques, ni mélodrames familiaux. Vous y trouverez par contre le portrait de personnages parfaitement humains et le tableau de sentiments tout autant humains. Des thèmes universels comme la mort, le deuil, l’amour, la religion et la famille y sont abordés avec beaucoup de justesse par le biais des états d’âme des quatre narrateurs successifs.

Individuellement, les personnages ne sont pas vraiment attachants : Cheryl a tout de la lycéenne ennuyante et trop parfaite pour être sympathique, Jason ferait passer Calimero et Droopy pour des modèles d’enthousiasme et de positivisme, Heather est peut-être la moins déplaisante des quatre (quoique … ) et Reg est tout simplement détestable. Pourtant, j’ai suivi leurs vies et leurs réflexions avec beaucoup d’intérêt. Ca m’a parlé, tout bêtement.

C’est un bon roman, indéniablement. De quoi donner envie de découvrir les autres romans de cet auteur. Quand je les aurai achetés et que j’aurai terminé ceux qui attendent déjà sur la pile qui trône sur mon bureau …

Livres & Romans

Un goûter d’anniversaire

Un goûter d'anniversaire

Publié en 2000, Un goûter d’anniversaire de l’auteur français Jean-Paul Tapie m’attendait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années. Je l’avais sans doute acheté aux Mots à la Bouche avant de le mettre de côté et de l’oublier sur une étagère.

L’histoire avait tout pour me plaire :

Alors qu’il n’a encore jamais touché un corps d’homme, le jeune Jérôme Peyral sait déjà qu’il est homosexuel. Tout en lui le lui dit : ses loisirs, ses rêves, et surtout son attirance pour son professeur de français, le beau monsieur Langlois. Plus le temps passe et plus s’affirme sa différence. Il ne partage ni les mêmes goûts ni les mêmes plaisirs que ses camarades de classe qui trouvent en lui un souffre-douleur idéal. Le voici mis à l’écart, dénigré, ridiculisé en permanence. Même sa famille finit par le laisser tomber.

Dès lors, commence pour Jérôme Peyral le long supplice de l’humiliation en même temps que l’apprentissage douloureux de l’affirmation. Jusqu’au jour où surgit l’idée de se venger enfin de tous ceux qui l’ont persécuté. L’adolescent vulnérable décide alors de « tuer la folle en lui » et de montrer à tous qu’on ne se moque pas impunément de « Peyral-la-Pédale ».

Jérôme est évidemment un personnage attachant, auquel il est facile de s’identifier. Parmi mes lecteurs, je ne doute pas que nombreux sont ceux qui ont vécu la découverte de la différence à l’adolescence, qu’elle soit remarquée ou non par les camarades. Le roman décrit très bien les sentiments de Jérôme, avec un mélange de naïveté et de cruauté. Face à l’ignorance de ses camarades, encouragés par des adultes malveillants, Jérôme se retrouve bien seul. Mêmes ses amitiés, courtes et décevantes, le lui permette pas de rompre le sentiment de solitude et d’isolement qu’il ressent.

C’est cet isolement qui entraîne progressivement Jérôme vers la volonté de se venger de ses oppresseurs. Les cent dernières pages du roman, qui relatent cette descente aux enfers, m’ont moins plu. Le récit y est moins subtil, plus clinquant, même si cela reste agréable à lire.

Les toutes dernières pages, toutefois, concluent parfaitement cette chronique de l’homophobie ordinaire. Ce roman n’est pas un chef d’oeuvre mais le thème abordé est intéressant et bien traité. J’ai lu beaucoup de romans sur l’homosexualité, mais j’ai peu de souvenirs de livres qui parlent aussi bien de l’homophobie. Rien que pour cela, celui-ci mérite sa place dans ma bibliothèque.

Un goûter d’anniversaire, Jean-Paul Tapie

Stanké, ISBN 2-7604-0772-1

Note : ★★★/☆☆☆☆☆

Cinéma, TV & DVD

Saisir sa chance

Saisir sa chance

Après avoir perdu hier une veste, mon portefeuille et tout son contenu (carte bleue et carte d’identité, surtout) et passé une bonne partie de la matinée à faire les démarches pour refaire mes papiers, j’avais besoin d’un peu de détente cet après-midi. Mon choix s’est porté sur Saisir sa chance, un film dont je viens de recevoir le DVD.

Il s’agit d’un film gay sans prétention, sans doute sorti directement en DVD, un peu dans le même esprit que Un Noël très très gay dont j’avais déjà parlé il y a quelques mois. L’histoire n’est pas forcément très originale :

Chance n’est pas un garçon comme les autres. Il est gay, extraverti, s’habille de façon décalée et sait se faire remarquer ! Fraîchement débarqué dans son nouveau lycée, il va être pris pour cible par les garçons de l’équipe de football. Mais l’un d’entre eux, le mystérieux et séduisant Levi va prendre sa défense et tenter de devenir son ami malgré la pression du reste de l’équipe. Chance n’aura alors qu’un but, saisir sa chance et conquérir le coeur du beau Levi …

L’originalité n’est donc pas le point fort de ce film, ni pour l’intrigue ni pour les personnages, très stéréotypés : l’adolescent excentrique et gay assumé, le footballeur au grand coeur, la brute homophobe, le puceau timide, la bonne copine.

Par contre, comme souvent dans ce genre de films, c’est rempli de bons sentiments (qui a parlé de guimauve ?). Les garçons, évidemment, sont très mignons : Tad Hilgenbrinck (Chance) et Brett Chuckerman (Levi) sont vraiment charmants, dans deux styles différents. Personnellement, j’ai un faible pour Brett Chuckerman, absolument craquant malgré une musculature dont je ne suis habituellement pas fan.

Dans l’ensemble, c’est un film sympathique, plutôt divertissant et agréable pour les yeux ;-)