Livres & Romans

L’immeuble Christodora

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J’ai découvert Tim Murphy et son roman « L’immeuble Christodora » grâce à la plateforme NetGalley.fr qui propose aux professionnels (bibliothécaires, libraires, etc.) et aux « rédacteurs » (journalistes, blogueurs) de découvrir gratuitement des livres pour les faire découvrir à leurs clients (pour les professionnels) ou leurs lecteurs (pour les journalistes et blogueurs). C’est ce qui explique que j’ai lu ce roman en français alors que j’ai plutôt l’habitude de lire les romans anglophones en langue originale.

Le résumé du roman par l’éditeur était prometteur :

Un roman kaléidoscopique qui retrace la vie d’un certain New York, de l’anarchie des années sida aux hipsters de demain.

New York. Milly et Jared, couple aisé animé d’ambitions artistiques, habite l’immeuble Christodora, vieux building de Greenwich Village. Les habitants du Christodora mènent une vie de bohèmes bien loin de l’embourgeoisement qui guette peu à peu le quartier. Leur voisin, Hector, vit seul. Personnage complexe, ce junkie homosexuel portoricain n’est plus que l’ombre du militant flamboyant qu’il a été dans les années quatre-vingt.

Mateo, le fils adoptif de Milly et Jared, est choyé par ses parents qui voient en lui un artiste. Mais le jeune homme, en plein questionnement sur ses origines, se rebelle contre ses parents et la bourgeoisie blanche qu’ils représentent.

Milly, Jared, Hector et Mateo, autant de vies profondément liées d’une manière que personne n’aurait pu prévoir. Dans cette ville en constante évolution, les existences de demain sont hantées par le poids du passé.

Le fait de découvrir ce roman par sa traduction française a été un vrai problème pour moi au début de ma lecture. Dès les premières pages, j’ai été perturbé par la traduction. Ce n’était que le début, je me suis dit que je verrai ce que cela donnerait sur la durée. Je crois tout de même que j’ai toujours du mal avec les traductions françaises de romans américains contemporains : les « putain » et « mec » incessants dans les dialogues sonnent faux, j’avais vraiment l’impression de lire une traduction, pas un véritable texte littéraire. Quelques pages plus tard, j’avais toujours un peu de mal avec le style, je ne savais pas si le texte original était plat ou si c’était dû à la traduction, mais je n’étais pas emballé par ce que je lisais. J’espérais toutefois que l’intérêt du récit permette de compenser.

Le récit finit à décoller et devient plus intéressant, mais le style me gênait toujours. Je ne savais toujours pas si cela venait de la traduction, mais il y a des passages que j’ai lu en ne sachant pas si je devais rire ou pleurer. Il faudrait que je retrouve ce bout de dialogue atterrant où j’ai cru entendre parler Jeremstar …

Après un début qui ne m’avait pas convaincu, j’ai commencé à apprécier ce livre. Je venais de terminer la première partie, environ un tiers du roman, qui s’achève sur un magnifique paragraphe de danse dans une boîte de nuit gay à la fin des années 1980, dans une ambiance qui mêle insouciance et inquiétude des années SIDA. J’espérais que la suite resterait sur cette lancée.

Dans le deuxième tiers, il y a un terrible chapitre sur l’enfer de l’addiction à la drogue. Je ne connais pas le sujet, je ne sais pas si c’est réaliste, mais c’est terrifiant et subliment retranscrit dans le texte. Malheureusement, il y a toujours des soucis de traduction : traduire « Cookie Monster » par « le Monstre Gâteau », c’est presque impardonnable à ce niveau-là. Malgré ces quelques problèmes de style, le récit est de plus en plus prenant.

Les deux dernières parties du livre sont certainement les meilleures, après un premier tiers lent et globalement inintéressant. La suite est bien plus réussie : on commence à s’attacher aux personnages, y compris à leurs défauts et leurs traits de personnalités que l’ont trouvait insupportables au début. Le récit s’étend du début des années 1980 à l’année 2021 mais ne respecte pas de chronologie stricte, on alterne les époques sans que cela perturbe la lecture, bien au contraire. On assiste ainsi à une sorte d’épopée de l’épidémie du SIDA, puisque derrière les histoires de famille de Milly, Jared et Mateo, c’est bien le thème principal de ce roman.

Malgré le style parfois maladroit et perturbant, je retiens de ce roman son ambition et sa capacité à raconter une saga prenante et à dresser le portrait des habitants de New-York sur trois décennies, du début de l’épidémie du SIDA jusqu’à son extinction supposée au début des années 2020. Tout n’est pas parfait dans ce roman, mais je crois que je relirai avec plaisir dans quelque temps, peut-être en VO cette fois-ci, pour découvrir le style original de l’auteur et les qualités littéraires de ce texte passionnant.


L’immeuble Christodora, Tim Murphy

Note : ★★★★☆


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Cinéma, TV & DVD

Luke Cage (saison 1)

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Après Daredevil et Jessica Jones, la troisième série originale produite par Netflix dans l’univers des comics Marvel est Luke Cage. Si je connaissais déjà un peu Daredevil avant de regarder la série, sans être pour autant un grand connaisseur, je dois bien dire que j’ai totalement découvert à la fois Jessica Jones et Luke Cage dans leurs séries respectives.

Luke Cage est un ancien détenu afro-américain qui possède une résistance surhumaine depuis qu’il a subi des expériences scientifiques extrêmes pendant son séjour en prison. Son corps résiste aux coups, aux piqûres (ce que nous avions déjà découvert dans Jessica Jones où Luke apparaissait déjà comme personnage secondaire), aux armes blanches, mais aussi aux balles. Au début de la série, il tente d’oublier son sombre passé en vivant anonymement dans le quartier de Harlem à New-York, où il est employé par un sympathique barbier-coiffeur.

Evidemment, son anonymat ne put pas durer éternellement et Luke devient rapidement une vedette locale quand ils retrouve mêlé aux agissements du crime organisé dans le quartier. L’employeur et ami de Luke est tué lors d’une fusillade dans son salon de coiffure, pourtant reconnu comme un terrain neutre dans Harlem, ce qui pousse le héros à s’en prendre aux responsables de cet assassinat.

L’ambiance est différente de celle de Daredevil et de Jessica Jones. Ici, c’est le royaume du hip-hop et des sweats à capuche. J’ai eu plus de mal à entrer dans cette atmosphère, peut-être parce que c’est un univers que je connais mal. J’ai cependant beaucoup aimé ce qui s’apparente à une fresque dédiée du quartier de Harlem et au quotidien de ses habitants afro-américains. Il y a dans la série un discours politique sur la place des « noirs » dans la société américaine, sur le communautarisme et sur les violences policières.

Le reste est sans doute moins réussi. Sur l’aspect comics / super-héros, la série s’avère décevante. Cela commence pourtant bien lorsque Luke Cage s’attaque aux barons du crime local, mais le récit sombre ensuite quand le vrai « vilain » apparait, caricatural et proche du ridicule. Il est regrettable que les scénaristes n’aient pas utilisé jusqu’au bout les ennemis de départ de Luke, à savoir le « parrain » et sa cousine politicienne qui sont bien plus intéressants que le boss de fin de saison …

Dans l’ensemble, Luke Cage est une série qui m’a semblé agréable à regarder, même si elle m’a moins plu que ses soeurs ainées Daredevil et Jessica Jones. Je regarderai la deuxième saison lorsqu’elle sortira, mais sans doute avec moins d’impatience que pour les deux autres séries déjà proposées par Netflix dans l’univers Marvel. Sans oublier la quatrième série annoncée pour le printemps : Iron Fist, que j’ai hâte de découvrir.

Cinéma, TV & DVD

Daredevil (saisons 1 et 2)

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Daredevil est la première série que j’ai regardée sur Netflix lorsque j’ai souscrit mon abonnement à la fin du mois de septembre dernier. C’est une série originale Netflix, c’est-à-dire qu’elle a été produite spécifiquement pour Netflix, contrairement à d’autres séries qui intègrent le catalogue après avoir été diffusées sur des chaînes de télévision classiques. Netflix a mis en ligne les épisodes de la première saison en 2015, et ceux de la deuxième saison en 2016. Une troisième saison est annoncée pour 2018.

La série est évidemment adaptée de la série de comics du même nom, publiée par Marvel Comics depuis 1964. Le récit est centré sur le personnage de Matt Murdock, un avocat new-yorkais qui a la particularité d’être aveugle depuis un accident dont il a été victime lorsqu’il était enfant. Le jour, Matt aide la veuve et l’orphelin dans le cabinet d’avocats qu’il a fondé avec son meilleur ami « Foggy » Nelson ; les deux compères sont rapidement rejoints par Karen Page, une ancienne cliente qui devient leur secrétaire et assistante. La nuit, l’avocat enfile le costume de Daredevil, sous lequel il combat les criminels qui sévissent dans son quartier natal, Hell’s Kitchen. Comme nous sommes dans une série d’action et de super-héros, où un héros aveugle serait difficile à mettre en scène, le personnage de Daredevil compense sa cécité par une sensibilité accrue de ses autres sens, en particulier l’ouïe, qui lui permet d’analyser et de « voir » son environnement pour anticiper les gestes de ses adversaires.

Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Daredevil avant de regarder la série. J’avais entendu parler de l’adaptation cinématographique sévèrement critiquée à la fois par la presse et par les spectateurs. Je dois le reconnaître, le concept d’un super-héros aveugle me laissait craindre le pire, entre et mélo misérabiliste et kitch des scènes d’action.

Pourtant, la série m’a rapidement convaincu. Le style m’a rapidement conquis, et la qualité d’écriture m’a tenu en haleine tout au long de la première saison. J’ai plongé totalement dans l’ambiance du quartier de Hell’s Kitchen qui sert de cadre à la série, avec à la fois un côté glauque, parfois désespéré, mais terriblement humain. J’ai également adoré le personnage du « vilain » de la première saison, le fascinant et terrifiant Wilson Fisk. C’est pour moi l’un des « méchants » les plus réussis parmi les films et séries de super-héros, pas très loin du Joker de « The Dark Knight » par exemple.

La deuxième saison m’a peut-être un peu moins plu, tout en restant agréable à suivre. L’accumulation de violence gratuit et de scènes de combat à la limite du grotesque m’a parfois agacé. Je sais bien que cela fait partie des codes du genre, mais j’avais été moins gêné dans la première saison, peut-être parce que l’écriture était plus fine, le scénario plus « intelligent ». Les deux personnages majeurs introduits dans ce deuxième saison, le Punisher et Elektra, ne m’ont pas vraiment convaincu non plus. Je ne voudrais toutefois laisser penser que j’ai détesté cette deuxième saison. J’ai tout de même pris du plaisir à la regarder, le problème venant du fait que la première saison avait mis la barre très haut et que la deuxième ne parvient pas à mes yeux à relever le défi de faire au moins aussi bien.

Dans l’ensemble, Daredevil est une série réussie, plaisante à regarder. Elle sait utiliser les codes des comics et des super-héros pour proposer un divertissement agréable et intelligemment écrit, avec des personnages forts.


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Cinéma, TV & DVD

Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York)

Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York en VF) est une comédie romantique américaine. Une fois qu’on a dit cela, on a à la fois tout dit et rien dit sur ce film.

Réalisé par l’américain Peter Sollett, le film est sorti sur nos écrans en 2008. Le scénario de Lorene Scafaria est inspiré d’un roman de Rachel Cohn et David Levithan et ne brille pas forcément par son originalité :

Nick, qui est membre d’un obscur groupe de rock indépendant, vient de vivre une rupture difficile. De son côté, Norah a du mal à donner un sens à sa vie et à sa relation épisodique avec un musicien trop égoïste.
Les deux jeunes gens n’ont rien en commun, sauf leurs goûts musicaux. Leur rencontre fortuite va les entraîner toute une nuit à New-York vers le lieu mystérieux où doit se produire leur groupe préféré. Au cours de cette nuit de surprises et d’aventures, ils vont découvrir qu’ils ont peut-être plus en commun que leur seul amour de la musique …

J’ai beau avoir de goûts parfois étranges, je ne suis habituellement pas « client » de ce genre de films. Que suis-je donc allé faire dans cette galère ? La réponse tient en deux mots, plus précisément en un prénom et un nom : Michael Cera. Un jour, j’ai cherché les films dans lesquels il a joué et je suis tombé sur celui-ci. Je l’ai acheté sur l’iTunes Stores, en VF parce que c’était la seule version disponible. Je l’ai regardé hier soir, profitant d’une soirée en célibataire pour éviter d’infliger cela à mon cher et tendre.

Outre Michael Cera, le reste du casting est sympathique :

  • Kat Dennings incarne Norah pour compléter le couple qui donne le titre au film
  • Ari Graynor interprète Caroline, la meilleure amie de Norah
  • Alexis Dziena joue le rôle de Tris, l’ex-petite amie, un peu peste sur les bords, de Nick
  • Aaron Yoo et le très charmant Rafi Gravon incarnent Tom et Dev, les deux amis gays de Nick

Le film se laisse regarder. L’histoire est banale. Sans surprise, Nick tire un trait sur sa relation avec la méchante Tris et entame une nouvelle relation avec la gentille Norah. Tout cela n’a pas grand intérêt. Ce n’est pas mauvais, c’est juste sans grande saveur.

Mais il y a Michael Cera. Je suis fan de ce jeune acteur canadien. Je le trouve charmant, talentueux, et drôle (il suffit de regarder quelques vidéos d’émissions TV que j’ai postées récemment sur Facebook pour s’en rendre compte). C’est un peu incompréhensible, mais je craque totalement pour lui. Il a un don incroyable pour incarner des garçons un peu maladroits, paumés mais touchants. Certains lui reprochent justement d’interpréter presque toujours le même rôle et c’est vrai que la différence est mince entre le personnage de Nick dans ce film et celui de Scott Pilgrim par exemple. Qu’importe, il le fait très bien. S’il fallait ne garder qu’une seule chose de ce film, ce sont ses petits sourires timides. Juste pour ça, je le regarderais encore une fois.

Pour le reste, c’est une amourette divertissante. A déconseiller à ceux qui sont insensibles au charme de Michael Cera, tout de même.


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Cinéma, TV & DVD

Gossip Girl (saison 1)

Gossip Girl (saison 1)

J’ai un aveu à faire : j’ai toujours aimé les séries pour adolescent(e)s. Quand j’étais adolescent, comme beaucoup de mes camarades de classe, je suivais assidûment Beverly Hills sur TF1. Là où le bât blesse, c’est que j’ai continué à suivre ce genre de séries bien après avoir dépassé l’âge de leurs protagonistes. Je vous rassure, j’assume très bien mes goûts merdiques décalés. La dernière en date, c’est Gossip Girl, qui nous raconte la vie de la jeunesse dorée new-yorkaise.

A l’occasion d’une promotion proposée par le Virgin Megastore lors de notre récent séjour à Strasbourg, Choubidou et moi avons eu l’occasion d’acheter le coffret DVD de la première saison à un prix raisonnable. J’avais lu des critiques très contrastées sur cette série : plutôt flatteuses pour certaines, carrément négatives pour d’autres. Avant de regarder les premiers épisodes, je ne savais donc pas à quoi m’attendre.

J’ai très vite accroché, sans doute grâce à quelques personnages plus intéressants que la moyenne de ceux auxquels ce genre de série nous avait habitué. On y trouve :

  • Serena Van Der Woodsen (incarnée par Blake Lively), de retour à Manhattan un an après son départ précipité – et inexpliqué – dans un internat
  • Blair Waldorf (Leighton Meester), la fille la plus populaire de l’école et (ancienne ?) meilleure amie de Serena
  • Nate Archibald (Chace Crawford), le petit ami de Blair depuis la maternelle, entre le jeune premier et l’adolescent tourmenté qui refuse la vie qui a été écrite pour lui
  • Dan Humphrey (Penn Badgley), un garçon solitaire, amoureux de Serena depuis plusieurs années, qui habite à Brooklyn et n’appartient pas au même cercle social que ses camarades du lycée
  • Jenny Humphrey (Taylor Momsen), la soeur cadette de Dan, qui arrive en première année au lycée et va tenter de s’intégrer dans le monde impitoyable des jeunes filles de la haute bourgeoisie de Manhattan
  • Chuck Bass (Ed Westwick), meilleur ami de Nate et de Blair, fils d’un milliardaire, fêtard et séducteur invétéré

Dans ce casting, on retrouve tous les stéréotypes des personnages de séries : la jolie blonde sexy, la garce brune, le jeune premier, le garçon romantique, le bad-boy, la jeune ingénue, etc. Tous les protagonistes ne sont pas passionnants (Dan et Jenny Humphrey ont tendance à m’indifférer voire à m’agacer, par exemple), mais certains sortent vraiment du lot : j’aime beaucoup Blair, et Chuck Bass est véritablement fascinant – c’est l’archétype du personnage qu’on déteste et qu’on adore à la fois.

Au-delà des individualités, il faut reconnaître que le groupe a une bonne dynamique, grâce à quelques duos qui fonctionnent très bien. La relation amitié/haine entre Serena et Blair est sympathique – et parfois émouvante – à suivre. La rivalité entre Blair et Jenny donne lieu à quelques scènes d’anthologie. Le bouquet de la saison étant pour moi l’évolution des relations entre Blair et Chuck, à mes yeux les deux personnages les plus complexes et intéressants de la série.

Les histoires sont classiques pour ce genre de série, mais les épisodes sont efficaces et plaisants à regarder. La particularité de la série, c’est d’avoir une voix-off « mystère » dont le pseudonyme est Gossip Girl, rédactrice d’un blog de potins sur la jeunesse de Manhattan. Au fil des épisodes, cela devient plus un gadget qu’un véritable élément important de l’intrigue. Je m’étonne par ailleurs qu’aucun personnage n’ait tenté de découvrir qui se cache derrière l’identité de Gossip Girl.

J’ai regardé la première saison en l’espace de deux semaines, et j’attends maintenant avec impatience la sortie en DVD de la deuxième saison. Me voilà pris au piège des aventures de Blair, Chuck et les autres !


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