Livres & Romans

Boys

Boys est un recueil de textes signés Pierre Théobald, à paraître le 3 avril prochain chez J.C. Lattès. J’ai eu l’opportunité de le lire en avant-première grâce à NetGalley.fr où son résumé m’avait attiré.

« J’ai aimé nos instants minuscules, nos instants de rien, ce que l’on croit être l’ennui, le quotidien, mais qui n’est autre que la manifestation sincère de l’amour, son expression nue et désintéressée. L’amour n’existe que là, dans ces intervalles dépourvus de consistance. »

Ce sont des hommes de tous âges, saisis chacun à un instant de bascule. Un mari qui enquête sur la vie secrète de sa femme, un séducteur qui s’apprête à retrouver une fille dont il n’a que faire, un sportif sur le déclin… Des losers magnifiques, des romantiques déraisonnables. Des pères sans enfant, de grands enfants devenus pères. Et, au milieu de tous ces hommes, il y a Samuel, que l’on retrouve à différentes étapes de sa vie, et qui doit faire face au plus difficile des renoncements. Dans Boys, Pierre Théobald dresse un portrait sensible de la condition masculine aujourd’hui.

Boys est donc un recueil de nouvelles ou de textes courts sur la condition d’homme, la masculinité, la paternité.

Chaque texte nous parle d’un homme, l’auteur nous propose ainsi des portraits d’hommes d’âge différents, en nous racontant des instants de vie : avant ou après une rupture, une rencontre amoureuse, la mort d’un parent, une naissance, etc.

Parmi ces hommes, il y en a un qui revient plusieurs fois, comme un fil rouge : Samuel, que nous rencontrerons au début des années 80, alors qu’il a onze ans et qu’il découvre l’instinct de paternité. Nous le suivons ensuite régulièrement dans sa vie d’homme, avec toujours ce désir de paternité sous-jacent. C’est un parcours qui m’a ému.

Les autres textes sont d’intérêt variables : certains m’ont semblé très bons, d’autres m’ont un peu moins plu. Il faut préciser qu’à mon sens ces textes ne sont pas des nouvelles à proprement parler, c’est-à-dire que avec un récit qui a un début et une fin, avec une vraie chute. Nous avons plutôt affaire ici des textes courts, des instants de vie pris sur le vif. Il y a parfois une chute, plus ou moins inattendue, mais cela s’arrête parfois sur un air d’inachevé.

Si certains textes sont sans doute plus faibles que d’autres, l’ensemble est tout de même très bon et les textes réunis trouvent un sens et une ligne directrice. C’est un peu comme une chorale, avec des solistes talentueux accompagnés par des chanteurs moins mis en avant mais indispensables à la beauté de l’ensemble.

Vous l’aurez compris : j’ai beaucoup aimé ce recueil de texte de Pierre Théobald, un auteur que j’ai découvert à cette occasion avec plaisir. De quoi me donner envie de m’intéresser à ses autres œuvres.

Livres & Romans

Disco Sour

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Je ne sais plus exactement comment j’ai entendu parler de ce livre, je pense que ce devait être sur Goodreads, où l’un de mes contacts en a certainement parlé d’une façon ou d’une autre. Je me suis renseigné et j’ai eu envie de lire ce livre. Sa particularité est qu’il a été financé sur le site Unbound, un site de financement participatif pour auteurs de livres. Le principe de ce site, bâti sur le même modèle que Kickstarter et autres sites de crowdfounding, est simple : les auteurs présent leurs idées de livres avant même de l’avoir écrit, et les futurs lecteurs contribuent financièrement pour faire aboutir le projet, en recevant évidemment un exemplaire lorsque le livre est publié. C’est sur ce modèle que Disco Sour a été financé et publié.

En ce qui me concerne, je n’ai pas participé directement au financement du projet, je l’ai découvert une fois qu’il était intégralement financé, mais j’ai acheté mon exemplaire directement sur Unbound pour soutenir la démarche. C’est clairement le résumé qui m’a attiré et m’a donné envie de lire ce roman :

A politician addicted to dating apps embarks on an existential odyssey to save democracy from being swiped away.

In the aftermath of a continental civil-war, nation-states have collapsed, the European Union (TM) holds on, preventing anarchy. Bastian Balthazar Bux is a leading member of The Federation (R), the European network of civil society and local governments.

Bastian has just been unexpectedly dumped through an app, the BreakupShop (TM) service. Heavy hearted, he just wants to drink, get on with work and forget his romantic woes. However, he discovers that Nathan Ziggy Zukowsky is planning to sell Plebiscitum (R), a dating-style app that is meant to replace elections with a simple swipe, at the same conference he is invited to attend in Chile.

Haunted by the ghosts of his recent relationship, he finds himself without his all-important Morph (R) phone, just a few hours before embarking on his trip to try to save democracy. Will he make it to his conference on the other side of the world? Will he stop Zukowsky from selling his app? And will he ever find a way to deal with his breakup?

Le synopsis m’a beaucoup plu, il promettait de se plonger dans un récit d’anticipation autour du thème des liens éventuellement dangereux entre technologie et démocratie. La promesse est en partie remplie : ce thème est véritablement au coeur du roman. Le problème, c’est que cela reste léger, un peu superficiel à mon goût, et que le récit ne m’a pas passionné.

J’ai bien aimé Bastian, le héros politicien bisexuel accro à son téléphone et aux applications de rencontre, qui se remet tout juste d’une rupture difficile, mais ses aventures m’ont un peu ennuyé. Je n’ai pas été captivé par sa course contre la montre pour rejoindre la conférence au cours de laquelle pourrait se jouer l’avenir de la démocratie mondiale. Les enjeux auraient dû être colossaux, mais j’ai trouvé que c’était mal rendu dans le roman, comme si tout cela était anecdotique.

Le roman est néanmoins plaisant à lire, le style est fluide, il y a de l’humour bien placé, et certains réflexions sont intéressantes. J’ai juste été déçu car j’en attendais beaucoup plus.

Man, you are just a cheap idealist full of passion. When it comes to controlling human beings, there is no better instrument than lies. Because, you see, humans live by beliefs. And beliefs can be manipulated. The power to manipulate beliefs is the only thing that counts.


Disco Sour, Giuseppe Porcaro

Note : ★★★☆☆


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Livres & Romans

La vie serait simple à Manneville

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En littérature, il y a parfois d’heureuses surprises, des hasards qui nous mènent à des découvertes inattendues. Ce roman en est le parfait exemple. Je ne connaissais pas l’auteur, mais la couverture et la résumé m’ont tapé dans l’oeil :

Les murs mangés par la vigne vierge, les fenêtres grandes ouvertes, Manneville est une maison de famille, celle qui abrite le jeune Bruce Dehaut, ses sœurs, de joyeux cousins, et puis des adultes occupés à profiter de l’été en lisant le journal ou en préparant des pastis-grenadine. La vie serait simple à Manneville, mais Bruce doit partir. L’Angleterre l’attend : Oxford, les études, un début de vie adulte. Là-bas, Bruce fera la rencontre d’Alex, un grand roux à la veste de tweed beige, qui fume des cigarettes en jouant au jacquet. Bruce n’avait pas prévu ça. L’amour, l’éblouissement. Et l’impossibilité d’une vie partagée.

Devenu journaliste, il sillonnera le monde, des îles Féroé au Mozambique, en quête de vérité, en quête de lui-même, pris dans un mouvement permanent. Mais Bruce l’apprendra, l’attente aussi est une façon d’aimer.

Pierre Cochez, l’auteur, nous propose de suivre la jeunesse et les débuts dans la vie active de Bruce, un fils de la haute bourgeoisie qui partage sa vie entre Neuilly-sur-Seine et la maison de campagne familiale en Normandie. Le récit débute au début des années 1980, quand Bruce, jeune bachelier, s’apprête à partir en Angleterre pour poursuivre ses études à Oxford. Il y rencontrera Alexander, un jeune étudiant taciturne et séduisant avec lequel il entamera une relation plus ou moins clandestine. Cette relation sert de fil rouge à la suite du roman quand Bruce, séparé d’Alex et devenu jeune journaliste pour l’AFP, parcourt le monde. Les retrouvailles avec Alex ponctuent le roman entre chaque voyage de Bruce et leur relation évolue au fur et à mesure du récit.

Au-delà du récit de la relation entre Bruce et le grand amour de sa vie, le roman nous emmène également à travers le monde puisque nous suivons Bruce dans ses voyages pour l’AFP.  Salvador, Îles Féroé, Mozambique, autant de lieux peu présents habituellement dans la littérature et dont l’auteur nous propose de découvrir les paysages et la société. J’ai apprécié également de plonger dans le quotidien d’un correspondant de l’AFP à l’étranger, notamment dans des zones géographiques qui font rarement la une de la presse ou les grands titres des journaux télévisés, même si je ne sais pas quelle est la part de réalité et de fiction dans tout cela. C’est le problème de tout ignorer de l’auteur, je ne sais pas si ce récit s’appuie sur des faits qu’il connait parfaitement, pour l’avoir vécu ou s’être documenté, ou si tout cela sort de son imagination.

Quoiqu’il en soit, j’ai pris beaucoup de plaisir en lisant ce roman. Le style est simple, fluide, mais non dénué d’émotion. La relation entre Bruce et Alexander, au coeur du récit, est touchante, et tout ce qui l’entoure est plutôt intéressant. Voilà une découverte que je ne regrette absolument pas !


La vie serait simple à Manneville, Pierre Cochez

Note : ★★★★☆


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Livres & Romans

L’été dernier à Syracuse

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J’ai eu l’occasion de découvrir la version française de ce roman en avant-première, la sortie officielle étant prévue début juin. C’est par l’intermédiaire de la plate-forme NetGalley.fr que l’éditeur m’a offert la version Kindle de ce livre. Je l’ai lu cette semaine, en quelques jours, le roman étant assez court.

Avant de commencer ma lecture, je ne savais pas vraiment quoi penser du résumé :

Michael et Lizzie, deux New-Yorkais respectivement écrivain et journaliste, partent pour une semaine en Italie avec Finn et sa femme Taylor accompagnés de Snow, leur fille de dix ans surprotégée et surangoissée. Lizzie l’a décidé, ils iront d’abord à Rome puis à Syracuse, sur la côte sicilienne.

Tout sépare les deux couples – milieu social, idées politiques et passions –, mais le décor idyllique fait de bons vins, de gelati et de ciel bleu devrait être celui de vacances paradisiaques. Pourtant, même loin de chez eux, les secrets du passé et les infidélités du présent refont surface. Lizzie et Finn, qui ont eu une histoire des années auparavant, flirtent à nouveau ; Michael, quant à lui, cherche le courage de dire à Lizzie qu’il veut la quitter afin de vivre au grand jour sa relation avec Kath, une jeune serveuse.

Dans un paysage inondé de soleil, les journées s’égrènent lentement. Entre désaccords et reproches, les deux couples sont mis à l’épreuve et, déjà fragilisés par le temps, se fissurent davantage. Dans une ambiance de plus en plus délétère, les mensonges sont mis au jour. Et la jeune Snow, plongée au cœur de ce quatuor dissonant, devient malgré elle le catalyseur d’un drame inévitable.

L’idée de suivre deux couples américains en vacances en Italie ne m’emballait pas vraiment, mais j’avais l’espoir que ce ne soit que le prétexte pour une critique sociale. J’espérais aussi que le changement progressif d’ambiance annoncé par le résumé soit réussi et permette de transformer le ton et les thématiques du roman. Malheureusement, j’ai été déçu. A mes yeux, le roman ne décolle jamais et le changement d’ambiance est un échec.

Je pense que la première et principale raison qui m’a empêché d’apprécier ce roman tient dans ses personnages, que j’ai tous trouvés agaçants et inintéressants. Je crois qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre : ni Taylor, petite bourgeoise qui gère l’office de tourisme de Portland et dont seule la bêtise rivalise avec la superficialité ; ni son mari Finn, chef cuisinier qui passe son temps à dragouiller toutes les filles qui passent ; ni Michael, l’écrivain mythomane dont la maîtrise lui fait la surprise de le rejoindre en Italie ; ni Lizzie, l’épouse de Michael qui vit un peu dans son ombre et excuse toutes les fautes de mari. Ne parlons même pas de Snow, la fille de dix ans de Taylor et Finn, transparente au début du roman mais dont le rôle sera capital dans le récit.

Le récit, parlons-en. Il est sans surprise, malgré les tentatives de brouiller les pistes. L’auteur essaye par la construction narrative du roman de ménager un semblant de suspense, mais je crois qu’il ne m’a fallu qu’un quart du roman pour comprendre ce qui allait se passer. J’espérais que cela soit une fausse piste mais la suite m’a malheureusement donné tort.

J’ai tout de même fait l’effort de terminer ce roman, car certains éléments sont tout de même réussis. J’ai notamment apprécié la façon dont est décrite la relation entre Snow et Michael, sorte de père de substitution qui contraste avec Finn, son vrai père.

Je regrette tout de même que ces quelques réussites soient noyées dans un ensemble stéréotypé et sans surprise. Une lecture à oublier, et cela tombe bien, car il ne s’agit pas d’un livre inoubliable …


L’été dernier à Syracuse, Delia Ephron

Note : ★★☆☆☆


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Cinéma, TV & DVD

Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York)

Nick & Norah’s Infinite Playlist (Une nuit à New-York en VF) est une comédie romantique américaine. Une fois qu’on a dit cela, on a à la fois tout dit et rien dit sur ce film.

Réalisé par l’américain Peter Sollett, le film est sorti sur nos écrans en 2008. Le scénario de Lorene Scafaria est inspiré d’un roman de Rachel Cohn et David Levithan et ne brille pas forcément par son originalité :

Nick, qui est membre d’un obscur groupe de rock indépendant, vient de vivre une rupture difficile. De son côté, Norah a du mal à donner un sens à sa vie et à sa relation épisodique avec un musicien trop égoïste.
Les deux jeunes gens n’ont rien en commun, sauf leurs goûts musicaux. Leur rencontre fortuite va les entraîner toute une nuit à New-York vers le lieu mystérieux où doit se produire leur groupe préféré. Au cours de cette nuit de surprises et d’aventures, ils vont découvrir qu’ils ont peut-être plus en commun que leur seul amour de la musique …

J’ai beau avoir de goûts parfois étranges, je ne suis habituellement pas « client » de ce genre de films. Que suis-je donc allé faire dans cette galère ? La réponse tient en deux mots, plus précisément en un prénom et un nom : Michael Cera. Un jour, j’ai cherché les films dans lesquels il a joué et je suis tombé sur celui-ci. Je l’ai acheté sur l’iTunes Stores, en VF parce que c’était la seule version disponible. Je l’ai regardé hier soir, profitant d’une soirée en célibataire pour éviter d’infliger cela à mon cher et tendre.

Outre Michael Cera, le reste du casting est sympathique :

  • Kat Dennings incarne Norah pour compléter le couple qui donne le titre au film
  • Ari Graynor interprète Caroline, la meilleure amie de Norah
  • Alexis Dziena joue le rôle de Tris, l’ex-petite amie, un peu peste sur les bords, de Nick
  • Aaron Yoo et le très charmant Rafi Gravon incarnent Tom et Dev, les deux amis gays de Nick

Le film se laisse regarder. L’histoire est banale. Sans surprise, Nick tire un trait sur sa relation avec la méchante Tris et entame une nouvelle relation avec la gentille Norah. Tout cela n’a pas grand intérêt. Ce n’est pas mauvais, c’est juste sans grande saveur.

Mais il y a Michael Cera. Je suis fan de ce jeune acteur canadien. Je le trouve charmant, talentueux, et drôle (il suffit de regarder quelques vidéos d’émissions TV que j’ai postées récemment sur Facebook pour s’en rendre compte). C’est un peu incompréhensible, mais je craque totalement pour lui. Il a un don incroyable pour incarner des garçons un peu maladroits, paumés mais touchants. Certains lui reprochent justement d’interpréter presque toujours le même rôle et c’est vrai que la différence est mince entre le personnage de Nick dans ce film et celui de Scott Pilgrim par exemple. Qu’importe, il le fait très bien. S’il fallait ne garder qu’une seule chose de ce film, ce sont ses petits sourires timides. Juste pour ça, je le regarderais encore une fois.

Pour le reste, c’est une amourette divertissante. A déconseiller à ceux qui sont insensibles au charme de Michael Cera, tout de même.


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Cinéma, TV & DVD

Scott Pilgrim vs. the World

Scott Pilgrim vs. the World est peut-être le film que j’ai le plus attendu cette année. Il s’agit de l’adaptation pour le grand écran de la série de bande dessinée dont je vous parlais ici. Sorti en août aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ce film n’est apparu sur nos écrans hexagonaux que cette semaine, pour de sombres histoires de doublage qui ne m’ont pas vraiment convaincu. Autant le dire clairement, je pense qu’Universal a totalement raté la communication autour de la sortie de ce film et qu’ils n’ont pas réalisé la pépite qu’ils avaient entre leurs mains.

Le film compile, en un peu moins de deux heures, les six volumes de la bande dessinée. Entouré de sa bande d’amis, Scott Pilgrim affronte les sept ex maléfiques de sa nouvelle petite amie Ramona Flowers :

Scott Pilgrim n’a jamais eu de problème à trouver une petite amie, mais s’en débarrasser s’avère plus compliqué. Entre celle qui lui a brisé le cœur – et qui est de retour en ville – et l’adolescente qui lui sert de distraction au moment où Ramona entre dans sa vie – en rollers – l’amour n’a jamais été chose facile.

Il va cependant vite réaliser que le nouvel objet de son affection traîne les plus singulières casseroles jamais rencontrées : une infâme ligue d’ex qui contrôlent sa vie amoureuse et sont prêts à tout pour éliminer son nouveau prétendant. À mesure que Scott se rapproche de Ramona, il est confronté à une palette grandissante d’individus patibulaires qui peuplent le passé de sa dulcinée : du mesquin skateur à la rock star végétarienne en passant par une affreuse paire de jumeaux. Et s’il espère séduire l’amour de sa vie, il doit triompher de chacun d’eux avant que la partie soit bel et bien « over ».

Dans le rôle-titre, on retrouve le charmant Michael Cera (George Michael dans Arrested Development, dont il faudra que je vous parle un jour), que j’ai trouvé très convaincant dans la peau de l’éternel adolescent canadien. A ses côtés, les autres comédiens – plus ou moins connus – incarnent également très bien leurs personnages ; pour citer les principaux : Mary Elizabeth Winstead (Ramona Flowers), Kieran Culkin (Wallace, le colocataire gay de Scott), Ellen Wong (Knives Chau, la petite amie lycéenne de Scott au début du film), et Anna Kendrick (Stacey, la petite soeur – plus mature – de Scott).

Ce qui caractérise ce film, c’est son style très particulier. Le rythme est infernal, les pauses sont très rares et très courtes : on est littéralement emporté par les aventures de Scott et ses combats contre les ex de Ramona. Les combats eux-mêmes sont tels que je les avais imaginés en lisant la bande dessinée : fun, plein d’imagination et bourrés de références aux jeux vidéos. J’ai également retrouvé avec joie l’humour des comics mais aussi certaines séquences plus émouvantes. Mon seul regret, finalement, c’est que le dialogue final entre Scott et Ramona ait été amputé dans le film : dommage, c’était l’un de mes moments préférés …

Malgré tout, ce film est à mes yeux une vraie réussite. J’en attendais beaucoup et je n’ai pas été déçu. Comme je l’espérais, j’ai beaucoup ri tout au long du film : c’est d’abord un excellent divertissement mais c’est aussi, comme la bande dessinée, la porte ouverte à des réflexions plus sérieuses sur le couple, l’engagement et le passage à l’âge adulte. Tout ce que j’aime !


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Cinéma, TV & DVD

Les amours imaginaires

Les amours imaginaires est le second long-métrage du jeune cinéaste canadien Xavier Dolan, qui nous avait proposé le très prometteur J’ai tué ma mère l’année dernière. Après avoir traité des relations mère-fils dans son premier film, il évoque cette fois le thème de l’amour :

Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d’interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu’il aime …

Les deux amis, Francis et Marie, sont interprétés par Monia Chokri et Xavier Dolan lui-même, qui semble prendre l’habitude de jouer dans ses propres films, dans des rôles qu’on devine en partie autobiographiques. Quant à Nicolas, le garçon pour lequel Francis et Marie craquent, il est incarné par le charmant Niels Schneider (Nicolas), décidément l’acteur fétiche de Xavier Dolan puisqu’il interprétait déjà un ami du réalisateur-scénariste-acteur dans son premier film.

En parallèle de l’histoire qui lie Francis, Marie et Nicolas, le film est entrecoupé d’entretiens face à la caméra où des anonymes nous parlent de l’amour, de la première rencontre, de la première déclaration, de la rupture. J’ai bien aimé ces courtes séquences, parfois drôles, parfois touchantes, souvent les deux à la fois.

Le film lui-même m’a laissé une drôle d’impression. Il est lent, parfois trop lent, avec de longs plans au ralenti : certains sont très réussis, d’autres m’ont juste ennuyé – au point de fermer les paupières pendant quelques secondes à plusieurs reprises pendant la première demie-heure du film. Le principal reproche que je ferais à Xavier Dolan en temps que réalisateur, c’est d’être très maniéré, de trop travailler ses images. Cela m’a un peu rappelé A Single Man de Tom Ford, avec le risque que le fond soit noyé dans une forme trop sophistiquée, presque trop prétentieuse.

Le fond, justement, est là. Xavier Dolan nous parle très bien de l’amour, de sa soudaineté, de ses affres, de ses attentes impatientes et parfois vaines, de ses déceptions, de ses colères, de ses souffrances. Ce qu’il n’a pu exprimer avec le trio Francis-Marie-Nicolas, il le fait à travers des entretiens face à la caméra, qui complètement parfaitement le récit. Difficile, face à certains témoignages ou certaines scènes, de ne pas faire le lien avec nos propres histoires. C’est ce que j’aime dans ce cinéma du réel, cette impression d’y voir une partie de ma vie.

Les acteurs sont plutôt bons : les trois interprètes principaux sont convaincants, chacun dans leur style. Je dois avant tout parler de Niels Schneider, qui doit incarner Nicolas dont le charme est la clef du film. Le charme est bien au rendez-vous, l’acteur nous proposant (volontairement, d’après moi) une sorte de Louis Garrel blond, mi-imitation mi-hommage. Ce n’est sans doute pas un hasard si Louis Garrel fait lui-même une apparition remarquée à la fin du film, pour un sympathique clin d’oeil, au propre comme au figuré. Parmi les rôles secondaires, j’ai surtout remarqué et retenu la géniale Anne Dorval (Criquette Rockwell dans Le Coeur a ses Raisons, et la mère dans J’ai tué ma mère), dans un rôle excentrique dans lequel elle excelle.

Dans l’ensemble, je ne sais pas trop quoi penser de ce film, maniéré, trop sophistiqué par moment, mais juste dans son propos. Mi-figue mi-raisin, finalement. J’attends maintenant le prochain film de Xavier Dolan pour découvrir ce dont il nous parlera et voir comment il va évoluer.