Livres & Romans

The Romanovs : 1613-1918

L’ambition de ce livre, The Romanov : 1613-1918, est grande : raconter l’histoire de la dynastie des Romanov, qui ont régné sur la Russie pendant plus de trois siècles, de 1613 à 1918.

Je dois reconnaître que j’ai mis du temps à entrer dans ce livre, qui donne énormément de détails sur la vie de l’ancienne famille impériale russe, souverain par souverain. L’auteur semble par ailleurs avoir un intérêt particulier, et parfois gênant, pour les histoires de coeur, de sexe mais aussi de torture qui ont émaillé la destinée des Romanov.

Certains chapitres m’ont ennuyé, d’autres m’ont captivé : je pense notamment à ceux sur Alexandre Ier, le grand rival de Napoléon, mais aussi évidemment sur Nicolas II, le tsar déchu par la Révolution de 1917. Le passage sur l’exécution de Nicolas II et sa famille est particulièrement éprouvant à lire.

J’ai bien aimé, enfin, l’épilogue qui dresse des parallèles étonnants mais intéressants entre les Romanov, les dirigeants du régime soviétique, et le dirigeant russe actuel, Vladimir Putin.

Au final, ce livre de plus de 650 pages est parfois difficile à lire, pas toujours passionnant, mais vaut le coup d’être lu pour certains chapitres et salué pour le travail monumental réalisé par l’auteur pour nous proposer une biographie des Romanov sur trois siècles d’Histoire.


The Romanovs: 1613-1918, Simon Sebag Montefiore

Note : ★★★☆☆

Livres & Romans

The House of Special Purpose

J’ai l’impression de le dire à chaque fois que je rédige une chronique sur l’un de ses romans, mais John Boyne est un écrivain que j’aime beaucoup. Chaque livre me fait redécouvrir son grand talent de romancier, au sens strict du terme : sa capacité à écrire des romans, à les construire pièce par pièce comme un puzzle, à inventer et faire vivre des personnages qui semblent vivants, et qui sont mémorables.

C’est donc avec beaucoup d’espoir que j’ai commencé récemment The House of Special Purpose, un roman qui n’est pas son dernier, mais au contraire l’un de ses premiers, paru en 2009. Son résumé me laissait avec de belles promesses :

Part love story, part historical epic, part tragedy, The House of Special Purpose illuminates an empire at the end of its reign.

Eighty-year-old Georgy Jachmenev is haunted by his past—a past of death, suffering, and scandal that will stay with him until the end of his days. Living in England with his beloved wife, Zoya, Georgy prepares to make one final journey back to the Russia he once knew and loved, the Russia that both destroyed and defined him. As Georgy remembers days gone by, we are transported to St. Petersburg, to the Winter Palace of the czar, in the early twentieth century—a time of change, threat, and bloody revolution. As Georgy overturns the most painful stone of all, we uncover the story of the house of special purpose.

John Boyne propose de nous emmener dans les dernières années de la Russie tsariste, à la veille de la Révolution bolchevique. Pour cela, il nous présente Georgy, un adolescent fils de paysan, qui se retrouve emporté par l’Histoire de son pays après avoir sauvé la vie d’un membre de la famille impériale de passage dans son village. Nous sommes en 1915 et Georgy va quitter sa campagne natale pour être accueilli à Saint-Petersbourg, la capitale de l’Empire russe, où il va devenir le garde du corps et le compagnon d’Alexei, l’héritier du tsar Nicolas II.

Le récit se poursuit jusqu’en 1918, après l’abdication du tsar et l’exécution de la famille impériale sous les ordres du nouveau gouvernement bolchévique. La trouvaille de John Boyne, c’est que le roman ne se limite pas à ce récit-là. En parallèle, il nous raconte la vie de Georgy et son épouse Zoya, exilés russes à Londres, au début des années 1980, puis il remonte dans le temps jusqu’en 1918, où les deux récits se rejoignent.

Il n’y a pas réellement de suspense dans ce double récit : nous connaissons d’avance la destinée de la dynastie Romanov, et l’identité de Zoya n’est pas vraiment une surprise, surtout quand on connait le titre donné à l’une des traductions françaises de ce roman. Mais ce manque de surprise n’est pas un défaut, au contraire : on assiste à un enchainement rondement mené, un roman habilement construit par son auteur, on profite de cette plongée dans l’Histoire, et on apprécie le résultat, passionnant du début à la fin.


The House of Special Purpose, John Boyne

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Les Justes

Je connais mal l’oeuvre d’Albert Camus. Je n’ai pas encore lu ni L’Etranger, ni La Peste, qui me semblent être ses deux oeuvres les plus connues, ou en tout cas celles qui me viennent naturellement en tête quand je pense à Camus.

Ma première lecture d’Albert Camus a donc été Les Justes, une pièce de théâtre montée pour la première fois à Paris en 1949. J’en avais entendu parler dans les sources bibliographiques de l’excellente bande dessinéeMort au Tsar qui traitait des mêmes événements

En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d’ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J’ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai… 

La haine qui pesait sur ces âmes exceptionnelles comme une intolérable souffrance est devenue un système confortable. Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu’elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre – et pour dire ainsi où est notre fidélité.

Dans cette pièce en cinq actes, Albert Camus met en scène un groupe de terroristes qui préparent puis exécutent l’attentat qui a coûté la vie en 1905 au grand-duc Serge, gouverneur de Moscou et oncle du tsar. C’est un sujet qui semble m’attirer car après la BD Mort au Tsar dont j’ai déjà parlé plus haut, j’ai déjà lu plusieurs livres qui en parlent, que ce soit du point de vue du gouverneur ou des terroristes.

Et puis, nous tuons pour bâtir un monde où plus jamais personne ne tuera ! Nous acceptons d’être criminels pour que la terre se couvre enfin d’innocents.

Les Justes est une très belle pièce de théâtre qui parle très joliment de politique, de terrorisme, de révolution, de crime, et de morale. Les personnages s’interrogent sur ce qui peut justifier un assassinat, sur les causes qui peuvent pousser un homme à mourir, sur la foi en un idéal qui surpasse tout.

Il me semble qu’Albert Camus ne donne pas de réponse définitive à ses questions et c’est sans doute mieux ainsi. J’ai en tout cas pris beaucoup de plaisir à lire cette pièce, alors que je ne suis habituellement pas un grand amateur de théâtre quand il s’agit de le lire. Je ne regrette absolument pas d’avoir fait l’effort pour cette pièce, une grande réussite.

Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l’idée n’arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu’on tue un grand-duc ?


Les Justes, Albert Camus

Note : ★★★★☆

Livres & Romans

Le cheval blême – Journal d’un terroriste

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J’avais découvert ce livre en lisant la bande dessinée en deux volumes Mort au Tsar (1. Le Gouverneur et 2. Le Terroriste), ce roman étant en effet cité parmi les sources de l’auteur de la BD. J’avais beaucoup apprécié ce récit de l’attentat perpétré par un groupe de cinq révolutionnaires et qui avait coûté la vie au Gouverneur Général de Moscou en 1905. Les deux albums étaient centrés l’un sur le personnage de la victime, l’autre sur celle du bourreau, le cerveau des terroristes.

Dans la « vraie vie », ce cerveau était Boris Savinkov, qui livra en 1908 un récit en grande partie autobiographique d’un attentat terroriste contre le gouverneur général de Moscou :

Sous la forme d’un journal intime, Le Cheval blême rapporte la confession d’un chef révolutionnaire russe, un homme sans foi ni loi, qui prépare un attentat contre le gouverneur général de Moscou. Combat politique, interrogations mystiques, scrupules et doutes, mais aussi amour et sexe lient les cinq membres du commando, dont un seul réchappera à la mort.

Publié en 1908, ce roman empreint d’un profond désarroi moral et largement autobiographique – Boris Savinkov fut le cerveau de l’assassinat du grand-duc Serge en 1905 -, interroge la justification éthique de l’acte terroriste sur fond de commandement biblique (« Tu ne tueras point »).

Dans la lignée de Dostoïevski, cette uvre à la fois cynique et saisissante est, aujourd’hui encore, d’une prodigieuse modernité.

Je le redis, ce récit est évidemment en grande partie autobiographique, même si l’auteur a pris la peine de se créer pour les besoins de la fiction un alter-ego nommé George. Celui-ci est un chef terroriste désabusé, à la tête d’un groupe qui rassemble autour de lui quatre révolutionnaires très différents : Erna, la chimiste amoureuse de son chef ; Vania, le mystique ; Heinrich, l’étudiant dépassé ; Fiodor, le révolutionnaire convaincu.

Le roman se présente sous la forme d’un journal tenu par le chef des terroristes. Il nous raconte trois tentatives d’attentat contre le gouverneur général de Moscou, jusqu’à celle qui sera un « succès », tout en partageant avec nous ses pensées et ses discussions avec ses camarades. Plus que le récit de l’attentat, c’est en effet tout ce qui l’entoure qui m’a semblé intéressant.

Je pense notamment les discussions entre George et Vania, qui est à la fois révolutionnaire et très croyant et qui cherche dans sa foi la justification de l’acte de donner la mort. Je retiens également les réflexions désabusées du narrateur, qui est d’abord obsédé par sa volonté de tuer le gouverneur général, mais qui ne sait plus vraiment pourquoi il souhaite sa mort.

Au-delà du témoignage historique passionnant, c’est donc un roman très psychologique que nous sommes amenés à lire. Et c’est clairement réussi, tant ce livre pourtant court (à peine 160 pages en poche) est riche.


Le cheval blême – Journal d’un terroriste, Boris Savinkov

Note : ★★★★☆

Comics & BD

Mort au Tsar – 2. Le Terroriste

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Deux jours avoir lu le premier volume Le Gouverneur, je viens de terminer le second, intitulé Le Terroriste, complétant ainsi ma découverture de ce diptyque en bande dessinée écrit par Fabien Nury et dessiné par Thierry Robin. Comme je l’expliquais dans mon billet sur le premier album, cette histoire est consacrée à la mort du Grand Duc Sergueï Alexandrovitch, oncle du tsar et gouverneur général de Moscou, à l’époque de la révolution avortée de 1905 en Russie.

Fin du diptyque imaginé par Fabien Nury et Thierry Robin où polar et histoire s’entremêlent au coeur de la Russie tsariste.

Georgi est un terroriste. Il veut tuer le gouverneur Sergueï Alexandrovitch. Quitte à y laisser sa peau. Un thriller politique sur un terroriste prêt à tout !

Mort au Tsar, polar historique, nous entraîne sur les traces des révolutions russes de 1905.

Le récit de ce second album reprend celui du premier, mais cette fois du point de vue de Georgi, le cerveau de la cellule terroriste qui tente d’assassiner le gouverneur. Nous faisons connaissance avec les membre de la bande : Erna, une fausse comédienne ; Heinrich, un étudiant ; et Vania, un cocher fanatique religieux. Mais c’est surtout la personnalité de Georgi qui attire l’attention, avec son obsession pour sa mission. C’est un personnage fascinant, qui ne vit que pour la cause révolutionnaire.

C’est vraiment intéressant de revivre les mêmes événements que dans le premier volume, mais cette fois à travers les yeux des révolutionnaires. Georgi et les terroristes ne sont pas forcément présentés sous un jour plus favorable que le gouverneur et le pouvoir tsariste ne l’étaient dans le précédent album. C’est un vrai point fort de ce diptyque : les deux points de vue sont donnés. Il n’y a pas de « gentils » et de « méchants » : Le gouverneur est un père de famille aimant et un dirigeant sanguinaire ; le terroriste est un révolutionnaire sincère et sans scrupules.

J’ai pris autant de plaisir à lire cette bande dessinée que j’en avais pris pour la première partie, d’autant que le dessin est toujours aussi réussi. Après cela, j’ai bien envie de me renseigner sur les autres oeuvres écrites par Fabien Nury.


Mort au Tsar – 2. Le Terroriste, scénario : Fabien Nury, dessin : Thierry Robin

Note : ★★★★☆


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Comics & BD

Mort au Tsar – 1. Le Gouverneur

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Ça fait longtemps que je n’avais pas parlé de bande dessinée ici, mais j’ai profité de mon inscription à la médiathèque de ma nouvelle commune pour emprunter plusieurs BD qui me faisaient de l’œil. Parmi elles : une histoire complète en deux volumes, intitulée Mort au Tsar dont la couverture m’a tout de suite attiré. Il s’agit d’un histoire complète en deux albums, signés Fabien Nury pour le scénario et Thierry Robin au dessin. Le récit est fermé, il se limite aux deux albums publiés, ce qui évite l’écueil de certains cycles à rallonge.

Le premier tome, intitulé « Le Gouverneur », est résumé ainsi par l’éditeur :

Avec ce premier tome de Mort au Tsar, Fabien Nury et Thierry Robin imaginent un diptyque où polar et histoire s’entremêlent au coeur de la Russie tsariste.

Moscou, 17 septembre 1904. Sur le parvis du palais du gouverneur général de Moscou, une foule révoltée par la misère brandit bâtons, pierres et légumes pourris. Au balcon, le gouverneur Sergueï Alexandrovitch lâche son mouchoir… Geste prémédité ou mouvement involontaire ? Peu importe, c’est le signal : les soldats tirent dans la foule. Dans un contexte politique explosif, où le peuple s’organise pour lutter contre le régime autocratique, cet épisode signe l’arrêt de mort du grand-duc. Un polar historique signé Nury et Robin.

Ce 1er volet de Mort au Tsar, polar historique, nous entraîne sur les traces des révolutions russes de 1905.

Ma première impression en parcourant les premières pages a été très positive : le dessin est très joli, riche en détails sur la Russie tsariste, avec notamment un soin apporté aux uniformes (bien que je ne sois pas un spécialiste).

Je vous ai cité le résumé juste avant, mais pour ma part j’ai commencé à lire cet album uniquement sans l’avoir lu au préalable. Au vu du titre, je m’attendais à une bande dessinée sur la Révolution russe de 1917 ou sur les derniers jours du tsar Nicolas II et de sa famille en 1918. L’action commence en réalité en 1904 et relate l’attentat qui a coûté la vie au Grand Duc Sergueï Alexandrovitch, oncle du tsar et gouverneur général de Moscou. C’est un prélude à la révolution avortée de 1905 qui sera réprimée dans le sang par le pouvoir tsariste. On voit bien dans ce contexte que les germes de la révolution de 1917 étaient déjà présentes et que la Première Guerre Mondiale ne sera que l’étincelle qui fera tout exploser.

Le récit évoque également brièvement le Protocole des Sages de Sion, un faux opus écrit par la police secrète tsariste pour dénoncer un prétendu complot juif visant à dominer le monde. Ce livre a alors été utilisé par le régime tsariste pour faire des juifs le bouc-émissaire idéal des malheurs de la population russe, dans une époque de montée des tensions et des revendications, avant d’être à nouveau repris par Hitler et les idéologues nazis pour justifier les politiques antisémites et la « solution finale ».

Dans ce tome, on suit le récit à travers le point de vue du gouverneur, un aristocrate dont le courage ne semble pas la première qualité et qui apparaît comme un homme faible dépassé par les événements. Il est la cible des terroristes révolutionnaires après avoir réprimé une manifestation populaire par les armes, provoquant la mort de plusieurs dizaines de manifestants, dont des enfants. Il sait que la mort l’attend et qu’il n’y échappera pas, ce qui le mène aux portes de la folie. Bien que comme lui on connaisse l’issue inéluctable, la tension est palpable et va crescendo tout au long des soixante pages de l’album. Au fur et à mesure du récit, on peut presque s’attacher et éprouver une certaine sympathie pour le personnage du Grand Duc, ce qui souligne la qualité d’écriture de cette bande dessinée.

Si j’en crois le titre du deuxième tome de cette histoire, « Le terroriste », nous devrions cette fois suivre le récit à travers le point de vue d’un révolutionnaire l’assaillant du gouverneur. Je dois dire que j’ai hâte de voir cela et de vous en parler ici.


Mort au Tsar – 1. Le Gouverneur, scénario : Fabien Nury, dessin : Thierry Robin

Note : ★★★★☆


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Livres & Romans

La femme qui ressuscite

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La femme qui ressuscite est le premier roman de Nadia Oswald, que j’ai eu l’occasion de découvrir et de lire en service de presse par l’intermédiaire de la plateforme NetGalley.fr. J’avais sollicité ce livre car son résumé m’avait interpellé :

Février 1919. Une jeune fille se réveille dans le lit d’une clinique de Berlin, amnésique, après s’être jetée dans le fleuve. Le mystère autour de son identité commence, en même temps qu’une des plus grandes énigmes du XXe siècle.

Est-ce Anastasia Romanov, la dernière survivante du clan Romanov épargnée par les bolcheviks… ou l’ambitieuse petite paysanne schwab de Pologne qui réussira toute sa vie à donner le change auprès des familles impériales de la planète en se faisant passer pour la défunte princesse ?

L’héroÏne reconstruit sa mémoire et son identité… mais sont-ce bien les siennes ?
Sans jamais prendre parti ni donner les clés, Nadia Oswald donne vie à cette réincarnation mentale et physique. Premier roman servi par une langue prodigieuse, baroque et poétique, La Femme qui ressuscite fait revivre un mystère, un double portraits de femme, et un esprit que le trouble de l’inconnu mènera jusqu’aux limites de la folie.

Outre la saga des Romanov, le livre nous plonge aussi dans la fn de l’empire des Tsars, le Berlin de l’après-première guerre mondiale, la diaspora Russe nostalgique de l’époque impériale, l’Amérique des années folles et l’exubérance artistique des années 20 …

Le roman nous propose la rencontre au début des années 1920 d’une jeune femme qui vient de survivre à une tentative de suicide et qui affirme soudainement être Anastasia Romanov, dernière héritière de Nicolas II, dernier tsar de Russie qui a pourtant été tué avec son épouse et tous leurs enfants en 1918.

Le roman s’appuie sur une histoire « vraie », puisque le personnage principal, connu sous plusieurs noms tout au long de sa vie, a réellement existé et a prétendu être Anastasia, suscitant de nombreuses polémiques entre ceux qui croyaient à son histoire et donc à la survie de la dernière fille de Nicolas II, et ceux qui dénonçaient une imposture destinée à mettre la main sur la fortune des derniers tsars russes. Dans ce roman, nul doute n’est permis sur l’imposture : la jeune femme en question n’est pas Anastasia, son identité véritable est connue dès le début.

Le récit nous propose alors de suivre la vie d’Anna, comme elle se se fait appeler, d’abord en Allemagne où elle se fait connaître, puis en Suisse, aux Etats-Unis, puis à nouveau en Allemagne. Les compagnons et compagnes se succèdent autour d’Anna, plus ou moins convaincus de sa prétendue ascendance impériale. Des anciens proches de famille Romanov viennent rencontrer Anna pour se faire leur propre opinion, et les avis divergent clairement.

Si j’ai apprécié la trame de départ du roman et sa description du monde des années 1920, notamment l’Allemagne et les Etats-Unis, j’ai rapidement été lassé par le récit. C’est intéressant au début, on se prend au jeu de l’imposture, mais cela finit par devenir répétitif voire franchement ennuyant.

Je suis allé au bout car le roman est court, mais je ne suis pas sûr que j’en aurai eu le courage s’il avait fait une centaine de pages de plus. Cette lecture est donc plutôt une déception, car le sujet m’intéressait mais je m’attendais à un récit plus passionnant alors que le cadre tient toutes ses promesses.


La femme qui ressuscite, Nadia Oswald

Note : ★★☆☆☆


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